Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

Pourquoi je préfère la verveine le samedi soir (Gonzaï)

gonzai_verveine_img_0Selon la croyance populaire, il faut savoir faire la fête, se mettre la race, danser jusqu’à 5h du mat’, vomir ses spaghettis bolognaise de la veille, se coucher, se réveiller à 15h avec un mal de crâne de 7.4 sur l’échelle de Richter, gober une aspirine, se recoucher, avoir la gorge qui pique, avant de regarder un téléfilm pourri de la 6 en évitant soigneusement de croiser un miroir qui nous reflèterait notre teint jaune. Savoir faire la fête c’est, selon mes potes en école de commerce et Paris Hilton, la seule raison pour laquelle le week-end existe. Enfin pas tout-à-fait : je n’ai pas de pote en école de commerce.

Si tu ne fais pas la fête, tu ne profites pas de la vie, si tu ne profites pas de la vie, t’es chiant. Voici donc quelques expériences personnelles et clichés pour vous apprendre à déculpabiliser de rester chez vous à regarder Julien Courbet en sirotant du Schweppes.

1 – Le mec bourré de la fin de soirée, qui sur le coup des quatre heures du matin, l’haleine nicotinée et la paupière affaissée, insiste pour que vous ne partiez pas ou pire, pour que vous le suiviez quelque part : faire pipi entre deux voitures, autre soirée chez des copains à lui qui habitent à une heure de marche, il ne se souvient plus du numéro, ni de la rue exacte, mais s’il la revoit il se rappellera, en after avec plein de lampes UV qui font ressortir les dents de tous les derniers zombies de la ville … Vous n’avez qu’une envie, c’est de rentrer vous mettre sous la couette avec une bouteille d’eau à côté du lit, et il n’a qu’une envie : que vous restiez avec lui pour le supporter dans sa défonce. Comme si quelqu’un qu’on a forcé à rester allait être divertissant.

Mon conseil : ne restez jamais. Peu importe combien il insiste. Peu importe s’il menace de se jeter du haut du pont, qu’il fasse la gueule, qu’il vous insulte et en vienne à des extrémités ridicules, comme admettons s’endormir sur la table pour que vous vous occupiez de lui. Quand vous sentez que vous devez partir, c’est que la soirée est finie et que rien de mieux ne se passera après.

2 – La fille qui fait bad-triper tout le monde. Elle squatte les chiottes pendant une heure ou deux, on pensait juste qu’elle était partie pisser pourtant, mais maintenant que c’est à notre tour d’avoir envie, et cette conne refuse d’ouvrir, ou bien est trop mal pour s’extirper de la baignoire et pousser le loquet. Généralement elle a bu alors qu’elle prenait des anxiolytiques, ou bien fait un coma éthylique, ou une overdose, ou les trois, et a une couleur suspecte sur son pull. Bizarrement, personne ne la connaît, ou personne n’est vraiment son ami. Ce qui explique son état, peut-être.

Mon conseil : Soyez violent. Enfoncez la porte, tirez la fille par les cheveux et posez la dans un lit où elle pourra attendre que les secours arrivent. Personne n’a le droit de vous empêcher de faire vos besoins dans un endroit approprié, c’est d’ailleurs écrit quelque part dans le code civil ou la constitution ou quelque chose comme ça.

3 – La soirée où l’on devait tous se retrouver. Grand classique. Vous aviez rendez-vous chez Gisèle, mais Raoul avait foutu son portable au feu lors d’une précédente soirée (c’est une longue histoire), donc impossible de le joindre quand il avait deux heures de retard et que vous partiez pour un autre bar à côté. Arrivé là-bas, il y a trop de monde, alors vous et la copine de Gisèle vous partez ailleurs tandis que Gisèle attend Raoul ici, parce qu’il se doutera que c’est là que vous êtes sortis.

Vous n’avez jamais revu Gisèle, son portable était éteint parce que plus de batterie. La copine de Gisèle s’est fait voler son manteau dans le deuxième bar, elle pleure, vous finissez par rentrer chez vous, seul.

Mon conseil:Evitez de sortir avec des gens qui s’appellent Raoul ou Gisèle.

4 – Le moment super marrant sur le coup, beaucoup plus glauque le lendemain. Evidemment l’alcool aidant, on rigole bien quand Judith tombe de la table où elle dansait ivre morte et qu’elle se casse le poignet (elle ne s’en rendra compte que demain, l’éthanol neutralisant temporairement ses stimulus). De même le vomi anonyme dans le pot de fleurs ou sur la moquette permet de lancer un jeu très plaisant : mais qui a donc pu bien faire ça ? Le coupable ne se dénonce pas, d’ailleurs il ne s’en souviendra qu’au réveil après un flashback le replongeant dans l’horreur, et on suspecte tout le monde comme dans une partie de Cluedo.

Mon conseil : Si vous culpabilisez de ne pas avoir secouru Judith, envoyez lui des chocolats sans alcool. Si c’est vous qui avez vomi, niez, et emportez ce secret dans la tombe.

5 – Personne ne peut vous ramener. Vous sortez d’une boite de merde perdue dans le Gers, où vous avez supporté cette techno sans comprendre ce qui faisait que vous ne vous amusiez pas (un bon petit ABBA aurait suffit à vous remettre sur pied), mais vous êtes resté parce que ce n’est pas vous qui décidez quand on rentre, et là, c’est le drame : la voiture de Boris ne démarre pas, et l’autre voiture est au grand complet. Par solidarité et aussi parce que vous n’avez pas trop le choix, vous restez avec Boris, avant de rentrer chez vous avec le premier bus qui passait à un kilomètre de là, voire en autostop, et manque de bol, c’est votre père qui s’arrête.
Mon conseil:

Si vous devez vraiment faire la nouba à plus de 10 kms de chez vous, prenez toujours votre voiture, ou empruntez celle de votre père.

Je ne parle pas du roulage de pelle sous influence sans avoir vu la personne à la lumière du jour, avec variante (la partie de jambes en l’air sans avoir mis de capote), je n’ai pas de conseil à donner en la matière si ce n’est de danser de façon absurde pour éviter qu’on s’approche de vous.