Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

Petits faits curieux


 Nom *
 Email *
 Gravatar Email [?]
 Site internet
 Texte *
* Obligatoire

Mesures Antispam
Veuillez remplir le filtre anti-enfants de moins de 6 ans
1 + 6=

(62)
1 2 3 4 5 6 7
>
(62) Mathilde
lun., 4 novembre 2013 00:24:33 +0000

Ahah j'aime bien les histoires inexpliquées !
Je pense qu'il y a des personnes plus ou moins prédisposées à être les témoins d'évènements "paranormaux", sans doute selon leur degré de croyance ou de folie...
Pour ce qui me concerne, c'est mon appareil photo qui doit être prédisposé. En effet, lors d'un voyage en Angleterre, et plus précisément au musée Ripley's believe it or not de Blackpool en 2010 (non sinistre mais qui n'a rien à voir avec une quelconque maison hantée), j'ai pris une photo d'une installation très amusante : un miroir, avec des écrans en contrebas, diffusants des vidéos de personnes aux capacités faciales extraordinaires. Cela va sans dire qu'avec un miroir devant soi, c'est très tentant de reproduire la même chose -et d'avoir l'air ridicule. Bref, en continuant la visite, on se rend compte un peu plus loin que ce miroir est en fait une vitre, et que derrière, des inconnus peuvent se poiler devant vous ayant l'air stupide. C'est ce côté là que mes amis et moi prenions en photo, profitant d'inconnus. Un de mes amis a déclenché le flash de son appareil photo au moment même où j'en prenais une avec le mien. Après une bonne séance, la visite se poursuit, blabla, on rentre, blabla, et au moment où tout le monde est assit et se passe les appareils photos, je me rend compte en zoomant qu'il y a des visages inconnus sur la photo... Des visages en bleus et blancs, comme des reflets, mais avec une précision impossible quand on regarde la situation et le contexte, et aussi la qualité de mon appareil de l'époque (déjà à ce moment là c'était flagrant, mais après quelques années d'études dans ce domaine ça l'est encore plus). En comparant avec mes autres photos et celles de mes amis, on s'est bien vite rendus compte qu'il n'y a que sur ma photo que ces visages apparaissent...
Bien sur, vous allez me dire, c'est une particularité du lieu ! Mais après nombre de recherche internent, impossible de trouver une quelconque information à ce sujet, et si ma soeur a essayé de me faire croire que "si si des amis a moi ont eu la même genre d'expérience !" (quelle affabulatrice celle là), je n'ai toujours pas trouvé de photo avec un résultat pareil...
Quel dommage que je ne puisse pas poster ma photo ici !

(61) Julie
sam., 26 octobre 2013 21:31:46 +0000

J'ai quinze ans. On regarde Rencontre avec Joe Black dans la chambre de mon meilleur ami. On est six : trois filles et trois garçons. Avec nous, il y a le cousin de mon meilleur ami, qui est notre idole à tous parce qu'il a dix-huit ans et une voiture.

Quand arrive l'heure de rentrer pour dîner chacun dans nos familles, on insiste pour qu'il nous raccompagne, histoire de pas se taper le bus.

On s'engouffre à quatre sur la banquette arrière et mon meilleur ami monte devant avec son cousin (il aurait pu rester chez lui, mais il ne veut pas manquer un tour en voiture avec des potes).
On se sent cool : c'est rare d'être sur la route sans qu'un parent tienne le volant.

Et puis on croise un chat noir. Moi je dis que quand on croise un chat noir, il faut cracher par dessus son épaule. Je ne suis pas superstitieuse, mais ma mère l'est terriblement et je viens d'une région où globalement, les gens sont assez superstitieux alors je crois que ça m'amusais de faire semblant de l'être. Mais peut-être que je l'étais un peu quand même, à l'époque. Ou peut-être juste que je voulais me rendre intéressante.

Une des deux autres filles surenchérit. Elle dit qu'il faut cracher par dessus son épaule quand le chat arrive par la droite. Mais quand il arrive par la gauche, il faut s'arrêter et faire 9 fois le tour de la voiture en courant. Moi, je pense qu'elle vient d'inventer cette règle, mais elle jure que c'est vrai : c'est ça qu'il faut faire. Je dis "inventer" dans le sens, où évidemment, toutes les superstitions sont inventées, mais il y en a que les gens respectent. Par exemple, jeter du sel par-dessus son épaule ou ne pas passer sous une échelle. Et cette fille arrive à me convaincre que "faire 9 fois le tour de la voiture quand on croise un chat noir qui arrive par la gauche" est une superstition sérieuse.

Elle arrive à tous nous convaincre, en fait. Le seul à être vraiment superstitieux, c'est mon meilleur ami. C'est-à-dire qu'il est le seul à croire vraiment qu'il va nous arriver un malheur si on n'arrête pas la voiture tout de suite. Mais tous les autres, on est au moins convaincus que ce sera marrant. Disons qu'on a rapidement passé le cap de "c'est débile" et qu'on est arrivé au stade "c'est l'idée la plus cool qu'on ait jamais eue".

Alors on demande au conducteur de s'arrêter. Il a dix-huit ans, je le rappelle. Il se fait déjà chier à nous raccompagner et l'idée d'arrêter la voiture en plein milieu de la route pour nous regarder courir autour ne l'amuse pas du tout. Il refuse.

Mais on est cinq à insister, dont trois filles qui le prenons par les sentiments et il finit par tirer le frein à main dans une rue en pente, déserte. La nuit est tombée.

On descend tous, sauf le plus âgé d'entre nous. Et on se met à courir en comptant les tours à voix haute tous ensemble. Au bout de trois tours, personnellement, j'en ai un peu marre, mais je trouve que cette soirée est parfaite et que notre vie est tellement parfaite et qu'on est tellement cools, que ça me donne l'énergie de faire encore six fois le tour d'une voiture garée en pente raide. Alors que je fumais déjà un bon paquet de Marlboro light par jour à l'époque.

On appelle le cousin de mon meilleur ami pour qu'il nous rejoigne. Il est toujours assis au volant de sa voiture et il nous regarde courir autour de lui, sans vouloir participer. Le fait que l'un d'entre nous soit sceptique nous ôte une part de plaisir, alors on insiste. On crie que s'il ne nous rejoint pas, ça va lui porter malheur. Que nous, on est en train de conjurer le sort, mais qu'on ne peut pas le sauver lui. On insiste vraiment. Il reste assis sur son siège, stoïque.

Et puis on rentre, essoufflés et heureux dans la voiture et il redémarre.

Il est mort deux mois plus tard dans un accident de la route. Et je ne sais pas si cette précision ajoute quoi que ce soit à l'effroi de la coïncidence, mais il est mort un vendredi 13.

Je ne suis toujours pas superstitieuse. J'ai recroisé des chats dans ma vie, de toutes les couleurs, arrivant par la droite et par la gauche, sans jamais cracher, ni m'arrêter, ni faire neuf fois le tour de quoi que ce soit. Mais peut-être qu'il existe vraiment une trame du destin, avec des fils de malheurs tendus comme des pièges. Et si c'est le cas, elle n'emprisonne que les adolescents.

(60) David Séraphine
sam., 26 octobre 2013 00:05:03 +0000

Quand j’avais 12-13 ans, je suis allé pour un week-end chez un pote Flo qui habitait un petit bled paumé en pleine campagne. J’ai malencontreusement grillé une ampoule, juste en appuyant sur l’interrupteur. C’était une lampe murale style vieille lampe à pétrole en métal.
Flo arrive à ce moment-là et me trouve dans le noir dans son salon.
-« Désolé, j’ai grillé une grillé une ampoule. » Et je touche en même temps la lampe. BAM je chope le jus. Bizarre qu’il y ait le courant qui passe par le métal, j’ai sans doute pas eu de bol sur le coup je re-teste et retouche la lampe. Même sensation d’engourdissement dans la main, je chope le jus pour la deuxième fois.
Flo me regarde avec de grand yeux sans savoir exactement ce qui se passe. Je lui explique, « Ça fait comme un petit bourdonnement dans la main c’est plutôt comme des chatouilles essaye tu vas voir c’est plutôt rigolo ». Et ouais ça me faisait chier d’être le seul à m’être fait électrocuté. Et aussi étonnant que ça puisse être j’ai réussi à le convaincre de le faire.
Et là il garde la main sur la lampe en me regardant, « Ben non,… il devrait se passer quoi ? »
« Ah ça a dû s’arrêter, c’est bizarre ». Je retouche la lampe pour vérifier, et BAM je re-chope le jus.
FLo était tout pale, sans savoir si je déconnais ou pas. Je n'avais aucune explication, ca faisait la troisième fois que je me faisait électrocuter d’affilé, j’ai pas cherché à comprendre pourquoi.
J’ai dit « Bon on va faire autre chose ça commence à me saouler »
Voilà rien de paranormal, il doit bien exister une explication physique, je regrette quand même de ne pas être retourné chez lui, j’aurai bien refait un essai plusieurs année après pour voir si ça continuait encore.

Très bonne initiative en tout cas j'ai prix plaisir a lire toutes ces anecdotes.
Merci a tous.

(59) vero
ven., 25 octobre 2013 15:29:33 +0000

j'ai rien à raconter non plus, MAIS je prends un immense plaisir à lire les histoires bizarres, et je renchéris sur le post de n wood, c'est vrai que l'histoire d'avril et du métro fait flipper!! Je note aussi que les pays anglos saxons sont l'honneur. S'il vous plaît encore des histoires!!!


(58) n wood
jeu., 24 octobre 2013 13:24:42 +0000

Hello,
Je suis impressionnée de constater le nombre de personnes qui ont vécu un truc chelou... Je note la récurrence du "bruit de pas alors que maison vide"...
Banou : pour les pleurs, sache que moi, quand je pleure en rêve ou plutôt cauchemar, je pleure toujours en même temps "en vrai", et ce sont même mes propres sanglots qui me réveillent (ou mon mec que j'ai réveillé avec mes pleurs), donc il t'est peut-être arrivé la même chose ?

N'ayant aucune histoire du genre à rapporter, je me permets de donner mon avis, de façon bien gratuite je sais, sur mon histoire préférée , même si c'est totalement hors de propos : AVRIL ET SON METRO FANTOME... et de loin.

(57) Nonymos
mar., 22 octobre 2013 23:36:51 +0000

Une petite histoire d'Irlande...

En vacances en Irlande, nous voilà partis pour une randonnée à travers 'the moor' (vous savez, là où gambade le chien des Baskerville.) Moi, j'aime bien les histoires de korrigans, de farfadets, tout ça, mais je n'y crois pas. Ce que j'aime bien aussi, c'est marcher toute seule. Alors, je me distance de ma famille, jusqu'à ce que je sois toute seule au milieu de la lande, avec un grand vent qui fait flotter ma cape de pluie et des nuages de brumes sur la crête des collines. Tout est vert et vide à facilement deux cent mètres à la ronde, et je suis toute seule avec la pluie qui commence à tomber.
Et là, quelqu'un me tape sur l'épaule. Pas méchamment, mais fermement, une bonne tape dans l'épaule gauche. Je me retourne, il n'y a rien. A part mon frère, à cent mètres derrière moi.

(56) Banou
mar., 22 octobre 2013 07:54:26 +0000

Parler d’ésotérisme, c'est cool. On fait peur aux copines en racontant des histoires qui font peur, on rigole un peu sous cape...
Si je raconte facilement l'histoire d'épouvante que j'avais inventé pour effrayer des fille de l'école qui n'arrêtaient pas de m'embêter, je raconte peu ce qu'il m'est arrivé. Deux choses "inexplicables".

La première fois, j'étais en primaire. On avait déménagé avec mes parents et ma soeur dans une petite maison, pas éloigné de la ville, mais en campagne tout de même. On a vite sympathisé avec les gens du quartier, surtout nos voisins d'à coté, si bien qu'il arrivait plus ou moins souvent qu'ils viennent à manger et vice versa. Nos voisins avaient deux filles d'à peut près mon age. Un samedi soir, nos parents ont invités les voisins. Après le dessert, on est vite remontés dans ma chambre et la musique presque à fond, on a commencé à danser. Tout était cool, on rigolait bien. A un moment, mon regard se pose sur la fenêtre et j'ai vu un homme. Enfin, plus précisément, un buste d'homme : un peu comme s'il était sur le toit et qu'il s'était penché pour voir ce qu'il se passait dans ma chambre. Mais je ne pouvais pas voir clairement son visage, comme s'il avait un foulard autour de sa tête qui ne laissait voir réellement que ses yeux. J'ai crié, et j'ai tendu le bras en direction de la fenêtre. Les filles se sont elles aussi misent à crier et on s'est enfuie de ma chambre. On a raconté tout ça aux adultes, qui nous ont simplement rassuré : mais non, personne peut monter sur le toit comme ça, on l'aurait vu nous aussi, c'est ton imagination qui t'a joué des tours, et puis vous êtes toutes fatiguées, d'ailleurs, on va rentrer, et vous allez vite toutes vous coucher. La plus jeune des voisines pleurait. Ils sont partis quelques minutes plus tard. Nous n'avons jamais reparlé de cet épisode avec mes voisines et je n'ai jamais revu de choses aussi étrange par ma fenêtre. Je ne sais d'ailleurs toujours pas si c'est réellement mon imagination d'enfant qui m'a joué des tours, ou si il y avait réellement quelqu'un, ou quelque chose.

La deuxième chose étrange qui me soit arrivé s'est produite lors de mon année de quatrième. Mon arrière grand mère est décédée. C'était la première fois que j'étais confronté à la mort de quelqu'un si proche de moi. Dès qu'il y avait une référence à une disparition, je ne pouvais m'empêcher de pleurer. J'avais l'impression que mon arrière grand mère était encore là. Surtout que la veille de sa mort, nous étions allée la voir comme tout les samedi chez elle, mais en partant, elle ne m'avait pas dit, comme elle en avait coutume "Au revoir ma grande petite fille" (parce qu'elle était vraiment petite et que je la dépassait largement). Bref. Un week end, ma meilleure amie était venue dormir à la maison. Le soir, on cause, on finit par s'endormir tard. J'ai alors fait un rêve assez étrange. J'étais dans la maison de mon arrière grand mère, et elle était là, comme on avait l'habitude de la voir, sur sa chaise à la table de sa salle à manger. Je me suis assise à coté d'elle et elle s'est mise à me parler. Je ne sais plus exactement ce qu'elle m'a dit. J'ai fini par pleurer sur ses genoux tandis qu'elle me caressait la tête pour me consoler. Et, avant que le rêve ne se termine, elle m'a dit "Au revoir ma grande petite fille". Les mots résonnaient encore à mon oreille quand j'ai ouvert les yeux. Je me suis alors aperçue que j'avais réellement pleurer : mon visage était tout mouillé, mes yeux encore un peu embués.
Ma meilleure amie dormait encore. Je n'ai jamais plus pleuré la disparition de ma grand mère.
Je ne sais pas exactement ce qu'il s'est passé : est ce que c'est mon inconscient qui m'a parlé ? Ou bien est ce ma grand mère qui est venue me parler en rêve ?



(55) Marie
lun., 21 octobre 2013 19:37:08 +0000

Mon dieu, rien de mieux à raconter qu'une soirée où j'ai invoqué l'esprit de l'éducation nationale pour avoir les sujets du bas il y a quelques années. Les sujets sont tous tombés le jour J (sauf 1un mais c'est pardonnable). Bougies, verres, tout y était, nous étions même dans une cour d'école. Un hibou s'est pris une vitre et nous a donné la peur de notre vie.
Mais enfin, si je peux avoir une lettre manuscrite d'Elise Costa..

(54) Louise
lun., 21 octobre 2013 15:32:29 +0000
url 

Cette idée de partager nos petites ou grandes peurs "irrationnelles" est à la fois géniale et terrifiante; je viens de lire tous les commentaires et il a beau faire un grand soleil, j'ai un peu la pétoche.

Il m'est arrivé plusieurs "petites" histoires de ce genre, où tu as beau chercher, il n'y a pas d'explications logiques.

L'été de mes 15 ans. Avec mes copines, on a rencontré deux mecs très sympas qu'on invite chez moi pour une soirée. J'ai dans mon jardin une vieille fourgonnette 4L avec un matelas, meilleur squat du monde pour des ados et pour ma mère, qui nous sait en sécurité. On passe une bonne soirée; ça papote, ça flirte, c'est rigolo, puis on commence à parler esprits et compagnie. Je pose une question (impossible de me rappeler précisément) à un des mecs, et pas de réponse. On est dans le noir, avec une bougie, je lui dis d'arrêter de me charrier, et là il prends une voix grave en disant un truc flippant du genre "je suis l'esprit". Puis il arrête de parler, dit "merde, tu peux m'éclairer, ça va pas": le mec saignait du nez. Je n'ai jamais été autant terrifié d'accompagner quelqu'un chercher un mouchoir.

Halloween 2000, je suis en 1ère. On se retrouve avec les copains/copines autour de quelques bières pour la soirée, et dans la soirée il nous vient cette drôle d'idée de faire du spiritisme. Je suis le mouvement, Halloween c'est fait pour ça. On monte au grenier, on s'installe autour d'une table avec un verre, à la lueur des bougies. On commence à appeler les esprits, sans succès. Puis d'un coup, un grand bruit et un courant d'air. On sursaute, puis on se réalise que c'est le chat de la maison qui nous rend visite. On rigole, sauf la propriétaire du chat, qui balbutie que son chat s'appelle Belzébuth. La séance s'arrête net, on va briser le verre sur la route, et on retourne devant l'intégral des clips d'Halloween, beaucoup moins effrayante.

Quelques mois plus tard, je suis dans mon lit avec mon amoureux de l'époque, et on discute. Il commence à me raconter un rêve qu'il a fait et qui était très particulier, et au fur et à mesure de son récit, je me rends compte que j'ai fait le même rêve. Je l'interromps pour lui raconter et on hallucine tous les deux. Et là d'un coup, un courant d'air froid sorti de nulle part (la porte et la fenêtre étaient fermées) nous passe dessus et nous laisse avec la chair de poule, de froid et de peur...

Y a aussi eu les fois où j'ai fait des rêves prémonitoires. Il y a eu les biens où je trouvais un portefeuille (j'ai trouvé un sac à main que j'ai ramené à sa propriétaire; la curiosité en plus c'est qu'elle habitait à une maison de la maison où j'habite actuellement, et c'était il y a 15 ans), et les moins agréables, où tu sens que quelqu'un est en train de partir, et où tu apprends quelques heures plus tard un décès.

Voilà pour moi. Je suis impatiente d'en lire plus.

(53) Avril
lun., 21 octobre 2013 11:12:30 +0000

J'étais dans le métro, à Paris, je bouquinais. J'habitais boulevard Voltaire et je voulais descendre à Nation. J'étais en retard, j'avais beaucoup de choses à faire chez moi avant de repartir, donc je guettais chaque nom de station en ajoutant mentalement les minutes un quart aux minutes un quart pour évaluer le temps qui restait avant d'arriver (sur la ligne 6 il faut une minute un quart entre chaque station ; sur d'autres lignes une minute un tiers ou une minute et demi, voire une minute sur la merveilleuse ligne 3 - les gens toujours en retard comme moi savent ce genre de choses et deviennent au fil des ans des as en calcul mental).

Bref j'étais donc sur la ligne 6, direction Nation. C'est important pour la suite. Le train s'est arrêté. Les portes se sont ouvertes, j'ai levé le nez et vu qu'on était à Picpus. Picpus est la dernière station avant Nation et elle est très rapprochée du terminus (58 secondes), donc je me suis dit Chouette, j'y suis presque. J'ai jeté un oeil sur le quai, parfaitement gris et étrangement vide alors que c'était la fin de l'après-midi, une heure plutôt chargée habituellement dans les transports parisiens.

Il y a eu un flottement, il m'a semblé que les portes restaient ouvertes 15 secondes de trop (tic tac tic tac), mais ça n'avait pas d'importance. Je me suis replongée dans mon bouquin en évaluant que je pouvais lire encore trois quarts de page vu que 58 secondes (je cours tout le temps mais je lis lentement, ceci expliquant d'ailleurs peut-être cela).

58 secondes cahotantes plus tard les portes se sont ouvertes, je me suis levée, et le nom de la station s'est affiché en grosses lettres indifférentes devant moi : Picpus. Un grand vide froid en forme de frisson s'est insinué dans mon oesophage avant de descendre tranquillement dans mon ventre et de secouer mes genoux. Re flottement. Je me suis retournée, le wagon était presque vide. Des gens parlaient entre eux à voix basse, un couple, ils chuchotaient, je me suis demandé pourquoi. Il m'a semblé que dans les yeux de la dizaine de personnes présentes quelque chose de pétillant, de moqueur et d'hostile vibrait.

Sonnée, je suis descendue sur le quai, vide. Le train est reparti. Or j'ai constaté que non seulement j'étais bien à la station Picpus, mais dans le mauvais sens. C'est-à-dire en direction de Charles-de-Gaulle-Etoile, pas de Nation. Ce qui supposait un trou temporel dans lequel je serais, sans m'en rendre compte, descendue à Nation pour reprendre le métro dans l'autre sens. Or, j'ai un cerveau correctement irrigué, je ne suis pas somnambule, je ne parle pas toute seule (enfin ça m'arrive modérément, par exemple quand je décide de fêter le Nouvel An toute seule par goût du tragique ou quand je me promène dans le jardin des Tuileries tard le soir avec l'espoir de m'y faire enfermer, mais c'est une autre histoire).

J'ai eu envie de pleurer un bon coup et d'expliquer ce qui m'arrivait à des gens, mais il n'y avait personne sur ce quai gris et vaguement goguenard, j'étais en retard et il fallait vraiment que je me grouille, alors j'ai rangé cet épisode totalement incompréhensible dans la case Plus Tard du secteur Evénements Qui Font Chier de ma mémoire et j'ai foncé pour reprendre la ligne dans le bon sens. Une fois sur le bon quai, tout semblait redevenu normal, le gris du sol n'était plus si uniforme, les gens plus nombreux parlaient normalement, j'ai fini par arriver à Nation et la vie a repris son cours normal.

C'était il y a dix ans. Je repense souvent, très souvent, à ce moment. Depuis, je sais que les choses ne sont pas tout à fait ce qu'elles paraissent être. Que les rouages qui agissent le monde autour de nous peuvent se gripper - et surtout, qu'ils existent. Que The Truman Show est en fait un film documentaire. J'ai failli devenir dingue en voyant L'Echelle de Jacob. Le temps est un concept et pas du tout une ligne droite. L'idée que les choses avancent d'un point A vers un point B est une croyance dont nous devrions nous méfier. Peut-être qu'un jour je me réveillerai et que ma maison n'aura plus de portes, ou que le soleil restera définitivement dans son plumard. Tic tac tic tac.

>