Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

Wanderlust

10 mai 2011

J’espère qu’ils ont de bons sandwichs, en Ecosse. Et des bonnes stations de radio.

Right where I left it

4 mai 2011

Voici les choses que j’ai préférées ces derniers jours :

- lire Bossypants, l’autobiographie de Tina Fey
- manger un oeuf maxi kinder en moins de 24h
- sortir de la maison en tee-shirt
- découvrir que mon arrière-arrière-grand-père Celestino était photographe
- dormir 1h30 dans le train (sur un voyage de deux heures)
- la chanson You and Me de Penny & The Quarters
- déjeuner à la cafétéria de mon ancienne fac
- cette photo de Tuesday Weld par Dennis Hopper :

- tomber sur un Paris Match de 1967 avec Winston Churchill en couverture
- avoir le Paris Match de 1967 avec Winston Churchill en couverture pour vingt centimes
- essayer de deviner le sexe d’un foetus sur une échographie
- apprendre à dire en portugais « arrêtez de m’envoyez des mails, je ne vous connais pas et je ne parle pas portugais »
- et surtout, le dernier plan du téléfilm de M6 consacré à Kate & William.

It ain’t supposed to be like this

21 avril 2011

L’une des plus grandes malédictions humaines, avant même les frites du In-N-Out, la mort du second degré et les seins refaits de Tara Reid, c’est de réaliser que ce que nous chérissons le plus finira par avoir notre peau.

It’s time to kick ass and chew bubblegum

13 avril 2011

Chers vieux croûtons, jeunes fripouilles et autres esprits libres qui ont un jour dansé sur La Zoubida,

Après avoir enlevé les traités philosophiques lus pour le travail, les guides touristiques bizarroïdes, les bouquins en anglais et les romans pas terribles-terribles voire franchement nuls, reste une sélection de neuf livres supers descendus entre janvier et avril. (Bon Dieu, et dire que la logique humaine aurait voulu que je m’occupe de la poussière, d’abord ! J’ai toujours dit, je veux bien être copain avec l’aspirateur, mais seulement une fois incinérée.)

1) Cercueils sur mesure – Truman Capote : Extrait de son livre Musique pour caméléons, cette nouvelle raconte l’histoire (vraie) de Jake Pepper, policier américain qui enquête sur une série de meurtres étranges perpétrés dans « une ville d’un petit État de l’Ouest » dans les années 70. Chaque victime, avant de mourir, reçoit un cercueil en modèle réduit avec sa photo à l’intérieur… et impossible de coffrer le coupable. Le livre idéal pour les transports en commun (se lit en une heure, peut-être une heure et demie).

2) Elvis est vivant ! – Gabriel Sergé : Cet essai du sociologue spécialiste du culte d’Elvis Presley m’a permis de (a) comprendre pourquoi et comment Elvis Presley est resté un mythe, près de trente-cinq ans après sa mort (b) découvrir la collection Les Cahiers du Rock des éditions Autour du Livre. Vous pouvez le commander et lire le résumé ici (12 euros).

3) La physique des catastrophes – Marisha Pessl : Ce premier roman a deux défauts : il lui faut un moment avant de décoller (150 pages), et l’héroïne n’est pas du genre attachante. De façon moins universelle, ça m’a un peu crispé la mâchoire de voir que La physique des catastrophes faisait partie des « livres à fausses références » (comme High Fidelity de Nick Hornby en partie) car je suis une adepte des références, notes de bas de pages (sans blague) et citations qui permettent parfois de lâcher la lecture pour aller se renseigner sur tel ou tel sujet. Mais à part ça, les quatre cents dernières pages m’ont coûté une nuit. Bleue Van Meer, adolescente surdouée qui ne vit plus qu’avec son père professeur – le meilleur personnage du livre – découvre un jour son enseignante préférée pendue à un arbre. Mais qu’est-ce que c’est que ce bordel ? etc.

4) Le jour où Nina Simone a cessé de chanter – Darina Al-Joundi & Mohamed Kacimi : Si vous ne devez en choisir qu’un, ce serait celui-là. Darina Al-Joundi y raconte son Liban natal entre guerres civiles, père laïc et féministe et folie ambiante. Véritable hymne à la liberté, Le jour où Nina Simone a cessé de chanter est grandiose, tragique et drôle, et se lit d’une traite.

5) Just Kids – Patti Smith : La poétesse aux allures androgynes avait promis à son âme sœur, Robert Mapplethorpe, d’écrire un jour leur histoire. Quand elle débarque à New-York à 20 ans, Patricia Smith vient d’accoucher sous X. Elle a travaillé comme une damnée pour se payer le voyage et n’a qu’une obsession : devenir une artiste. De coïncidence en coïncidence, elle tombe plusieurs fois sur Robert, fils de bonne famille qui se nourrit de LSD et de lait chocolaté. Ils deviennent inséparables, fréquentent le gratin warholien, explorent leurs limites  artistiques, et grandissent ensemble. C’est très bien écrit, touchant et un peu magique.

6) La carte et le territoire – Michel Houellebecq : J’ai hésité à le mettre dans la liste parce qu’il ne m’a pas tellement plu, mais c’est un bon bouquin. Disons qu’il m’a déprimée jusqu’à la moelle. Houellebecq a le don d’écrire la platitude de l’existence avec cynisme et humour mais le malheureux ne s’arrête jamais.

7) Vol au-dessus d’un nid de coucou – Ken Kesey : Figure de la Beat Generation moins cité que Kerouac ou Ginsberg (mais peut-être parce qu’il ne se considérait pas comme tel), Ken Kesey a grandi au nord des terres hippies, dans l’Oregon. Ce qui explique sûrement pourquoi l’histoire se déroule dans un asile du coin. Le narrateur, un indien se faisant passer pour sourd et muet, raconte l’arrivée d’un Irlandais gouailleur qui se fait interner pour ne pas avoir à aller en prison. S’engage alors une guerre psychologique acharnée entre lui et l’infirmière-en-chef, vieille despote sadique. Ce qui est bien avec la littérature, c’est que les classiques ne le sont jamais par hasard.

8) Manuel de savoir-vivre à l’usage des rustres et des malpolis – Pierre Desproges : Dieu sait si enfant j’en ai entendu, des sketches de Pierre Desproges… mais bizarrement la seule chose que j’avais retenue de lui, c’était ses propos sur le cancer. Et puis je ne sais trop pourquoi, un matin j’ai voulu lire tout Desproges. Et bien sûr, ça n’a pas pris une ride, le style est impitoyable, et Pierre Desproges m’a tout de même influencée plus que je ne l’aurais cru.

9) Ma philosophie de A à B et vice versa – Andy Warhol : La seule raison pour laquelle j’ai décidé de lire cet ouvrage, c’est parce que Lady GaGa a avoué qu’il s’agissait de son livre de chevet. Ni biographie, ni essai, ni roman, Ma philosophie… est un mélange de pensées, de visions du monde et de théories truculentes. On a envie de le dévorer, et puis finalement c’est tellement agréable qu’on finit par le picorer pour mieux en profiter. Le détail parfait : on y apprend la naissance du mot superstar.

Saved by old times

5 avril 2011

Le premier truc dont m’a parlé mon éditrice en 2008, c’est de son projet d’anthologie du magazine 20ANS, pépite de presse qui a explosé le jour où les annonceurs ont perdu la boule et dont la fin a annoncé l’uniformisation ambiante. Ce fut comme si elle m’avait avoué avoir passé son année de terminale à écouter Fiona Apple : je sus alors que je voulais travailler avec elle et personne d’autre (de toute façon à l’époque j’écrivais des haïkus sur du papier toilette avant de le balancer par la fenêtre).

Maintenant que ce bouquin me doit trois heures de sommeil, j’admets qu’il se place au-dessus de mes espérances : découpé en 7 chapitres, il raconte la genèse du titre (né en 1961), puis comment 20ANS est passé d’un magazine plan-plan à un laboratoire d’idées où des personnalités aussi diverses que Michel Houellebecq ou Emmanuelle Alt ont contribué à « la ligne du parti » – mais ça, à la rigueur, ce n’est pas le plus captivant.

Le plus captivant, c’est le mélange entre interviews des acteurs de l’époque (Diastème ! Le Docteur Perlmutter !), articles issus d’anciens numéros, et anecdotes de la brillante Isabelle Chazot… lorsqu’elle a claqué la porte au début des années 2000, une énorme partie des rédacteurs l’ont suivie. Ce qui en dit long sur la vision et l’influence de la rédactrice-en-chef. On y retrouve horoscope, papiers d’Eugène Mansfield (reconnu meilleur pseudo du monde par la Ligue Internationale des Pseudos), discussions imaginaires entre Le Mariage & La Débauche, ou encore « Le Marxisme expliqué aux jeunes« , par Alain Soral.

Sacré bon boulot, Marie Barbier.

Attention, Je hais les jeunes filles est aussi déprimant. Parce que l’on se rend compte que les magazines comme Causette (son fondateur Grégory Lassus-Debat s’est d’ailleurs fait portraituré hier dans Libération) vont devoir s’accrocher face aux grands groupes et à la pression des annonceurs. Un jour, c’est sûr, le qualitatif primera sur le quantitatif, et le contenu sur la publicité, mais en attendant je ne peux que râler.

Voilà, Je Hais Les Jeunes Filles (20ANS MAGAZINE, Anthologie), aux éditions Rue Fromentin, sera disponible dans toutes les bonnes libraires courant avril, à 20 euros.

Oh, et à tous les journalistes qui revendent leur exemplaire presse sur Amazon & Fnac.com : vous avez raison de ne pas vous embarrasser de la classe. Vous n’en aurez pas besoin en Enfer.

Hey, hey, Stone! Jesus Christ, Stone!

26 mars 2011

Ce n’est pas quand il a découvert l’Amérique, mais quand il a été sur le point de la découvrir, qu’il a été heureuxDostoïevski

J’ai parcouru l’Allemagne du nord au sud et l’Autriche d’ouest en est pendant les dix premières années de ma vie. Mon amour des hamacs est né à cette période, quand nous allions jouer aux explorateurs perdus dans le grenier aux mille trésors de Opa. Opa n’aimait pas que nous allions jouer dans sa grotte secrète. Sa bile s’échauffait à chaque fois que nous empruntions ses jumelles pour admirer les montagnes enneigées, les doigts tout collants de caramels mous achetés à la boulangerie voisine. Plusieurs fois je me suis fait tirer les oreilles, trahie par mon canard en peluche oublié dans le hamac du grenier. Le soir nous mangions des saucisses avec du pain brioché, sous le regard envieux du gros chien noir de la maison. Un jour, le gros chien noir m’a mordu la joue. C’était une période assez dangereuse pour moi.

Mille ciels gris se sont déployés au-dessus de ma tête après ça. De mes étés passés à Chelmsford, UK, j’ai tiré une passion immodérée pour les comédies musicales et les chips au vinaigre. Ma voisine de chambre préférait se farder les paupières de bleu néon et fricoter avec les jeunes anglais. Plus ils avaient le teint blafard, mieux c’était. Son livre de chevet était Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée. Elle était mon exact opposé, très belle et un peu triste. Nous dansions nos hanches l’une contre l’autre pendant la messe du mercredi soir. Elle repartit en banlieue parisienne à la fin du premier été. Notre famille d’accueil l’a vécu comme un soulagement. Je me suis un peu améliorée en anglais, et j’ai fini tous mes Colette.

Du moment où j’ai posé un pied en Espagne, ce fut comme retourner à la maison. Je dois au Pays basque mes premières nuits blanches, teintées de cava et de mauvaise électro, mes douces hallucinations et mon indépendance. Je lisais beaucoup d’essais sur le rock’n’roll et de romans de Lucia Etxebarria. Nous avions en permanence du sable dans les chaussures, une Lucky Strike à la main et la route devant nous. Nous étions magnifiques & fragiles & insouciants. Il est arrivé que je m’enquille sept heures de bus pour aller à Barcelone, alors que le concert des Strokes était complet. Si j’avais 70 ans, je pourrais dire quelque chose comme « c’était les plus belles années de ma vie ». Mais je ne suis pas encore fixée sur ce point.

C’est si étrange. Durant tout ce temps, j’ai multiplié les séjours aux Etats-Unis. Et à chaque fois, j’ai pensé percer le truc. Il fallait que je perce le truc. C’est une entreprise qui a débuté il y a des années, et qui ne s’est pas essoufflée depuis. D’abord, il y eut la fascination de la langue. Puis vint celle de la littérature américaine. Mon obsession pour la route n’a bien sûr rien arrangé à l’affaire. J’y ai rencontré un tas de gens, lu un tas de journaux et de livres d’histoire, visité un tas de villes surpeuplées et de villes mortes… je devrais avoir fait le tour de la chose, je suppose. La lassitude aurait du l’emporter. Gagner du terrain, du moins. Mais les subtilités. Quoiqu’il arrive, elles sont toujours là. Chacun voit celles qu’il est prêt à voir, et c’est probablement ce qu’il y a de mieux à faire.

Je n’arriverai peut-être jamais à percer le truc. Tout ce dont je suis sûre, c’est que la vraie Amérique n’existe pas.

We can’t stop here

22 mars 2011

Les routes du Nevada mènent à un état second, où les néons figent les traits et l’alcool déforme les formes géométriques des moquettes. Mais entre seize et vingt heures, elles sont la seule bonne raison d’avoir son permis de conduire.

à 5.11 p.m, sur l’interstate 15

Giant birds in the sky and crappy postcards

16 mars 2011

Cinq jours sous le ciel californien ont suffit à déglinguer mon bon goût qui avait déjà, aux dires de certains, le karma d’un mafieux à la retraite. Onze nouvelles obsessions ont réussi à se nicher dans mon pauvre cerveau ratatiné. Une souris – ou peut-être huit, pour ce que j’en sais – a élu domicile sous l’évier ; je suis à deux doigts d’écrire une lettre à General Mills pour lui demander réparation. Ses céréales sont bien trop appétissantes pour les souris. A-t-il déjà réfléchi à ça ? On dirait que les Cheerios ont été spécialement étudiés pour rentrer dans la gueule d’un rongeur. Ils sont petits et ronds et délicieux. Quelle souris résisterait à ça ? Damn you, General Mills !

Quoiqu’il en soit, puisque je suis en ce moment à Los Angeles où j’écris un papier (mais pas sur les souris), c’est l’occasion de faire un top 3 des meilleurs hamburgers de la ville. Ca peut toujours servir.

LE MEILLEUR HAMBURGER 50′s : RAE’S

Au 2901 Pico Boulevard, à Santa Monica, une serveuse mexicaine au phrasé de Fran Fine rigole avec des types qui cachent leurs kilos en trop sous une chemise à carreaux rouges et une doudoune sans manche verdâtre. Le hamburger est correct, équivalent à celui préparé un vendredi soir devant la télé, et les frites découpées dans des pommes de terre taille 38 fillette. Pas de quoi vendre son âme au Diable, mais à 4.95 $ (et 1.95 le coca), c’est pas cher payé l’ambiance désuète sans le côté clinquant que peuvent avoir les grandes chaînes de fast-food.

LE MEILLEUR HAMBURGER DE CHAINE : JOHNNY ROCKETS (?)

Attention : la meilleure chaîne de hamburgers au monde c’est Five Guys, mais on la trouve principalement à l’est du pays (et au Texas)… Le Rocket Single du Johnny Rockets a une sauce spéciale, des places au comptoir, une terrasse, et des cuisiniers qui dansent sur Respect d’Aretha Franklin. C’est tout de même autre chose que Wendy’s. Plusieurs sources m’ont cependant assurée que le In-N-Out remportait la palme du meilleur hamburger du genre. Mon professionnalisme me pousse donc à écrire ceci : Johnny Rockets est sur la sellette.

LE MEILLEUR HAMBURGER CHIC : UNAMI BURGER

Les prix affichés, entre 9 et 13 $, ne comprennent pas les frites. Ce qui veut dire qu’on peut y commander un hamburger avec de la purée, des frites de patate douce, ou des cornichons rôtis. Les recettes sont originales (oignons caramélisés, fêta, épinards, parmesan…), le pain est brioché et frappé d’un U sur le dessus, mais surtout le ketchup est fait maison – tout comme la limonade. Ils servent aussi du coca mexicain. Prévoir une demie-heure de sieste après ingestion.