Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

I really fucked this up this time, didn’t i ?

11 octobre 2012

J’ai laissé la recette de madeleines dans le placard de la cuisine. J’ai rendu les clés de l’appartement. Abandonner un petit bout de soi dans un endroit où l’on ne remettra peut-être bien plus jamais les pieds (au sud-est de l’Islande :  La Femme En Vert d’Arnaldur Indriðason à l’hôtel du port de Stykkishólmur), parce que se fier au futur est vain, et à l’expression « la vie est longue » encore plus : la vie n’est jamais longue.

 

river deep, mountain high

26 septembre 2012

Dans la bruine d’automne, derrière l’odeur des feuilles mortes, du bois brûlé et des vieux livres garnis de poussière, les conversations chez Emmaüs ont des allures de monde parallèle.

Ma phrase préférée du mois est désormais : « Tu l’as vendu, le tatou empaillé ? ».

Je la mets ici, parce que dans l’un des livres de poche soigneusement rangés près des buffets 70s déglingués (les bibliothèques d’Emmaüs sont l’une des plus belles choses qui soient, mais nous y reviendront), Louis Pauwels écrivait en 1971 :

Lettre Ouverte Aux Gens Heureux, p. 85, éd. Albin Michel.

No. this is just awkward.

12 septembre 2012

Je me suis principalement nourrie de crevettes, d’avocats, de gaufres et de citrons givrés pendant cette période. J’ai bu plus de champagne que de raison. J’ai vu l’asphalte trempé de New-York, ai écrit dessus, mangé une tonne de mac’n cheese et dit à une fille qu’elle avait du papier toilettes collé sous son talon dans un comedy club. Peu avant midi, nous nous sommes fait payer une ou deux bières par le barbier (où nous étions pour ma moustache). Ensuite, nous avons retiré 100$ et nous sommes allés voir une comédie musicale sur des cheerleaders. J’ai peint des plinthes en blanc un dimanche matin en écoutant Chérie FM, mais c’est mieux en écoutant Rires & Chansons. Ce jour-là, mon cœur était plus enivré qu’il y a trois mois, et beaucoup plus qu’il y a six mois. En lisant ce petit témoignage sympatoche devant mes céréales au lait, j’ai découvert ces enregistrements de somnambule anglais qui ressemblent à des supers dialogues de western (mon préféré : « Hey ! I’ve told you before : I like my bananas al dente. Get it right. »). J’ai trouvé très étrange, cette même nuit, de tomber sur des commentaires méprisants les blogs parlant de voyages et non de vie quotidienne. Mais si Internet existait uniquement pour parler de vaisselle sale, qu’adviendrait-il de nous ? J’ai vu un cimetière de voitures non loin d’Aureville. J’ai décidé d’arrêter de classer mes livres par couleur parce que les couleurs font oublier les livres eux-mêmes et j’ai divisé ma nouvelle bibliothèque par thème (romans noirs, féminisme, essais, musique, classiques, young adult, policiers, philosophie & road-trip). Je crois que j’aimerais bien pleurer un peu de fatigue, pour décompresser, mais je n’y arrive vraiment pas.

Is it awkwardly cool or just awkward ?

10 septembre 2012

19 jours que je n’ai pas écrit ici alors que j’ai plein de choses captivantes à raconter comme (une liste pour ne pas oublier) :

- Comment bien peindre un mur ?
- Le western pour somnambules
- Les blogs voyages seraient-ils en réalité haïs de tous ?
- Et : le canapé-lit, ce concept dégueulasse probablement inventé par Karl Marx.

Hi hi.

April May June

21 août 2012

Je n’arrive pas à savoir si je suis ultrasensible ou ultranonsensible. L’autre soir, en me couchant, je repensais à combien la chanson « Ne Me Quitte Pas » de Jacques Brel m’était insupportable. Sa voix tendue par la tristesse et l’acharnement m’exaspère, j’ai envie de crier : « Jacques ! Reprends-toi nom de Dieu ! » et je suis consumée par la culpabilité. Quand il ne te reste plus rien, il te reste encore la dignité, Jacques ! Mais peut-on condamner le désespoir ? Bon, et à côté de ça, quand je vois voler un bourdon à l’air mélancolique, j’ai les larmes au bord des paupières inférieures.

Obsessions du moment : Les coussins. La citronnade. Bill & Hillary Clinton jeunes.

Je travaille tellement en ce moment que me promener dans un supermarché devient une chose très agréable à faire.

Je travaille tellement en ce moment que je n’ai pas le temps de finir mes livres, ce qui me rend irritable. Tout-à-l’heure j’ai failli me fendre d’une longue diatribe contre une vieille chouette ignorante.

Pour me calmer, j’ai du me VISUALISER en train de sortir mon cerveau fumant pour le faire flotter sur une petite mare de glaçons.

Ça a marché à 70%. La citronnade a fait le reste.

J’ai envie de retourner à la rivière. Pas trop de marcher sur des galets.

J’ai ajouté et enlevé des liens dans ma blogroll, mais je ne peux toujours pas me résoudre à enlever PixelStar.

La première chose que je ferai le soir où on s’installera dans notre maison, c’est de
boire trois Budweisers, commander
une pizza et
prendre un bain.
Et ce sera le meilleur jour de ma vie, jusqu’au prochain.

Ricchi & Claude

5 août 2012

Ce soir Arte a diffusé L’effrontée, le film de Claude Miller sorti en 1985 dans les salles françaises. Entre mes 7 et 11 ans, il y avait ces trois films que je regardais en boucle : Amadeus (Milos Forman, 1984), Labyrinthe (Jim Henson, 1986), et L’effrontée. J’avais oublié ces petits détails comme le Roule Roule, la discothèque où se retrouvent les jeunes du village – ou encore qu’au début, sur la barrière de la maison, le numéro de téléphone affiché comporte six numéros seulement. J’avais aussi oublié à quel point Bernadette Lafont était super, surtout quand elle dit « tu vois pas qu’elle te fait marcher, cette grande seringue ? ». D’ailleurs, je ne me souvenais pas du nombre de bonnes répliques que ce film contenait – des répliques pour lesquelles n’importe quel écrivain se damnerait – comme « C’est p’tit c’est moche, et c’est tout. Salut. » (Charlotte) ou « Ben puisque tu sais pas quoi faire, va jouer avec l’aut’ bout de cul ! » (le père de Charlotte) ou « T’as quoi sur ta tête ? Une crotte de chien ? – une NAT-TE » (Charlotte et son père). Je crois que cette obsession pour L’effrontée était moins née de ma mono-maniaquerie habituelle que parce que j’espérais y trouver des réponses. Charlotte supporte mal la chaleur estivale, elle rentre des chemises d’homme dans sa jupe en jean et trouve que la vie est brusque. Elle mange de la confiture de fruits rouges, est élevée par un seul de ses parents, aime la musique classique, est pressée de découvrir le monde… Dans son salon, le papier-peint est fleuri. C’est étrange de se rappeler toutes ces similitudes. Ça l’est encore plus de se rendre compte que L’effrontée m’a réellement donné deux ou trois leçons de vie. Aie des rêves à ta mesure. Choisis bien tes amis. Ne saute jamais le déjeuner.

songs like this

3 août 2012

J’ai très vite compris que l’on ne changeait jamais qui que ce soit. Son mec, ses vieux, le voisin du dessus… Un seul être humain ne suffit pas. Le temps, l’alcool et les souffrances diverses et variées se chargent du sale boulot. Mais c’est pas le plus dur à intégrer. Quand vous vous apercevez qu’en conséquence personne n’est indispensable, c’est à ce moment-là que votre caboche vrille un peu.

J’ai été plus longue à la détente pour m’apercevoir que si la théorie s’appliquait à tout le monde, elle s’appliquait aussi à moi-même. Je peux travailler quelques impulsions, ronger mon frein, forcer ma concentration mais je ne changerai jamais

les angoisses matinales
l’investissement corps et âme
les TOQUADES FUTILES & la FRÉNÉSIE des DÉTAILS
la scoliose à 40° et le petit doigt de pied bouffi
les ressassements pernicieux
les emportements de mauvaise foi (et de mauvais goût)
et les blagues à base d’anthropomorphisme

Fort heureusement, je suis coincée avec moi-même.

Chapitre 5 : La 5ème planète tellurique

13 juillet 2012







Nature, n.f. : Milieu terrestre particulier, défini par le relief, le sol, le climat, l’eau, la végétation.

Derrière la brume de minuit, le pays est entouré de plages noires sur lesquelles ont parfois échoué des miettes de glaciers. Les ruines de basalte sont couvertes de mousse verte ou jaune délavé, redéfinissent l’intérieur des terres et prennent n’importe quelle forme – même celle du profil pélican-esque d’un Edouard Balladur déprimé – mais ne craquelleront jamais sous les pieds. Ça ne marche pas comme ça, en Islande. L’homme ne peut pas avoir le dernier mot. Sûrement pour ça que les habitants n’ont jamais construit d’édifice assez grand pour les protéger en cas d’invasion. A quoi bon bâtir des châteaux qui surplombent les vallées, ériger des tours de pierre de plusieurs mètres de haut et élever des pigeons voyageurs ? L’ennemi n’arrive de nulle part. Il est déjà là.