Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

with a bottle of beer and nothing left

12 décembre 2012

J’ai toujours trouvé le dictaphone super cool – « super cool » comme dans « un dictaphone me sépare de la super coolitude de Special Agent Dale Cooper ». Entre un piercing et un dictaphone, ce dernier l’emporterait, haut la main. Et puis là, avec Noël et tout le reste, je me dis que ce serait peut-être l’occasion. Par exemple, je pars en reportage dans les Pyrénées bientôt, mais quand les températures chutent l’encre du stylo bic se durcit un peu et vous vous retrouvez à gratter la bille contre la gomme de votre basket pendant trois ou quatre minutes, c’est pénible.

Le problème, c’est que je n’interviewe jamais de célébrité. Ce qui veut dire qu’il n’y a jamais de table pour poser un dictaphone et l’oublier. Les interviews d’artistes, c’est ce qu’il y a de plus chiant au monde après marcher dans une crotte de chien et ne s’en apercevoir qu’une fois monté dans la voiture. Ils n’ont rien de à dire à part quelques poncifs (« je ne sais pas ce que je ferais si je n’étais pas chanteur ») et des tirades attendues (« XX (le réalisateur) était très exigeant, il attendait beaucoup de moi, il m’a enfermé dans une pièce pour me forcer à regarder Les Aristochats et d’autres films qui m’ont aidé à comprendre le personnage »).

Les seules bonnes interviews d’artistes jamais lues, ce sont celles de types qui ont de la bouteille (Paul Verhoeven) et surtout pas ceux qui sont interrogés tous les quatre matins (Rihanna).

Tout ça pour dire que je préfère rencontrer des gens qui vivent autre chose, et que ces gens-là ils ne vous reçoivent pas face à une table. Vous leur parlez dans la rue, sous un auvent, dans une voiture, au milieu d’un champ ou dans un salon de coiffure, et dans ces cas-là, brandir un dictaphone peut donner l’impression de sortir un micro pour le midi-quatorze heures de RTL. Enfin je suppose, puisque je ne l’ai jamais fait. Je ne travaille qu’avec du papier. Il peut m’arriver de mémoriser 15, 20 minutes de conversation grand max, pour me précipiter sur mon carnet de notes ensuite et tout retranscrire d’une traite. Possible que ce soit une drôle de méthode, mais c’est sûrement un bon moyen de repousser les premiers symptômes d’Alzheimer. Remarquez, ça, c’est dans les cas extrêmes où la situation ne se prête pas au carnet-crayon – au comptoir d’un bar le plus souvent.

Mais même quand je dégaine mon stylo, la réaction de l’interlocuteur n’est jamais filtrée. C’est mon angoisse professionnelle : tomber sur quelqu’un qui va calculer ses réponses à l’extrême. Vous voyez ces gens qui n’oublient jamais d’être beaux sur les photos, alors que le principe est de faire une grimace pour se payer une bonne poilade ensuite ? Ça a le don de m’énerver. C’est pour ça que les interviews des vieux croulants sont les meilleures : avec l’âge on ne s’embarrasse plus des convenances. S’en battre les rouleaux de paraître à son avantage est un bon moyen de paraître à son avantage.

C’est une question d’image, vous me direz. Puisqu’il n’y a pas d’image, le dictaphone peut s’avérer aussi pratique que le stylo. Voire plus pratique en période de froid hivernal, rapport aux moufles et tout le bazar.

Si vous avez des conseils en la matière, un petit machin solide et pas cher, je suis preneuse. Et ne me dites pas « ton iPhone » parce que (1) je viens de vous offrir une réflexion de 600 mots sur le dictaphone VS. le stylo, autant dire que je ne suis pas encore le genre à avoir un iPhone (2) quand vous êtes dans la cambrousse à 15 kilomètres d’une prise électrique accessible, votre objectif est de garder le plus de batterie possible sur votre portable.

To slip silently into the water

2 décembre 2012

Britney Spears fête ses 31 ans aujourd’hui.
Est-ce que je suis supposée être indifférente à ça ?

A chaque fois que je vois l’une de ces photos postées par son équipe de managers, ses cheveux sont blond plastique, son sourire crispé, sa jupe presque trop courte. Rien de nouveau sous les spots de Pop Babylone. Mais ce sont ses yeux. Un voile neurasthénique couvre sa pupille fixe.

Quelque chose cloche sévère, et je ne dis pas ça à cause de son dernier clip avec will.i.am.. Nostradamus avait probablement vu les yeux de Britney Spears lorsqu’il a commencé à écrire ses Prophéties. Derrière l’abus de mascara noir et d’anti-dépresseurs, l’Apocalypse.

state of grace

29 novembre 2012

J’ai atteint 13 de mes limites cette semaine.
La voix de Nikita dans Nikita. Le nombre de lessives. Les papiers redondants et écrits pour un tas de mauvaises raisons (principalement dans un souci d’ego). Les taxes de fin d’année – un total de 3478 euros. Le vintage made in China. Les clients gogoles (L’un d’entre eux m’a envoyé par e-mail une illustration à retoucher en la prenant en photo sur son écran d’ordinateur avec son iPhone). Le haussement de sourcils de Dana dans Homeland. Les mêmes discussions, encore & toujours. Pitié, faites que les discussions qui tournent en boucle se détachent et s’envolent vers d’autres sphères où les chasseurs de primes peuvent cotiser grâce à elles. Cory Kennedy qui s’affame. Ma frange qui rebique. Cette toux minable. L’amitié par intermittence. J’ai 29 ans bordel de merde, je suis trop jeune pour ces conneries.

Je n’ai pas ajouté « les 70 onglets ouverts dans Firefox » dans ma liste parce que je ne sais pas encore si j’en suis revenue ou non.

Demain je prévois de finir un papier, manger un hot-dog, essayer cette paire de Vans même si je devine déjà qu’elles me donneront l’air d’un hobbit grassouillet, écouter The Brian Jonestown Massacre et écrire sur cette fois où je suis retournée dans mon bled paumé du Nord après onze ans d’absence.

Parce que c’est ce que je vais faire maintenant. Je vais me trouver d’autres limites.

Lightning instant supernova

19 novembre 2012

Parce que

L’Université de l’Internet, toujours (ceci est mon dernier sweat Batman*)

Le « sweat Batman » est une expression popularisée par mon coloc très sexy qui désigne ce sweat tout neuf que l’on vient d’acheter et que l’on veut porter tout le temps, même pour dormir, en référence à n’importe quel garçon de 7 ans qui refuse d’enlever son sweat Batman.

Ma réaction face aux évènements récents :

Et une photo de fin d’automne :

On va pas se laisser abattre.

Do you remember the first time ?

15 novembre 2012

A propos de l’inspiration, des commentaires sur Internet, et du fait de porter des slips jusqu’à midi, je ne saurais dire à quel point ce post de Oatmeal est vrai. Et surtout, KINGDOM OF CACA. Toutefois,

The world’s getting smaller

31 octobre 2012

Il y a un an, peut-être un peu plus, je décidai d’écrire une série sur l’Americana en France. Au début, dans la chaleur moite du train qui me poussait vers Dieu-sait-où, tout était très clair : j’allais faire de la fiction pure. Des nouvelles sur des cheerleaders, des fans de mustang et des chanteurs de bluegrass de l’Ancien Monde. Des types passionnés qui vivaient l’Amérique comme s’ils se couchaient tous les soirs sous la lune bleue du Kentucky. Alors j’ai parcouru la France à la recherche de gens qui accepteraient de me parler : une coiffeuse albigeoise fan de country, des bikers en visite au Cap d’Agde, des mordus de rockabilly, un chasseur d’orage poète etc.

Quelques-uns m’ont foutu des vents (un conseil : ne dites jamais oui à un écrivain en pleines recherches si vous ne le pensez pas, cela le rendra zinzin ), certains ont été timides et d’autres subtilement menaçants. Mais au fil de mes rencontres, il devenait de plus en plus frustrant de ne pas parler de ces personnes. Ça ne servait à rien de polir un matériau brut qui était déjà un carburant de haute qualité. Et ça devenait carrément idiot de mettre leurs paroles dans la bouche de personnages de fiction. Personne n’était gagnant dans l’histoire. Ces personnes méritaient plus que ça. Elles avaient fouillé dans leur mémoire à la recherche d’anecdotes, m’avaient accueillie chez elles et même nourrie – et Satan sait si je me sens redevable envers ceux qui me donnent à manger – tout ça pour quoi ? Pour qu’un jour, des lecteurs se posent la question de la vérité (« est-ce que ça existe vraiment ? ») ? Les reportages auraient au moins le gage de l’honnêteté.

Voilà comment est né le dossier Americana sur Slate. J’ai gardé mes 5 histoires préférées – et viré celle sur les bikers parce que ça ne s’est pas passé comme je l’aurais voulu – ce qui a donné 5 chapitres :

(1/5) C’est pas le Diable qui a fait les péquenauds du Westarn.

(2/5) Venez vous faire sauter la cervelle dans les Cévennes !

(3/5) De la friture sur la ligne.

(4/5) Vie et mort du Rockabilly en Lorraine.

(5/5) Du sang couleur mandarine.

Maintenant, je pense que je vais me reposer un peu.

voilà ce que je voulais dire la dernière fois

29 octobre 2012

encore une nouvelle de merde dans cette semaine pourrie

26 octobre 2012

On ne peut pas dire que cela ait été les six meilleurs jours de ma vie (mon calcul de l’existence se faisant sur une échelle de 1 à 100, disons que je suis à 46) et l’une des raisons à ça, c’est Raymond. Depuis les dernières rafales de vent, nous n’avions pas revu Raymond le hérisson dans le jardin. Et l’autre jour, tandis que mon quota de mauvaises nouvelles était déjà presque atteint (j’étais à 51), nous avons vu un hérisson écrasé sur la route d’en face. Je n’ai pas pleuré, okay ? Nous n’étions pas à ce stade de l’amitié où l’autre crée un vide incommensurable en disparaissant. Et puis je n’ai aucun moyen de vérifier qu’il s’agit bien de Raymond. Je n’ai pas son dossier dentaire.

Quoiqu’il en soit, voici les choses qui m’ont aidée à ne pas traquer le chauffard qui a dégommé Raymond ou son cousin :

1) La science passionnante des prénoms des ouragans. En gros, l’initiale de chaque ouragan donne son rang d’apparition dans l’année et son lieu géographique. Par exemple, l’ouragan Sandy est le 19ème ouragan de l’année 2012 en Amérique du Nord. Chaque année, la liste des prénoms change. En Europe, nos ouragans sont nommés par l’Institut de Météorologie de l’Université Libre de Berlin (d’où Xynthia) mais n’importe qui peut « adopter un vortex« . Ce qui est sacrément cool. Mais ce n’est pas l’avis de tout le monde : quand j’ai proposé le sujet à l’un de mes rédac-chefs, il m’a jeté un #old au visage tel un gantelet de chevalier. Je ne comprends pas.

2) Ce post du Professeur Moustache.

3) Une compilation de pages Wikipedia qui font peur.

4) Ce site, pourquoi pas (qui me fait penser au dernier numéro de 6mois)

5) Le Poète, de Michael Connelly – un super polar.

6) Du coup, cet article drôlement bien de Jérôme Dupuis.

Et si ça ne suffit, j’ai fait une playlist cyclothymique : Dépression Superstar. Dedans y a un peu de country-folk, de math-punk, de new wave classique, et de pop mainstream.