Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

songs like this

3 août 2012

J’ai très vite compris que l’on ne changeait jamais qui que ce soit. Son mec, ses vieux, le voisin du dessus… Un seul être humain ne suffit pas. Le temps, l’alcool et les souffrances diverses et variées se chargent du sale boulot. Mais c’est pas le plus dur à intégrer. Quand vous vous apercevez qu’en conséquence personne n’est indispensable, c’est à ce moment-là que votre caboche vrille un peu.

J’ai été plus longue à la détente pour m’apercevoir que si la théorie s’appliquait à tout le monde, elle s’appliquait aussi à moi-même. Je peux travailler quelques impulsions, ronger mon frein, forcer ma concentration mais je ne changerai jamais

les angoisses matinales
l’investissement corps et âme
les TOQUADES FUTILES & la FRÉNÉSIE des DÉTAILS
la scoliose à 40° et le petit doigt de pied bouffi
les ressassements pernicieux
les emportements de mauvaise foi (et de mauvais goût)
et les blagues à base d’anthropomorphisme

Fort heureusement, je suis coincée avec moi-même.

Chapitre 5 : La 5ème planète tellurique

13 juillet 2012







Nature, n.f. : Milieu terrestre particulier, défini par le relief, le sol, le climat, l’eau, la végétation.

Derrière la brume de minuit, le pays est entouré de plages noires sur lesquelles ont parfois échoué des miettes de glaciers. Les ruines de basalte sont couvertes de mousse verte ou jaune délavé, redéfinissent l’intérieur des terres et prennent n’importe quelle forme – même celle du profil pélican-esque d’un Edouard Balladur déprimé – mais ne craquelleront jamais sous les pieds. Ça ne marche pas comme ça, en Islande. L’homme ne peut pas avoir le dernier mot. Sûrement pour ça que les habitants n’ont jamais construit d’édifice assez grand pour les protéger en cas d’invasion. A quoi bon bâtir des châteaux qui surplombent les vallées, ériger des tours de pierre de plusieurs mètres de haut et élever des pigeons voyageurs ? L’ennemi n’arrive de nulle part. Il est déjà là.

Chapitre 4 : Les Grands Espaces

9 juillet 2012








Agoraphobie, n. f. : Angoisse, crainte de traverser les grands espaces où l’on ne peut être regardé et d’être happé par le ciel.

Chapitre 3 : Les Petits Animaux & Le Lupin

5 juillet 2012

Du sud jusqu’à l’ouest, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre : les chiens de traineau du Groenland au coucher de soleil – soit aux alentours de minuit -, sorte de gros toutous hyperactifs (voire érotomanes pour certains) et les moutons islandais, moins blasés que leurs cousins écossais, mais plus suspicieux. En parlant, d’Écosse : le lupin, importé sur l’île pour fertiliser la terre et qui pullule aux abords des routes de cendres. Enfin, totalement emo & coiffure tie & dye : les chevaux vikings (ils peuvent lire vos pensées les plus intimes).

Un lien : pour savoir ce qui s’est passé après la balade en chien de traineaux sur la F 550 et pendant l’élection présidentielle.

Chapitre 2 : Les Objets & Lieux Perdus

4 juillet 2012





Le long des chemins escarpés de l’est, vers le nord de l’île : 1564 cairns, 37 cagibis de pêche et d’observation ornithologique, 5 phénomènes étranges, 3 mini-bus engoncés dans la neige d’été, 1 salle d’eau érigée non loin du volcan Krafla, 2 refuges en haut des montagnes roses, 1 mystérieuse cabine pistache sur la route menant à l’île des macareux moines (qui cache en réalité un distributeur de boissons et de snacks pour chiens et humains s’allumant à l’aide d’un minuscule interrupteur noir).

 

Chapitre 1 : La Route

1 juillet 2012








3475 kms, 22 champs de lave, 9 pleins d’essence, 3 gouttes de pluie, 1 radio captée, 0 elfe.

or is it ?

19 juin 2012

Je ne sais plus combien de fois on m’a posé la question, cinq, six fois ? Disons, assez pour que j’y réfléchisse sérieusement. A vrai dire, face à quelqu’un qui lit dans le métro, ou dans un café, ou n’importe où, la 2ème question qui me vient à l’esprit juste après « quand est-ce que cette personne a fait l’amour pour la dernière fois ? » c’est celle-ci : comment a-t-elle choisi son livre ?

Voici comment ça marche pour moi.

LE BOUCHE-A-OREILLE

La technique la plus évidente, comptant elle-même trois subdivisions :
(1) le livre conseillé par un(e) ami(e) – ce qui n’est, curieusement, pas la méthode la plus probante. Vous pouvez être les meilleurs amis du monde et ne pas pouvoir habiter ensemble. Vous pouvez tout partager, sauf vos goûts littéraires. Méfiez-vous donc des amis qui veulent absolument que vous lisiez leurs livres préférés : c’est un piège tordu de l’inconscient. Ils veulent moins vous faire découvrir un livre que vous l’aimiez autant qu’eux. Car alors, ça voudra dire que vos ‘moi intérieur’ sont intimement liés. Je le sais parce que je l’ai fait avec tous mes petits amis, et que ça n’a abouti à rien d’autre qu’à me fissurer un peu le cœur. Mais ça peut aussi marcher. Par exemple quand un(e) ami(e) me dit « j’aimerais beaucoup avoir ton avis sur ce livre », il peut y avoir un débat, une exploration commune du bouquin, et rien que pour ça, ça vaut le coup d’essayer.
(2) une personne qui a les mêmes goûts que soi – découverte via SensCritique ou autre. Ce qui implique une culture commune. Pas facile à dégoter.
(3) un(e) critique littéraire convaincant – personnellement, les magazines qui m’ont apporté le plus de satisfaction sont Nylon Mag, Libé, Vogue, et « Filigrane » de Charlotte Pudlowski.

LA COUVERTURE

Une autre technique évidente, bien qu’arbitraire. J’ai plus souvent choisi un livre pour sa couverture que pour son titre. La méthode est simple : couverture agréable à l’œil et au toucher (certains bouquins type Folio Policier ont un grain qui rappelle la peau de pêche, sans rire) + 4ème de couverture + lecture d’un paragraphe ou deux au hasard. Le problème de cette technique, c’est qu’elle se fait souvent sous le coup du désespoir, et qu’elle s’avère peu efficace dans les 2/3 des cas. En règle générale, je n’ai presque jamais eu de coup de foudre pour un bouquin déniché totalement au pif. Cela revient à embrasser une personne choisie au petit bonheur la chance et croire que l’on va tomber amoureux.

LA RECHERCHE CIBLÉE

J’ai parfois des envies très précises de bouquins : un polar avec de l’humour et une héroïne, une biographie de rock star, des poèmes sans queue ni tête, des nouvelles percutantes à la Etgar Keret… Dans ce cas, deux solutions : je demande à des inconnus sur Twitter, ou j’explore à l’aide de mots clés sur Internet. D’imaginer ce que j’aurais fait pour assouvir ces envies si j’étais née trop tôt dans un monde sans technologie me fiche des frissons dans la nuque.

LES VOYAGES

Voyager implique trois obsessions chez moi : la gastronomie, la musique, et la littérature du coin. En Écosse, j’ai mangé du haggis à tous les repas, écouté les Real McKenzies sur la route et lu des nouvelles de Tartan Noir. Avant de partir au Portugal j’ai lu « Portugal » de Pedrosa, mangé de l’huile à tout, et écouté quelques disques de rock portugais (parce que je n’aime pas trop le fado). Lorsque des pulsions de départ pour la Russie se font sentir, je relis un conte de Gogol ou j’emprunte « Le Maître et la Marguerite » de Boulgakov à la bibliothèque. C’est l’un de mes procédés favoris. Jeudi je pars en Islande, et si je ne suis pas encore très au point niveau musique, j’ai tout de même sur ma liste un livre d’Arnaldur Indriðason.

LE TRADUCTEUR

Lorsque vous avez épuisé toute la bibliographie de votre auteur(e) préférée, il reste encore parfois un moyen de se confronter à sa plume : grâce à ses traductions. Charles Baudelaire, Virginie Despentes, Julie Wolkenstein ? Tous des traducteurs à leurs heures perdues (et ils sont infiniment plus nombreux).

LA RÉFÉRENCE

Il y a des gens effrayés par les références, comme si elles n’existaient que pour leur faire prendre conscience de leur ignorance. C’est une vision des choses qui me fait suer. Je ne parle pas des références obscures, sorte de private jokes de l’écrivain, mais de références précises qui sont alors comme un jeu de piste. Admettons que le héros d’un livre que j’apprécie a été très influencé dans sa jeunesse par « Ne Tirez Pas Sur L’Oiseau Moqueur » de Harper Lee, alors ça devient un bon prétexte pour m’y mettre. Vous voyez le genre. Cela permet également de découvrir d’excellents bouquins peu connus du grand public… jamais je n’aurais entendu parler de « Thieves Like Us » d’Edward Anderson, sans « Freelance » de Philippe Garnier par exemple. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’en veux aux auteurs qui placent des fausses références dans leur récit, comme Marisha Pessl (dans « La physique des catastrophes ») ou Nick Hornby (qui l’a fait pour quelques chansons de « High Fidelity ») – même si ça n’entache en rien leur roman. De façon moins glorieuse, j’ai aussi lu « Ma philosophie de A à B » par Andy Warhol, parce que Lady GaGa l’avait soi-disant sur sa table de chevet.

canyon of the joyful souls

16 juin 2012

« I’m always afraid that I’m being unprofessional, yet I continue to sign all my e-mails “xoxo.” »-

Comme je te comprends, Lena Dunham.