Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

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9 février 2013

Je saute en culotte hors de mon lit (le week-end, je ne vois aucune bonne raison de mettre un pantalon), j’attrape mon livre du moment (Des anges dans la neige, Stewart O’Nan), je me sers un grand bol de céréales avec triple ration de lait et soudain, un souvenir embarrassant surgit derrière mon oreille gauche (je déteste quand les souvenirs embarrassants surgissent de cette façon, comme des déflagrations de LSD).

Dans la chaleur étouffante de l’été 2003, mon ex – qui était pernicieux au demeurant – et moi étions allongés sur le lit et nous ne faisions rien d’autre que discuter, une de ces émissions stupides du mois d’août bourdonnant en fond sonore, quand il me dit : « Pourquoi tu lis tous ces bouquins ? Ton imagination ne suffit pas ?« . Ce à quoi j’ai répondu :

boom

And that was the end of it.

i love it

8 février 2013

Missbehave me manque. J’aimerais écrire un film sur une fille, et à un moment on verrait un papier coincé dans un radiateur virevolter sous l’effet du souffle chaud. J’ai une sorte d’amour-haine pour les articles de tops (top 5 des plus mauvaises introductions de bouquins / top 5 des plus belles robes de Kristen Stewart). Je voudrais que les colonnes de content des sites d’info soient BEAUCOUP plus larges. J’ai tellement envie d’une Budweiser. J’aimerais marcher plus loin dans la brume de 18h30. Suis-je la seule à ne pas connaître l’existence de ce docu ? Je me demande ce qu’Yvette, la manager de Beyoncé, se dit, là tout de suite. J’écoute cette super chanson dance en boucle depuis 48h. En lisant Jezebel, j’ai décidé d’ouvrir un tumblr qui s’appellerait Lindsay Lohan Is Not Dead Today. Et c’est à peu près tout. Je ne sais même pas qui lit encore ce blog.

a most disgusting song

4 février 2013

Cette playlist s’intitule « J’étais peut-être bien en phase maniaque en janvier ».





Mlàdek

24 janvier 2013

DES PONEYS !

DES PONEYS SHETLAND !

DES PONEYS SHETLAND AVEC DES PULL-OVERS !

Par Rob McDougall -

Vous parlez d’un moyen pour avoir la patate.

life despite god

18 janvier 2013

J’étais cette fille qui va parler à l’invité qui ne connait personne à la soirée. De là découlait un tas d’autres micro-caractéristiques : se faire l’avocat du Diable, prendre deux heures s’il le fallait pour consoler une simple connaissance, ce genre-là. Ca a toujours été mon truc, d’être incapable de m’en foutre. Et allez savoir pourquoi mais j’ai du croire, à un moment donné, que l’on ne me ferait pas à moi ce que je ne ferais pas aux autres. Plutôt stupide, eh ? La seule chose qui m’empêche de me foutre des claques aujourd’hui, c’est d’avoir pas mal d’indulgence pour la naïveté. Maintenant, je le sais, je ne serai plus cette fille-là. Ce qui est sûrement une bonne nouvelle, vu de mon envie irraisonnée de remercier ceux qui m’ont blessée au cours de ces dernières semaines. Alors voilà : merci aux salopards qui m’ont permis de m’en foutre. Merci pour vos pulsions amères et votre éthique douteuse. Je vous souhaite bien du courage pour la suite, ça va être coton.

sweet baby jesus

9 janvier 2013

Qu’est-ce que c’est ? Une fin du monde alternative ?

Cette photo prouve que même à 22 ans, on ne peut pas tout se permettre. C’est du Clementine Kruczynski à la petite semaine. Imaginons un instant que pour couronner le tout, elle eut été prise au fish-eye, et serrons fort nos enfants dans nos bras pour leur donner tout l’amour qu’ils méritent avant qu’il ne soit trop tard.

J’étais un peu de mauvais poil. J’ai relu mes notes d’il y a un an – d’il y a exactement un an – et un tas de points soulignés deux fois au feutre n’ont toujours pas sauté. Et il ne s’agissait pas de velléités fantasques de type « apprendre le basque ». Ni maintenant, ni à l’époque. Il s’agissait de choses qui comptent. Et puis j’ai compris. Ca prendra le temps qu’il faudra. Les plans sur cinq ans, ça ne marche jamais comme il faut. Bien sûr que je veux tout, tout de suite, pardi ! Quelle question. Mais si ça ne se passe pas tout-à-fait comme voulu, je comprends aussi. S’égarer, c’est très important. C’est ce qui donne envie de retourner au point de départ. Bon, faut pas que ça dure une éternité non plus sinon on finit comme cette pauvre Mary-Kate, mais vous voyez ce que je veux dire. J’ai eu cette révélation en retombant sur un vieux E.P. que j’écoutais en boucle à la fac. C’était un groupe garage-punk de quatre New-yorkaises qui vendaient leur disque via MySpace. Tous leurs morceaux ont disparu d’Internet. Leur seul nom a disparu d’Internet. Elles ont du salement se disputer, pour en arriver là. Enfin leur musique, ça m’a rappelé combien tout ce que j’avais fait jusqu’à présent tendait vers la même logique : la mienne.

Maintenant si vous le permettez je vais fermer cette fenêtre, parce que cette photo, bon.

Andy Warhol’s Tragedy

3 janvier 2013

 

J’ai jamais eu de bol avec les réveillons de la Saint-Sylvestre.
Même quand ce n’est pas supposé capoter, ça capote quand même.
Alors j’ai fait une liste de onze principes de vie s’appliquant parfaitement à cette saloperie qu’est le Nouvel An – et qui peuvent aussi servir de bonnes résolutions.

#1 : Je ne suis pas une fille à talons. Never was, never will.
#2 : Les relations affectives (amis + amours) sont les seules que l’on puisse choisir. Autant le faire bien.
#3 : A ce propos, ne jamais prendre de drogue avec des gens que l’on vient de rencontrer.
#4 : Plus on passe de temps à dire que l’on va faire quelque chose, moins on a de chance de le faire.
#5 : En cas de pluri-possibilités, choisir celle que l’on regrettera le moins dans un an.
#6 : JAMAIS de CELERI dans la SOUPE %$!§
#7 : Les tordus arrivent toujours à nous faire tomber avec eux.
#8 : Il n’y a pas grand chose qu’une bonne sieste ne peut arranger.
#9 : Ne jamais élaborer son planning en fonction des autres : rester chez soi parce que quelqu’un a dit qu’il passerait peut-être, attendre que ces 3 potes soient libres pour aller voir le film ensemble, etc.
#10 : Si vous continuez à aller sur Icanhascheezburger, il est probable que vous n’êtes pas le genre « coup d’un soir ».
#11 : Ne pas répondre constitue en soi une excellente réponse.

Qu’est-ce que j’ai envie de voir la neige.

behind the scenes

24 décembre 2012

De jeudi à samedi, j’ai vécu dans cette zone des Corbières sous haute surveillance. Attablée dans un rade de l’Aude, j’ai tiré quatre heures supplémentaires dans mes godasses couvertes de gadoue sèche pour écrire cet article. Mais je crois qu’un ou deux trucs méritent d’être précisés.

Tout d’abord, personne ne m’a envoyée là-bas. J’ai proposé le sujet à Slate parce que cela faisait un bout de temps que je n’étais pas partie en reportage – quatre mois je dirais – et que la route me manquait. Aussi, c’était une région inconnue de mes carnets de notes et je suis toujours partante quand il s’agit de découvrir un nouveau coin. Qui dit nouveau coin dit nouvelles spécialités gastronomiques. C’est déjà une bonne raison.

La carte présentée ci-dessus a été expédiée par la préfecture à tous les journalistes accrédités. La légende montre la « Zone Régulée » (triangle en pointillés violets), la « Zone d’interdiction d’accès au Pech » (trait épais rouge) ainsi que la « Zone d’interdiction de survol » (cercle bleu). Il y avait également une seconde carte, sur laquelle on pouvait lire « Zone d’interdiction de chasse » et « Zone d’interdiction d’alcool ». A première vue, l’affaire ne semblait pas gagnée.

Mais l’autre attrait de ce tohu-bohu – mis-à-part ma fascination malsaine pour le métajournalisme – était la possibilité de raconter une bonne histoire. J’avais gribouillé une liste de contacts sur place : un habitant de Bugarach, une journaliste de la ZDF, un mec venu faire un reportage avec un ami, un copain de copain prêt à venir affronter la horde de gendarmes. Je n’avais aucune idée de qui me fournirait quoi, ni de comment les choses étaient supposées se dérouler. Voilà pourquoi je n’ai jamais fait ma demande de carte de presse. Je suis incapable de servir le Grand Réseau de l’Information de ce pays- du moins pas comme ce pays le conçoit.

Ce qui, quand je mets à cogiter là-dessus, me rend un peu triste et un peu gaie en même temps.

Cela me rend un peu triste parce que je ne fais pas partie de la bande. A Bugarach par exemple, tout le monde finissait à un moment ou un autre par me dire : « désolé, je dois écrire ma brève / finir mon papier / passer à l’antenne dans 5 minutes ». De manière générale, ce que je fais est moins urgent et donc, si on y réfléchit bien, moins important. Bon faut dire le scoop, l’exclusivité et tout, c’est pas mon truc. J’ai pas cette adrénaline là. Le reportage de la fin du monde pour ça, c’était l’idéal.

Et ça me rend un peu gaie parce qu’alors, je peux faire mes observations peinard le renard tranquille le goupil. Je prend le temps. Je glane les détails insignifiants. Comme la phrase « Tous ces Peluts qui sont arrivés ici » qui, sortie de la bouche d’un local signifiait « tous ces dreadeux débarqués en masse ici » (Peluts = poilus en Occitan). Ou cette soirée « Mort à Crédit » le 21 au soir à Rennes-le-château, où les invités devaient payer en chèque au cas où la Terre explose. Ou encore ce commerçant qui déplorait le fait que « cela ne va pas arranger l’image de blaireaux qu’à le reste de la France de l’Aude » alors que, et bien, il n’y a pas lieu de se faire trop de souci Monsieur.

Je ne sais pas si le journalisme se vautre dans la fange ou non. Tout dépend ce que vous lisez, à vrai dire. Dans n’importe quel corps de métier, certains font mieux leur boulot que les autres – sauf que le mauvais artisan n’expose pas son travail sur la place publique. Si ça peut rassurer qui que ce soit, personne n’était dupe à Bugarach. Suffisait de voir les mines soulagées des mecs quand cette nouvelle a éclipsé leur actualité. Des mômes de 19 ans bouffaient des sandwichs dans la salle de presse en se faisant passer pour des journalistes, et plus personne n’en avait rien à faire. Même les hélicoptères qui tournoyaient sans relâche dans le ciel étaient devenus insignifiants (d’après le préfet, nous étions au-dessous d’un couloir aérien de l’Armée de l’air).

Bref, ça ne servait rien de tirer sur l’ambulance une énième fois. Un papier qui prend de haut les journalistes venus couvrir la fin du monde dans le Pays cathare, ça reste un papier qui traite de la fin du monde dans le Pays cathare. La seule différence, c’est l’histoire. Vous pouvez le voir comme une simple partouze médiatique, ou vous pouvez y voir un conte moderne sur l’importance du vide.

Le sujet traité n’y est pour rien. C’est la mauvaise version de l’histoire qui devrait plaider coupable.