Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

Sincerità

12 mars 2010

Et bien sûr, la question « bon sang, maintenant qu’est-ce qui va se passer ? ».
Une vie plutôt paisible.Hunter S. Thompson : Journaliste & Hors-la-loi par William McKeen, des frites molles, de la musique pop italienne, des douches brûlantes, et beaucoup de passants qui hurlent, parlent, claudiquent seuls, visiblement poussés à bout par des démons intérieurs, et qui n’en seraient pas moins enragés s’ils se trouvaient face à un escadron de flics prêts à lâcher la lacrymo. C’est alors que je comprends que mon ventre s’est vidé de ses tourments, et que mes tripes sont en train de se ramollir en une espèce de guimauve sentimentale.

Depuis cet été 91 passé à croquer des grains de raisin, pieds nus sur la coursive d’une maison à Alès où il régnait une légère odeur de colle à tapisserie et où les mélodies de R.E.M tournaient en boucle dans la chambre du fond, j’ai compris que je ne marcherais jamais qu’à l’indiscipline. Ça peut sembler aberrant d’avoir cette conviction alors qu’on n’a connu que huit étés. Mais quand la seule autre créature à avoir votre âge est un vieux clebs qui aime à lécher les bouteilles de vin rouge vides entreposées près de la porte, il vous reste beaucoup de temps pour réfléchir. La nature est bien faite : j’ai la révolte facile. Toute forme d’autorité ne mérite cependant pas qu’on s’acharne contre elle. C’est avant tout l’auto-proclamée, la pernicieuse, la péremptoire, celle qui s’apparente à du despotisme ordinaire et qui est souvent l’arme des putois arrogants cherchant à noyer leurs propres échecs qui mérite d’être combattue.

Et si je commence à passer outre, si je commence à trouver ça dérisoire alors je peux tout aussi bien me caler la tête sous l’aisselle jusqu’à l’asphyxie. Mais je le sens bien, que mes pupilles sont ternes depuis quelques temps, que mon cerveau est apathique et que je ne peux répondre à la question sans rire bêtement. Oh ça, j’ai la forme ! Je mange comme un ogre et je dors tout mon soûl, je danse aussi souvent que possible et je m’en jette quelques-uns derrière la cravate dès que l’occasion se présente, mais la bestiole velue aux dents acérées au fond de moi est lessivée.

Selon mes estimations, elle devrait réapparaître au concert de Hole – disons plutôt, de Courtney Love – au mois de mai, plus grosse, plus suintante et plus déchaînée que jamais.

Faster Britney, Kill ! Kill !

4 mars 2010

704 canettes de Coca-Light, 5 centimètres de cheveux en moins, 3 vernis à ongles différents qui s’écaillent un peu plus à chaque vaisselle, 22 700 kilomètres au compteur, 29 hamburgers, 38 cartes postales, 5411 dollars, 1 film avec Alicia Silverstone et douze mois de travail, et je ne sais toujours pas s’il existe un terme exact pour décrire ce sentiment confus mêlant fierté et angoisse.

(Pour fêter ça, ma photo préférée de Britney Spears.)

britnouille

Britney, Juin 2006 © Glamour UK / Icon International

Au début, vous pensez naïvement qu’écrire un livre c’est enfiler des mots sur deux-cent pages au lieu des deux que vous faites d’habitude. Vous vous dites que ça va être un travail de longue haleine, peut-être même que vous avez déjà quelques manuscrits mal fignolés dans le tiroir… vous avez une vague idée du truc. Sauf que là c’est sérieux putain, il s’agit pas d’écrire de la prose emo comme quand vous aviez 17 ans, ni des phrases débiles post-cuites ; si ça se trouve un jour Mr Pennequin, votre ancien prof de français, va tomber dessus, et il sera pas question de lui faire honte.

Et ça sera peut-être bien votre premier et dernier bouquin.

Quand vous avez compris ça, vous pouvez commencer à prendre des notes sur les nappes en papier des restaurants, à gribouiller vos pensées dans le carnet posé sur votre table de chevet, à ingérer des milliers de pages numérotées, et à écrire. Parce que ce sera vraiment pas du gâteau. Mais ce sera vraiment super. Le meilleur job de votre vie.

Comment je n’ai pas rencontré Britney Spears sortira le 19 mai aux Éditions Rue Fromentin.

La description :

Depuis 10 ans, Britney Spears occupe, avec une étonnante longévité à l’ère des icônes jetables, le devant de la scène pop. Qui est cette girl next door, ni exceptionnellement belle, ni exceptionnellement douée : Wonder Woman surpuissante ? Punk cachée ? Marionnette aux mains de l’industrie musicale ? Victime des tabloïds ? Elise Costa est partie à sa recherche sur les routes américaines. A mi-chemin entre la réflexion sur le star system et le journal de bord, Comment je n’ai pas rencontré Britney Spears traite avec humour et empathie des cheeseburgers, des tabloïds, et bien sûr des chanteuses pop.

Il sera disponible dans votre librairie préférée (il faudra probablement le commander ceci dit), sur le site de ma maison d’éditions et sur Amazon / Fnac.

oh no i didn’t see you there / some uncategorizable creature

27 février 2010

Après deux semaines à manger de la soupe lyophilisée et à traîner dans des vêtements informes, le soleil s’est mis à cogner contre les vitres. Et d’un coup d’un seul, la rue a été silencieuse.  J’ai enfilé mes patins à roulettes et, à moitié chancelante, les basses de New Found Glory qui crevaient les hauts-parleurs,  je me suis mise à patiner dans tout l’appartement en pyjama. Dû à un manque d’entraînement évident, je me suis dit que ce n’était peut-être pas la peine d’aller semer la panique de l’autre côté des murs. J’ai encore le cul endolori et c’est une chose que je tente de garder pour moi à cause des blagues vaseuses qui seraient susceptible d’être évoquées -  je ne blâme personne, je ne suis pas quelqu’un de très subtil non plus -. Quand j’eus fait suffisamment de raffut au-dessus de la tête de mes voisins, c’était déjà foutu depuis un moment. J’ai repris un bol de céréales, ai posé ma fesse douloureuse sur le canapé, réfléchi quelques secondes à ce qu’Indiana Jones ferait à ma place.

Je crois qu’on ne peut faire face à l’existence sans avoir vu la trilogie d’Indiana Jones. Si vous êtes un garçon, vous avez plus de chances de réfuter cette idée, et de me soutenir que les meilleurs préceptes de vie se trouvent dans Star Wars. Pure spéculation. Comment pourrait-on s’identifier à un Jedi quand on sait que les sabres lasers, les robots pourvus d’une conscience et les guerres interplanétaires n’ont jamais existé ? Et que le pouvoir de la force est un concept de science-fiction dont la seule réalité potentielle serait le bouddhisme ? Indiana Jones, lui, a dit : « je vais continuer à faire les choses à ma manière », et cette pensée me parait être la plus sensée.

C’est comme ça que je me suis retrouvée à jouer à Street Fighter 4 toute la foutue matinée. Croyez-le ou non, mais il y a drôlement de gens qui jouent à Street Fighter le vendredi matin. Au moins 11 Ryu, 6 Chun Li et 2 Blanka, à vue de nez. Je me demande s’ils culpabilisaient d’être là. S’ils se disaient « encore une partie et je vais à la banque » ou « je devrais arrêter ça et me mettre à bosser ».

Moi, ça ne m’a pas effleuré une seconde. Mais heureusement que je n’ai pas les responsabilités d’Indiana Jones quand même.

A novel in 1400 miles

15 février 2010

Pour une raison inexpliquée je sais que demain matin, quand l’alarme du réveil va se déclencher à 8h25, je vais fermer les yeux encore quelques minutes – peut-être jusqu’à 8h30 ou 8h31 – et dans ce qu’il me restera de sommeil paradoxal je serai alors sur les routes sinueuses de Los Angeles, derrière la lumière poussiéreuse si propre à ses couchers de soleil, à écouter du Green Day de 1994. Ce sera vraiment bien.

Et si le voisin m’arrache de là, ses pieds frottant contre le plancher mal insonorisé, mieux vaudrait pour lui que je n’ai pas de semi-automatique à portée de main.

Olivia Newton-John & torche-culs

11 février 2010

Ce matin, comme tous les jeudi, je suis allée me caler derrière la table en formica du PMU du coin, pour lire ma pile de magazines hebdomadaires au milieu des petits vieux et des effluves de café. J’ai acheté le nouveau féminin Envy dont le microcosme journaleux n’arrêtait pas de parler ces dernières semaines : un budget de lancement de 20 millions d’euros, quelques anciens de 20ANS dont Christelle Parlanti (ex-rédac-chef dans les années 2000) et Samuel Loutaty qui avait également bossé pour Biba, et une ligne éditoriale basée sur « la mode et le people ».

envy

Ah, chouette Angelina Jolie ! Justement je me demandais ce qu’elle devenait.

La maquette est franchement pas terrible, très Photoshop pour les Nuls, et vas-y qu’on te tartine des pages de MARINIÈRES, de SAC-A-MAINS à 680 euros et de JEUX DE MOTS CHIANTS ET SANS FIN autour du mot Envy (Envie d’avoir Envy, Envy d’actu, Envy de pleurer). Quelques sujets sont vaguement traités sur le mode 20ANS : la page street-style avec des commentaires péremptoires (« oui, bien essayé, bof »), l’horoscope teinté d’humour (vite fait), la phrase « ni la paternité ni l’arrêt de la coke n’ont changé ses tics adolescents ou sa manie d’écrire à coups de digressions paresseuses » (à propos de Nicolas Rey et de son dernier roman). Y’a de l’effort mais ça manque d’irrévérence et surtout de contenu autre qu’un contenu de cabinet de dentiste : la plupart des pages comprennent une photo bouffant les 2/3 de l’espace et un article de 1500 signes environ (l’équivalent d’une dizaine de lignes).

En lisant ça j’ai l’impression d’être un vagin géant sur Jimmy Choo qui aurait besoin de fond de teint pour se nourrir.

Et pendant ce temps, Télérama (oui de suite ça en jette) demandait « Seriez-vous prêts à financer votre journaliste préféré ? ». En ce qui me concerne la question ne se pose pas : oui. Parce qu’il y en a marre de proposer aux pigistes, aux auteurs et photographes de les payer en visibilité. La visibilité ne paye pas le loyer, ni le coca light, et encore moins le chauffage. La visibilité est devenue une monnaie parallèle au système pour obtenir du contenu à l’œil, à l’ère où être connu(e) semble primer sur tout le reste. Entendons-nous bien : il n’y aucun mal à écrire gratuitement à ses débuts – il faut y voir une sorte de stage, de période d’essai. Quand ladite période dure des années, il faut y voir de l’exploitation. Il n’y aucun mal non plus à vouloir se faire un nom, mais à quoi ça sert d’avoir un nom quand les seuls à se souvenir que vous possédez un compte en banque sont les impôts ? Faut-il choisir entre être payé convenablement et écrire des papiers attendus ou bosser gratos et écrire sans avoir de compte à rendre à personne ?

S’il faut donc payer une partie des revenus d’un journaliste dont on aime la plume pour être sûr d’avoir un chouette papier, drôle et/ou informatif, et pour lui garantir une liberté de ton, je le ferais.

Mais ça ne veut pas dire que je serai moins énervée.

Billy S.

10 février 2010

Un truc pas croyable s’est passé aujourd’hui. Vous vous souvenez, quand nous étions enfants, des moments où nous aimions aller au lit pour pouvoir penser à des trucs ? Je me suis souvenue de ça. J’avais parfois hâte de me retrouver sous la couette pour réfléchir à certaines choses : les scénarios de la journée étaient ré-écrits ou bien j’essayais d’imaginer ce qui se passerait le lendemain, de comment les évènements pourraient se dérouler de la meilleure façon possible. Il y avait ce garçon que j’aimais bien, Mathieu (ou Vincent selon les trimestres), et alors je réalisais tout une comédie romantique autour de ce pauvre pré-pubère qui préférait demander aux filles de tirer son doigt plutôt que de les embrasser. D’autre fois le film racontait comment le prof de maths – un type vraiment super, qui avait pour marotte de dire avant un devoir sur table « si je vois une calculette, j’écrase » – rendait ma copie en premier, parce qu’il classait les copies par ordre décroissant et que les démonstrations, c’était vraiment pas mon fort. Alors je disais à mes parents « ne me dérangez pas, je vais PENSER » et ça les faisait rire de me voir causer comme un philosophe du XIXè – mais je prenais mes pensées du soir très au sérieux. Y’a pas plus premier degré qu’un enfant qui va se coucher.

J’espère que c’est pas un truc d’enfant unique.
C’est pas qu’un truc d’enfant unique, hein ?

Du concept de webstar et autres niaiseries pop-corn

9 février 2010

Fut un temps où le monde – et plus particulièrement la blogosphère – adhérait au concept de webstar. C’était frais, c’était porteur d’espoir, bientôt Lily Allen allait être consacrée révélation MySpace, et l’acception faisait frémir les autres médias qui en avaient quelque chose à faire. Jusqu’en 2006, avant les régies publicitaires et les milliers de visiteurs uniques par jour, ériger une personne au rang de webstar tapait dans le registre du touchant et du libertaire. Des types au faciès grêlé et des filles sexy comme votre copine d’IUT pouvaient goûter doucement au succès, recevoir des mails de lecteurs assidus, parfois avoir une interview dans un magazine branché, et bon sang, qui ne rêve pas de se mettre un peu de chair fraîche sous la dent ? Le concept de webstar avait du sens quand Caramail n’était pas encore une vaste blague, même si ne concernant déjà qu’une poignée d’initiés, il restait dérisoire.

ET SOUDAIN LA FAILLE DU MAL OU COMMENT DES ENFANTS QUI N’ONT MÊME PAS VÉCU L’ANNONCE DU DÉCÈS DE KURT COBAIN ONT CRU QU’INTERNET C’ÉTAIT GRAINES DE STAR.

dumbledore

A partir de quand pouvons-nous apposer le nom de « webstar » à une personne aujourd’hui ? Vous êtes un lolcat, vous êtes une webstar. Vous êtes un petit gros qui s’énerve devant la webcam de son PC, vous êtes une webstar. Vous vous appelez Yann Moix, vous êtes une webstar. Même votre grand-mère vous spamme de Powerpoints, alors qui est une webstar ? Ceux qui ont 500, 2400 ou 40 000 visiteurs par jour ? Ceux qui dépassent les 1500 followers sur Twitter ? Les 2000 amis sur Facebook ? Concrètement, si vous parlez d’un blog, d’un journaliste ou d’un groupe que vous avez découverts sur Internet en soirée, regardez combien de personnes en ont déjà entendu parler. Le concept de webstar fonctionnait bien quand 3 pelés se retrouvaient sur la toile. C’était leur monde à eux, à nous, puis Internet est devenu un vrai média, avec toute l’étendue et la puissance que cela implique, et tout le bouzin s’est étiolé.

Voyons-nous plutôt tous comme des acteurs de série B.

Être un acteur de série B, c’est foutrement mieux : ce sont toujours les détails qui ont leur importance.

Et si vous entendez quelqu’un se plaindre d’une autocratie imaginaire de webstars, du fait que nous ne voyons ou que nous n’entendons parler que des mêmes personnes sur Internet, faites-vous plaisir et riez grassement. Admettons que vous ne regardiez que TF1 : effectivement vous n’y verrez que Nikos faire des reportages sur Harry Roselmack et Harry Roselmack parler de la Star Academy. Mais nous ne sommes plus limités dans la diversité par six chaînes de télévision ou un modem 56k.

Si ce quelqu’un a l’impression de tourner en rond ici, c’est que sa curiosité ne l’a pas porté plus loin que les liens proposés dans une même sphère d’informations. Les mêmes noms et les mêmes visages ne tournent pas plus en boucle sur Internet que dans un petit village de campagne. Parfois, parce que le monde est petit, vous entendrez parler d’une connaissance au-delà de votre cercle d’amis, et ça s’arrêtera là.

Et les webstars des uns resteront les anonymes des autres.

They were married at 5.30 a.m

8 février 2010

Je viens de réaliser que je n’ai jamais été la psychotique de mes relations passées. Pas une seule fois. J’ai bien sûr crié, pleuré, fait des choses stupides, été de mauvaise foi et j’ai du casser une fois un bibelot – et encore, il me semble que c’est parce qu’en voulant quitter l’appartement de rage, j’avais trébuché. Bon, je sais que c’est supposé être une bonne chose, mais pour l’instant, je n’arrive qu’à trouver ça injuste. Quoiqu’il en soit, nous sommes dans la nuit de dimanche à lundi, le sommeil parti faire de l’auto-stop à l’autre bout de la ville, j’aimerais me teindre les cheveux en rouge et écouter Kim Wilde ou pire, The Knack (et soudain, vous réécoutez My Sharona, et vous vous dites « AAAH ! MAIS OUI ! »), ce qui n’est pas forcément signe de bonne santé mentale. Même si c’est tout de même loin de rééquilibrer la balance en ma faveur. J’aimerais aussi (1) lire de vieux articles de presse (si seulement consulter des archives était aussi simple qu’un film où le héros se retrouve à éplucher les faits divers des trente dernières années sur une machine à écran-loupe) (2) manger de la pizza (3) regarder :

rocknroll

Un film avec les Ramones, qui, après avoir fini Mort aux Ramones ! de Dee Dee Ramones, tombe à pic.