Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

the heart of mine

28 mai 2013

Les trois meilleures anecdotes apprises ces 27 derniers jours :

  1. Freddie Mercury a stoppé net sa collaboration avec Michael Jackson parce que ce dernier se pointait toujours avec son lama au studio d’enregistrement (« Freddie Mercury, The Great Pretender« , sur Arte).
  2. Kimberly Stewart s’est fait faire un tatouage sur la hanche, « Daddy’s Little Girl », au début des années 2000. Au cours de la décennie, elle l’y a apporté deux-trois modifications : le tatouage est d’abord devenu « Daddy’s Little Girl Loves Cisco » ; quelques temps plus tard « Daddy’s Little Girl Loves Disco », puis « Daddy’s Little Girl Loves Discounts ».
  3. Ke$ha a fait monter sa mère sur scène lors de sa dernière date de tournée à Phoenix, AZ. Sa mère portait alors un costume de bite. (« My Crazy Beautiful Life« , diffusé en ce moment sur MTV).

Party in the U.S.A.

1 mai 2013

Je reçois régulièrement des mails me demandant des conseils sur les Etats-Unis. Je n’y réponds que rarement pour deux raisons : (1) j’oublie de répondre à mes mails (2) la question est bien trop large pour pouvoir y répondre en quelques lignes. Vous devez garder en mémoire que je suis loin d’être spécialiste (vraiment !) et que mon avis là-dessus est bien entendu subjectif. Tout ce qui va suivre est ce qui fonctionne pour moi. Je ne critique absolument pas ceux qui décident de partir en voyage organisé si c’est ce qui leur correspond le mieux. BIEN.

La première chose que vous devez vous demander c’est : qu’est-ce que j’attends des Etats-Unis ? (ce que l’on doit se demander qu’importe le lieu où l’on décide de se rendre, finalement). Imaginez que vous êtes le héros de cette histoire.

« Qu’est-ce que j’attends des Etats-Unis ? »
Vous avez été bercé par la littérature : rendez-vous à la page 11 ; par les films et séries américaines à la page 157 ; par la musique à la page 64 ; par rien de tout ça à la page 2.

Page 2.
Vous êtes prêts à prendre ce qu’il y a à prendre, sans connaître de destination précise. Un bon moyen pour trouver des idées : feuilletez Flickr ou téléportez-vous grâce à Globe Genie (marche pour tous les continents). Personnellement, j’aime bien m’inspirer aussi des annonces Airbnb. Il y a néanmoins deux éléments qui peuvent vous décider : le temps et le budget que vous avez à disposition. Vous avez un budget relativement serré ou maximum 10 jours de vacances devant vous ? Allez directement à la page 78. Vous avez un temps supérieur à 10 jours ? Rendez-vous à la page 201.

Page 11.
C’est par-là que j’ai commencé. Chaque auteur américain à son coin de prédilection : Paul Auster, J.D. Salinger et Bret Easton Ellis sont branchés côté est, John Fante et Charles Bukowski côte ouest ; Mark Twain, William Faulkner, Harper Lee ou encore Flannery O’Connor racontent le sud des Etats-Unis, Jim Harrison et Annie Proulx les états du nord, etc. C’est important à déterminer si vous souhaitez replonger dans l’ambiance particulière de telle ou telle littérature. Si Sur la route de Jack Kerouac est votre livre de prédilection, reculez directement jusqu’à la page 2.

Page 27.
Vous avez une crème solaire indice 100 et un bob ? Tout le monde a sa gourde ? La seule solution pour ne pas souffrir du soleil de plomb dans le désert l’été est : dirigez-vous vers le nord de l’Arizona. Faites un tour du côté de Sedona, Jerome, et du Grand Canyon. En bonus, et parce qu’il vous restera du temps, vous pourrez rouler jusqu’en Utah où l’air y sera plus frais et en profiter pour découvrir les paysages montagneux. Attention : quelques secrets du coin demandent un peu d’organisation.

Page 45.
Il se peut que vous vouliez parcourir les routes du pays mais que vous ne pouvez / souhaitez pas y prendre le volant. Bien sûr, vous serez moins libre de vos mouvements mais vous aurez aussi plus de chances de rencontrer des Américains – qui ne rechignent jamais à engager une petite conversation. C’est ce que les Etats-Unis ont de meilleur : les habitants. Il existe de nombreux trajets mythiques, comme le Coast Starlight qui glisse le long de la côte pacifique, de Seattle à Los Angeles. Vous pouvez aussi emprunter les fameux bus Greyhound, moins cher.

Bon à savoir : prendre un billet aller Paris-Seattle et un retour San Francisco-Paris (par exemple) ne vous coûtera pas forcément plus cher qu’un A/R Paris-SF. Donc si vous avez l’intention de vadrouiller en train ou bus, n’hésitez pas à prendre cette option en compte pour éviter de repasser par le même endroit. Si vous n’avez pas beaucoup de temps devant vous, allez à la page 78.

Page 64.
Selon que vous adoriez le hip-hop, le post-rock ou la pop 60′s, vous n’aurez pas envie de baigner dans la même atmosphère. Cet élément est d’autant plus à prendre en compte si vous souhaitez vous lancer dans un road-trip : la radio est un bon indicateur de la région où vous vous trouvez. La musique est radicalement différente selon que l’on se trouve à Jackson, MS ou Buffalo, NY. Si par exemple vous êtes allergiques à la country, quel intérêt vous auriez à visiter Nashville, TN (mis-à-part la nourriture qui y est grasse et délicieuse) ? Si vous étiez fans de grunge au début des années 90, est-ce que ça ne vaudrait pas la peine de découvrir dans quelles conditions les groupes phares de cette époque ont émergé ? Si vous écoutez tout le temps du jazz et/ou du blues, ne voudriez-vous pas vous plonger dans la nuit de la Nouvelle-Orléans ? Ce critère ne m’a jamais influencé, mais il se peut qu’il soit crucial pour vous.

Point 78.
Pour goûter aux Etats-Unis, je dirais qu’il vaut peut-être mieux commencer par une ville. New-York est loin de représenter les U.S.A., mais c’est un bon point de départ et un bon compromis : vous pouvez trouver des billets pas chers sur Skyscanner ou Kayak (généralement aux alentours d’avril et octobre, où le temps est parfait), trouver facilement une chambre via Airbnb ou un canap’ sur Couchsurfing. Si vous avez quelques kopecks supplémentaires et que vous êtes plus attirés par la côte ouest, San Francisco est évidemment une ville à tenter. Mais il se peut que vous ayez déjà fait ces villes et il se peut que vous vouliez découvrir la « vraie » Amérique. Il se peut aussi que ces villes soient trop chères pour vous. Enfin, il se peut que vous soyez confronté à ce dilemme : dans quelle ville puis-je me rendre sans qu’on devine à mon accent que je suis français ? Si tel est votre cas, rendez-vous à la page 130.

Page 99.
C’est LA grande question – surtout si vous parlez anglais : que faire d’un peu original ? où dénicher le bon coin non-mentionné par le Guide du Routard ? Plusieurs moyens :

  • Le plus efficace, Yelp. Vous cherchez la meilleure pizza du coin ? Yelp. Vous voulez savoir quelle est la meilleure balade à faire à côté ? Yelp. Quel salon de manucure est encore ouvert ? Yelp. Quel café avec Wi-FI gratos ? Vous avez compris. Les avis sont détaillés et super fiables. Variante : Tripadvisor.
  • Le fameux Not for tourists, le guide des villes principales (pas mon préféré, mais vous pouvez avoir plus de chance que moi).
  • Mon truc, c’est de chercher les journaux locaux : ils ont tous un agenda des évènements et activités à venir. Cela fonctionne aussi bien pour les mégapoles (le NY Times, le LA Times) que pour les petites villes. Vous pouvez chercher « ville + upcoming events » ou « ville + calendar » pour avoir une idée des choses à faire.
  • Mon deuxième truc, pour découvrir des évènements un peu moins mainstream (comme cette course de boîtes à savons dans une rue excentrée de San Francisco), c’est de regarder les subreddits de la ville ou de l’état, riches en information (exemple : le subreddit de l’Ohio). Il s’agit souvent d’évènements gratuits ou pas chers créés pour le simple plaisir de les faire exister (car les Américains sont très forts en « just » : just for funjust because). Mieux : vous pouvez demander directement aux locaux ce qu’ils conseillent de faire. Variante : Craigslist section « gigs ».
  • De nombreux flyers sont exposés dans les laveries : concerts, spectacles d’impro, expositions…
  • Les librairies regorgent souvent de livres SUR la région (chemins de randonnée, histoire locale, maisons hantées), donc c’est peut-être quelque chose qui peut vous intéresser.

Mais il n’est pas improbable que quelqu’un du coin vous adresse spontanément la parole dans la rue pour vous mettre au courant. C’est comme ça qu’à Portland, j’avais appris le jour d’Halloween qu’une visite guidée gratuite du cimetière débutait dans une heure (et où une dame bourrée n’arrêtait pas de dire « AMEN » à chaque fin d’intervention du guide, mais ça c’est une autre histoire).

Page 130.
En dehors de NYC et San Francisco, tout ce que vous pouvez imaginer sur les villes américaines n’a souvent rien à voir avec la réalité. Memphis, TN, n’est pas plus grand qu’Amiens, de même qu’un tas d’agglomérations qui ont grossi dans notre imaginaire de par leur légende. Los Angeles ne se fait PAS à pinces, oubliez tout de suite si vous n’avez pas le permis. Las Vegas, NV ne nécessite pas plus de deux nuits (grand max), et une visite hors du strip peut vous donner un avant-goût de ce que nous aimons à appeler « l’Amérique profonde ». Chicago, IL ne se fait pas vraiment en hiver, mais il parait que l’été y est génial et Detroit semble avoir un environnement très « industries fantômes » qui peut vous convenir (je n’y suis jamais allée). Atlanta, GA, n’a pas grand chose à proposer aux voyageurs, il s’agit plus d’une ville-étape. Seattle est magnifique à l’automne et visiter les alentours y est facile.

Si une fois là-bas, vous voulez éviter au maximum les coins touristiques et découvrir les endroits prisés par les locaux, rendez-vous en page 99. Vous cherchez une ville encore plus petite ? Tournez la page.

Page 131.
Mon conseil, si vous n’avez pas de caisse et que vous souhaitez visiter une petite ville pendant une semaine ou plus, c’est d’y aller avec un projet précis. Une fois fait le tour du musée du hot-dog et vu la statue de Pépé le putois qui fait la fierté de la municipalité, vous n’aurez que l’alcool pour vous occuper si vous êtes seul. Portland, OR a pas mal d’activités zinzins tout au long de l’année et un très bon réseau de transports en commun. En prime, je peux vous garantir que personne ne saura que vous êtes français si vous ne portez pas un béret et une baguette sous le bras (rappelons cette anecdote où un jour, dans le bus, une vieille dame nous avait demandé, à Pénélope et moi, si nous étions soeurs parce que « nous parlions la même langue ». Parce que oui, nous sommes tous frères et soeurs en France Madame.). Au mieux, on pensera que vous venez du Québec. Dans le style « localité bouillonnante » (à condition, encore une fois, de s’y poser pour faire autre chose que visiter) vous pouvez lorgner du côté des communes en « A » :Austin au Texas, Asheville en Caroline du Nord ou Albuquerque au Nouveau-Mexique. Je ne les ai pas toutes faites, alors voici un bon indice (selon mes critères) pour vérifier : « est-ce que cette ville possède un ciné où l’on peut boire de la bière ? ». Si oui, alors les chances de vous trouver dans un chouette endroit augmente de 50%. San Diego, CA est super cool (architecture néo-mauresque, joli zoo… et c’est une ville étudiante). Prescott, AZ et Charleston, SC sont très agréables au quotidien (super bonne nourriture, rues proprettes, environs épatants pour faire des randonnées). Que faire une fois sur place ? Trouvez la page 99.

Page 157.
Il se peut que vous ayez une image précise des Etats-Unis : des traversées à la My Own Private Idaho, des histoires lambda avec Dustin Hoffman, des plongées dans le good old weird America à la Denis Hopper. Si un Américain vous demandait quelle région il devait absolument visiter en France, vous lui poseriez cette question : quelle image as-tu de notre pays ? Selon qu’il vous parle du Moulin Rouge ou de Brigitte Bardot, vous ne l’enverrez pas au même endroit. « Est-ce que tu es plutôt crêpes ou foie gras ? » serait aussi une donnée à prendre en compte. Ah ! vous venez de changer d’avis et de vous apercevoir que seul un tour gastronomique vous fait envie ? La page 189 vous attend.

Pour ceux qui ne mangent pas, je poursuis : le Pacific North West et le Tennessee ont à peu près autant en commun que Lille et Bonifacio. Essayez donc de vous remémorer vos films américains préférés et pourquoi, visuellement, vous les avez tant aimés. Si vous êtes plutôt attirés par l’esthétique industrielle, allez en arrière, page 78. Si vous rêvez de paysages lointains, rendez-vous à la page 201.

Page 189.
J’ai très rarement été déçue par les plats proposés aux Etats-Unis, mais qui déteste les cheeseburgers dégoulinants ? Personne. Les régions ont plus ou moins leur spécialité, mais cela se ressent particulièrement dans le sud des Etats-Unis où on peut y déguster, entre autres, des biscuits avec de la sauce, de la purée maison et des épis de maïs. A ce propos, il existe autant de hamburgers différents qu’il n’y a de restaurants : vous pouvez acheter des burgers de chaîne très corrects ou découvrir la version « chic » avec roquettes et oignons caramélisés. Idem pour les pancakes. Attention : hors grandes villes, de nombreux coins (surtout en basse / moyenne saison) ferment à 21h. Pour savoir où trouver la gastronomie qui vous convient, retournez en page 99, puis en page 2.

Point 201.
La location de voiture est relativement abordable aux Etats-Unis, de même que l’essence – même si les prix ont pas mal augmenté depuis quelques années. Je passe toujours par Alamo (en moyenne 300 euros pour une douzaine de jours). Aujourd’hui, selon l’endroit où vous vous trouvez, le gallon (environ 4 litres) coûte entre 3 et 4 dollars. Si vous louez votre bagnole dans une ville X, la déposer dans une ville Y vous reviendra 2 à 3 fois plus cher que si vous faites une boucle et que vous la déposez au point de départ. Là encore tout dépend de votre budget. Vous n’avez pas le permis ? Trouvez la page 45.

Pour les autres : la règle n°1 du road-trip est d’éviter au maximum les autoroutes. Êtes-vous prêts pour ça ? Si oui et que vous êtes adeptes du désert, allez en page 218. Si vous souhaitez voir du vert à foison, sautez plusieurs pages et allez à la fin, page 250.

Page 218.
Alors comme ça, vous voulez des routes à perte de vue au milieu du désert, agrémentées de quelques bonnes grosses tumbleweed ? Le sud-est de la Californie (Yucca Valley / Joshua Tree) et/ou l’Arizona : je ne saurais rien conseiller de mieux. J’ai arrêté de penser au Texas le jour où l’on m’a dit que les paysages y étaient grisâtres. L’Arkansas n’est pas terrible. Et vous ne voulez pas d’un désert aussi plat et chiant que la ceinture abdominale de Ryan Gosling. Vous voulez du cactus, de la terre rouge et des stations-essences abandonnées. A noter que si vous choisissez le désert de l’Arizona, tout y est moins cher l’été et pour cause : il y fait une chaleur à crever. Vous ne pouvez partir qu’en été et vous voulez voir du désert quand même ? J’aime votre style. Allez en page 27.

Page 250.
Vous êtes plutôt attirés par les lacs, la campagne et les couleurs hypnotiques ? Bon sang, vous avez l’embarras du choix ! La Nouvelle-Angleterre en octobre ? OUI. L’Oregon et l’état de Washington ? CARREMENT. Le Colorado ? OUAAAIS. Les parcs nationaux de l’Utah ? HELL YEAH. Le Kentucky et le Tennessee peuvent également réserver de bonnes surprises. Mais il y a un endroit où je ne suis encore jamais allée et où, je suis sûre, je voudrais enfouir tous mes secrets : le parc Yellowstone, entre l’Idaho, le Wyoming et le Montana. J’ai hâte d’essayer ça un jour. Allez-y et si vous le pouvez, racontez-moi.

We didn’t talk about that during the pre-interview

25 avril 2013

L’Arizona et l’Utah en 3942 kms, du lever au coucher du soleil.

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route5
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Rien

4 avril 2013

queen elizabeth

Ca fait plusieurs jours que je veux poster cette photo sans jamais trouver le texte qui va avec, alors tout simplement : voilà Elizabeth II pendant la seconde guerre mondiale.

The Weird and The Wonderful

18 mars 2013

Au matin du 22 janvier, je n’ai toujours pas de dictaphone.
La chanson Sweetness Making Me Ill de The Hot Melts résonne dans mon bureau et il fait gris. Mon téléphone sonne, un numéro privé s’affiche en bleu sur l’écran de mon portable. Plus personne ne fait de blague téléphonique et Bouygues Télécom est pugnace, alors j’ai un moment d’hésitation. Quand je décroche, la voix de Pierre Bellemare s’échappe du combiné. C’est comme revivre 1993.

Tout s’est passé très vite. Cela faisait un an et des brouettes que je voulais écrire sur Pierre Bellemare en tant que pape de la littérature de gare pour enfants. Quelque part, je lui devais mon amour des expressions très françaises, des chemises ringardes et des faits divers. Un de mes livres préférés quand j’étais gosse, c’était L’Enfant Criminel (« le pire de tous », me dira-t-il plus tard). Je me souviens rester une demi-heure plantée au milieu de la salle de bains, ma brosse à dents dans la bouche, parce qu’il racontait une histoire à la radio. Peu de types savent véritablement conter le fait divers. Marguerite Duras elle-même s’y est cassée la gueule. Et puis bien sûr, le télé-achat. Le télé-achat c’était vraiment bien. Tous ceux qui en rigolent grassement aujourd’hui ne l’ont jamais regardé.

Donc quand vous voulez interviewer quelqu’un comme ça, vous passez par sa maison d’édition. Chez Albin Michel, ils me donnent le numéro de son attachée de presse, que je contacte fissa. Elle me dit que c’est compliqué, qu’il n’a pas envie de communiquer autour de son dernier livre. Je lui explique que je n’ai pas envie de faire la promo de son dernier livre. Comme tous les gens pressés, elle expédie la conversation en me disant de lui envoyer un mail pour lui expliquer mon angle. Je lui envoie un mail. Le lendemain elle me répond qu’elle a bien transféré mon mail à Pierre Bellemare. Je pense « Ouais tu parles, à 83 piges, comme s’il lisait ses mails le pauvre vieux !« .

Une heure plus tard, il me téléphone donc pour me dire que ça lui dit bien de faire cet entretien avec moi. Il me propose de venir le rencontrer dans sa maison en Dordogne et pousse l’hospitalité jusqu’à m’inviter à dormir chez lui (« Nous avons une chambre d’amis, c’est mieux pour vous si vous restez là plutôt que de reprendre la route le soir« ). Je dis « Oh, puisque vous insistez » (règle n°134 : ne jamais paraître impressionnée).

J’appelle tout le monde, je danse sur Bon Jovi, je fais un doigt d’honneur aux pigeons sur le toit d’en face.

Puis je réalise qu’il me reste très exactement 3 jours 1/2 pour préparer ce reportage.

Le plus frustrant et le plus compliqué, quand on écrit sur quelqu’un qui a de la bouteille et 415 bonnes anecdotes en poche, c’est de choisir ce qui va entrer dans le papier ou pas.

Aurais-je du parler de Maryse, sa coéquipière dans Le Magazine de l’objet, qui lui rend toujours visite ? De sa collection d’objets d’art populaire qui a demandé pas moins de six jours d’expertise pour en faire l’inventaire ? Les plioirs à dentelle sculptés à la main par les maris des dentellières, la petite boîte noire dont le poussoir enclenche des chants de merles, les chenets de mariage ? De son ancienne émission radio qui s’intitulait « Signé FURAX » ? De sa passion pour les jouets, surtout les trains à vapeur ? De son problème avec les noms propres ? De son faible pour Paypal ? Ou de la façon qu’il a de se bidonner quand il lâche le titre de son prochain livre (« C’était impossible… et pourtant !« ) ? De cette fois où il est tombé nez à nez avec le directeur d’Europe 1 après qu’il l’eut remercié et que celui-ci lui a fait remarquer « Vous savez qu’on a perdu 4 points depuis votre départ ?! » ?

Il règne un silence absolu dans ce lieu-dit du Périgord. Aucun réseau téléphonique ne passe. Et les paons de la propriété passent leur temps à vous mater derrière la fenêtre d’un air suspicieux.

J’aurais peut-être du raconter sa position rapport au paranormal (« Je suis cartésien mais pas trop : il faut admettre que certaines choses demeurent inexplicables »), à la religion (« J’aime Jésus parce que c’est un homme« ) et au bouquin de Lorànt Deutsch. Préciser qu’il aimerait mettre en ligne un abonnement à 1 euro par mois pour ses quelques 4200 histoires extraordinaires. Dire qu’il ne comptait pas être chroniqueur dans l’émission de Cyril Hanouna, malgré les diverses annonces du présentateur de Touche pas à mon poste (« Il aurait du m’en parler directement. Mais il a du croire que ça convaincrait les producteurs »). Parler de son immense bibliothèque. Et puis écrire plus sur le télé-achat (« Les deux objets qui ont le plus marché, ce sont le manteau de vison – il n’y avait pas encore de fous avec leur peinture – et l’oreiller. C’était un très bon oreiller.« ), parler du casting des objets, de l’article dans Le Monde qui a changé la donne.

Il y avait tellement de détails à ajouter.

Mais ce dont j’aurais vraiment voulu parler, c’est de Roselyne.

Pierre Bellemare n’est pas du genre à se laisser conter fleurette. Les soirées mondaines et les pépés en fanfreluches qui vont avec, c’est pas son style. Alors une fois ses émissions enregistrées à Paris, il s’empresse de retrouver sa femme en Dordogne. Qui ne ferait pas de même ? Roselyne, elle est dingue – dans le meilleur sens possible. Ensemble ils se poilent bien, s’appellent « ma chérie, mon amour », s’envoient balader et se protègent mutuellement. Quand des inconnus se pointent devant la baraque en criant « C’est ici qu’il habite, Pierre Bellemare ? », elle sort en disant : « Qui ? Pierre Bernard ? Connais pas. » et elle se casse. De sa voix patinée par les cartouches de Philip Morris, elle raconte : « Les gens je les entends ‘Mais qu’est-ce qu’elle fout celle-là avec Pierre Bellemare, elle se maquille même pas‘. Ah ! J’me marre ! ». Elle a une élégance folle, la clope au bec. Elle ne s’endort pas avant 3 heures du matin. Elle cuisine tout un tas de plats italiens super bons. Après une bouteille de champagne et quelques verres de vin, nous sommes sorties dans la nuit armées d’une lampe de poche et elle m’a montré leurs paons qui s’étaient nichés sur la cime des arbres pour dormir loin des renards. Je ne sais pas si vous avez déjà vu un paon sous cet angle, mais c’est à voir une fois dans sa vie. Ça ressemble à un gros poulet au plumage multicolore. Quand on est rentré à l’intérieur, elle m’a glissé avec un sourire : « C’est un homme formidable« .

A dérusher, tout ça, je vous raconte pas le bordel.
Mais je veux bien faire ça toute ma vie.

–> L’article « Pierre Bellemare, le pape de la littérature pour enfants » sur Slate.fr.

hit the waves

13 mars 2013

gym

J’ai acheté un soutien-gorge rose néon (j’ai choisi le moins cher et le plus pétard de tous). C’est l’effet que la musique de Skrillex produit sur les filles. J’ai regardé les 15 premières minutes de mes films préférés. J’ai vendu un reportage à un magazine que j’aime bien-bien. J’ai essayé d’en vendre un à un magazine que j’aime beaucoup, mais ils ne m’ont pas répondu. J’ai joué au dernier Tomb Raider. J’ai répondu à une interview pour ce site très cool. J’ai reçu un tee-shirt « J’ai mes règles ». J’ai mangé plein de frites, mais je m’en fous. J’ai relu le début du Journal Intime de Laura Palmer par Jennifer Lynch. Je suis allée dans un bar où le thème était « Camel Toe », mais c’était un peu nul alors on est parti. J’ai dansé sur SUM41 avec d’autres gens – ce qui n’était pas arrivé depuis pfffioou. Je me suis fait plein de mini-sandwichs au jambon. J’ai rencontré une fille super, ça a fait *zling* tout de suite, à 43% parce qu’elle m’a dit : « Il ne faut pas oublier que La Soupe aux choux, au départ, ça raconte l’histoire de deux mecs qui pètent tellement fort que les extraterrestres tombent« . J’ai écrit, ré-écrit par-dessus, effacé, recommencé. J’ai fait des bisous sous la couette. J’ai été à la séance du matin. J’ai arrêté d’écrire ce post parce que j’ai du sortir la poubelle.

2013-02-15 09:26:38

15 février 2013

Les matins extraordinaires, ce sont ceux où l’on voit une météorite s’écraser dans le ciel russe.

(via)+(via)

Beat the devil’s tattoo

11 février 2013

C’est un conseil récurrent des cours de creative writing : n’écrivez jamais que pour une seule personne. J’ai toujours cru que cela sous-entendait : « votre mère, votre frangin, ou votre meilleur ami ». La femme de Stephen King, par exemple, est la seule à lire ses manuscrits au premier jet. Mais imaginez un peu si vous choisissiez votre pire ennemi. Qu’est-ce qui se passerait alors ? Est-ce que ce serait un bon challenge ou une idée autodestructrice ? S’il aime ce que vous avez écrit, est-ce que vous aurez réussi ou complètement raté votre but ?