Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

We didn’t talk about that during the pre-interview

25 avril 2013

L’Arizona et l’Utah en 3942 kms, du lever au coucher du soleil.

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Rien

4 avril 2013

queen elizabeth

Ca fait plusieurs jours que je veux poster cette photo sans jamais trouver le texte qui va avec, alors tout simplement : voilà Elizabeth II pendant la seconde guerre mondiale.

The Weird and The Wonderful

18 mars 2013

Au matin du 22 janvier, je n’ai toujours pas de dictaphone.
La chanson Sweetness Making Me Ill de The Hot Melts résonne dans mon bureau et il fait gris. Mon téléphone sonne, un numéro privé s’affiche en bleu sur l’écran de mon portable. Plus personne ne fait de blague téléphonique et Bouygues Télécom est pugnace, alors j’ai un moment d’hésitation. Quand je décroche, la voix de Pierre Bellemare s’échappe du combiné. C’est comme revivre 1993.

Tout s’est passé très vite. Cela faisait un an et des brouettes que je voulais écrire sur Pierre Bellemare en tant que pape de la littérature de gare pour enfants. Quelque part, je lui devais mon amour des expressions très françaises, des chemises ringardes et des faits divers. Un de mes livres préférés quand j’étais gosse, c’était L’Enfant Criminel (« le pire de tous », me dira-t-il plus tard). Je me souviens rester une demi-heure plantée au milieu de la salle de bains, ma brosse à dents dans la bouche, parce qu’il racontait une histoire à la radio. Peu de types savent véritablement conter le fait divers. Marguerite Duras elle-même s’y est cassée la gueule. Et puis bien sûr, le télé-achat. Le télé-achat c’était vraiment bien. Tous ceux qui en rigolent grassement aujourd’hui ne l’ont jamais regardé.

Donc quand vous voulez interviewer quelqu’un comme ça, vous passez par sa maison d’édition. Chez Albin Michel, ils me donnent le numéro de son attachée de presse, que je contacte fissa. Elle me dit que c’est compliqué, qu’il n’a pas envie de communiquer autour de son dernier livre. Je lui explique que je n’ai pas envie de faire la promo de son dernier livre. Comme tous les gens pressés, elle expédie la conversation en me disant de lui envoyer un mail pour lui expliquer mon angle. Je lui envoie un mail. Le lendemain elle me répond qu’elle a bien transféré mon mail à Pierre Bellemare. Je pense « Ouais tu parles, à 83 piges, comme s’il lisait ses mails le pauvre vieux !« .

Une heure plus tard, il me téléphone donc pour me dire que ça lui dit bien de faire cet entretien avec moi. Il me propose de venir le rencontrer dans sa maison en Dordogne et pousse l’hospitalité jusqu’à m’inviter à dormir chez lui (« Nous avons une chambre d’amis, c’est mieux pour vous si vous restez là plutôt que de reprendre la route le soir« ). Je dis « Oh, puisque vous insistez » (règle n°134 : ne jamais paraître impressionnée).

J’appelle tout le monde, je danse sur Bon Jovi, je fais un doigt d’honneur aux pigeons sur le toit d’en face.

Puis je réalise qu’il me reste très exactement 3 jours 1/2 pour préparer ce reportage.

Le plus frustrant et le plus compliqué, quand on écrit sur quelqu’un qui a de la bouteille et 415 bonnes anecdotes en poche, c’est de choisir ce qui va entrer dans le papier ou pas.

Aurais-je du parler de Maryse, sa coéquipière dans Le Magazine de l’objet, qui lui rend toujours visite ? De sa collection d’objets d’art populaire qui a demandé pas moins de six jours d’expertise pour en faire l’inventaire ? Les plioirs à dentelle sculptés à la main par les maris des dentellières, la petite boîte noire dont le poussoir enclenche des chants de merles, les chenets de mariage ? De son ancienne émission radio qui s’intitulait « Signé FURAX » ? De sa passion pour les jouets, surtout les trains à vapeur ? De son problème avec les noms propres ? De son faible pour Paypal ? Ou de la façon qu’il a de se bidonner quand il lâche le titre de son prochain livre (« C’était impossible… et pourtant !« ) ? De cette fois où il est tombé nez à nez avec le directeur d’Europe 1 après qu’il l’eut remercié et que celui-ci lui a fait remarquer « Vous savez qu’on a perdu 4 points depuis votre départ ?! » ?

Il règne un silence absolu dans ce lieu-dit du Périgord. Aucun réseau téléphonique ne passe. Et les paons de la propriété passent leur temps à vous mater derrière la fenêtre d’un air suspicieux.

J’aurais peut-être du raconter sa position rapport au paranormal (« Je suis cartésien mais pas trop : il faut admettre que certaines choses demeurent inexplicables »), à la religion (« J’aime Jésus parce que c’est un homme« ) et au bouquin de Lorànt Deutsch. Préciser qu’il aimerait mettre en ligne un abonnement à 1 euro par mois pour ses quelques 4200 histoires extraordinaires. Dire qu’il ne comptait pas être chroniqueur dans l’émission de Cyril Hanouna, malgré les diverses annonces du présentateur de Touche pas à mon poste (« Il aurait du m’en parler directement. Mais il a du croire que ça convaincrait les producteurs »). Parler de son immense bibliothèque. Et puis écrire plus sur le télé-achat (« Les deux objets qui ont le plus marché, ce sont le manteau de vison – il n’y avait pas encore de fous avec leur peinture – et l’oreiller. C’était un très bon oreiller.« ), parler du casting des objets, de l’article dans Le Monde qui a changé la donne.

Il y avait tellement de détails à ajouter.

Mais ce dont j’aurais vraiment voulu parler, c’est de Roselyne.

Pierre Bellemare n’est pas du genre à se laisser conter fleurette. Les soirées mondaines et les pépés en fanfreluches qui vont avec, c’est pas son style. Alors une fois ses émissions enregistrées à Paris, il s’empresse de retrouver sa femme en Dordogne. Qui ne ferait pas de même ? Roselyne, elle est dingue – dans le meilleur sens possible. Ensemble ils se poilent bien, s’appellent « ma chérie, mon amour », s’envoient balader et se protègent mutuellement. Quand des inconnus se pointent devant la baraque en criant « C’est ici qu’il habite, Pierre Bellemare ? », elle sort en disant : « Qui ? Pierre Bernard ? Connais pas. » et elle se casse. De sa voix patinée par les cartouches de Philip Morris, elle raconte : « Les gens je les entends ‘Mais qu’est-ce qu’elle fout celle-là avec Pierre Bellemare, elle se maquille même pas‘. Ah ! J’me marre ! ». Elle a une élégance folle, la clope au bec. Elle ne s’endort pas avant 3 heures du matin. Elle cuisine tout un tas de plats italiens super bons. Après une bouteille de champagne et quelques verres de vin, nous sommes sorties dans la nuit armées d’une lampe de poche et elle m’a montré leurs paons qui s’étaient nichés sur la cime des arbres pour dormir loin des renards. Je ne sais pas si vous avez déjà vu un paon sous cet angle, mais c’est à voir une fois dans sa vie. Ça ressemble à un gros poulet au plumage multicolore. Quand on est rentré à l’intérieur, elle m’a glissé avec un sourire : « C’est un homme formidable« .

A dérusher, tout ça, je vous raconte pas le bordel.
Mais je veux bien faire ça toute ma vie.

–> L’article « Pierre Bellemare, le pape de la littérature pour enfants » sur Slate.fr.

hit the waves

13 mars 2013

gym

J’ai acheté un soutien-gorge rose néon (j’ai choisi le moins cher et le plus pétard de tous). C’est l’effet que la musique de Skrillex produit sur les filles. J’ai regardé les 15 premières minutes de mes films préférés. J’ai vendu un reportage à un magazine que j’aime bien-bien. J’ai essayé d’en vendre un à un magazine que j’aime beaucoup, mais ils ne m’ont pas répondu. J’ai joué au dernier Tomb Raider. J’ai répondu à une interview pour ce site très cool. J’ai reçu un tee-shirt « J’ai mes règles ». J’ai mangé plein de frites, mais je m’en fous. J’ai relu le début du Journal Intime de Laura Palmer par Jennifer Lynch. Je suis allée dans un bar où le thème était « Camel Toe », mais c’était un peu nul alors on est parti. J’ai dansé sur SUM41 avec d’autres gens – ce qui n’était pas arrivé depuis pfffioou. Je me suis fait plein de mini-sandwichs au jambon. J’ai rencontré une fille super, ça a fait *zling* tout de suite, à 43% parce qu’elle m’a dit : « Il ne faut pas oublier que La Soupe aux choux, au départ, ça raconte l’histoire de deux mecs qui pètent tellement fort que les extraterrestres tombent« . J’ai écrit, ré-écrit par-dessus, effacé, recommencé. J’ai fait des bisous sous la couette. J’ai été à la séance du matin. J’ai arrêté d’écrire ce post parce que j’ai du sortir la poubelle.

2013-02-15 09:26:38

15 février 2013

Les matins extraordinaires, ce sont ceux où l’on voit une météorite s’écraser dans le ciel russe.

(via)+(via)

Beat the devil’s tattoo

11 février 2013

C’est un conseil récurrent des cours de creative writing : n’écrivez jamais que pour une seule personne. J’ai toujours cru que cela sous-entendait : « votre mère, votre frangin, ou votre meilleur ami ». La femme de Stephen King, par exemple, est la seule à lire ses manuscrits au premier jet. Mais imaginez un peu si vous choisissiez votre pire ennemi. Qu’est-ce qui se passerait alors ? Est-ce que ce serait un bon challenge ou une idée autodestructrice ? S’il aime ce que vous avez écrit, est-ce que vous aurez réussi ou complètement raté votre but ?

+ de 140 caractères

9 février 2013

Je saute en culotte hors de mon lit (le week-end, je ne vois aucune bonne raison de mettre un pantalon), j’attrape mon livre du moment (Des anges dans la neige, Stewart O’Nan), je me sers un grand bol de céréales avec triple ration de lait et soudain, un souvenir embarrassant surgit derrière mon oreille gauche (je déteste quand les souvenirs embarrassants surgissent de cette façon, comme des déflagrations de LSD).

Dans la chaleur étouffante de l’été 2003, mon ex – qui était pernicieux au demeurant – et moi étions allongés sur le lit et nous ne faisions rien d’autre que discuter, une de ces émissions stupides du mois d’août bourdonnant en fond sonore, quand il me dit : « Pourquoi tu lis tous ces bouquins ? Ton imagination ne suffit pas ?« . Ce à quoi j’ai répondu :

boom

And that was the end of it.

i love it

8 février 2013

Missbehave me manque. J’aimerais écrire un film sur une fille, et à un moment on verrait un papier coincé dans un radiateur virevolter sous l’effet du souffle chaud. J’ai une sorte d’amour-haine pour les articles de tops (top 5 des plus mauvaises introductions de bouquins / top 5 des plus belles robes de Kristen Stewart). Je voudrais que les colonnes de content des sites d’info soient BEAUCOUP plus larges. J’ai tellement envie d’une Budweiser. J’aimerais marcher plus loin dans la brume de 18h30. Suis-je la seule à ne pas connaître l’existence de ce docu ? Je me demande ce qu’Yvette, la manager de Beyoncé, se dit, là tout de suite. J’écoute cette super chanson dance en boucle depuis 48h. En lisant Jezebel, j’ai décidé d’ouvrir un tumblr qui s’appellerait Lindsay Lohan Is Not Dead Today. Et c’est à peu près tout. Je ne sais même pas qui lit encore ce blog.