Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

Le post qui ne va pas t’aider à glander demain au bureau

16 décembre 2009

Chuck_Norris_paper_throw021494

Barbu, il vient de faire la chorégraphie de Single Ladies (Put A Ring On It) de Beyoncé en pyjama.

Et il ne mange que des pâtes au ketchup. Imaginez s’il prenait du crack.

I know it enough to believe it

14 décembre 2009

Aujourd’hui, voyons à travers le film Jennifer’s Body un cas souvent exploité dans le cinéma fantastique : le passage où le héros / l’héroïne comprend qu’elle a affaire à une créature surnaturelle grâce à un bouquin déniché dans le rayon « paranormal » de n’importe quelle bonne bibliothèque.

Phase n°1 : « Ah voilà j’ai trouvé le livre que je cherchais ! »

jennifersbody0

Le personnage principal a compris qu’il était face à un sérieux problème. Un problème autrement plus complexe qu’une simple mauvaise humeur due à des remontées acides ou à un arrêt brutal de la clope. Son intuition lui dit qu’il côtoie quelqu’un ou quelque chose de démoniaque et que ce n’est pas sur Wikipédia qu’il va trouver la solution.

Phase n°2 : « Ah voilà j’ai trouvé le chapitre qui m’intéresse en latin ! »

jennifersbody01

Depuis que la petite fille dans l’Exorciste a insulté la mère du prêtre en latin, on sait que le latin est la langue de tous les dangers. C’est pour ça qu’elle persiste à être enseignée au collège et au lycée : parce que les adolescent(e)s sont souvent confrontés à des créatures maléfiques et que sans l’apprentissage de cette langue, ils seraient foutus.

Phase n°3 : Superposition d’illustrations effrayantes et textes police 74

jennifersbody1

On superpose des dessins de Belzébuth et d’êtres humains en pleine agonie qui datent de trois ou quatre siècles avec des mots-clés formant des phrases grammaticalement incorrectes. Par exemple les mots « LIMBES HEMOGLOBINE RITUEL MORT SODOMIE » défilent lentement, entraînant alors une certaine angoisse chez le spectateur.

Phase n°4 : « Putain, mais c’est grave la merde là ! »

jennifersbody2

Un gros plan sur les yeux écarquillés du personnage principal est indispensable. Notez également le sourcil froncé. Parfois accompagné de la voix off du personnage principal qui murmure ce qu’il est en train de lire. La situation est plus grave que ce que vous imaginiez.

Phase n°5 : Encore un peu de superposition d’images préoccupantes et de passages qui font peur

jennifersbody3

Parce qu’on ne s’en lasse jamais. S’en suit un retour sur le personnage principal une poignée d’heures après qui est alors soit (1) en phase « La vie c’est vraiment de la merde, d’abord la taxe d’habitation et maintenant ça » (2) en phase « je ne crains pas les créatures surnaturelles. Je me confronte à elles »

Le processus fut un grand classique de Buffy contre les Vampires dans les premières saisons (les phases 3 et 5 sont même au générique), s’est retrouvé récemment dans Twilight, et peuple un grand nombre de films du genre que je ne saurais citer parce que je suis fatiguée et inculte.

Sinon Godard disait : « pour faire un film, il faut obligatoirement une fille et un pistolet ». Et dans Jennifer’s Body, il n’y a pas de pistolet. Mais quand même, j’ai bien aimé (je soupçonne Godard d’avoir déclaré ça bourré). Disons que c’est un film raté bien (et non l’inverse).

Comment éviter les attention whores, les indigestions post-traumatiques des fêtes et les articles du post.fr

10 décembre 2009

En lisant ces sites (que vous connaissez peut-être, mais peut-être pas) (après l’interlude) :

1255351566catpassing

Votre liste de liens commence à sentir le renfermé ? Vous désespérez de lire des blogs détendus du slip, des blogs non-mièvres, non-sponsorisés, et dont chaque post vous donne envie d’écrire, d’analyser et/ou de danser la macarena ?

Virgoblog

C’est toujours difficile de faire l’éloge d’un site qu’on aime vraiment bien. Virginie habite dans l’état de New-York, à Albany, porte des jolis vernis à ongles, raconte l’envers du décor new-yorkais et de la saga Twilight, mange des tartes aux noix de pécan et bourre ses textes de références en tous genres. Elle me donne envie d’écouter la bouilloire siffler en frottant mes pieds l’un contre l’autre devant un documentaire d’Arte sur une actrice déchue des années 50. Je suppose qu’elle est le genre de filles avec qui on doit bien aimer s’ennuyer (ce qui est un foutu compliment)

Invisible Ink

Delwyn a 25 ans, aime les voyages en train et le gin. Son blog est loin d’être nouveau, il y a quelques années elle y racontait sa vie d’étudiante fraîchement débarquée sur le sol anglais, et c’était déjà très bien. Plutôt un site old school, au sens noble du terme : sincère, bien écrit, un petit côté journal intime, et quelques paroles de chansons. Elle me donne envie de manger des cookies et de faire du patin à roulettes en écoutant I’m Eighteen d’Alice Cooper.

Listen2fight

Je ne sais pas qui est à l’origine du concept, mais des sites musicaux j’en ai parcouru UN TAS depuis 1996, et celui-ci est à la fois chouette et original : pas d’élitisme ni de « quand j’ai connu Chokebore avant tout le monde », mais une simple bataille entre deux artistes. En plus, les petites descriptions sont drôles.  A ce jour, 68 battles ont été réalisées. Listen2fight me donne envie de faire des bulles de chewing-gum en me tapant le tambourin contre la hanche façon Zia des Dandy Warhols.

Garageland

Monté récemment par Eve, Garageland est un mélange de pin-ups françaises, de rock des années 60 et d’anecdotes pop-culturesques. Je ne sais pas si on peut encore qualifier cette culture d’alternative, mais tout le monde ne connait pas forcément la scène garage rock française ou Fabcaro (moi, par exemple). Eve me donne envie de lire des vieilles coupures de presse sur Altamont et de me faire un mikshake glace vanille – bière.

Le blog le plus mieux

Je viens de découvrir le blog d’Arnaud, donc je ne sais pas ce que ça va donner. Peut-être qu’il va le dynamiter ou dessiner des choses sales, mais en attendant j’aime bien l’impression d’être face à un bureau mal rangé, où on ne sait pas trop où regarder. En plus je crois qu’il est toulousain, et son header m’a fait sourire comme une veille de week-end.

Oh, et comme ça me rendrait triste que vous pensiez que je fais de la pub de façon peu subtile pour des copains, je précise que je ne connais aucune de ces personnes. Même le chat sur le gif, je le connais pas.

When it rains when it rains

9 décembre 2009

snapshot20091208233305

Big Bang Theory n’est pas simplement meilleur que How I Met Your Mother.

Big Bang Theory est meilleur que How I Met Your Mother,  que n’importe quelle série télé du moment, que les éclaircies d’automne et l’optimisme de Mario et Luigi à Super Mario Bros, et même meilleur que la tarte au citron meringué de ma mère.

Pourquoi Glee est une série ratée ?

7 décembre 2009

Parce que depuis que j’ai vu The Sound of Music, avec Julie Andrews, un après-midi pluvieux dans la banlieue londonienne, j’aime autant les comédies musicales que découper des petits bouts de kiri dans ma soupe, j’avais plutôt hâte de voir Glee (surtout que série-télévisuellement parlant, il n’y a plus grand chose à se mettre sous la dent depuis deux semaines). Sorte de High School Musical dawsonien*, Glee se veut rafraîchissant mais le résultat est plutôt mi-nul.

gleerachel

L’un des personnages principaux, Rachel Berry, me donne envie de m’enfoncer un tournevis dans l’œil à chaque fois qu’elle apparaît à l’écran. Comment voulez-vous vous identifier à un personnage bourré de mimiques, qui s’imagine être la prochaine Céline Dion, et qui a les chevilles aussi grosses qu’un pigeon gavé de chlorhydrate ? De manière générale, peu de personnages de Glee sont réellement attachants. Le professeur d’espagnol, censé être le héros de la série, a autant de charisme qu’un cactus. La seule à être intéressante à tous les points de vue est Emma Pillsbury :

gleeemma

Vous reconnaissez peut-être l’actrice, Jayma Mays, qui a joué le rôle de Charlie dans la saison 1 d’Heroes. Charlie était serveuse dans un diners, avait le pouvoir de mémoriser tout ce qu’elle lisait, et Hiro l’aimait bien, jusqu’à ce qu’elle se fasse scalper par Sylar. C’était déjà mon personnage préféré d’Heroes après 2 répliques et voilà qu’elle se fait tuer comme si elle était au générique de Dallas.

Mais le plus gros problème de Glee, après les mauvais playbacks ce sont les clichés :

gleecliche

Les pom-pom girls sont machiavéliques, la prof de sport masculine fait des blagues sur son absence d’utérus, ah ah ah, la fille noire est ronde, aime le r’n'b et cite Beyoncé comme référence, et le gay se prend évidemment pour une fille. On est loin du personnage de Marshall dans The United States of Tara, et on est loin du scénario subtil. J’ai grandi dans les années 80, j’ai regardé les rediffusions des classiques eighties pendant les vacances scolaires, et j’ai eu mon quota de caricatures, mais apparemment pas les créateurs de Glee, dont le rêve absolu doit être de se marier et d’avoir deux enfants (un garçon et une fille).

Du coup, la crédibilité de l’histoire en prend un coup, et ce qui pourrait très bien passer dans un spectacle de Broadway s’essouffle sur la longueur (chaque épisode dure 50 min). Les quelques bonnes idées (Kurt qui joue dans l’équipe de foot, la chorale qui prend des amphets avant un concours), même si elles ne sont pas super bien exploitées, permettent tout de même de mettre le cerveau en veille et de se laisser porter par l’intrigue.

Sur ce, c’est l’heure d’aller voir la surprise du jour du calendrier de l’Avent.

*Dawsonien = terme servant à désigner une série / film avec des faux adolescents, les acteurs jouant des teenagers de 16/17 ans ayant plutôt dépassé les 20 ans sur leur carte d’identité et devant se raser régulièrement sur le plateau pour maintenir l’illusion (ça vaut également pour Katie Holmes).

Eddie Floyd and shit

30 novembre 2009

Je ne sais plus lequel des deux Chuck, si c’est Chuck Klosterman ou Chuck Palahniuk, qui explique dans je ne sais plus quel bouquin, si c’est Eating The Dinosaur ou Lullaby que les rires pré-enregistrés servent, dans les sitcoms, à indiquer au spectateur quand rire (à la différence des rires d’un public venu assister au tournage en direct, qui eux servent à réécrire certaines blagues).

C’est la même chose avec ce que j’appellerais « les mots clefs utilisés à outrance », qui servent à indiquer à son interlocuteur quand il doit nous trouver cool. PAR EXEMPLE :

« Je suis journaliste gonzo »

Non. Tu prends trop de coke. S’immiscer dans une soirée open bar et raconter comment un type a léché l’olive de son martini sur la poitrine d’une blonde qui avait des racines n’est pas gonzo. De manière générale, employer la première personne pour son récit n’est pas non plus gonzo, auquel cas tous les blogs seraient par définition gonzo. Écrire de la mauvaise prose les pupilles dilatées ne suffit pas à être gonzo non plus, simplement à faire honte à sa famille. Évidemment, poster des photos de son cendrier dégueulant de mégots n’a jamais été ne-serait-ce qu’un petit peu gonzo, mais ça laisse bien entendre une hygiène de vie peu respectable.

« Je suis une geekette »

Non. Tu as un téléphone portable. Ma mère aussi, elle a appris il y a quinze jours comment écrire un SMS. Si ma mère m’accueillait demain en disant « ma fille, je suis geekette », je lui mettrais un coup de boule. Parce que la plupart du temps, celles qui s’autoproclament « geekette » ont aussi une passion : Hello Kitty. Et je ne vais pas revenir sur son cas, ça fait déjà 30 ans qu’elle nous brise les bonbons avec son air de vierge effarouchée alors que tout le monde sait que c’est une débauchée de première.

« Cette vidéo fait un buzz »

Non. Tu es Frédéric Lefebvre. Même pour désigner un joint, le mot « buzz » est ridicule (souvent employé à côté d’un djembé). Qui veut visualiser Frédéric Lefebvre avec des dread-locks ? Personne. So Stop right now thank you very much (© Spice Girls).

The idol sheen of a young furry-chested Tom Jones

27 novembre 2009

En fait j’ai menti.

thanks2

Sous les trombes d’eau, Thanksgiving. Portland est déclarée ville morte pour la journée, où même Taco Bell a des allures de fast-food communiste derrière les vitres embuées. J’atterris dans un Burger King où sont assis sur les banquettes en vinyle bleu un mec au regard incandescent, un couple d’obèses et un vieux aux cheveux grisonnants, qui avale ses frites comme si c’était son dernier repas.

thanks4

De la 50th jusqu’à Foster Road, au sud-est du quartier d’Hawthorne, il n’y a guère que les troquets d’exotic dancers qui n’ont pas retourné l’écriteau OPEN et qui proposent de la dinde à 4$ (à ce prix-là, on devine qu’elle a du crever d’une maladie infectieuse et  sa chair tendre comme du pneu).

thanksnight

J’espère qu’ils vont rediffuser un énième film pour enfants ou un vieil épisode de Friends où Rachel a sa coupe 80′s ce soir sur KPTV.

The Vagrants Day of Thanks

26 novembre 2009

Demain soir, dans notre bar-café de prédilection sera organisé un Thanksgiving pour tous les éclopés et les sans-famille comme nous, avec de la dinde, de la cranberry sauce et de la purée de pommes de terre. Il y a plusieurs choses pour lesquelles je suis reconnaissante de ce mois de novembre perdue au milieu de Pacific Northwest, des petites fiertés aux coups de sorts heureux, et si je devais en faire la liste non exhaustive je dirais :

strip

Las Vegas, pour sa folie nocturne et ses néons écarlates à en griller la rétine, son strip jalonné de mafieux en tous genres et ses larges avenues hystériques où la musique poussée quelques décibels au-dessus de la moyenne filtrent à travers les portes battantes des casinos, ersatz de saloons. Les mormons semblent avoir définitivement décampé dans l’Utah quand on traverse de part en part les couloirs sans fin de Sin City.

pennies

Sur la terre promise de la pluie et du temps maussade à vous foutre le moral bien bas, nous avons avant tout vu du soleil récalcitrant et des bourrasques de vent timides, du ciel bleu clair et bleu foncé, et des animaux agressifs comme dans un bon épisode des Simpsons.

sf

L’aller-retour dans la journée que Pénélope m’a offert pour mes 26 ans et 11 mois, où nous avons marché sur les trottoirs de Mission et de Castro sous un astre de plomb et les palmiers californiens. Le cheesecake au citron et au coulis de framboise sur les toits chauffés d’Union. C’était la première fois que j’allais au Cheesecake Factory, et la première fois où j’étais servie par un sosie moche de Sheldon Cooper.

hawthorne

Mais ce dont je serai le plus reconnaissante, ce sont les routes. Les routes des campagnes de l’Oregon et de l’État de Washington, délimitées par cette ligne jaune qui remonte jusqu’à l’Alaska, les routes à moitié boueuses, les routes jonchées de feuilles mortes et de marrons éclatés, et les ruelles balisées par les poteaux en bois sur lesquels s’entassent les affiches trempées, émiettées et déchirées des concerts du coin.

Je ne suis pas sûre qu’on quitte vraiment Portland.