Non, je ne parle pas de ce chien !
Je parle de ma rue.
J’habite un quartier où se mélangent moult filles de joie et poussettes, en face un hôtel de passe, à côté une crèche, et de temps en temps des féministes hardcores qui taguent en rose sous nos fenêtres. Quand je rentre en fin d’après-midi les prostituées sont sur le trottoir, avec les formes généreuses et leurs rires communicatifs, en tongs et mini-jupes, à se laisser bercer par le soleil, et le matin quand je pars pour le marché quelques unes sont déjà là, à écouter leur Discman. A chaque fois je leur souris. Pas pour leur dire « viens boire une verveine chez moi » mais plutôt pour leur dire « je suis du quartier moi aussi ».
Et elles ne me répondent jamais. Les prostituées me méprisent !
Sauf ce matin, où l’une d’elles m’a rendu mon sourire. Je crois que je me suis enfin intégrée.
Moi vivant, vous n’aurez jamais de pauses, par Leslie Plée
Quand je suis allée chercher la béday à la fnac, j’ai du la demander à une fille du rayon béday parce que je n’arrivais pas à la trouver. Elle m’a fait un petit sourire en coin et est allée me le chercher, puis elle m’a demandé « vous en avez entendu parler où ? » avec un ton mi-amusé mi-complice. Je lui ai pas dit que je l’achetais parce que j’ai toujours un peu nourri le rêve secret d’être libraire (avec fleuriste et mangeuse de hot-dogs), mais j’ai avoué qu’on entendait pas mal parler de Leslie Plée sur internet (ce qui est vrai, et personne n’a encore écrit de bd sur le fait d’être mangeur de hot-dogs). Alors elle m’a dit : « il est vraiment bien, je me suis reconnue dedans… en plus je connais le magasin où elle a bossé ».
Ca m’a paru être une coïncidence rigolote.
Ce n’est qu’en lisant le livre que j’ai compris pourquoi. HIN HIN HIN.
Je ne suis jamais contre l’assassinat des mythes, même s’il s’agit d’être libraire. Néanmoins, Leslie Plée est loin de faire une généralité de son expérience désastreuse dans « le milieu culturel ». Rentabilité, désillusion et petits coups de poignards dans le dos de Marc Lévy (ça, j’aime bien).
Bref, c’est un peu drôle, et un peu pathétique à la fois, et dans l’ensemble c’est très bien.
Il en rupture de stock sur amazon, alors vous aussi allez l’acheter en librairie et partagez un moment de complicité avec celui qui vous tendra le livre.
Je vous le conseille pour : une après-midi au soleil, le bain Avec : Deux tranches de nutella !
L’une des choses pour lesquelles je suis le plus excitée d’aller à Los Angeles, c’est pour me faire faire une manucure.
Mais que tout le monde garde son calme ! Je ne pense pas me faire la totale pouffie avec extensions + string clouté + blouson en cuir avec magnifique aigle aux ailes colorées telles les fesses d’Amanda Lear. Je resterai moi-même, mais avec de très jolis ongles.
Maintenant que j’ai fini le Professeur Layton, je vais pouvoir sortir de chez moi (hier je suis pas sortie finalement parce que je me suis rappelée que la bibli était fermée le lundi).
Pour aller dehors, je pense ressortir mes Etnies et mon sweat à capuche. Comme ça p’tet que je pourrais avoir le tarif moins de 26 ans au ciné (3,90 euros !) pour aller voir Harvey Milk.
Sinon est-ce que vous avez vu que 20 ANS ALLAIT RESSORTIR ? via le site des inrocks.
Oh mon Dieu ça me donne envie d’écouter du No Doubt.
Une vidéo de Laura Marling qui chante en live Alas I Cannot Swim. J’aime bien les paroles, et les accents country, et le tee-shirt pyjama.
Ce week-end j’ai vu :
Rachel Getting Married
Avec Anne Hathaway (qu’on ne présente plus) et Rosemarie DeWitt (qui joue la soeur de Tara dans The United States of Tara). Kym (A. Hathaway) est une ex-junkie, clean depuis 9 mois, qui a bousillé pas mal de vies autour d’elle et qui sort de désintox le temps d’un week-end pour se rendre au mariage de sa sœur Rachel (R. DeWitt). Il y a plein de choses biens dans le film – notamment le fait que l’héroïne, qui a vraiment déconné, ne soit pas vraiment attachante – mais globalement on reste sur sa faim et puis certaines scènes auraient pu être coupées pour dynamiser le machin.
Watchmen
OoOOh ! De la fesse, du zizi bleu, du moignon ensanglanté dans une dystopie dessinée par Alan Moore et Dave Gibbons ! 2h43 de film, au départ ça peut bloquer, surtout quand on a pas lu le comic (ça c’est la faute de Nico, qui m’a dit – je cite – « tu ne peux être que déçue par rapport au comic », ce qui constitue un argument valable pour ne pas le lire avant). En fait, c’est le meilleur film de 2009 pour le moment. Une esthétique parfaite – graphiquement fidèle à l’univers, certains plans sont comme des cases de BD -, de bonnes répliques, de l’action en flashback, une bande originale 80′s, des personnages complexes et un générique qui fissure la rétine (visuellement on a pas vu mieux depuis un bon moment).
(Top 3 de mes personnages préférés : 1 - Rorschach 2 - Dan Dreiberg 3 - Dr Manhattan)
Passons au livre de la semaine, et pour l’occas’ ma photo préférée d’Hunter S. Thompson :
Rhum Express, d’Hunter S. Thompson
Ecrit en 1959 mais seulement publié en 1998, le livre raconte l’histoire de Paul Kemp, journaliste new-yorkais, qui débarque au Daily News, canard qui vit sous l’emprise du rhum à San Juan au Porto Rico. A un moment donné, on sentirait presque notre propre sueur collée à notre front dans l’atmosphère moite et alcoolisée de l’île. Bon, c’est pas le meilleur Thompson, mais ça reste un bon Thompson (il a écrit Rhum Express à 22 ans, ce qui explique que son style ne soit pas exactement celui qu’on connait).
Bon c’est pas tout ça, mais Poupou et moi on va à la bibliothèque pour prendre des nouveaux livres.