Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

Du concept de webstar et autres niaiseries pop-corn

9 février 2010

Fut un temps où le monde – et plus particulièrement la blogosphère – adhérait au concept de webstar. C’était frais, c’était porteur d’espoir, bientôt Lily Allen allait être consacrée révélation MySpace, et l’acception faisait frémir les autres médias qui en avaient quelque chose à faire. Jusqu’en 2006, avant les régies publicitaires et les milliers de visiteurs uniques par jour, ériger une personne au rang de webstar tapait dans le registre du touchant et du libertaire. Des types au faciès grêlé et des filles sexy comme votre copine d’IUT pouvaient goûter doucement au succès, recevoir des mails de lecteurs assidus, parfois avoir une interview dans un magazine branché, et bon sang, qui ne rêve pas de se mettre un peu de chair fraîche sous la dent ? Le concept de webstar avait du sens quand Caramail n’était pas encore une vaste blague, même si ne concernant déjà qu’une poignée d’initiés, il restait dérisoire.

ET SOUDAIN LA FAILLE DU MAL OU COMMENT DES ENFANTS QUI N’ONT MÊME PAS VÉCU L’ANNONCE DU DÉCÈS DE KURT COBAIN ONT CRU QU’INTERNET C’ÉTAIT GRAINES DE STAR.

dumbledore

A partir de quand pouvons-nous apposer le nom de « webstar » à une personne aujourd’hui ? Vous êtes un lolcat, vous êtes une webstar. Vous êtes un petit gros qui s’énerve devant la webcam de son PC, vous êtes une webstar. Vous vous appelez Yann Moix, vous êtes une webstar. Même votre grand-mère vous spamme de Powerpoints, alors qui est une webstar ? Ceux qui ont 500, 2400 ou 40 000 visiteurs par jour ? Ceux qui dépassent les 1500 followers sur Twitter ? Les 2000 amis sur Facebook ? Concrètement, si vous parlez d’un blog, d’un journaliste ou d’un groupe que vous avez découverts sur Internet en soirée, regardez combien de personnes en ont déjà entendu parler. Le concept de webstar fonctionnait bien quand 3 pelés se retrouvaient sur la toile. C’était leur monde à eux, à nous, puis Internet est devenu un vrai média, avec toute l’étendue et la puissance que cela implique, et tout le bouzin s’est étiolé.

Voyons-nous plutôt tous comme des acteurs de série B.

Être un acteur de série B, c’est foutrement mieux : ce sont toujours les détails qui ont leur importance.

Et si vous entendez quelqu’un se plaindre d’une autocratie imaginaire de webstars, du fait que nous ne voyons ou que nous n’entendons parler que des mêmes personnes sur Internet, faites-vous plaisir et riez grassement. Admettons que vous ne regardiez que TF1 : effectivement vous n’y verrez que Nikos faire des reportages sur Harry Roselmack et Harry Roselmack parler de la Star Academy. Mais nous ne sommes plus limités dans la diversité par six chaînes de télévision ou un modem 56k.

Si ce quelqu’un a l’impression de tourner en rond ici, c’est que sa curiosité ne l’a pas porté plus loin que les liens proposés dans une même sphère d’informations. Les mêmes noms et les mêmes visages ne tournent pas plus en boucle sur Internet que dans un petit village de campagne. Parfois, parce que le monde est petit, vous entendrez parler d’une connaissance au-delà de votre cercle d’amis, et ça s’arrêtera là.

Et les webstars des uns resteront les anonymes des autres.

They were married at 5.30 a.m

8 février 2010

Je viens de réaliser que je n’ai jamais été la psychotique de mes relations passées. Pas une seule fois. J’ai bien sûr crié, pleuré, fait des choses stupides, été de mauvaise foi et j’ai du casser une fois un bibelot – et encore, il me semble que c’est parce qu’en voulant quitter l’appartement de rage, j’avais trébuché. Bon, je sais que c’est supposé être une bonne chose, mais pour l’instant, je n’arrive qu’à trouver ça injuste. Quoiqu’il en soit, nous sommes dans la nuit de dimanche à lundi, le sommeil parti faire de l’auto-stop à l’autre bout de la ville, j’aimerais me teindre les cheveux en rouge et écouter Kim Wilde ou pire, The Knack (et soudain, vous réécoutez My Sharona, et vous vous dites « AAAH ! MAIS OUI ! »), ce qui n’est pas forcément signe de bonne santé mentale. Même si c’est tout de même loin de rééquilibrer la balance en ma faveur. J’aimerais aussi (1) lire de vieux articles de presse (si seulement consulter des archives était aussi simple qu’un film où le héros se retrouve à éplucher les faits divers des trente dernières années sur une machine à écran-loupe) (2) manger de la pizza (3) regarder :

rocknroll

Un film avec les Ramones, qui, après avoir fini Mort aux Ramones ! de Dee Dee Ramones, tombe à pic.

Heidi Montag & mirifiques ragoûts psychédéliques

5 février 2010

TMZ, célèbre site people spécialisé dans l’information moche (ils furent les premiers à annoncer le décès de Michael Jackson et à poster la photo du visage tuméfié de Rihanna), a qualifié la rencontre entre Barack Obama et Khloe Kardashian de « signe de déclin de la civilisation occidentale ». C’est à peu près ce que je ressens en étudiant le cas Heidi Montag.

Heidi Montag, 23 ans, est née à Crested Butte, dans le Colorado. Après le bac, elle se fait la malle pour la Californie, où elle rencontre Lauren Conrad.

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A gauche Lauren Conrad, à droite Heidi.

Ensemble elles deviennent les héroïnes de l’émission de télé-réalité ultra-scénarisée The Hills. Au fil des épisodes diffusés sur MTV, Heidi se décape la tignasse à l’eau oxygénée, se fait refaire le nez entre deux saisons, et simule des rapports conjugaux avec le minet à tête de cul, Spencer Pratt. Ensemble ils ont trois chiots aux noms mi-cools mi-ridicules tendance hipster (Ninja, Rambo et Dolly), se déclarent républicain, et s’embrassent dès que les objectifs sortent des buissons. En 2007 Heidi avoue être passée sous le bistouri, pose avec son interview exclusive par Us Weekly sur les tapis rouges, ah ah ah, de toute façon tout le monde vient de voir Britney se raser la tête alors les petits complexes d’Heidi, on s’en tamponne un peu le coquillard.

Heidi sent alors qu’il faut frapper fort. Les médias ne causent que de Lauren Conrad tandis qu’elle doit se taper le blondinet à l’œil torve, sorte de Michael Vendetta issu de la Corn Belt, elle trouve ses lèvres pas assez pulpeuses et la vie injuste. Alors pendant trois ans, elle réfléchit avec son demi-cerveau cellulité à ce qu’elle pourrait faire pour se retrouver enfin dans le top 100 FHM des femmes sur lesquelles les hommes aiment se tripoter.

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En janvier 2010, les ménagères de 50 ans veulent prendre de la drogue et sauter par-dessus leur balcon. Heidi pose en couverture de People Mag, avec ce titre aguicheur comme une prostituée sur le parvis d’une église : « ACCRO A LA CHIRURGIE – 10 opérations en une journée ». Heidi devient aussi réelle que l’émission qui l’a propulsée sous les flashs. Les photos avant / après envahissent les couvertures, les médias s’inquiètent du message qu’elle fait passer aux jeunes filles et même Émilie de Secret Story se sent obligée de parler de ses récentes opérations de chirurgie esthétique sur le plateau de Direct 8.

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Heidi perd pied : sur la chaîne ABC, elle déclare que la beauté « est à l’intérieur », que les autres jeunes filles ne peuvent pas vraiment comprendre parce que elles, elles ne sont pas dans ce milieu. Heidi en profite pour faire la promo de son disque, Superficial, et assure que ses nouveaux seins ne sont « pas si gros que ça ». Sa mère se dit « effrayée » alors Heidi prend son jet privé et autorise les caméras de The Hills à venir filmer leurs retrouvailles. Grosse déception à l’arrivée. Heidi, le visage comme une chouquette, est reçue comme « une bête de foire », mais pas rancunière pour un sou, elle affirme : « je veux lui offrir une opération de chirurgie esthétique pour la fête des mères ». Nous n’avons toujours pas la réponse de ladite mère, probablement en train de pleurer doucement sous sa couette en priant Jésus et le Prozac.

Et pendant ce temps, Mickaël Vendetta fait pleurer Claudette Dion dans une ferme en Afrique parce qu’il aurait insulté Brigitte Nielsen d’autruche.

Are you having fun ?

29 janvier 2010

Je crois que j’ai vraiment besoin de vacances. D’un hamac et de quelques kilos de livres, de punk-pop de 2001, de cheeseburgers entre copains et de bons films. Ce genre de trucs. Là je m’enfonce dans la déprime saisonnière ; pour preuve j’en suis à boire des litres de café, moi qui ne supportais pas ça il y a encore deux ans, et reste bloquée devant des reportages télévisés sur Lolo Ferrari, comme si ça allait arranger quoique ce soit. Ce matin en mangeant mes biscottes j’ai lu le nouveau 20ANS. Bon, j’ai vraiment merdé. Ça m’a foutu dans un état pas possible, à vouloir enfoncer mes doigts dans les globes oculaires de tous ces troufignons. 20ANS est devenu un canard gavé de pubs et de sujets ressemblant à des pelotes de réjection, à peine digne de s’entasser sur les piles de sudoku dans les toilettes. Un beau gâchis. Isabelle Chazot, rédac-chef du magazine dans ses meilleures années, ne tient aujourd’hui qu’une rubrique sporadique dans Grazia. Comment en sommes-nous arrivés là ? Quand Chazot cassera sa pipe, toutes les rédactions applaudiront ses qualités journalistiques et son esprit visionnaire mais en attendant plus personne ne souhaite voir d’images absurdes tirées de vieux films (l’iconographie de 20ANS était particulièrement réussie) ni de couvertures titrées « comment sortir avec un beau gosse, un riche ou un mort », on préfère encore s’autocensurer plutôt que d’essayer d’être original. Ça choquerait les gens, sinon. Comment en sommes-nous arrivés à devoir lire des publi-reportages à peine déguisés, de régimes astrologiques et de pages entières de fringues détourées au lasso magnétique sous Photoshop ? Les vampires puceaux et les pages shopping beauté, ça commence à me courir sur le haricot. Et puis je viens d’apprendre que Philippe Garnier a été viré de Libération en mai 2009, après 22 ans de piges flamboyantes. C’est quand même lui qui a emmené Bukowski et John Fante en France, quoi ! Comment en sommes-nous arrivés à dire à cet homme « non désolé, ce que tu fais ne nous intéresse plus » ? Ça et la mort de J.D Salinger, je crois bien que ça a fini de m’achever pour la journée.

Je crois que j’ai vraiment besoin de vacances, disais-je. Et de tirer un peu moins sur la corde.

Ce post est multi-spoils

14 janvier 2010

Comme le précise le titre, ce qui va suivre raconte en détails un film : Paranormal Activity. Si vous ne l’avez pas vu, il est préférable que vous vous arrêtiez maintenant. A la place, vous pouvez visiter le site de Bonnie Tyler ou lire ça. Vous avez jusqu’au gif animé pour fermer cette page. Après il sera trop tard. Bon ceci dit, vous pouvez tout de même lire ce qui suit si vous n’avez pas l’intention de voir Paranormal Activity. Ou bien vous pouvez aller le voir à la séance de 22h, et lire ce post demain matin. Si vous arrivez à dormir. Sinon vous connaissez cette blague ? C’est un mec qui marche dans la rue et il a des courgettes dans les oreilles. Alors un passant s’approche de lui et lui dit : « excusez-moi Monsieur mais vous avez des courgettes dans les oreilles », ce à quoi le gars répond : « pardon ? excusez-moi je ne vous entends pas j’ai des courgettes dans les oreilles ».

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Et donc, après des semaines d’hésitation j’ai fini par voir Paranormal Activity.
J’en menais pas large. J’étais convaincue que ce film allait me foutre les foies. C’est ce que les films de possession me font en général. Vous pouvez échapper aux mutants, aux proxénètes et à Eric Zemmour, mais jamais à Satan. C’est ce que l’Exorciste nous a appris.

Mais le gros avantage de ce film est qu’on apprend qu’il est POSSIBLE d’échapper à un démon, tant qu’on ne fait pas d’erreur basique. Ce qui est plutôt rassurant. Si vous vous retrouvez possédés donc :

1) Ne provoquez pas le démon. Pas de « AH AH c’est tout ce que t’as ? » quand votre copine à un pentagramme couleur hémoglobine griffé dans le dos, pas de « Tu vas te montrer ce soir, ENCULAY ? » quand ça fait deux soirs consécutifs que vous arrivez enfin à dormir. Le démon n’est pas le videur de la Bodega, vous n’avez aucun recours judiciaire s’il prend un peu trop d’élan pour vous en coller une. Aussi, le démon a des sentiments : si vous insultez sa mère il est légitime qu’il vous en veuille.

2) Si après avoir répandu de la farine sur le sol (façon Mystère épisode #110 « La Maison Qui Saigne ») des empreintes de démon sont apparues, et que vous avez le numéro de téléphone d’un démonologue à portée de main : APPELEZ LE ! APPELEZ LE BON SANG ! Pour appuyer le propos, un exemple plein de bon sens : si vous étiez asthmatique feriez-vous le marathon sans ventoline© ? Non, vous seriez idiots de faire ça, pas vrai ?

3) De la même façon, si un spécialiste vous a laissé entendre que ramener une planche de oui-ja à la maison serait comme emmener Tiger Woods dans une boîte de striptease, écoutez-le. Il n’y a que dans Charmed que les planches de oui-ja ne sont pas dangereuses (et tout le monde sait que Charmed, c’est pas la vraie vie).

4) N’attendez pas le dernier moment (i.e. après que vous vous soyez faits trainer sur 10 mètres par la poigne invisible du démon, après que votre main se soit retrouvée ensanglantée pour avoir tenu un bébé crucifix etc.) pour agir.

Si vous suivez tous ces conseils, être possédé(e) s’avèrera finalement être comme une mauvaise grippe A.

Hip grannies & chocolate chunk cookies

11 janvier 2010

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Pour les broderies de Marjorie c’est par ici.

Les marionnettes de doigts sont en vente (24$) dans la boutique Etsy BabyAnimals.

Mamie Alzheimer dans « Qui a fait encore tomber le Pape ? »

8 janvier 2010

J’aime bien lui rendre visite.

mamie

Like the old times

31 décembre 2009

Je regarde la lueur du jour filtrer à travers mes volets, qui vont bientôt devenir roulants, du genre avec une manivelle et tout le toutim. J’aime bien mes vieux volets imparfaits, au bois gondolé en été, trempé en hiver, avec leur espagnolette couleur blanc écaillé. Ça me rend triste que la proprio veuille les changer.

Je me sens un peu bête sans trop de raison.

Vous savez quand certains souvenirs remontent à la surface alors que vous n’avez rien demandé, rien creusé, que vous n’avez fait aucun effort de concentration ni même tenté de vous rappeler quoique ce soit ? C’est comme ça que ça arrive. J’essaie alors à compter le nombre d’autocollants sur ma valise, de me rappeler quand je courais dans les ronces enfant, du nombre de fois où j’ai retrouvé un billet oublié dans une poche de jean et de faire rejaillir le goût du pop-corn sur ma langue. Mais bon, même avec ça, ça met un certain moment avant de s’estomper, comme les bleus sur les mollets.

Le pire, ce sont les gens qui trouvent toujours un moyen de vous faire sentir bête sans trop de raison, comme si vous aviez besoin d’eux pour ça. Les relations humaines, je les trouve souvent violentes. Mais ça, c’est pas trop le genre de truc que vous pouvez dire à voix haute. Quand vous le faites, il y en a toujours un pour rire de façon sardonique comme si vous étiez né de la dernière pluie.

C’est une histoire de domination et de pouvoir. Ça a toujours été une histoire de domination et de pouvoir. Je vais pas faire tout un foin autour de la question, ni me lancer dans des sermons mystiques. C’est simplement un droit à l’imperfection. Parfois, on se trompe de file, on dit des insanités en les regrettant la minute d’après, on oublie, on fait des paradoxes et des fautes d’orthographes.

Et parfois, on se sent un peu bête parce qu’on l’est.