Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

Are you having fun ?

29 janvier 2010

Je crois que j’ai vraiment besoin de vacances. D’un hamac et de quelques kilos de livres, de punk-pop de 2001, de cheeseburgers entre copains et de bons films. Ce genre de trucs. Là je m’enfonce dans la déprime saisonnière ; pour preuve j’en suis à boire des litres de café, moi qui ne supportais pas ça il y a encore deux ans, et reste bloquée devant des reportages télévisés sur Lolo Ferrari, comme si ça allait arranger quoique ce soit. Ce matin en mangeant mes biscottes j’ai lu le nouveau 20ANS. Bon, j’ai vraiment merdé. Ça m’a foutu dans un état pas possible, à vouloir enfoncer mes doigts dans les globes oculaires de tous ces troufignons. 20ANS est devenu un canard gavé de pubs et de sujets ressemblant à des pelotes de réjection, à peine digne de s’entasser sur les piles de sudoku dans les toilettes. Un beau gâchis. Isabelle Chazot, rédac-chef du magazine dans ses meilleures années, ne tient aujourd’hui qu’une rubrique sporadique dans Grazia. Comment en sommes-nous arrivés là ? Quand Chazot cassera sa pipe, toutes les rédactions applaudiront ses qualités journalistiques et son esprit visionnaire mais en attendant plus personne ne souhaite voir d’images absurdes tirées de vieux films (l’iconographie de 20ANS était particulièrement réussie) ni de couvertures titrées « comment sortir avec un beau gosse, un riche ou un mort », on préfère encore s’autocensurer plutôt que d’essayer d’être original. Ça choquerait les gens, sinon. Comment en sommes-nous arrivés à devoir lire des publi-reportages à peine déguisés, de régimes astrologiques et de pages entières de fringues détourées au lasso magnétique sous Photoshop ? Les vampires puceaux et les pages shopping beauté, ça commence à me courir sur le haricot. Et puis je viens d’apprendre que Philippe Garnier a été viré de Libération en mai 2009, après 22 ans de piges flamboyantes. C’est quand même lui qui a emmené Bukowski et John Fante en France, quoi ! Comment en sommes-nous arrivés à dire à cet homme « non désolé, ce que tu fais ne nous intéresse plus » ? Ça et la mort de J.D Salinger, je crois bien que ça a fini de m’achever pour la journée.

Je crois que j’ai vraiment besoin de vacances, disais-je. Et de tirer un peu moins sur la corde.

Ce post est multi-spoils

14 janvier 2010

Comme le précise le titre, ce qui va suivre raconte en détails un film : Paranormal Activity. Si vous ne l’avez pas vu, il est préférable que vous vous arrêtiez maintenant. A la place, vous pouvez visiter le site de Bonnie Tyler ou lire ça. Vous avez jusqu’au gif animé pour fermer cette page. Après il sera trop tard. Bon ceci dit, vous pouvez tout de même lire ce qui suit si vous n’avez pas l’intention de voir Paranormal Activity. Ou bien vous pouvez aller le voir à la séance de 22h, et lire ce post demain matin. Si vous arrivez à dormir. Sinon vous connaissez cette blague ? C’est un mec qui marche dans la rue et il a des courgettes dans les oreilles. Alors un passant s’approche de lui et lui dit : « excusez-moi Monsieur mais vous avez des courgettes dans les oreilles », ce à quoi le gars répond : « pardon ? excusez-moi je ne vous entends pas j’ai des courgettes dans les oreilles ».

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Et donc, après des semaines d’hésitation j’ai fini par voir Paranormal Activity.
J’en menais pas large. J’étais convaincue que ce film allait me foutre les foies. C’est ce que les films de possession me font en général. Vous pouvez échapper aux mutants, aux proxénètes et à Eric Zemmour, mais jamais à Satan. C’est ce que l’Exorciste nous a appris.

Mais le gros avantage de ce film est qu’on apprend qu’il est POSSIBLE d’échapper à un démon, tant qu’on ne fait pas d’erreur basique. Ce qui est plutôt rassurant. Si vous vous retrouvez possédés donc :

1) Ne provoquez pas le démon. Pas de « AH AH c’est tout ce que t’as ? » quand votre copine à un pentagramme couleur hémoglobine griffé dans le dos, pas de « Tu vas te montrer ce soir, ENCULAY ? » quand ça fait deux soirs consécutifs que vous arrivez enfin à dormir. Le démon n’est pas le videur de la Bodega, vous n’avez aucun recours judiciaire s’il prend un peu trop d’élan pour vous en coller une. Aussi, le démon a des sentiments : si vous insultez sa mère il est légitime qu’il vous en veuille.

2) Si après avoir répandu de la farine sur le sol (façon Mystère épisode #110 « La Maison Qui Saigne ») des empreintes de démon sont apparues, et que vous avez le numéro de téléphone d’un démonologue à portée de main : APPELEZ LE ! APPELEZ LE BON SANG ! Pour appuyer le propos, un exemple plein de bon sens : si vous étiez asthmatique feriez-vous le marathon sans ventoline© ? Non, vous seriez idiots de faire ça, pas vrai ?

3) De la même façon, si un spécialiste vous a laissé entendre que ramener une planche de oui-ja à la maison serait comme emmener Tiger Woods dans une boîte de striptease, écoutez-le. Il n’y a que dans Charmed que les planches de oui-ja ne sont pas dangereuses (et tout le monde sait que Charmed, c’est pas la vraie vie).

4) N’attendez pas le dernier moment (i.e. après que vous vous soyez faits trainer sur 10 mètres par la poigne invisible du démon, après que votre main se soit retrouvée ensanglantée pour avoir tenu un bébé crucifix etc.) pour agir.

Si vous suivez tous ces conseils, être possédé(e) s’avèrera finalement être comme une mauvaise grippe A.

Hip grannies & chocolate chunk cookies

11 janvier 2010

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Pour les broderies de Marjorie c’est par ici.

Les marionnettes de doigts sont en vente (24$) dans la boutique Etsy BabyAnimals.

Mamie Alzheimer dans « Qui a fait encore tomber le Pape ? »

8 janvier 2010

J’aime bien lui rendre visite.

mamie

Like the old times

31 décembre 2009

Je regarde la lueur du jour filtrer à travers mes volets, qui vont bientôt devenir roulants, du genre avec une manivelle et tout le toutim. J’aime bien mes vieux volets imparfaits, au bois gondolé en été, trempé en hiver, avec leur espagnolette couleur blanc écaillé. Ça me rend triste que la proprio veuille les changer.

Je me sens un peu bête sans trop de raison.

Vous savez quand certains souvenirs remontent à la surface alors que vous n’avez rien demandé, rien creusé, que vous n’avez fait aucun effort de concentration ni même tenté de vous rappeler quoique ce soit ? C’est comme ça que ça arrive. J’essaie alors à compter le nombre d’autocollants sur ma valise, de me rappeler quand je courais dans les ronces enfant, du nombre de fois où j’ai retrouvé un billet oublié dans une poche de jean et de faire rejaillir le goût du pop-corn sur ma langue. Mais bon, même avec ça, ça met un certain moment avant de s’estomper, comme les bleus sur les mollets.

Le pire, ce sont les gens qui trouvent toujours un moyen de vous faire sentir bête sans trop de raison, comme si vous aviez besoin d’eux pour ça. Les relations humaines, je les trouve souvent violentes. Mais ça, c’est pas trop le genre de truc que vous pouvez dire à voix haute. Quand vous le faites, il y en a toujours un pour rire de façon sardonique comme si vous étiez né de la dernière pluie.

C’est une histoire de domination et de pouvoir. Ça a toujours été une histoire de domination et de pouvoir. Je vais pas faire tout un foin autour de la question, ni me lancer dans des sermons mystiques. C’est simplement un droit à l’imperfection. Parfois, on se trompe de file, on dit des insanités en les regrettant la minute d’après, on oublie, on fait des paradoxes et des fautes d’orthographes.

Et parfois, on se sent un peu bête parce qu’on l’est.

Bells 1 & 2

23 décembre 2009

Comme c’est bientôt Noël, une fois n’est pas coutume, je vais vous parler de cul.

Vendredi matin, au-dessus de mon bol de céréales, une question me tarauda : pourquoi les sex-tapes existaient ? Pourquoi se filmer en train de baiser ?

Je veux dire, est-ce que vous, ça vous exciterait de vous revoir en train de faire ça ?

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Kim Kardashian Superstar

Non. Et votre mère non plus. Règle de survie #317 : « jamais d’image de soi le pubis à l’air libre ». Ce qui veut dire « ne jamais laisser un individu quelconque prendre une photo de moi dénudée » (§ 1) et « ne jamais faire de sex-tape » (§ 2). Mis à part si vous vous appelez Shauna Sand et que vous voulez en faire un business, ça va de soi. Principe de base : tout finit toujours par ressurgir.

Quand je posai la question en soirée autour d’une ou cinq bières, la première réponse qui fusa derrière les volutes de fumées bleu cigarette fut « pour l’argent ». Les sex-tapes populaires sont l’apanage des célébrités depuis que Pamela Anderson et Tommy Lee se sont fait chiper la VHS de leur lune de miel où on ne les voyait pas vraiment en train de lire Télé 7 jours sur leur yacht (Pamela récidivera avec Bret Michaels, le leader de Poison). L’affaire leur aura rapporté 1.5 million de $, et un pourcentage sur les ventes.

Puis il y aura eu Dustin Diamond, Screech dans Sauvés par le Gong, qui pensait qu’une sex tape donnerait un second souffle à sa carrière. Triste histoire.

Et Paris Hilton, piégée par Rick Salomon qui vendit la vidéo de leurs ébats aussi animés qu’un film de Gus Van Sant à Red Light District. Une sex tape peuplée de moments ennuyeux, de yeux incandescents et de fessées molles :

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Le remake érotique de REC.

Après ça, peu de sex-tapes vraiment connues, mis-à-part celle supposée de Meg White (qui a toujours démenti) et de Kristin Davis (qui aurait eu du mal à démentir au vu des clichés). Si les protagonistes mâles s’en sont servis à leur avantage, les filles ont plutôt été du genre à faire des crises d’angoisse après la diffusion de la sex tape. Alors pourquoi avoir accepté ?

« C’est comme un troisième œil, un acte exhibo sur l’instant » affirme le gars en face de moi.

Mais alors pourquoi ne pas l’effacer après ? Pourquoi la garder ?

« C’est vrai que j’aimerais pas forcément la revoir. Si je le faisais, ce ne serait pas pour me regarder moi, mais pour regarder ma copine«   avoue le copain d’une amie en faisant glisser le papier à cigarettes sous ses doigts.

« J’pense aussi que c’est bien pour s’améliorer. Tu regardes ta performance pour voir ce qu’il faudrait changer, etc.« 

Là, tout le monde applaudit la jolie blonde, parce que personne n’avait pensé à cet argument. Sa frange est tellement bien dessinée qu’on dirait qu’elle ne la coiffe jamais. Comme si elle avait toujours été là.

« Mais bon, je triche. Je dis ça parce que j’ai vu une rediffusion d’un épisode de Friends cet après-midi, et justement ils en parlaient« .

Est-ce que c’est pas un peu fou, que, même des années après, Friends parvienne encore à s’immiscer dans nos sujets de conversations ?

Le post qui ne va pas t’aider à glander demain au bureau

16 décembre 2009

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Barbu, il vient de faire la chorégraphie de Single Ladies (Put A Ring On It) de Beyoncé en pyjama.

Et il ne mange que des pâtes au ketchup. Imaginez s’il prenait du crack.

I know it enough to believe it

14 décembre 2009

Aujourd’hui, voyons à travers le film Jennifer’s Body un cas souvent exploité dans le cinéma fantastique : le passage où le héros / l’héroïne comprend qu’elle a affaire à une créature surnaturelle grâce à un bouquin déniché dans le rayon « paranormal » de n’importe quelle bonne bibliothèque.

Phase n°1 : « Ah voilà j’ai trouvé le livre que je cherchais ! »

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Le personnage principal a compris qu’il était face à un sérieux problème. Un problème autrement plus complexe qu’une simple mauvaise humeur due à des remontées acides ou à un arrêt brutal de la clope. Son intuition lui dit qu’il côtoie quelqu’un ou quelque chose de démoniaque et que ce n’est pas sur Wikipédia qu’il va trouver la solution.

Phase n°2 : « Ah voilà j’ai trouvé le chapitre qui m’intéresse en latin ! »

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Depuis que la petite fille dans l’Exorciste a insulté la mère du prêtre en latin, on sait que le latin est la langue de tous les dangers. C’est pour ça qu’elle persiste à être enseignée au collège et au lycée : parce que les adolescent(e)s sont souvent confrontés à des créatures maléfiques et que sans l’apprentissage de cette langue, ils seraient foutus.

Phase n°3 : Superposition d’illustrations effrayantes et textes police 74

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On superpose des dessins de Belzébuth et d’êtres humains en pleine agonie qui datent de trois ou quatre siècles avec des mots-clés formant des phrases grammaticalement incorrectes. Par exemple les mots « LIMBES HEMOGLOBINE RITUEL MORT SODOMIE » défilent lentement, entraînant alors une certaine angoisse chez le spectateur.

Phase n°4 : « Putain, mais c’est grave la merde là ! »

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Un gros plan sur les yeux écarquillés du personnage principal est indispensable. Notez également le sourcil froncé. Parfois accompagné de la voix off du personnage principal qui murmure ce qu’il est en train de lire. La situation est plus grave que ce que vous imaginiez.

Phase n°5 : Encore un peu de superposition d’images préoccupantes et de passages qui font peur

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Parce qu’on ne s’en lasse jamais. S’en suit un retour sur le personnage principal une poignée d’heures après qui est alors soit (1) en phase « La vie c’est vraiment de la merde, d’abord la taxe d’habitation et maintenant ça » (2) en phase « je ne crains pas les créatures surnaturelles. Je me confronte à elles »

Le processus fut un grand classique de Buffy contre les Vampires dans les premières saisons (les phases 3 et 5 sont même au générique), s’est retrouvé récemment dans Twilight, et peuple un grand nombre de films du genre que je ne saurais citer parce que je suis fatiguée et inculte.

Sinon Godard disait : « pour faire un film, il faut obligatoirement une fille et un pistolet ». Et dans Jennifer’s Body, il n’y a pas de pistolet. Mais quand même, j’ai bien aimé (je soupçonne Godard d’avoir déclaré ça bourré). Disons que c’est un film raté bien (et non l’inverse).