Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

The Canyons : Faux Cils, Néons & Porno

4 août 2013

Je ne dors pas beaucoup depuis le début de l’été. La sueur qui naît derrière les genoux, la voiture à conduire chez le garagiste, le cerveau en légère surchauffe. Ca faisait deux mois que je n’avais pas fini un livre. J’étais tellement préoccupée par le fait de raconter des histoires que je ne lisais plus d’histoires. Bon, hier soir, j’en ai lu une d’une traite (175 pages). Est-ce qu’il vous arrive d’écouter de la musique surchargée en saccharose durant les premières heures de la nuit ? Voilà à quoi ça ressemblait. Ensuite, j’ai regardé le prix des billets d’avion pour le Wyoming. Tous comptaient plus de chiffres que le solde de mon compte en banque.

Je vous raconte ça pour expliquer l’état d’esprit dans lequel je me trouvais ce matin, dans les poussières de neuf heures, lorsque j’ai appuyé sur play.

The Bling Ring ressemblait à un téléfilm de la TNT (j’ai interviewé l’ex-avocat d’Alexis Neiers, une scénariste d’E! Entertainment et la journaliste à l’origine du film de Coppola pour un papier-fleuve de 20 000 signes qui, au passage risque de finir dans les méandres d’un disque dur, donc je SAIS ce qu’il aurait pu être et ce qu’il n’est pas) et Spring Breakers était, à mon avis, une imposture. Pacific Rim était géant. La scène d’ouverture de Pacific Rim m’a donné une érection coronaire. Je pense le voir une seconde fois au cinéma, puis le garder en souvenir à tout jamais.

Je vous dis ça pour donner une idée de mes derniers goûts cinématographiques, au cas où.

Au vu des trailers et des articles parus sur le sujet, The Canyons ne présageait rien de bon. Bon sang, les festivals de Sundance et de SXSW avaient refusé de présenter le film pour ses qualités artistiques déplorables ! Et sur moi, l’amateurisme, combiné au trash facile, me fait l’effet d’un PMS ultra violent. Il fallait se rappeler que Bret Easton Ellis maîtrisait la paranoïa qui gonfle l’asphalte de Los Angeles, que Paul Schrader serait aux commandes du film à petit budget. Quand ce dernier a écrit Shooting Stars, à propos de Lindsay Lohan, je me suis dit : « et bien d’accord, Paul ».

Je comprends les articles parus sur le sujet. Je comprends les organisateurs du festival. Mais je comprends aussi Bret Easton Ellis quand il dit : « Je crois que THE CANYONS est une question d’état d’esprit et de monde, pas d’intrigue. C’est le cas des meilleurs films« . Dans La Rivière du sixième jour, Norman Maclean raconte que, gamin, son institutrice lui répétait qu’une chose ne pouvait pas être « plus que parfaite » et qu’il avait découvert adulte que cette affirmation était fausse. Et ça, c’est quelque chose que je comprends à fond. Au-delà de la perfection se trouve une stratosphère où l’imperfection ne peut que rendre le résultat « plus que parfait ». Je vais tenter de donner des exemples pour faire ma démonstration :

  • La scène mal-cadrée où Ryan est assis dans le bureau de son boss. A un moment, la tête du type est coupée de telle façon que le cadreur a l’air de s’être assoupi.
  • Les légers mouvements de caméra lorsque Tara et Gina déjeunent à la terrasse du restaurant, et qui donnent l’impression d’avoir utilisé des rushs de répétition.
  • Le moment où Tara rattrape la bouteille d’eau, un détail oh-tellement série Z.
  • Le maquillage à la truelle de Lindsay Lohan, que j’aurais pu reproduire un soir d’été après deux gin-tonic.
  • Toutes les fois où la fumée de cigarette de Tara dégouline partout sur l’écran.

Tout ça est contenu dans la stratosphère de la perfection-imperfection dès lors que :

  • James Deen est crédible. 
  • Lindsay Lohan a quelques répliques fabuleuses à propos du cinéma. De manière générale, même si les acteurs sont l’inverse de ceux qu’ils incarnent à l’écran, ils parlent tout le temps d’eux-mêmes.
  • Los Angeles n’est pas sublimée, ce n’est rien d’autre que Los Angeles.
  • Tous les codes du genre néo-noir sont réunis et passés au vernis de l’époque.
  • La B.O. sonne comme l’existence des protagonistes (est-ce que ça fait sens ?).

En d’autres termes, si l’amateurisme me débecte, rien ne me plait plus que le faux amateurisme. Il y a bien quelques défauts de scénario (Christian qui explique à son psy pourquoi il va chez un psy alors qu’il en est sûrement à la 22ème séance). Oh, et Lindsay Lohan qui était alors déformée par je-sais-quelles-injections. Et un micro-détail : Bret Easton Ellis étant fan de The Hills, n’aurait-il pas été plus cool que Ryan ne vienne, non pas du Michigan, mais du Montana comme Heidi Montag ? (Non ? Peut-être que non). Pas grand chose.

Je regrette de ne pas avoir filé un peu de pognon pour la production du film. Parce que je sais qu’un tas de gens vont probablement regretter de l’avoir fait.

Soda Pop

27 juillet 2013

Les 5 meilleures anecdotes apprises ces 27 derniers jours :

  1.  Tori Spelling a une poule qui s’appelle Coco Chanel (La nouvelle vie de Tori Spelling, Chérie 25)
  2.   »Ils m’ont demandé si je connaissais une petite dame avec une perruque blonde et un chihuahua« - La mémé chez qui Amanda Bynes a lancé un feu, interrogée par les policiers (TMZ)
  3. Macauley Culkin vivrait en coloc avec Pete Doherty à Paris (Les Inrocks)
  4.  A la sortie de son séjour en centre de désintox, Lindsay Lohan sera filmée par les caméras d’Oprah Winfrey pour une série-documentaire de 8 épisodes (Vanity Fair)
  5. Rob Kardashian possède toujours sa ligne de chaussettes (Keeping Up With The Kardashians, Saison 8)

Schmack!

18 juillet 2013

SOSIES-VALRAS_SandyProlhac

« Mes chaussures ? Nonante la paire. » – photo par Sandy Prolhac

Je n’avais pas remis les pieds dans une station balnéaire comme celle-ci depuis l’été de mes douze ans. L’existence-même des touristes se dorant la pilule sur les abords de plage avec une glace italienne dégoulinante,  celle des touristes se parfumant au Monoï avant d’aller en boîte – cette simple éventualité m’était sortie de l’esprit. Quand nous sommes arrivées, nous nous sommes assises à la terrasse du Pélican. C’est une terrasse qui se trouve sur les allées principales, entre les magasins de cartes postales et la mer. On y vient pour ses coupes de glaces géantes, de la taille d’un estomac d’adulte. Il y avait ce chanteur qui interprétait des morceaux populaires des années 80. Son pantalon blanc lui moulait dangereusement l’entrejambe, mais peut-être était-ce une technique de professionnel. Le festival international des sosies allait être inauguré ce soir-là à Valras-Plage, et nous étions là pour suivre l’événement durant trois jours.

Je ne connaissais pas Sandy avant de partir avec elle. Je l’avais rencontrée un soir de mars dans un bar à Toulouse. Elle m’avait demandé si je travaillais avec des photographes, et je lui avais répondu que c’était mon rêve ultime de partir en reportage avec un photographe, ou plutôt, disons, que c’était mon rêve ultime que les rédactions aient assez d’argent pour rémunérer les photographes. Elle avait étudié la photographie, n’en faisait pas son métier aujourd’hui mais était prête à m’accompagner un jour pour ne pas rouiller de la rétine et s’exercer un peu. Il faisait mi-doux, ce qui, l’avenir nous le prouvera, était exceptionnel, alors nous avions repris une bière et elle m’avait donné son numéro au cas où. J’apprendrais par la suite qu’elle s’était achetée son matériel photo grâce à un ticket de jeu à gratter.

C’était donc la première fois que je faisais un reportage avec quelqu’un. Je n’ai jamais fait que des reportages seules, le long des départementales en Opel Corsa, avec de la musique country à fond les ballons. Et ça m’allait très bien comme ça. J’angoissais à l’idée de partager cette intimité avec une autre personne et désormais j’angoisse à l’idée de devoir le refaire toute seule. Bosser avec un(e) photographe, c’est super. Bosser avec Sandy comme photographe, c’est super fois mille, voilà tout.

Le premier soir, il a fallu attendre que l’alcool se dissipe dans les organismes pour que les langues des sosies se délient un peu. Bernard Gline, le sosie d’Elton John me dira plus tard qu’ils étaient toujours méfiants, rapport aux journalistes.  Hervé Treilhes, l’organisateur du festival, était tout de suite très content parce que « grâce la page pute de Brain, ils [avaient] eu 2500 visiteurs uniques en une journée sur leur site web,  jusqu’à 14 visiteurs en même temps« . J’aimais bien discuter avec Hervé. Il avait un timbre de voix qui vous met tout de suite à l’aise.

Dans la première version de mon histoire, j’avais écrit ça :

« Mais quelqu’un manque à l’appel. Avec le procès du sosie de Gainsbourg qui se joue en ce moment aux assises d’Epinal, TF1 devrait être des nôtres. Hervé fait contre mauvaise fortune bon cœur, car la chaîne vient de lui faire un sale coup : après avoir réclamé l’exclusivité des images du festival pour un reportage, elle s’est désistée à la dernière minute. M6 souhaitait filmer aussi l’événement, probablement danser la lambada avec nous et procéder à quelques interviews de Maurane et Whoopi Goldberg sur place. Parce que le monopole de TF1 signifiait qu’elles ne seraient pas interviewées par M6, ces dernières ont préféré décommander leur venue.« 

Il y a autre chose qui aurait du être évoqué : le rapport des sosies avec la star qu’ils incarnent. Si vous ne connaissez les sosies que par le prisme des médias, vous pourrez être tentés de croire qu’il s’agit de pauvres types en mal d’affection. Ma théorie, c’est que dans 78% des cas, quand les gens disent que le sosie de X ne ressemble PAS DU TOUT à X, c’est surtout une façon de dire : « redescend sur terre, mon vieux ». Bien entendu, il y a des sosies à côté de la plaque. Il existe aussi des stars à côté de la plaque. Est-ce que Benjamin Biolay imagine un instant être moins bobo que Benabar ? L’image que l’on pense renvoyer aux autres est une donnée à géométrie variable, de toute façon.

Les sosies ne sont pas tous fans de la star. Ils ont fait de leurs traits physiques communs une distraction – au minimum – ou un fonds de commerce – au maximum. Mais en général, ils disposent d’autres affinités naturelles avec leur double célèbre : David Bastien, le sosie de Patrick Sebastien, aime faire tourner les serviettes et l’humour graveleux. Frédéric Biron, le sosie de James Dean, est plutôt du genre taiseux. Et Pascal Carreras, le sosie de George Clooney, peut séduire une échalote. Il y a souvent une bonne raison pour qu’ils aient forcé la ressemblance avec la star : ils s’en sentaient capables. S’il ne s’agissait que de jouer les statues de cire, il y aurait plus de sosies d’Hitler.

De la même façon, les contrastes sont fascinants : Bernard Gline m’a raconté avoir eu beaucoup de mal, lorsqu’il est devenu sosie d’Elton John à 50 ans, à gérer les avances des hommes ; et Sébastien Lenglos, le sosie de Mickaël Vendetta était l’un des participants les plus spontanés et chouettes du festival.

Quand certains sosies convoitent un peu trop le statut de la star, ça se voit de suite. Ils basculent dans le mimétisme vulgaire, ne tombent jamais le masque, et les interviewer devient super pénible. Leur trouble de la personnalité vous donne l’impression d’être un sosie de journaliste. Heureusement qu’à côté de ça, il y avait des types comme Jean-Jacques Ribaudeau, le sosie de Renaud, pour donner le change. Des mecs qui se laissaient photographier en train de mettre du fond de teint et qui avaient bien réfléchi à la question, à ce que tout ça signifiait pour eux.

Pour ça que le dernier soir, au moment de se quitter, on faisait pas les fiers.
C’était comme quitter des copains de colo qui, une fois le bronzage passé, commenceraient à vous oublier.

There’s always money in the banana stand

20 juin 2013

Paul Winer

 

Ce qui est arrivé à Quartzsite, AZ ressemble à une de ces publicités stupides de l’Eglise de Scientologie : « Ca commence par un petit joint et ça finit par semi-tâter une fesse brûlée par le soleil. Nous pouvons vous aider ».

Sauf que ça ne commence pas comme ça.

Un soir de juillet, je lis dans mon salon un article du Los Angeles Times, repris et traduit dans le Courrier International, sur une petite ville dans le désert où se retrouvent tous les retraités aux artères frileuses des Etats-Unis. Vers la fin du papier, il y fait mention de Paul Winer, un libraire nudiste qui joue du piano. Comme j’éprouve un amour inconditionnel pour les gentils freaks et autres zozos barrés, je me note l’adresse dans un carnet en me disant : « un jour, j’irai rencontrer ce type ».

Deux ans jour pour jour après la publication de cet article, je me trouvais devant lui.

Qui aurait cru que je mangerais l’une des meilleures pizzas de ma vie dans un bouge de l’Arizona ? Je décide de manger un bout avec Xavier, parce que si j’ai faim après, j’aurai du mal à me concentrer. L’endroit, sans fenêtre, – pour garder la fraîcheur de l’ombre – ressemble au Titty Twister sous Xanax. Le bar se remplit progressivement de bikers et de vieux pépés, mais les corbaks sont priés de rester à la porte, à côté des panneaux aux couleurs pastels « RV PARK » qui semblent avoir poussé toujours plus haut au fil du temps. Cela fait un mois que j’ai appelé Paul Winer au téléphone pour savoir si je pouvais l’interviewer et ma seule angoisse est qu’il ait oublié ma venue. Depuis que je suis arrivée ici, il ne se passe pas une nuit sans que je ne regarde où en est le procès de Jodi Arias avant de m’endormir, il est possible que cela me rende parano.

Quand j’arrive, il est en train de faire le tri dans ses cartons « LIVRES GRATUITS ». Dès le départ je remarque qu’il a ce tic, se gratter la fesse toutes les douze minutes, et ça me plait bien (probablement parce que je m’identifie). Un camping-car s’arrête, dernier stop avant que ses propriétaires ne reprennent la tangente vers leur ville d’origine car c’est déjà la basse saison : bientôt il fera près de 45°c dans le sud de l’état.

« Bonjour je suis Elise, vous savez je vous ai appelé il y a un mois…
- Ah oui, tu es la journaliste de New-York.
- Non je…
- Arfff, or whatever you come from . »

(C’était dit sans agacement ni aigreur aucune mais en réalité, Paul voulait juste me faire une blagounette. Une heure après il lâcha dans la conversation qu’il avait absolument dû s’absenter la semaine précédente et qu’il avait pensé à moi et espéré ne pas s’être trompé dans les dates.)

La veille, en rentrant d’un roadhouse paumé dans le désert de Pionnertown, j’avais croisé un coyote sur le bord de la route sous un ciel plus chargé d’étoiles que je ne verrai dans ma vie. Par les couilles de Satan ! Elles frôlaient l’horizon. C’était l’une des meilleures choses du coin avec :

  • L’absence d’immeubles. Les maisons, les bars et magasins du désert de l’Arizona ne dépassent pas les 5 mètres de hauteur, très peu disposent d’un étage. Ce qui donne une apaisante sensation d’ouverture sur l’espace.
  • Les informations diffusées à la radio qui parlent du gros poisson pêché par un quidam de la région, poids et mensurations à la clé. C’est dire à quel point la vie y semble paisible.
  • Les stylos de motel, qui sont non seulement GRATUITS mais aussi d’excellente qualité.
  • Chaque 6.00 p.m. – 7.00 p.m. en territoire navajo – parce que la lumière du jour y est parfaite (pas seulement parce que c’est l’heure de l’apéro donc).
  • Les colibris qui surgissent parfois devant le pare-brise aux feux rouges.
  • Et désormais, les pizzas de Quartzsite.

La blagounette de Paul est donc passée inaperçue dans le flot de bonnes humeurs.

A l’intérieur de Reader’s Oasis Books, on aperçoit la photo d’une petite fille de sept ans avec une nuque longue. Au départ, ce n’est pas très étonnant pour deux raisons : (1) Paul a accroché un tas de photos de ses amis, sa famille… et le plus choquant est de voir des clichés de lui habillé (2) toute la ville vit grâce au soleil et aux souvenirs encadrés. Puis on croise à nouveau le regard de cette gamine et il est évident qu’il s’agit de sa fille, décédée des suites d’une infection pulmonaire. A la journaliste du LA Times, il dira s’être installé ici le jour où Celia lui a demandé « qu’est-ce qu’un ‘voisinage’ ? » (il tournait sans cesse en tant que chanteur de blues – boogie woogie à l’époque) et être resté ici parce qu’on s’y souvenait d’elle. Ce qui montre quel genre de personne est Paul Winer. Un chic type.

« Vous, vous avez pu écouter du rock’n'roll comme vous vouliez, autant que vous vouliez. Le rock, ça a changé les gens et la façon dont ils voient les autres. Votre génération va profiter de ça. C’est tout ce qui compte pour moi, pour mon second disque, faire des chansons qui tirent les gens vers le haut. »

C’est l’une des phrases que je n’ai pas pu caser dans mon reportage pour Brain Magazine. Ca, et son livre préféré : Tortilla Flat, de John Steinbeck (1935).

A la fin de ma visite, j’achète un marque-page, un fascicule sur les villes fantômes et ce bouquin : « Dwarf rapes nun, flees in UFO » (Un nain viole une nonne, s’enfuit en OVNI). Rick, son collègue, plaisante sur le fait « qu’en mettant ce livre en rayon, on se disait qu’on ne trouverait jamais personne pour l’acheter« . Mais c’est un livre sur le journalisme, alors c’est un peu pour le boulot (note pour plus tard : poser la question de mes notes de frais à ma comptable). En lui tendant mon billet de 10 dollars, Paul réplique : « Oh non, donne ça à Rick. Moi tu sais, moins je touche l’argent, mieux je me porte« .

Depuis les rêves dans le désert ne cessent de me hanter. Je rêve que mes santiags prennent le sable et que j’essaye des bracelets indiens dans les stations-essences de l’Arizona et que j’envoie paître les fourmis-bûcherons d’une pichenette. C’est un endroit qui prend possession de vous.

Et je crains le moment où ça va s’arrêter.

workin’ at the car wash blues

31 mai 2013

Parfois, quand la vie me sourit un peu trop, je me dis qu’elle se fout de ma tronche (« Quoi, j’ai quelque chose entre les dents, c’est ça ? »), comme celui qui a peur de prendre une blague au premier degré.

the heart of mine

28 mai 2013

Les trois meilleures anecdotes apprises ces 27 derniers jours :

  1. Freddie Mercury a stoppé net sa collaboration avec Michael Jackson parce que ce dernier se pointait toujours avec son lama au studio d’enregistrement (« Freddie Mercury, The Great Pretender« , sur Arte).
  2. Kimberly Stewart s’est fait faire un tatouage sur la hanche, « Daddy’s Little Girl », au début des années 2000. Au cours de la décennie, elle l’y a apporté deux-trois modifications : le tatouage est d’abord devenu « Daddy’s Little Girl Loves Cisco » ; quelques temps plus tard « Daddy’s Little Girl Loves Disco », puis « Daddy’s Little Girl Loves Discounts ».
  3. Ke$ha a fait monter sa mère sur scène lors de sa dernière date de tournée à Phoenix, AZ. Sa mère portait alors un costume de bite. (« My Crazy Beautiful Life« , diffusé en ce moment sur MTV).

Party in the U.S.A.

1 mai 2013

Je reçois régulièrement des mails me demandant des conseils sur les Etats-Unis. Je n’y réponds que rarement pour deux raisons : (1) j’oublie de répondre à mes mails (2) la question est bien trop large pour pouvoir y répondre en quelques lignes. Vous devez garder en mémoire que je suis loin d’être spécialiste (vraiment !) et que mon avis là-dessus est bien entendu subjectif. Tout ce qui va suivre est ce qui fonctionne pour moi. Je ne critique absolument pas ceux qui décident de partir en voyage organisé si c’est ce qui leur correspond le mieux. BIEN.

La première chose que vous devez vous demander c’est : qu’est-ce que j’attends des Etats-Unis ? (ce que l’on doit se demander qu’importe le lieu où l’on décide de se rendre, finalement). Imaginez que vous êtes le héros de cette histoire.

« Qu’est-ce que j’attends des Etats-Unis ? »
Vous avez été bercé par la littérature : rendez-vous à la page 11 ; par les films et séries américaines à la page 157 ; par la musique à la page 64 ; par rien de tout ça à la page 2.

Page 2.
Vous êtes prêts à prendre ce qu’il y a à prendre, sans connaître de destination précise. Un bon moyen pour trouver des idées : feuilletez Flickr ou téléportez-vous grâce à Globe Genie (marche pour tous les continents). Personnellement, j’aime bien m’inspirer aussi des annonces Airbnb. Il y a néanmoins deux éléments qui peuvent vous décider : le temps et le budget que vous avez à disposition. Vous avez un budget relativement serré ou maximum 10 jours de vacances devant vous ? Allez directement à la page 78. Vous avez un temps supérieur à 10 jours ? Rendez-vous à la page 201.

Page 11.
C’est par-là que j’ai commencé. Chaque auteur américain à son coin de prédilection : Paul Auster, J.D. Salinger et Bret Easton Ellis sont branchés côté est, John Fante et Charles Bukowski côte ouest ; Mark Twain, William Faulkner, Harper Lee ou encore Flannery O’Connor racontent le sud des Etats-Unis, Jim Harrison et Annie Proulx les états du nord, etc. C’est important à déterminer si vous souhaitez replonger dans l’ambiance particulière de telle ou telle littérature. Si Sur la route de Jack Kerouac est votre livre de prédilection, reculez directement jusqu’à la page 2.

Page 27.
Vous avez une crème solaire indice 100 et un bob ? Tout le monde a sa gourde ? La seule solution pour ne pas souffrir du soleil de plomb dans le désert l’été est : dirigez-vous vers le nord de l’Arizona. Faites un tour du côté de Sedona, Jerome, et du Grand Canyon. En bonus, et parce qu’il vous restera du temps, vous pourrez rouler jusqu’en Utah où l’air y sera plus frais et en profiter pour découvrir les paysages montagneux. Attention : quelques secrets du coin demandent un peu d’organisation.

Page 45.
Il se peut que vous vouliez parcourir les routes du pays mais que vous ne pouvez / souhaitez pas y prendre le volant. Bien sûr, vous serez moins libre de vos mouvements mais vous aurez aussi plus de chances de rencontrer des Américains – qui ne rechignent jamais à engager une petite conversation. C’est ce que les Etats-Unis ont de meilleur : les habitants. Il existe de nombreux trajets mythiques, comme le Coast Starlight qui glisse le long de la côte pacifique, de Seattle à Los Angeles. Vous pouvez aussi emprunter les fameux bus Greyhound, moins cher.

Bon à savoir : prendre un billet aller Paris-Seattle et un retour San Francisco-Paris (par exemple) ne vous coûtera pas forcément plus cher qu’un A/R Paris-SF. Donc si vous avez l’intention de vadrouiller en train ou bus, n’hésitez pas à prendre cette option en compte pour éviter de repasser par le même endroit. Si vous n’avez pas beaucoup de temps devant vous, allez à la page 78.

Page 64.
Selon que vous adoriez le hip-hop, le post-rock ou la pop 60′s, vous n’aurez pas envie de baigner dans la même atmosphère. Cet élément est d’autant plus à prendre en compte si vous souhaitez vous lancer dans un road-trip : la radio est un bon indicateur de la région où vous vous trouvez. La musique est radicalement différente selon que l’on se trouve à Jackson, MS ou Buffalo, NY. Si par exemple vous êtes allergiques à la country, quel intérêt vous auriez à visiter Nashville, TN (mis-à-part la nourriture qui y est grasse et délicieuse) ? Si vous étiez fans de grunge au début des années 90, est-ce que ça ne vaudrait pas la peine de découvrir dans quelles conditions les groupes phares de cette époque ont émergé ? Si vous écoutez tout le temps du jazz et/ou du blues, ne voudriez-vous pas vous plonger dans la nuit de la Nouvelle-Orléans ? Ce critère ne m’a jamais influencé, mais il se peut qu’il soit crucial pour vous.

Point 78.
Pour goûter aux Etats-Unis, je dirais qu’il vaut peut-être mieux commencer par une ville. New-York est loin de représenter les U.S.A., mais c’est un bon point de départ et un bon compromis : vous pouvez trouver des billets pas chers sur Skyscanner ou Kayak (généralement aux alentours d’avril et octobre, où le temps est parfait), trouver facilement une chambre via Airbnb ou un canap’ sur Couchsurfing. Si vous avez quelques kopecks supplémentaires et que vous êtes plus attirés par la côte ouest, San Francisco est évidemment une ville à tenter. Mais il se peut que vous ayez déjà fait ces villes et il se peut que vous vouliez découvrir la « vraie » Amérique. Il se peut aussi que ces villes soient trop chères pour vous. Enfin, il se peut que vous soyez confronté à ce dilemme : dans quelle ville puis-je me rendre sans qu’on devine à mon accent que je suis français ? Si tel est votre cas, rendez-vous à la page 130.

Page 99.
C’est LA grande question – surtout si vous parlez anglais : que faire d’un peu original ? où dénicher le bon coin non-mentionné par le Guide du Routard ? Plusieurs moyens :

  • Le plus efficace, Yelp. Vous cherchez la meilleure pizza du coin ? Yelp. Vous voulez savoir quelle est la meilleure balade à faire à côté ? Yelp. Quel salon de manucure est encore ouvert ? Yelp. Quel café avec Wi-FI gratos ? Vous avez compris. Les avis sont détaillés et super fiables. Variante : Tripadvisor.
  • Le fameux Not for tourists, le guide des villes principales (pas mon préféré, mais vous pouvez avoir plus de chance que moi).
  • Mon truc, c’est de chercher les journaux locaux : ils ont tous un agenda des évènements et activités à venir. Cela fonctionne aussi bien pour les mégapoles (le NY Times, le LA Times) que pour les petites villes. Vous pouvez chercher « ville + upcoming events » ou « ville + calendar » pour avoir une idée des choses à faire.
  • Mon deuxième truc, pour découvrir des évènements un peu moins mainstream (comme cette course de boîtes à savons dans une rue excentrée de San Francisco), c’est de regarder les subreddits de la ville ou de l’état, riches en information (exemple : le subreddit de l’Ohio). Il s’agit souvent d’évènements gratuits ou pas chers créés pour le simple plaisir de les faire exister (car les Américains sont très forts en « just » : just for funjust because). Mieux : vous pouvez demander directement aux locaux ce qu’ils conseillent de faire. Variante : Craigslist section « gigs ».
  • De nombreux flyers sont exposés dans les laveries : concerts, spectacles d’impro, expositions…
  • Les librairies regorgent souvent de livres SUR la région (chemins de randonnée, histoire locale, maisons hantées), donc c’est peut-être quelque chose qui peut vous intéresser.

Mais il n’est pas improbable que quelqu’un du coin vous adresse spontanément la parole dans la rue pour vous mettre au courant. C’est comme ça qu’à Portland, j’avais appris le jour d’Halloween qu’une visite guidée gratuite du cimetière débutait dans une heure (et où une dame bourrée n’arrêtait pas de dire « AMEN » à chaque fin d’intervention du guide, mais ça c’est une autre histoire).

Page 130.
En dehors de NYC et San Francisco, tout ce que vous pouvez imaginer sur les villes américaines n’a souvent rien à voir avec la réalité. Memphis, TN, n’est pas plus grand qu’Amiens, de même qu’un tas d’agglomérations qui ont grossi dans notre imaginaire de par leur légende. Los Angeles ne se fait PAS à pinces, oubliez tout de suite si vous n’avez pas le permis. Las Vegas, NV ne nécessite pas plus de deux nuits (grand max), et une visite hors du strip peut vous donner un avant-goût de ce que nous aimons à appeler « l’Amérique profonde ». Chicago, IL ne se fait pas vraiment en hiver, mais il parait que l’été y est génial et Detroit semble avoir un environnement très « industries fantômes » qui peut vous convenir (je n’y suis jamais allée). Atlanta, GA, n’a pas grand chose à proposer aux voyageurs, il s’agit plus d’une ville-étape. Seattle est magnifique à l’automne et visiter les alentours y est facile.

Si une fois là-bas, vous voulez éviter au maximum les coins touristiques et découvrir les endroits prisés par les locaux, rendez-vous en page 99. Vous cherchez une ville encore plus petite ? Tournez la page.

Page 131.
Mon conseil, si vous n’avez pas de caisse et que vous souhaitez visiter une petite ville pendant une semaine ou plus, c’est d’y aller avec un projet précis. Une fois fait le tour du musée du hot-dog et vu la statue de Pépé le putois qui fait la fierté de la municipalité, vous n’aurez que l’alcool pour vous occuper si vous êtes seul. Portland, OR a pas mal d’activités zinzins tout au long de l’année et un très bon réseau de transports en commun. En prime, je peux vous garantir que personne ne saura que vous êtes français si vous ne portez pas un béret et une baguette sous le bras (rappelons cette anecdote où un jour, dans le bus, une vieille dame nous avait demandé, à Pénélope et moi, si nous étions soeurs parce que « nous parlions la même langue ». Parce que oui, nous sommes tous frères et soeurs en France Madame.). Au mieux, on pensera que vous venez du Québec. Dans le style « localité bouillonnante » (à condition, encore une fois, de s’y poser pour faire autre chose que visiter) vous pouvez lorgner du côté des communes en « A » :Austin au Texas, Asheville en Caroline du Nord ou Albuquerque au Nouveau-Mexique. Je ne les ai pas toutes faites, alors voici un bon indice (selon mes critères) pour vérifier : « est-ce que cette ville possède un ciné où l’on peut boire de la bière ? ». Si oui, alors les chances de vous trouver dans un chouette endroit augmente de 50%. San Diego, CA est super cool (architecture néo-mauresque, joli zoo… et c’est une ville étudiante). Prescott, AZ et Charleston, SC sont très agréables au quotidien (super bonne nourriture, rues proprettes, environs épatants pour faire des randonnées). Que faire une fois sur place ? Trouvez la page 99.

Page 157.
Il se peut que vous ayez une image précise des Etats-Unis : des traversées à la My Own Private Idaho, des histoires lambda avec Dustin Hoffman, des plongées dans le good old weird America à la Denis Hopper. Si un Américain vous demandait quelle région il devait absolument visiter en France, vous lui poseriez cette question : quelle image as-tu de notre pays ? Selon qu’il vous parle du Moulin Rouge ou de Brigitte Bardot, vous ne l’enverrez pas au même endroit. « Est-ce que tu es plutôt crêpes ou foie gras ? » serait aussi une donnée à prendre en compte. Ah ! vous venez de changer d’avis et de vous apercevoir que seul un tour gastronomique vous fait envie ? La page 189 vous attend.

Pour ceux qui ne mangent pas, je poursuis : le Pacific North West et le Tennessee ont à peu près autant en commun que Lille et Bonifacio. Essayez donc de vous remémorer vos films américains préférés et pourquoi, visuellement, vous les avez tant aimés. Si vous êtes plutôt attirés par l’esthétique industrielle, allez en arrière, page 78. Si vous rêvez de paysages lointains, rendez-vous à la page 201.

Page 189.
J’ai très rarement été déçue par les plats proposés aux Etats-Unis, mais qui déteste les cheeseburgers dégoulinants ? Personne. Les régions ont plus ou moins leur spécialité, mais cela se ressent particulièrement dans le sud des Etats-Unis où on peut y déguster, entre autres, des biscuits avec de la sauce, de la purée maison et des épis de maïs. A ce propos, il existe autant de hamburgers différents qu’il n’y a de restaurants : vous pouvez acheter des burgers de chaîne très corrects ou découvrir la version « chic » avec roquettes et oignons caramélisés. Idem pour les pancakes. Attention : hors grandes villes, de nombreux coins (surtout en basse / moyenne saison) ferment à 21h. Pour savoir où trouver la gastronomie qui vous convient, retournez en page 99, puis en page 2.

Point 201.
La location de voiture est relativement abordable aux Etats-Unis, de même que l’essence – même si les prix ont pas mal augmenté depuis quelques années. Je passe toujours par Alamo (en moyenne 300 euros pour une douzaine de jours). Aujourd’hui, selon l’endroit où vous vous trouvez, le gallon (environ 4 litres) coûte entre 3 et 4 dollars. Si vous louez votre bagnole dans une ville X, la déposer dans une ville Y vous reviendra 2 à 3 fois plus cher que si vous faites une boucle et que vous la déposez au point de départ. Là encore tout dépend de votre budget. Vous n’avez pas le permis ? Trouvez la page 45.

Pour les autres : la règle n°1 du road-trip est d’éviter au maximum les autoroutes. Êtes-vous prêts pour ça ? Si oui et que vous êtes adeptes du désert, allez en page 218. Si vous souhaitez voir du vert à foison, sautez plusieurs pages et allez à la fin, page 250.

Page 218.
Alors comme ça, vous voulez des routes à perte de vue au milieu du désert, agrémentées de quelques bonnes grosses tumbleweed ? Le sud-est de la Californie (Yucca Valley / Joshua Tree) et/ou l’Arizona : je ne saurais rien conseiller de mieux. J’ai arrêté de penser au Texas le jour où l’on m’a dit que les paysages y étaient grisâtres. L’Arkansas n’est pas terrible. Et vous ne voulez pas d’un désert aussi plat et chiant que la ceinture abdominale de Ryan Gosling. Vous voulez du cactus, de la terre rouge et des stations-essences abandonnées. A noter que si vous choisissez le désert de l’Arizona, tout y est moins cher l’été et pour cause : il y fait une chaleur à crever. Vous ne pouvez partir qu’en été et vous voulez voir du désert quand même ? J’aime votre style. Allez en page 27.

Page 250.
Vous êtes plutôt attirés par les lacs, la campagne et les couleurs hypnotiques ? Bon sang, vous avez l’embarras du choix ! La Nouvelle-Angleterre en octobre ? OUI. L’Oregon et l’état de Washington ? CARREMENT. Le Colorado ? OUAAAIS. Les parcs nationaux de l’Utah ? HELL YEAH. Le Kentucky et le Tennessee peuvent également réserver de bonnes surprises. Mais il y a un endroit où je ne suis encore jamais allée et où, je suis sûre, je voudrais enfouir tous mes secrets : le parc Yellowstone, entre l’Idaho, le Wyoming et le Montana. J’ai hâte d’essayer ça un jour. Allez-y et si vous le pouvez, racontez-moi.

We didn’t talk about that during the pre-interview

25 avril 2013

L’Arizona et l’Utah en 3942 kms, du lever au coucher du soleil.

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