Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

What I did on my summer vacation

2 août 2010

Hell is empty and all the devils are here

26 juillet 2010

Ces derniers temps, j’ai eu pas mal l’occasion de cogiter. C’est plus dur le soir, parce que c’est le moment où je réalise que je vais devoir me coucher seule, et où je tourne en rond comme un chien qui attend sa pitance. Je tente de combler le manque par l’alcool, la cigarette et la crème glacée mais honnêtement, si la situation durait un mois de plus, je virerais comme Lindsay Lohan. Et vous saviez qu’il existait des tumblr consacrés aux filles qui font du longboard ? Y’a pas à dire, certains ont le sens du vice.

Et donc, pendant que mes disques de Death Cab For Cutie & Brand New tournent en boucle sur la machine, je peux cogiter peinarde. C’est comme ça que j’en suis arrivée aux conclusions suivantes :

RÉFLEXION N°1 : LA GENTILLESSE EST UNE QUALITÉ SOUS-ESTIMÉE.

J’aime profondément les gens gentils. Le problème, c’est que ces bougres d’ânes sont pas loin de se vexer comme si vous veniez d’insulter leur mère quand vous osez leur dire. Ils doivent penser qu’on les prend pour les idiots du village. Et bon sang, il ne s’agit pas de gentillesse par défaut : c’est compliqué de faire le choix d’être gentil. La plupart des gens s’en foutent. Et d’autres préfèrent avoir de la bile entre les dents, mais ça c’est un autre sujet.

RÉFLEXION N°2 : DE L’ÉLITISME DE L’AMITIÉ

La question, ce n’est pas « pourrais-je être amie avec cette personne que je viens de rencontrer il y a approximativement deux minutes et cinquante-sept secondes ? ». Parce que ce genre de chose est possible. Certains ont dans l’idée que l’amitié se détermine en fonction du nombre d’années. En ce qui me concerne, cet outil de référence peut fausser la donne. C’est comme ça qu’on se retrouve à  inviter, à son propre mariage, Pierre-Henri Dudu et l’ensemble de son arbre généalogique. C’est souvent une question d’instinct, presque physique. Mais faut pas sortir de l’ENA pour comprendre que l’alchimie repose sur l’humour, des goûts similaires et cette capacité à parler de tout et de rien. La complicité peut bien mettre le temps qu’elle veut pour s’installer, ça n’a pas d’importance. En revanche votre potentiel de mauvaise foi peut sacrément augmenter après ça (car même s’ils ont merdé, on a tous pour sale habitude de défendre nos amis contre le reste du monde).

RÉFLEXION N°3 : SI VOUS N’AVEZ PAS UNE TÊTE DE CUL SUR VOTRE PERMIS DE CONDUIRE C’EST QUE VOUS NE LE MÉRITEZ PAS .

C’est tout.

Volvo Driving Soccer Mom

23 juillet 2010

Quand les heures nostalgiques débarquent, vers minuit, une heure du matin, que la lampe du bureau éclaire la poussière de la journée (ou disons, des cinq dernières semaines) et que les bruits de la ville se faufilent à travers les persiennes, je me demande où je serais aujourd’hui si je n’avais jamais lu Pierre Gripari. Ou si j’avais commencé la batterie. Et si j’avais déjà donné un coup de poing dans le nez de quelqu’un, qu’est-ce qui aurait changé ?  Les cuites, les magazines qu’on se prête, les conversations en voiture, les quelques minutes de retard, qu’est-ce qui compte vraiment ? A quel point les micro-évènements sont-ils censés nous influencer ?

Mais le plus incroyable de tout ça, c’est que j’en suis à ma 101e gorgée de verveine.

Le festival country de Mirande ou la revanche du kitsch

18 juillet 2010

Une chaleur écrasante comme la culpabilité d’un huissier sévissait dans la région depuis déjà vingt-quatre heures. « Il fait un froid à vous glacer les os et un vent à vous rendre fou dans le Gers. Et ça, c’est si vous avez de la chance. Parce que vous pourriez bien vous retrouver aussi sous les trombes d’eau.« , nous avait-on prévenus.

Si on écoutait tous les pessimistes météorologiques de ce monde, notre garde-robe ressemblerait à celle d’un nostalgique de l’ex-RDA.

En sortant de la nationale 21 au sud d’Auch, après les champs de tournesols qui jalonnent la route, il suffit de suivre les Harley Davidson pour se rendre à Mirande. Ce village de 4000 habitants paumé derrière les collines gersoises accueille tous les ans 170 000 visiteurs durant quelques jours au mois de juillet. De quoi renflouer les caisses des hôtels de la commune. Le festival country, dont le site internet aurait provoqué l’admiration des meilleurs webmasters de 1996, reçoit aussi des stars de l’Ouest : Patrick Duffy & Larry Hagman de la série télé Dallas, John Schneider – héros de Shérif Fais Moi Peur ! – et cette année Alison Arngrim, alias Nelly Oleson dans La Petite Maison Dans La Prairie. Selon les organisateurs, c’est le plus gros festival du genre en Europe.

Et bon sang, c’est comme si le bluegrass était né ici.

A onze heures du matin, on ne voit guère que les retraités du coin qui sortent leur chien et de la ventrèche qui se prépare dans les poêles à frire. La place du village est investie par les vendeurs de tee-shirts « tête de loup qui renifle le cul d’une licorne sous l’œil avisé d’un Apache » et autres jupes en cuir ras-l’entrejambe. Il y a aussi des dreamcatchers de la taille des Pyrénées. Ma conscience professionnelle me pousse à acheter un bandana et un pistolet pour enfant à un type dont le mullet descend jusqu’en bas des reins. Pour le vrai souvenir, le photographe local propose des portraits à quinze euros avec rifle, Stenson, et bannière étoilée.  Quinze euros, c’est le prix d’un hamburger et d’une Budweiser au « restaurant préféré de Billy Curtis » situé sous une tente près de la scène. C’est un peu cher pour le service, mais le hot-dog est à quatre euros si vous ne demandez pas ce qu’il y a dedans.

A mi-chemin, un vieux bougre nous dépasse, et sur le dossier de sa chaise roulante on peut lire : « A LA RECHERCHE D’UNE FEMME PRÊTE A PARTAGER LA PASSION DU COWBOY ET DE LA COUNTRY MAIS AUSSI LES MOMENTS LES PLUS DURS (MALADIE DES OS DE VERRE : 520 FRACTURES ET 260 OPÉRATIONS) ». Il est plutôt pas mal, la quarantaine, et reluque les pépés en santiags. Derrière moi un mec aux cheveux teints (couleur 550 Acajou) crache un glaviot comme s’il était seul sur sa barque. La fête peut commencer.

La plupart des cowboys ne se provoquent pas en duel, mais se contentent d’une biture bon marché en attendant la compétition de western dance. Des consignes sont données à travers la sono pourrie : ne pas se lever pendant une danse, cocher « oui » ou « non » en face du numéro des équipes participantes... Torse nu sous son veston en cuir, un spectateur s’avance en faisant claquer les éperons de sa botte contre le sol. Ça doit faire une paye qu’il doit carburer à la Heineken, on entendrait presque son foie implorer clémence. Un voisin demande si son cheval est mort. Une femme obèse et rougeaude me somme de me pousser parce que je lui bouche la vue, puis décide de quitter les lieux soixante-dix secondes plus tard. Des gamins en slip retirent leurs santiags avant de monter sur les trampolines.

Vous n’imaginez pas le nombre de clubs de western dance qui se sont créés ces dernières années. Ce truc-là finira par enterrer la danse classique. « Swinging Doors », « Days Go By », « On A Good Night »… Le nom des équipes sont comme des traductions de titres de Dick Rivers. On n’attend pas le résultat, de toute façon tout le monde est gagnant dans ce genre de compétition. Une fois l’animation terminée, des churros brûlants aident à patienter avant le défilé des motos et voitures US. Un groupe reprend tous les standards du rockabilly et le programme indique que le lendemain se tiendra un concours de bûcherons. De quoi vous faire regretter de ne pas dormir au camping ce soir.

Il nous reste en poche une poignée de dollars mirandais, monnaie parallèle à l’effigie de l’invité Hughes Aufray qui s’échangent à l’entrée contre des euros. Et tandis que des femmes en chemises vichy dansent sur l’herbe brûlée, et que Johnny Hallyday est en train de se dorer la pilule à Los Angeles, le groupe entonne Folsom Prison Blues en levant le poing : « Pour Johnny Cash, d’où qu’il nous entende aujourd’hui« .

Je suppose que pas mal de gens diront qu’ils ont survécu au Festival Country de Mirande. Mais pour la plupart, c’est un style de vie, un état d’esprit qui fait basculer la Gascogne dans le vortex du Kentucky le temps d’une semaine.

Honey, you pop that gum one more time

6 juillet 2010

Avant que vous ne partiez tous en vacances et que vous ne désertiez Internet, j’aimerais que nous nous rappelions ensemble pourquoi nous passons autant de temps devant notre écran. Compilation de ce qui se fait de mieux sur le Grand Web depuis une semaine :

DONC

ET SURTOUT (mais vous l’avez peut-être déjà vue)

ET PUIS AUSSI

ET L’APOTHÉOSE, OU LA MOUSTACHE DE BILL MURRAY

(J’aime tellement Bill Murray)

I’m too old for this shit

30 juin 2010

LES GENS !
Futurama a repris mais tout n’est gagné pour autant.

Mes instants préférés de la fin du mois de juin :

PETIT UN : Le petit-déjeuner – des tartines beurrées, du thé vert et des framboises – en slip, tee-shirt délavé & pieds nus
PETIT DEUX : La sieste avec les volets presque fermés, et l’oreiller vierge de toute bave au réveil (vous savez très bien de quoi je veux parler)
PETIT TROIS : Les concerts en plein air
PETIT QUATRE : Retomber sur un carnet acheté 7 $ à Portland, OR, rigoler et me rappeler que je l’avais précisément acheté en sachant qu’un jour je retomberai dessus, et que je rigolerai :


Et bon sang, j’aimerais en PETIT CINQ : slammer dans un champ de tournesols.

Ah, et une petite compilation d’articles écrits récemment si ça vous dit :

De la télé-réalité à la littérature : les autobiographies du néant
Courtney Love sur VH1 ou comment ce 25 juin sera la meilleure journée de 2010
Le bracelet électronique de Lindsay Lohan est-il possédé ?
Ne pas croire au retour du r’n'b français avec Tragédie

From Which I Came

17 juin 2010

C’est pas très marrant, parce qu’en ce moment nous devrions sentir l’odeur des merguez grillées en ouvrant les fenêtres à la fin de la journée, écouter les grillons chanter, passer des tomates sous l’eau pour les laver un peu, mettre du vernis à ongles rose pétard, rentrer en vélo le soir et aller écouter de la musique au skate park en se posant des questions profondes comme « hey, est-ce que quelqu’un sait ce qu’est devenu Craig David ?« . Nous devrions être en train de jouer à la belote en buvant des panachés.

Ma mauvaise humeur est toutefois tempérée par (1) le fait que personne ne porte encore en tongs (certains ont vraiment des pieds – et des tongs – difficiles à regarder) (2) le fait que j’aurais aussi pu avoir à plancher sur un sujet ardu à l’épreuve de philo demain matin (« La philosophie peut-elle faire l’économie d’une réflexion sur l’homme ? »).

Rollerskate Skinny

8 juin 2010

Parce que ça faisait longtemps, les meilleurs bouquins que j’ai lus ces derniers temps :

1. Mainstream, de Frédéric Martel.

Journaliste & sociologue, Frédéric Martel a mené une enquête de cinq ans (R.E.S.P.E.C.T.) aux quatre coins du monde pour répondre à cette question : « comment est fabriquée la culture mainstream ? ». Son travail d’investigation sent la sueur, et son style simple et direct vulgarise le tout. Parfait si vous ne vous êtes coltinés que des romans dernièrement et que vous voulez peaufiner votre culture générale sur Walt Disney, Bollywood et l’affrontement « Cinéma Indépendant Européen & Poésie Avant-Garde VS Blockbusters & Best-sellers ».

2. Scott Pilgrim, de Brian Lee O’Malley

Ce canadien vient de passer les trois dernières semaines les fesses vissées sur son siège de bureau pour nous offrir le sixième et dernier volume de sa saga qui sortira en V.O. le 20 juillet. Merci à lui. La traduction française est plutôt pas mal, mais seul le premier tome (Scott Pilgrim : Precious Little Life) est pour le moment disponible chez nous. Si vous aimez la frustration donc (et vous tortiller d’impatience dans le bus parce que votre station d’arrivée est encore loin), vous pouvez le lire en français. Si ça vous dit d’en savoir un peu plus, j’ai écrit un papier sur Madmoizelle. (Attention :  le dessin est en noir et blanc).

3. Cocaïne et chaussons blancs, d’Eugénie Lavenant.

L’illustratrice de 34 ans – qui porte l’un des prénoms les plus cools de la Terre – reproduit à l’encre des clichés paparazziens d’Amy Winehouse, ajoutant une petite phrase naïve, violente et circonstanciée : « elle se lasse des sucreries, de son mari et de sa belle famille » ; « elle s’endort sur scène, ses petits chaussons blancs déchirés et pleins de poussière« . A lire plutôt en écoutant la B.O. de Reservoir Dogs.

4. Kentucky Straight, de Chris Offutt.

J’avais deux bonnes raisons pour lire ce bouquin : 1) il s’agit de nouvelles noires 2) il a été traduit par Philippe Garnier. En levant le nez de là, on pourrait presque encore voir les buissons de salsepareille sur les collines du Kentucky et sentir les herbes brûlées. Pour se plonger dans l’ambiance, à lire un soir où le ciel est maussade avec quelques chansons d’Hank Williams en fond.

5. H.P., de Lisa Mandel.

Si vous avez déjà lu un peu de Lisa Mandel, vous êtes au courant pour son humour caustique & ses anecdotes pleines de drôlerie. Avec H.P. l’asile d’aliénés, on découvre qu’elle sait également raconter les histoires les plus dures. Quand sa mère et son beau-père, tous deux infirmiers psychiatriques, prennent leur retraite, Lisa Mandel décide alors d’interviewer plusieurs autres personnes ayant travaillé dans les hôpitaux psychiatriques à la fin des années 60, et de mettre leurs témoignages en dessins.

6. Crise d’Asthme, d’Etgar Keret.

Quand il faisait mauvais, il n’y a pas encore si longtemps que ça, j’avais décidé, après Kentucky Straight (c.f 4.), de me nourrir exclusivement de nouvelles. Crise d’Asthme en répertorie 48 : des fantastiques, des rythmées, des poétiques, des comme des faits divers en prose. C’est vraiment un bon livre. Je me trompe peut-être (Nouvelles de Pétersbourg était au programme de Terminale il y a un sacré bout de temps), mais la plume de l’écrivain israélien m’a rappelé celle de Nicolas Gogol.

7. L’Art Difficile De Ne Presque Rien Faire, de Denis Grozdanovitch.

Denis Grozdanovitch est un ancien joueur de tennis, et a écrit cet essai super chouette – l’un de mes préférés de ces six derniers mois, haut la main. C’est en partie à cause de lui que j’attends l’été pour aller faire des pique-niques au bord de la rivière. Mélange de philosophie et de réflexions diverses et variées sur les sandwichs, Simone de Beauvoir et Pékin, L’Art Difficile De Ne Presque Rien Faire m’a mis du baume au cœur.

8. Kate Moss Machine, de Christian Salmon.

Christian Salmon a écrit le fameux Storytelling en 2007, qui analysait l’art et la manière de raconter des histoires (en politique, marketing et autres) pour fasciner le public. Dans Kate Moss Machine, il prend un cas particulier (l’icône de mode), décrypte l’image qu’elle renvoie, et explique comment elle a réussi à se rendre indispensable. Si vous aimez un peu Kate Moss et/ou la sociologie, c’est l’ouvrage idéal pour le hamac.