20 avril 2010
Une grande & flamboyante & satanée frustration que je grommelle dans ma barbe fictive (dans un monde idéal, j’aurais une barbe portative que je pourrais accrocher aux tempes dès que le besoin de ricaner ou ronchonner se ressentirait) : depuis que les gens ont twitter, ils n’ont plus envie d’écrire ailleurs.
Disclaimer : j’ai écouté Dolly Parton une bonne partie de la journée, ce qui me rend nostalgique.
Nous nous retrouvons avec des blogs qui n’ont pas été mis à jour depuis octobre 2009 ! J’ai compris, les temps changent, Ashlee Simpson ne chante plus, David Carradine nous a fait des adieux à la « Darwin Award », et le Zapping se voit accompagné d’une signalétique « déconseillé aux moins de 10 ans », mais qui a envie de vivre dans un monde de micro-blogging, quand Internet est si grand ? Pourquoi se limiter à une centaine de caractères quand nos écrans ont une résolution de 1280*800 ? Ça n’a foutrement aucun sens !
Bon, évidemment j’ai un twitter qui me sert à évacuer quelques liens et à dire surtout pas mal de fadaises sur les mikados, la durée d’efficacité de mon déodorant et l’autobiographie de Shannen Doherty intitulée BadAss*. Voilà. Contradiction et temps libre, bande de fripouilles ! A ma décharge, il y circule parfois de bonnes blagues sur les camel toes, Justin Bieber et les volcans en éruption. Parfois les trois sont réunis dans un même tweet ! C’est plutôt rare, à la réflexion.
Les gens ! Réécrivez ! Je ne veux pas aller là-bas, si ce n’est pour suivre les tribulations dégoulinantes de fond de teint et d’eau oxygénée de Lady GaGa !
*Ce lien nous est généreusement offert par V.A
16 avril 2010
Bon, je sais bien que ce n’est pas moi qui vais lui amener des visiteurs, mais j’avais quand même envie de vous parler de la nouvelle bédé de ma partenaire Ninja, qui sort aujourd’hui.

Ça s’appelle Cadavre Exquis et ça parait dans la collection Bayou de Gallimard (dirigée par Joann Sfar), mais la nouveauté, par rapport à ses autres livres, c’est qu’il s’agit d’un long récit, avec du suspense ! de l’amour ! du rebondissement ! Et pour la connaître un petit peu, je dirais que c’est la bédé qui lui ressemble le plus, notamment pour l’humour. Les couleurs sont toujours aussi belles, mais je crois que ce que je préfère dans le travail de Pénélope, ce sont ses décors sur une planche où on passe plusieurs secondes à regarder les petits détails (la page 81 !).
Pour l’avoir vue bosser – parfois je bloquais à côté d’elle en poussant des glapissements admiratifs à chaque trait, vous savez, comme ces petits vieux qui s’arrêtent derrière chaque aquarelliste au bord des rivières ? bref, ça devait être pénible – je peux vous dire que son succès est super mérité.
Alors évidemment, on pourrait arguer que je dis tout ça parce que c’est mon amie. Mais qui a des amis qu’il n’admire pas ? Ça n’aurait aucun intérêt !
Vous pouvez acheter Cadavre Exquis sur le site de la fnac, et regarder ses dates de dédicace ici.
15 avril 2010
Deux bons moyens de tester la popularité d’un sujet (= être humain, animal ou théorie) : (1) le sujet a-t-il une page wikipédia fournie ? (2) le sujet a-t-il un rôle dans un épisode des Simpsons ? Par exemple, les dauphins ont les deux. C’est un grand signe de popularité.

Les White Stripes, groupe de garage rock né à Detroit, aussi – sauf qu’eux sont nettement plus cools. Tous les débuts de printemps depuis 2001, je me remets à les écouter en boucle. Je repense à la route du bus 34 qui menait à la fac, celle qui passait devant les immenses parkings de supermarchés et les terrains vagues. Il y a cette chanson de moins d’une minute, Little Room, dont je lisais les paroles comme un poème, et We’re Going To Be Friends, dont le refrain me rappelle les balades en voiture avec des gens rencontrés une semaine plus tôt, et les arrêts à la cabine téléphonique du coin pour en inviter d’autres à nous rejoindre. C’était vraiment une bonne année.
J’ai raté la sortie du documentaire Under Great White Northern Lights, probablement parce que le 15 mars, ce n’était pas encore le début du printemps. J’ai pleuré dès le début, quand Jack White dit qu’ils veulent aller jouer dans les petites villes du Grand Nord Canadien, là où il ne se passe pas grand chose d’habitude. Barbu disait l’autre jour qu’il était obligé d’aller voir les Pixies en concert fin mai, parce qu’ils joueront à 400 mètres de chez ses parents. Barbu, quand il était petit et qu’il n’avait pas encore de poil au-dessus de la lèvre supérieure, il écoutait beaucoup les Pixies. Et ça lui semblait chose impossible qu’un jour son groupe préféré vienne jouer à côté de chez lui.
Si un seul putain de bon groupe était venu se produire dans mon patelin, je crois que ça m’aurait aidée, dans un sens. Alors je comprends ça. C’est une forme de respect pour son moi de quatorze ans.
Jack & Meg White ont parcouru les grandes capitales de ce monde, vu leurs albums chroniqués par des rock-critics à la dent dure, reçu assez de prix pour recouvrir les murs de leur salon, et bien sûr joué devant des milliers de personnes, mais tout ça finalement, ce n’est pas eux. Ce ne sont pas les Rolling Stones. Ils ne veulent faire du bruit que si c’est pour la musique. Meg avoue qu’elle est silencieuse, c’est comme ça. Jack chante un morceau de Blind Willie Mc Tell aux vieilles Inuits du Nunavut. Tous les deux dansent sur une petite scène, devant des spectateurs en sueur.
Et puis pas grand-chose d’autre. Si ce n’est le principal : les White Stripes donnent envie d’aimer la musique encore plus fort.
11 avril 2010
Angoisse ! Chaos ! Pilosité mammaire !
Un frisson remonte le long de mon échine scoliosée alors que je viens d’apprendre la nouvelle : Téléchat va être rediffusé sur Arte. Cela me donne envie d’arracher mon tee-shirt en poussant des cris de bêtes tel un chippendale sous stéroïdes. A part le réveil du Kraken et un courrier de l’URSSAF, je ne vois pas ce qui pourrait nous arriver de pire.

Bon sang, quand j’étais môme, il y avait vraiment pas grand chose que je n’aimais pas à la télé. Club Sandwich, Denver & Brenda, Il était une fois la vie… je suivais un bon nombre de programmes jeunesse avec la même ferveur qui m’animerait plus tard pour F.R.I.E.N.D.S. Mais Téléchat a toujours été ma phobie télévisuelle, le genre d’émission qui vous faisait vous réveiller en sueur au beau milieu de la nuit.

Pour commencer, une autruche qui a des seins est la preuve irréfutable que Satan existe.
Et pourquoi Groucha le chat, qui nous saluait – pauvres innocents que nous étions – d’un « Chalut ! » digne d’un « Kikoo », avait-il la patte dans le plâtre ? Qu’avait-il bien pu faire pour mériter ça ? Avec le recul, il me semble évident que suite à une arrestation par la police du bon goût, sa garde à vue avait mal tourné. A moins que Lola l’autruche travelo ne lui ai fait une clé de bras. Leur relation n’avait pas l’air très net de toute façon, ce JT sentait la tension sexuelle à plein nez.
Mais le plus effrayant de tous : Durallo, le téléphone défoncé au crack.

Avec sur la 2ème marche du podium, Maître Duramou, le fer à repasser dépressif :

(Je n’ai pas trouvé d’image plus grande car qui souhaite se rappeler d’un fer à repasser huissier de justice qui faisait des mauvais jeux de mots ? Mais pour ceux qui l’aimaient malgré tout, une page facebook lui est dédiée)(notons qu’ils ne sont que 20 à l’aimer malgré tout).
Et comme si ça ne suffisait pas, un feuilleton intitulé Leguman passait pendant l’émission.

« Faites attention ! Il a des shuriken dans son pantalon-haricots ! »
Voici comment je n’ai jamais rien appris sur les gluons. Ensemble, militons pour le retour d’un dessin animé de Récré A2 beaucoup moins traumatisant : Bibifoc.
Au fait, pour ceux que ça intéresse, mon livre est en pré-commande sur Amazon !
9 avril 2010
Quand l’avion a glissé sur le tarmac, un crachin poisseux s’est mis à tacher le hublot. Les hommes d’affaires milanais ont détaché leur ceinture de sécurité avant de ranger soigneusement les papiers devant eux dans leur mallette. Mon cœur, lui, était bien trop occupé à faire des petits bonds de joie à la vue du mot TOULOUSE suspendu aux derniers étages du bâtiment d’entrée. Ce n’est qu’une fois dehors qu’il finit par ralentir, au moment où je me suis dit qu’un chien aurait été un bon compagnon sur le chemin du retour. Allez savoir pourquoi, je me suis toujours dit que les clébards aidaient sûrement à mieux supporter la pluie.
Une fois rentrée, je suis tombée sur cette photo :

Demi Moore, 22 février 1984 © Ron Galella/WireImage
Cette photo de Demi Moore devant une station de radio de Los Angeles m’a donné envie de me teindre en brune, ce que j’ai fait, après quoi j’ai eu envie d’écrire un papier intitulé Ce Que Les Jeunes Auraient Du Écouter Dans Les Années 2000 Au Lieu De Nous Faire Chier Avec Les Black Eyed Peas, ce que je n’ai pas fait face à la constatation suivante : j’aime The Lemonheads, et Brand New, et Saves The Day, mais j’aime aussi les Black Eyed Peas. Comme je n’arrivais toujours pas à dormir et qu’il était trop tard pour commander une pizza, j’ai observé les vieux bourrus, les filles éméchées et autres insomniaques pousser des exclamations dans la rue.
J’ai alors eu la certitude que je n’arriverai jamais à quitter cette ville.
1 avril 2010
Eh ben dis donc !
J’aimerais dire que si je n’ai pas posté pendant tout ce temps, c’est parce que le lendemain de la diffusion du clip de Lady GaGa, un groupe de lutins facétieux (Ignace, Boris et Raoul) a frappé à ma porte et qu’ensemble nous sommes partis pourfendre l’augmentation du gaz à bord d’une fusée aux couleurs chatoyantes, mais mon cerveau était tout bonnement vidé.
Et le problème, avec un cerveau improductif, c’est que l’argent file vite. J’étais assise sur les escaliers du jardin avec un de ces quotidiens gratuits de 45 pages sur les genoux et une bière éventée à mes pieds, quand ma voisine du dessus ouvrit sa fenêtre pour faire s’envoler les notes d’un tube des années 80. Un instant, croyant que la musique s’échappait d’une chambre de l’hôtel de passe voisin, je m’attendais à voir passer un trognon de pomme par-delà les arbustes, parce que c’est un truc que les filles d’à côté ont tendance à faire à l’arrivée des beaux jours. Je levai la tête et je vis Madame Del Aguila, les cheveux collés par la teinture prune, me faire des signes amicaux. Bon, je dois dire que j’étais plutôt de mauvaise humeur. D’une part à cause de mon argent qui filait vite, et d’autre part parce que j’avais un nouveau bourrelet au-dessus de la ceinture. Quelques ronchonnements plus tard je pensais avoir la paix.
Mais voilà que Madame Del Aguila revint à la charge.
« On s’rait mieux avec un hamac, pas vrai ? »
J’arrive jamais à détester Madame Del Aguila, même quand elle passe l’aspirateur à des heures pas croyables ou qu’elle appelle ses amies espagnoles le dimanche matin.
« Dites, vous savez pourquoi la deuxième poubelle de l’immeuble est fermée avec du scotch ?
- Ah ça non, ça doit être Monsieur Dierx qui a fait ça !
- Il doit sûrement y cacher un cadavre alors. »
Elle se mit à glousser.
« Un de ces jours, quand il fera plus chaud, on pourra se boire un peu de vin blanc ensemble, me fit-elle.
- Ah ça oui.
- Et vous pourrez me lire un peu le journal ! J’adore ça. Pas la rubrique nécrologique, hein, bien sûr.
- Bien sûr. »
Alors je me suis rappelée qu’au début du XXème siècle, dans les manufactures de cigares souvent, il y avait un lecteur. Le lecteur se posait sur une estrade et lisait à voix haute le journal – ou parfois des romans – aux employés. La radio n’existait pas encore, si ce n’est sur des paquebots de la flotte britannique. Ça avait l’air d’être un sacré boulot ! Un de ces boulots qui permet à l’argent et au temps de ne pas filer trop vite.
C’est dommage qu’on n’engage plus de lecteurs qu’à Cuba.
14 mars 2010
Je me suis dit que ce soir, au lieu de faire du mal à mon foie, j’allais faire un post en écoutant Sum41.

Non pas pour parler de mon passage préféré du clip de Lady Gaga feat. Beyonce* mais pour ceci :
Une Analyse Comparative : Freelance VS Salarié.
Le réveil
La première fois que vous dites à votre interlocuteur que vous êtes freelance, inévitablement vous verrez sa cornée s’embraser et de sa bouche sortiront les mots suivants : « Oh ! Alors tu te lèves à l’heure que tu veux ? ». Ça, ce sera dans les bons jours. La plupart du temps, la personne en face de vous ne prendra même pas la peine d’ajouter un point d’interrogation. Car qui serait assez fou pour se lever à l’aube quand il travaille chez lui ? Si je ne l’avais jamais été, il est probable que je me serais moi-même imaginé les freelances comme des branleurs passant leur journée à se dessiner des peintures vaudou sur le torse en hurlant des insanités depuis leur balcon. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai accepté ce job. Mais la vérité est nettement moins reluisante : un boulot reste un boulot qui doit être fait en temps et en heure.
Les collègues
Admettons-le : passer ses journées seul, ne communiquer que par mail, et manger ses spaghettis face à l’Édition Spéciale de Canal + en rêvant d’un monde où Ariel Wizman serait un de vos voisins (un voisin avec de supers cravates)… ça peut vous ravager le système nerveux. Il arrive que cette solitude se transforme en une paranoïa hallucinatoire (« Qu’est-ce que c’était que ce bruit ? Nom de Dieu, je suis sûr qu’une prostituée assoiffée de sang, de débauche et de XBox 360 est en train de rentrer par effraction chez moi ! ») et que vous vous mettiez à rire de façon démente à la vue d’une coquille dans la newsletter des 3 suisses. Les collègues peuvent donc avoir du bon, même si vous êtes obligés de leur faire la bise le matin, d’écouter leurs plaisanteries diarrhéiques et de les entendre râler toute la sainte journée.
Degré de liberté (1)
Au travail, un salarié peut rarement amener son chat ou son arbalète ni même consommer de l’alcool ou des stupéfiants. Il se peut aussi qu’il ait un accès restreint à Internet grâce aux serveurs nazis de son entreprise. Plus de YouTube, ni de MSN, et encore moins de Spotify. Deux issues possibles : travailler ou se laisser crever d’ennui. Comme la capacité de l’être humain à glander sans relâche est supérieure à celle de bosser, il va tenter par tous les moyens de contourner ces interdits – ce qui lui prendra en moyenne 1h avec un taux d’échec de 92% (il ne réussira qu’à installer une version pirate MSN où aucun de ses amis ne sera connecté).
Degré de liberté (2)
Partir à 16h est plutôt mal vu dans une boîte, quand bien même on a abattu sa besogne. Hypocrisie et remix de Cindy Sanders ! Lorsqu’on travaille à son propre compte, faire semblant s’avère inutile : une fois le travail terminé, on peut faire des blagues téléphoniques sans culpabilité aucune. Mais cette absence de limites peut se retourner contre vous : bosser jusqu’à minuit, le week-end et les jours fériés, est monnaie courante chez le freelance. Gros avantage : son espace de travail est nécessairement « porn shui » (terme inventé par Diablo Cody et qui désigne une bonne orientation d’écran d’ordinateur permettant de regarder du porno en toute impunité pendant ses heures de travail). En d’autres termes, aucun collègue de l’open space n’est là à rôder tel un vautour inquisiteur.
La tenue
Le freelance a tendance à vivre en pyjama jusqu’au déjeuner, histoire de bien s’aérer l’entrejambe. Après ça, il enfilera un vêtement informe non sans une certaine tristesse (à quoi bon mettre ses habits du dimanche ? Personne n’est là pour les voir). Néanmoins, le salarié pourra être victime de l’effet inverse : dès lors qu’il sera bien habillé, tout le monde – de la secrétaire au boss – fera une remarque sur sa tenue du jour. Il s’agira souvent d’une moquerie cachée sous forme de compliment : « eh ben dis donc, Marie-Moule, t’es habillée CHIC aujourd’hui » (sous-entendu : « tu peux pas t’habiller en pantalon et chemise comme le reste de la plèbe ? t’as une touche avec l’informaticien ou quoi ? »).
Droits & avantages sociaux
Au bout de quelques années, le freelance croit se rappeler que le mot RTT désigne un navet avec Kad Merad. La liberté a un prix et les congés payés, arrêts maladie et autres allocations chômage ne font pas partie du vocabulaire du travailleur indépendant. Reste à savoir si vous préférez pouvoir manger des Frosties nu sur votre sacco ou avoir cinq semaines de vacances par an. Quelles sont vos priorités dans l’existence ?
*Même si le passage où Beyonce, les lèvres goudronnées, dit « You’ve been a very bad girl, a very very bad bad girl Gaga » est super, le meilleur passage reste bien évidemment « LET’S MAKE A SANDWICH ».
12 mars 2010
Et bien sûr, la question « bon sang, maintenant qu’est-ce qui va se passer ? ».
Une vie plutôt paisible.Hunter S. Thompson : Journaliste & Hors-la-loi par William McKeen, des frites molles, de la musique pop italienne, des douches brûlantes, et beaucoup de passants qui hurlent, parlent, claudiquent seuls, visiblement poussés à bout par des démons intérieurs, et qui n’en seraient pas moins enragés s’ils se trouvaient face à un escadron de flics prêts à lâcher la lacrymo. C’est alors que je comprends que mon ventre s’est vidé de ses tourments, et que mes tripes sont en train de se ramollir en une espèce de guimauve sentimentale.
Depuis cet été 91 passé à croquer des grains de raisin, pieds nus sur la coursive d’une maison à Alès où il régnait une légère odeur de colle à tapisserie et où les mélodies de R.E.M tournaient en boucle dans la chambre du fond, j’ai compris que je ne marcherais jamais qu’à l’indiscipline. Ça peut sembler aberrant d’avoir cette conviction alors qu’on n’a connu que huit étés. Mais quand la seule autre créature à avoir votre âge est un vieux clebs qui aime à lécher les bouteilles de vin rouge vides entreposées près de la porte, il vous reste beaucoup de temps pour réfléchir. La nature est bien faite : j’ai la révolte facile. Toute forme d’autorité ne mérite cependant pas qu’on s’acharne contre elle. C’est avant tout l’auto-proclamée, la pernicieuse, la péremptoire, celle qui s’apparente à du despotisme ordinaire et qui est souvent l’arme des putois arrogants cherchant à noyer leurs propres échecs qui mérite d’être combattue.
Et si je commence à passer outre, si je commence à trouver ça dérisoire alors je peux tout aussi bien me caler la tête sous l’aisselle jusqu’à l’asphyxie. Mais je le sens bien, que mes pupilles sont ternes depuis quelques temps, que mon cerveau est apathique et que je ne peux répondre à la question sans rire bêtement. Oh ça, j’ai la forme ! Je mange comme un ogre et je dors tout mon soûl, je danse aussi souvent que possible et je m’en jette quelques-uns derrière la cravate dès que l’occasion se présente, mais la bestiole velue aux dents acérées au fond de moi est lessivée.
Selon mes estimations, elle devrait réapparaître au concert de Hole – disons plutôt, de Courtney Love – au mois de mai, plus grosse, plus suintante et plus déchaînée que jamais.