Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

Girl Of The Year

29 novembre 2010

Trop heureuse de pouvoir danser en pyjama-guenille dans mon bureau, j’en ai oublié que je n’avais pas fait de sport depuis 1994, et avec ça, bien sûr, mes charentaises à semelle anti-dérapante. Je vous laisse imaginer ce qui s’est passé. Indice : il ne manquait plus que l’intervention de ma théière remplie d’eau brûlante dans l’histoire.

C’est l’avantage d’être né(e) sous une bonne étoile : même si on est con, ça pourrait être pire.

Every mile is two in winter

28 novembre 2010

Les lèvres gercées sur les hauteurs de Paris, les rades du coin descendent le rideau dès que vingt heures sonnent à l’église du coin. Par les couilles de Satan ! Le premier pigeon qui verra une chose pareille se produire à Toulouse sera aussi le dernier. Qui a besoin de sushis livrés à 23h43 quand les PMU ferment si tôt un samedi soir ? Mais le ciel illumine encore le pavé grâce aux loupiotes suspendues au-dessus de nos têtes. Alors qu’importent la fatigue, l’existence des porte-jarretelles Hello Kitty, et les papiers refusés parce que j’y ai inséré trois fois le mot « hémorroïdes », j’ai envie de sentir le vin chaud au fond de mon gosier, de faire des batailles de boules de neige et de frotter mon cucul au radiateur.

Même si, pour l’instant, la simple perspective de monter le sapin en écoutant I Gotta Get Drunk à la gloire de Willie Nelson, me suffit amplement.

Pretender Got My Heart

19 novembre 2010

La dernière fois que mon cerveau fut autant en ébullition, c’était pour l’examen de droit civil en 2ème année de droit. Mais il me semble que je dis ça à chaque fois, alors présentons les choses comme ceci : ma 2ème année de droit était vraiment une super année. L’ennui, avec les horaires stupides, c’est qu’à 8h il est trop tôt pour envoyer des textos à ses amis, et à minuit il est trop tard pour les appeler. J’ai si peur de l’état de déchéance dans lequel je vais être quand je vais les retrouver.

It Wasn’t God Who Made Honky Tonk Angels

18 novembre 2010

Ce midi, au restaurant indonésien, l’étiquette sur la bouteille de bière indiquait « meilleure servie entre amis« . Nous n’étions que tous les deux, mais elle était très bonne. Je suppose que ça voulait dire que ça comptait quand même. Puis nous sommes rentrés sous la pluie, et dans la boîte aux lettres une de mes commandes de deux heures du matin m’attendait : le Playboy d’octobre 1978 avec Dolly Parton en couverture. Je l’ai posé sur mon bureau, à côté de mon exemplaire de Dolly : My Life and Other Unfinished Business, acheté 1$ une autre nuit d’égarement (elle y parle de Dieu, de sexe et de ses mini-fans qui vont sûrement devenir le nouveau truc en vogue après les vampires et les zombies).  Tout ça pour un papier de 10 000 signes à rendre avant lundi. La bonne nouvelle, c’est qu’il fleurera bon la friture et le cambouis écumés dans les profondeurs du Sud. La mauvaise, c’est que mon équilibre psychique risque d’en être esquinté à tout jamais.

Something Fishy

16 novembre 2010

Ai reçu une carte postale de Tripoli aujourd’hui. En temps normal, ça m’aurait fait plaisir. Mais là, ça m’a fait super plaisir : elle a été postée en mai dernier.

Disorder

3 novembre 2010

En faisant mes lacets, j’ai réalisé que mon orgueil était si mal placé que cette sensation abjecte de vide intersidéral ne pouvait pas me frapper sans que je l’ai préalablement décidé. L’ennui ne m’attaque jamais par surprise parce que j’ai toujours une longueur d’avance devant lui. Qu’il aille ronger les âmes des autres. Le prix à payer c’est la peur récurrente de mourir, alors pas dit que j’y gagne au change. C’est sûrement un de ces syndromes d’enfant unique.

Avoir une famille nombreuse, ça ne m’a pas terriblement manqué. Un chouia à Noël, peut-être. Mais l’absence a toujours eu une longueur d’avance sur moi. Elle débarque sournoisement dans l’embrasure de la porte, attendant que je me retourne pour cracher son plus beau rictus. Une belle salope, si vous voulez mon avis.

Alors, quand ce soir l’existence de mes cousins éloignés a ressurgi – l’un dans un pavillon cosy de la côte ouest américaine, l’autre dans un vieil appartement de la banlieue newyorkaise -, même si ça n’a pas beaucoup de sens, ce fut comme si je tirais deux coups de semonce entre les yeux de cette belle salope, vous comprenez ?

Shut up and drive

2 novembre 2010

En regardant la série zombiesque The Walking Dead, j’ai un instant cru que les producteurs de la chaîne AMC allaient faire de l’objectif de Rick Grimes (= retrouver sa femme et son fils) le nœud dramatique de la saison 1. Un frisson glacé m’a parcouru la nuque : depuis Hacou l’abeille, j’apprécie moyennement ce genre de suspense (cet enfoiré passe 25 épisodes à chercher sa mère, c’est à se demander au bout d’un moment s’il ne le fait pas exprès).

Never complain never explain

1 novembre 2010

Je suis devenue celle que je suis aujourd’hui le jour où j’ai entendu Good Riddance (Time Of Your Life) de Green Day pour la première fois. J’étais dans le bus de l’école, et je regardais par la fenêtre. La neige écrasait la moindre branche, et les corbeaux gardaient un œil menaçant sur le monde du haut de leurs poteaux électriques. Personne ne semblait s’en soucier. De leur poitrine les filles exhalaient un souffle chaud contre la vitre pour faire des dessins. Des initiales peintes à la buée.

Le disque m’a coûté quelque chose comme cent-cinquante francs, une fortune quand vous n’avez que l’argent de poche pour subvenir à vos besoins culturels. La piste 17 de l’album Nimrod, une berceuse aux accents de colère qui vaut la peine d’être écoutée à chaque moment de doute. Du moins ça a toujours marché pour moi. Plutôt stupide, uh ? Je suppose que n’importe quelle chanson de The Velvet Underground, ou de Sonic Youth, aurait sonné infiniment plus cool.

Il est vain de s’embarrasser des éternelles opinions des autres. Il faut avancer quoiqu’il arrive, à sa façon, et peu importe le reste. Ils sauront mieux que vous comment faire. Ils vous feront la leçon. Ils vous connaîtront mieux que votre propre mère, édicteront des vérités factices à votre sujet, et ne se rendront jamais compte de leur erreur. Il leur suffira d’un détail. Ça vous rendra fou, dans un premier temps. Fou et triste, qu’on vous juge à partir de pas grand-chose. Moins ils en sauront sur vous, plus ils parleront. L’imagination sert à combler le vide.

C’est en entendant Good Riddance que j’ai compris ça, que la petite peur qui venait se coincer entre les omoplates sans raison s’est désagrégée. Simplement, il faut parfois que je le réécoute pour me rappeler pourquoi je laisse tomber. Pourquoi je ne prends pas part à toute cette agitation. Ce n’est pas parce que je vaux mieux que ça. C’est parce que c’est, en attendant le prochain, le meilleur moment de ma vie.