Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

Sunflowers & gasoline

25 février 2011

C’est l’époque où les listes de micro-évènements enchanteurs griffonnées dans le coin des pages ne font plus aucun effet. Elles sont là, comme ces fripes que l’on garde « au cas où ». On collectionne les micro-évènements enchanteurs pour se prouver qu’ils existent, devoir de mémoire insufflé par l’optimisme, mais quand vous les relisez ils s’avèrent inutiles parce qu’ils font déjà partie du passé. Et on se dit « oh, j’espère qu’un jour je remangerai des fraises en regardant le soleil se lever sur les toits de San Francisco » mais au fond, tout ce que l’on constate à cet instant précis, c’est que nous ne sommes pas en train de manger des fraises en regardant le soleil se lever sur les toits de San Francisco.

Après réflexion, j’ai décidé de faire l’inverse. Au mieux, ça peut être un exutoire honnête. Au pire, un bon exercice de relativisme.

LISTE DE MICRO-EVENEMENTS TRISTES, DESAGREABLES & AMERS :

Manger enfin un plat dont on avait envie depuis des jours, et se rendre compte qu’il n’est pas préparé comme on l’aime.
Ne pas réussir à attraper le téléphone à temps.
Lancer le nouveau morceau de votre groupe préféré et ne pas pouvoir l’écouter jusqu’au bout tellement il est nul.
Apprendre qu’une personne que vous aimez bien croit intimement quelque chose de faux (et honteux) sur vous.
Faire le deuil de son vêtement préféré.
Travailler des heures sur un projet et prendre conscience de sa médiocrité. Tout reprendre à zéro.
Regarder l’heure, s’apercevoir qu’il est 14h11 et être toujours en slip.
Déceler un mensonge, et faire comme si de rien n’était.
Découvrir après 122 ans qu’une expression – que vous employez de temps à autres – n’a pas du tout le sens que vous pensiez.
La première gorgée de tisane brûlante qui desquame le palais.
Enoncer un poncif.

Mais finir sur le mot « poncif » est un micro-évènement désagréable en soi, alors :

On a daily basis

15 février 2011

This is why we fight

14 février 2011

La gare de Bordeaux est très belle, la nuit. Des lampadaires hauts comme des dinosaures émergent dans la brume. Les silhouettes boitillantes vont d’un quai à l’autre. Si les Black Eyed Peas ne s’échappaient pas des vitres d’une voiture garée non loin de là, et bien nous serions dans un film de science-fiction. Mais les Black Eyed Peas sont réels, et mon manteau n’est pas assez épais, alors nous sommes plutôt dans un roman pour adolescents.

Depuis trois semaines, les gens me paraissent étranges. Les dépressifs semblent atteints de joie de vivre, les intellectuels tiennent des discours incohérents, les solitaires sont dans les cafés, et les prudents prennent des risques inconsidérés. Je me dis « si je trouve tout le monde fou, est-ce que ça veut dire que c’est moi qui suis folle ? » et cette idée me fout le cafard. Puis je mange des mikados et j’oublie.

Demain je prends la route, mes disques de la décennie précédente dans la boîte à gants et sous le siège. J’ai hâte.

They don’t teach stuff like that in school

9 février 2011

Au fin fond d’un carton, Barbu a retrouvé un de ses vieux cahier de cours datant du CE1.

S’il jouait à Super Street Fighter 4 au lieu de me montrer ses fesses quand je suis en plein championnat en réseau, je suis sûre qu’il prendrait Abel.

Enfin ce que nous en retiendrons, c’est que tout petit déjà, son mépris pour les félins était évident.

Like Al Pacino’s Paycheck

3 février 2011

Les carnets à la reliure de cuir. Les carnets avec stylo intégré. Les carnets de la boutique du musée Picasso à Barcelone. Les carnets Moleskine. Les grands carnets de notes format A4. Les calepins à petits carreaux. Les carnets qui se ferment avec un élastique. Les carnets à la couverture imprimé fleuri. Les carnets à la couverture souple. Les carnets au papier doux comme de la soie. Les post-its. Les bloc-notes. Les cahiers de croquis. Les carnets de papier de couleur. Les carnets ronds. Les carnets de poche.

Tout ça pour finalement se rendre compte que c’est le cahier à spirales Auchan à 1,21 euros le meilleur.

Note to myself

2 février 2011

Quand je vois des artistes – au sens large du terme : scénariste, photographe, illustrateur, peintre -  lâcher gratuitement ou vendre aux rabais leurs créations sans piper mot, ça me fout vache de crampes d’estomac… S’ils ont en plus la naïveté d’une vioque qui ouvre sa porte au ramoneur, s’imaginant que la chance leur sourit enfin, je suis pas loin de choper un ulcère.

Ce n’est pas parce qu’on aime ce qu’on fait que ce n’est pas du travail. Laissez jamais personne vous faire croire le contraire.

Elephants play football

31 janvier 2011

Il est préférable de ne pas s’endormir dans le RER B entre sept et neuf heures du matin. La lumière n’y ressemble à aucune autre. C’est une lumière de fin du monde. Une lumière intense et réconfortante, tirée du fond de l’horizon, dans laquelle se dessinent les silhouettes des wagons à l’arrêt. Si vous avez un peu de chance, vous pouvez même voir des corneilles s’envoler dans le ciel couleur acier, par-delà les lignes électriques et les arbres dénudés. C’est l’image cinématographique parfaite des adieux à la ville.

Excepté qu’au lieu d’entendre un morceau de pop mélancolique, un voyageur que vous devinez rattrapé par son syndrome de Tourette pourra cracher un «sale pute.» en guise de bande-son.

A Modern Way Of Letting Go

21 janvier 2011

J’ai consacré ces dernières 216 heures à écouter Idlewild, The Lemonheads & Tracy Bonham, à manger des coquillettes au fromage, à boire des litres d’eau gazeuse – tout ceci est aussi passionnant qu’une conversation de poivrots – et à écrire un peu partout. Ecrire dans le métro, écrire dans le café en bas de la maison, écrire dans le lit, écrire sur la table du petit-déjeuner.

Pas grand chose à vous offrir en ce 21 janvier donc, si ce n’est quelques papiers. Pour toute réclamation ou plainte, veuillez vous en prendre à eux :

Le Sundog est-il le nouveau Caturday ? ou comment et pourquoi les loldogs prennent leur revanche sur les lolcats.

Être nostalgique de son enfance n’est-il pas une aberration ?

Comprendre le lol et ses variantes

Une news sur Bad Barbies, ou la fin du mythe de la femme parfaite.

Et aussi un petit Pour ou Contre le retour du méga-smiley ?