Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

On a daily basis

15 février 2011

This is why we fight

14 février 2011

La gare de Bordeaux est très belle, la nuit. Des lampadaires hauts comme des dinosaures émergent dans la brume. Les silhouettes boitillantes vont d’un quai à l’autre. Si les Black Eyed Peas ne s’échappaient pas des vitres d’une voiture garée non loin de là, et bien nous serions dans un film de science-fiction. Mais les Black Eyed Peas sont réels, et mon manteau n’est pas assez épais, alors nous sommes plutôt dans un roman pour adolescents.

Depuis trois semaines, les gens me paraissent étranges. Les dépressifs semblent atteints de joie de vivre, les intellectuels tiennent des discours incohérents, les solitaires sont dans les cafés, et les prudents prennent des risques inconsidérés. Je me dis « si je trouve tout le monde fou, est-ce que ça veut dire que c’est moi qui suis folle ? » et cette idée me fout le cafard. Puis je mange des mikados et j’oublie.

Demain je prends la route, mes disques de la décennie précédente dans la boîte à gants et sous le siège. J’ai hâte.

They don’t teach stuff like that in school

9 février 2011

Au fin fond d’un carton, Barbu a retrouvé un de ses vieux cahier de cours datant du CE1.

S’il jouait à Super Street Fighter 4 au lieu de me montrer ses fesses quand je suis en plein championnat en réseau, je suis sûre qu’il prendrait Abel.

Enfin ce que nous en retiendrons, c’est que tout petit déjà, son mépris pour les félins était évident.

Like Al Pacino’s Paycheck

3 février 2011

Les carnets à la reliure de cuir. Les carnets avec stylo intégré. Les carnets de la boutique du musée Picasso à Barcelone. Les carnets Moleskine. Les grands carnets de notes format A4. Les calepins à petits carreaux. Les carnets qui se ferment avec un élastique. Les carnets à la couverture imprimé fleuri. Les carnets à la couverture souple. Les carnets au papier doux comme de la soie. Les post-its. Les bloc-notes. Les cahiers de croquis. Les carnets de papier de couleur. Les carnets ronds. Les carnets de poche.

Tout ça pour finalement se rendre compte que c’est le cahier à spirales Auchan à 1,21 euros le meilleur.

Note to myself

2 février 2011

Quand je vois des artistes – au sens large du terme : scénariste, photographe, illustrateur, peintre -  lâcher gratuitement ou vendre aux rabais leurs créations sans piper mot, ça me fout vache de crampes d’estomac… S’ils ont en plus la naïveté d’une vioque qui ouvre sa porte au ramoneur, s’imaginant que la chance leur sourit enfin, je suis pas loin de choper un ulcère.

Ce n’est pas parce qu’on aime ce qu’on fait que ce n’est pas du travail. Laissez jamais personne vous faire croire le contraire.

Elephants play football

31 janvier 2011

Il est préférable de ne pas s’endormir dans le RER B entre sept et neuf heures du matin. La lumière n’y ressemble à aucune autre. C’est une lumière de fin du monde. Une lumière intense et réconfortante, tirée du fond de l’horizon, dans laquelle se dessinent les silhouettes des wagons à l’arrêt. Si vous avez un peu de chance, vous pouvez même voir des corneilles s’envoler dans le ciel couleur acier, par-delà les lignes électriques et les arbres dénudés. C’est l’image cinématographique parfaite des adieux à la ville.

Excepté qu’au lieu d’entendre un morceau de pop mélancolique, un voyageur que vous devinez rattrapé par son syndrome de Tourette pourra cracher un «sale pute.» en guise de bande-son.

A Modern Way Of Letting Go

21 janvier 2011

J’ai consacré ces dernières 216 heures à écouter Idlewild, The Lemonheads & Tracy Bonham, à manger des coquillettes au fromage, à boire des litres d’eau gazeuse – tout ceci est aussi passionnant qu’une conversation de poivrots – et à écrire un peu partout. Ecrire dans le métro, écrire dans le café en bas de la maison, écrire dans le lit, écrire sur la table du petit-déjeuner.

Pas grand chose à vous offrir en ce 21 janvier donc, si ce n’est quelques papiers. Pour toute réclamation ou plainte, veuillez vous en prendre à eux :

Le Sundog est-il le nouveau Caturday ? ou comment et pourquoi les loldogs prennent leur revanche sur les lolcats.

Être nostalgique de son enfance n’est-il pas une aberration ?

Comprendre le lol et ses variantes

Une news sur Bad Barbies, ou la fin du mythe de la femme parfaite.

Et aussi un petit Pour ou Contre le retour du méga-smiley ?

Headlines & footnotes

11 janvier 2011

S’il pleut très fort – ou pire, si le vent s’amuse à expirer tout l’air de ses poumons (j’ai une antipathie certaine pour cette vieille canaille) – alors je me réfugie sous la couette avec un bon polar et des biscuits au chocolat. C’est là qu’un souvenir peut remonter à la surface. Il s’extirpe des miettes de biscuits au chocolat amassées derrière la veine temporale, pousse les autres souvenirs noyés sous l’alcool et ceux cachés sous la honte, roule par-dessus les vieux refrains des années 90 et BOUM !

En 2003, ma meilleure amie et moi habitions ce grand appartement en Espagne où une famille de cafards avaient aussi élu domicile. La propriétaire nous assurait que grands Dieux ! Elle n’avait jamais vu de cucarachas dans l’immeuble de sa vie (seuls les grands Dieux savaient qu’il y avait quatre bombes anti-cafards sous l’évier avant notre arrivée). Ils revenaient tout le temps, à croire que ces cafards n’utilisaient aucun moyen de contraception. Alors un jour, nous avons décidé de mettre ceux qui n’avaient pas survécu à la guerre dans un bocal, pour que cela serve d’exemple aux autres. Qu’ils comprennent le sort qu’on leur réserverait s’ils venaient s’aventurer sur nos terres.

Nous n’avons plus vu de cafards après ça (mais ils sont peut-être morts de froid, l’hiver a été rude cette année-là)… Si sept ans plus tard ce souvenir me fait rire bêtement, est-ce que ça veut dire que sans une enfance équilibrée, j’aurais pu devenir despote ?