Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

Elephants play football

31 janvier 2011

Il est préférable de ne pas s’endormir dans le RER B entre sept et neuf heures du matin. La lumière n’y ressemble à aucune autre. C’est une lumière de fin du monde. Une lumière intense et réconfortante, tirée du fond de l’horizon, dans laquelle se dessinent les silhouettes des wagons à l’arrêt. Si vous avez un peu de chance, vous pouvez même voir des corneilles s’envoler dans le ciel couleur acier, par-delà les lignes électriques et les arbres dénudés. C’est l’image cinématographique parfaite des adieux à la ville.

Excepté qu’au lieu d’entendre un morceau de pop mélancolique, un voyageur que vous devinez rattrapé par son syndrome de Tourette pourra cracher un «sale pute.» en guise de bande-son.

A Modern Way Of Letting Go

21 janvier 2011

J’ai consacré ces dernières 216 heures à écouter Idlewild, The Lemonheads & Tracy Bonham, à manger des coquillettes au fromage, à boire des litres d’eau gazeuse – tout ceci est aussi passionnant qu’une conversation de poivrots – et à écrire un peu partout. Ecrire dans le métro, écrire dans le café en bas de la maison, écrire dans le lit, écrire sur la table du petit-déjeuner.

Pas grand chose à vous offrir en ce 21 janvier donc, si ce n’est quelques papiers. Pour toute réclamation ou plainte, veuillez vous en prendre à eux :

Le Sundog est-il le nouveau Caturday ? ou comment et pourquoi les loldogs prennent leur revanche sur les lolcats.

Être nostalgique de son enfance n’est-il pas une aberration ?

Comprendre le lol et ses variantes

Une news sur Bad Barbies, ou la fin du mythe de la femme parfaite.

Et aussi un petit Pour ou Contre le retour du méga-smiley ?

Headlines & footnotes

11 janvier 2011

S’il pleut très fort – ou pire, si le vent s’amuse à expirer tout l’air de ses poumons (j’ai une antipathie certaine pour cette vieille canaille) – alors je me réfugie sous la couette avec un bon polar et des biscuits au chocolat. C’est là qu’un souvenir peut remonter à la surface. Il s’extirpe des miettes de biscuits au chocolat amassées derrière la veine temporale, pousse les autres souvenirs noyés sous l’alcool et ceux cachés sous la honte, roule par-dessus les vieux refrains des années 90 et BOUM !

En 2003, ma meilleure amie et moi habitions ce grand appartement en Espagne où une famille de cafards avaient aussi élu domicile. La propriétaire nous assurait que grands Dieux ! Elle n’avait jamais vu de cucarachas dans l’immeuble de sa vie (seuls les grands Dieux savaient qu’il y avait quatre bombes anti-cafards sous l’évier avant notre arrivée). Ils revenaient tout le temps, à croire que ces cafards n’utilisaient aucun moyen de contraception. Alors un jour, nous avons décidé de mettre ceux qui n’avaient pas survécu à la guerre dans un bocal, pour que cela serve d’exemple aux autres. Qu’ils comprennent le sort qu’on leur réserverait s’ils venaient s’aventurer sur nos terres.

Nous n’avons plus vu de cafards après ça (mais ils sont peut-être morts de froid, l’hiver a été rude cette année-là)… Si sept ans plus tard ce souvenir me fait rire bêtement, est-ce que ça veut dire que sans une enfance équilibrée, j’aurais pu devenir despote ?

This Year

7 janvier 2011

Il s’est glissé dans l’ascenseur – un de mes préférés de la ville : ses portes s’ouvrent sur le fleuriste de la rue Ozenne -, les ondulations de ses cheveux blond platine collées dans un gel pâteux premier prix. Son complet semblait avoir abusé de la boisson par une matinée de janvier, un complet violacé agrémenté d’une chemise rouge cerise écrasée. Un « bonjour » timide a sifflé entre ses dents.

Et pendant ces onze secondes qui nous tiraient des entrailles de la Terre vers le souffle glacé de l’hiver, je n’ai pu détacher mon regard de sa main. Tenu par des phalanges osseuses se trouvait un cartable en cuir marron recouvert de ces autocollants que l’on trouve sur les fruits de supermarché. Des centaines d’autocollants de pommes, de poires et d’oranges. Le capital santé de toute une vie, exposé à la vue de tous.

Argh, people ! what a bunch of bastards !

31 décembre 2010

Au début, je me suis dit « et si nous festoyons comme en 1969 ? » (j’étais d’humeur syphilis). Puis j’aperçus à côté de moi dix-huit clémentines, une galette des rois de supermarché, & quelques disques de Merle Haggard. Me suis alors dit que ça ferait drôlement l’affaire.

It’s breaking my heart, you’re wearing cardigans

29 décembre 2010

Quand un personnage de fiction est ou devient télépathe, les pensées des autres sont aussi distinctes qu’à l’oral (voir en ce sens Buffy Contre Les Vampires, épisode 18 de la saison 3, Professeur X dans X-Men ou encore Sookie Stackhouse dans True Blood, pour ne citer qu’eux). Dans Misfits – excellente série britannique que je ne regarde que maintenant parce qu’avant ça j’étais trop occupée à regarder la famille Kadarshian sur E! – le personnage de Kelly n’échappe pas à la règle. Ce que je comprends, pour des raisons de mise en scène et tout le tremblement, mais en réalité les pensées ne se matérialisent que peu dans le cerveau. Il y a bien un langage derrière, mais qui relève plus d’une sensation furtive que d’un mécanisme articulé.

Ce qui veut dire que si un jour nous étions amenés à avoir un tel super-pouvoir, nous serions salement empapaoutés : au mieux, l’empathie bousillerait notre foie, au pire, ce serait comme avoir un mauvais remix de Motley Crue qui turbine en boucle sous notre crâne.

Je m’en tiens donc à mon plan de départ : rendre les charentaises du monde entier inusables (ça peut s’avérer très utile).

Fuck Yeah

23 décembre 2010

J’ai pas le temps, j’ai un train à prendre, 37 kilos de cadeaux à porter, une pile de magazines à acheter, des gens à pousser pour monter, une crise de foie à anticiper, 11 siestes de retard, quelques articles à taper, mon anniversaire à passer sans céder à l’appel de la pipe à crack, et surtout un pyjama à ne pas quitter. Autant dire que les sensations éprouvées devraient un peu ressembler à :

ça.

And then the baker said…

17 décembre 2010

Dénicher un livre pour quelqu’un est une activité que je prends très à cœur. Il y a tout un ensemble de règles à respecter pour viser juste, comme : (a) ne pas le choisir en fonction du titre, même si c’est un titre très marrant et que cela fait référence à une de vos private jokes, car au fond de vous vous savez que ce quelqu’un ne le lira jamais. (b) ne pas le choisir en fonction de vos goûts personnels – un bon cadeau n’est pas un cadeau qu’on se ferait à soi-même (exceptions : une machine à remonter le temps, un abonnement à une pizzeria ou un livre qui a changé votre vie) (c) connaître deux ou trois auteurs que la personne aime beaucoup, etc.

En fouillant dans ces livres empilés à la recherche d’une pépite, j’eus une révélation : bientôt, il n’y aura plus de nouveaux bouquins de correspondances. A moins qu’on ne se mette à publier des compilations de mails façon Fonelle dans ELLE ?

Eh bien, ça m’a tellement déprimée que j’en ai eu pour 12,63 euros de stylos.