26 avril 2005

After Junk-food 26/04 -
L’espoir rageur et les larmes coincées dans tous les organes de ton corps
Tu me bouleverses, quand c’est demain ?
Je veux du demain, pour oublier / survivre / être moi
Non merci, j’ai pas envie d’écouter Blonde on blonde
Les poumons brûlants et la colère asthmatique m’étouffent, tu vois pas ?
Explique moi la règle
Plus je pense à toi, plus tu m’oublies
Ca fait quoi de crever d’écartelement ? Je sais
S’il-te-plait revenons là où on en était, je sais plus à quel point c’était
Bien / parfait / paisible / cyniquement romantique
Non merci, j’ai pas envie d’amitié
Pourquoi faire ?
Okay pour le silence.
Si on est à deux pour l’écouter
Faisons comme si ce n’était jamais arrivé
La rencontre les fous-rires les disputes la rupture
T’as vu à quel point c’était inutile, jolis yeux noirs
Un sourire et bang bang !
En 1975 je l’aurais fait que pour la révolution sexuelle
On se serait foutu d’avoir les veines creuses
D’hurler à la liberté
Aujourd’hui je veux plus qu’être enchainée
Besoin d’alcool et d’air frais.
25 avril 2005

And everything between
The sun and Saturn’ Ring -
Putain ça commence franchement à m’énerver ces pubs pour les téléphones portables. Rien à foutre des 88888, des 83333, des 1234 à taper, pour rencontrer l’amour ou avoir une sonnerie qui tue, pour tchater ou avoir une prédiction, me faire des amis ou avoir des poèmes tout prêts et dégoulinants de connerie. J’ai l’impression d’être une oie consommatrice qu’on veut gaver. J’ai pas 15 ans, j’aime pas la société de consommation, j’aime pas les marques, je veux pas qu’on me fasse croire que la vie sera plus chouette gràce à mon portable et je trouve ça lamentable d’infantiliser de plus en plus la population et de les réduire à des débiles mentaux qui tapent « LOVE » ou « HATE » pour avoir un poème que j’aurais pu écrire au CP (’si un grain de sable voulait dire je t’aime, je t’offrirai tous les déserts du monde’). Ca tourne en boucle sur ma télé, ça s’insère discrètement dans mes magazines, et ça va finir par me faire gerber.
Et pendant que Chirac se fout de notre gueule, en disant qu’il ne comprend pas pourquoi les jeunes ont peur, qu’il n’argumente rien et prend son air le plus méprisant pour nous inciter à voter oui à la constitution européenne, il faut bien vous mettre dans le crâne que vous valez plus que ça. Commencez quelque chose, faites quelque chose de beau, de bien, qui vous plait, provoquez, réfléchissez à ce que vous voulez vraiment ou on va tous finir aseptisé.
N’oubliez pas que c’est par la musique que la motivation nait. Donc liste du lundi :
- Spoon // The Way We Get Goodbye
- Vanessa Carlton // White Houses
- Garbage // I Could Die For You
- The Pixies // Caribou
- Brand New // Okay I believe you but my tommy gun don’t
Bon allez c’est pas tout ça mais j’ai une révolution à préparer.
24 avril 2005

Because you’re married
It means that we are best friends -
En période de révisions, toujours écouter Norah Jones.
Amusant, il y a des garçons qui croient encore à la princesse charmante. Je le sais parce que ce matin je me suis tapée toutes les archives de Trem_r + une tartelette aux pommes. Et ce qui est dément, c’est qu’il ressemble assez facilement à Zach Braff, rapport aux yeux et à la bouche sûrement. Ce que j’en retiens, c’est qu’il déteste Bordeaux, écoute Ashlee Simpson et les Pixies, et a l’air profondément sympa. Je ne dis pas ‘gentil’ parce qu’on pourrait croire que je le traite de con aussi, tant que j’y suis. Mais je voudrais dire gentil et je vois pas où est le problème en fait, on dirait que c’est devenu la tare du XXIème siècle. Genre nouvelle équation : gentil = faible.
Alors que c’est quand on veut faire le fort en étant faussement méchant ou faussement habillé d’une carapace qu’on est con et faible, à croire que les gens devinent pas ce que ça cache. C’est en relâchant jamais la garde, à râler, critiquer, geindre et élever la voix que les autres vous trouvent chiant comme la mort. Si on cherche bien, il y a toujours raison pour aller mal. Mais c’est pareil pour tout le monde. Alors allez vous faire foutre.
J’avais juste envie que ce soit clair, que la morosité m’emmerde.
Mais en fait j’écris pour vous donner une seconde liste du week-end. Vacances obligent. – Radiohead // the Bends
- The Beatles // Ob-la-di Ob-la-da
- Velvet Underground // Pale Blue Eyes
- Ray Charles // Hit the Road, Jack
- Bob Dylan // Blowing in The Wind
Sinon à part ça, je vous souhaite un bon / doux / paisible / rock’n'roll dimanche.
22 avril 2005

With your feet on the air and
The head on the ground -
Ca y est j’ai découvert un autre truc qui peut vous rendre heureux : manger des tomates cerises en écoutant la pluie tomber comme si ça soulageait soudain le ciel, de se débarasser de toute cette eau. Je pense retourner voir Garden State ce week-end, pour être sûre. Parce que remplir des dossiers de DESS, j’avoue que ça me stresse pas mal. C’est comme si j’avais Sugar de SOAD dans le crâne, tout le temps. Du coup j’essaye de compenser avec Bohemian Like You des Dandy Warhols ou Happy People de R.E.M, enfin je sais pas moi, quelque chose de motivant. Mais c’est rare que la musique m’apaise, en fait.
Trouver des substituts au prozac, quand on a un vagin comme moi, c’est relativement simple : acheter un bouquin qui a l’air fluide et responsable (en gros, qui puisse me faire sentir mieux à chaque page que je tourne), dénicher un cd avec au minimum 7 chansons sur les 12 qui valent carrément le coup (pas le genre de cds pourris qu’on achète à 14 ans quand il n’y a qu’un titre qui nous plait dessus, les autres étant des saloperies de titres de remplissage), fouiller les magasins pour me dénicher les mêmes vêtements que Natalie Portman (j’ai déjà le casque) (OUI CA VA JE SAIS que je ressemble pas à Natalie Portman), et regarder l’épisode de Nip/Tuck suivi de 3 bons épisodes bien sexuels de Sex and The City.
Et prendre un bain en rêvassant un peu, puisque demain c’est le week-end
Bon et en parlant de ça, bande-son du week-end :
- Dashboard Confessional // Hands Down
- The Shins // New Slang
- Carla Bruni // la dernière minute
- Counting Crows // Color Blind
- Gorillaz // Clint Eastwood
- Tori Amos // Enjoy The Silence
Sinon à part ça Beyoncé met son rouge-à-lèvres comme une fille de joie dans la pub du nouveau gloss l’Oréal.
20 avril 2005

Sitting here on the top of the world,
I’ve got everything -
** GIRLIE NOTE **
Parfois on se demande pourquoi on lit 20ans. Parfois non. Comme c’est l’été et que les hormones explosent, ils ont eu la bonne idée de le vendre avec un fascicule intitulé ‘les 100 célibataires les sexy de France’. Y’en a vraiment pour tous les goûts ô filles affamées de chair et de sang que vous êtes. Du petit qui louche au pharmacien-photographe chauve, en passant par l’obsédé latino (à la question ‘qu’est-ce qui vous excite le plus chez une fille au lit ?’, il répond : ’ses nénés ! ses gros nénés ! et s’il y a du lait c’est encore mieux !’). On apprend qu’il reste toujours autant de mecs vieille France dans ce bas monde et que les salopes n’existent pas, il n’y a que des filles plus ou moins à l’aise avec leur sexualité.
J’aime.
Sinon j’ai fait le test ‘d’où êtes-vous douée ?’ et réponse : je suis douée de mes mains. Fabuleux. Donc si vous voulez que je vous fasse un collier de pâtes ou une coupe de cheveux fashion, faites-moi signe. Il y a aussi un article sur les blogs, deux ans après que tout le monde en ait fait leur choux-gras.
Bon c’est pas tout ça mais il faut que je collecte des infos sur No Smoking Orchestra, le groupe hutsa-hutsa d’Emir Kusturica, que je m’extasie sur la beauté de Kirsten Dunst et que je maudisse le gouvernement pour nous supprimer de plus en plus de subventions pour les DESS.
Ah et aussi : ce soir c’est la finale du Bachelor, même si on sait tous qu’il va choisir Julie parce qu’elle a 21 ans et l’air fraiche comme une salade printanière (et aussi parce qu’on les a vu à Bordeaux cette semaine).
19 avril 2005
Try to make ends meet, you’re a slave to the money then you die. I’ll take you down the only road I’ve ever been down…-
Sookie remontait la rue, un casque gros comme ces protège-oreilles en fourrure que l’on porte jusqu’à 12 ans scotché sur la tête. C’était très, très facile de se prendre pour le chanteur de The Verve dans le clip de Bittersweet Symphony. Sookie avait 27 ans, et venait de perdre son travail. Ce n’est pas comme si elle comptait y faire ses vieux os, ni même espérait une quelconque promotion. Ce n’est pas comme si c’était le travail de sa vie, sa vocation, son désir d’ascension hiérarchique. Rien à voir, même.
Quand elle avait commencé, ils lui avaient donné une période d’essai durant laquelle elle devait exécuter un boulot de collégien : chercher des articles, colorier en fluo, découper, photocopier, relier le tour avec des jolies spirales. Pas étonnant qu’ils l’aient gardé : ils auraient pu embaucher un gamin de sept ans à sa place, il aurait été plus heureux. Elle distribuait le courrier, ramenait les cafés, écoutait les jeunes cadres dynamiques raconter leur week-ends beauf-attitude, confis de barbecue et de gosses qui piaillent. Sookie pensait qu’elle pourrait monter un sketch rien qu’avec leurs histoires ridicules. C’est en se prenant trop au sérieux qu’on est plus enclin à se ramasser la gueule en avant.
Comme elle était la seule à le penser, et que finalement elle était peu de choses dans cette grosse boite étouffante, ils l’ont viré. Ils ont prétexté des mauvais envois de courrier, des enveloppes mal adressées, une situation plus que génante pour le grand patron. Une faute grave, ont-ils dit pour éviter de lui verser des indemnités. Sookie pensait plutôt qu’elle avait qu’elle avait trop souvent utilisé le fluo rose sur ses dossiers-presse. La femme placée juste au-dessus d’elle sur l’échelle de la réussite, Mme Boinin, détestait le rose. Ca lui rappelait la bonne humeur qu’elle n’avait pas.
Alors Sookie avait pris toutes ses affaires dans le carton qui était resté sous son bureau, depuis son premier jour. Et là, elle remontait la rue.
C’était peut-être chouette d’avoir des ambitions. Peut-être que c’était même possible, si on est bien servi dès le départ par la chance, le hasard, Dieu, Mère Nature, ce que vous voudrait tant que les autres n’ont pas d’influence dessus. Là, Sookie remontait toujours la rue. En réalité, c’était une avenue. Il y a beaucoup de monde qui passe dans ce genre de rue géante. Des gens qui regardent leurs pieds, qui avançent tête baissée, qui lorgnent dans le vide en croquant dans leur sandwich, qui fixent un détail dans l’habillement des autres, qui ont l’oreille greffée à leur téléphone, qui se tiennent la main ou courent parce qu’ils ont des responsabilités. Mais personne ne regarde en l’air. Personne n’a envie de voir à quoi le ciel ressemble. Avant on avait peur de lui, maintenant on l’ignore.
Sookie vit le ciel et bien plus que ça. Elle vit les nuages, la lune presque transparente, les zones grises et les éclaircies.
Sookie rentra chez elle, poussa la porte et se fit une de ces tartines au nutella qu’on mange jusqu’à ce qu’on ait 12 ans. Puis une idée. Elle prit son pantalon, vida ses poches. Elle chercha son porte-monnaie dans son sac, versa dans sa main toute sa monnaie. Sur son étagère elle plongea la main dans un bocal et en retira trois billets.
Elle alla à la fenêtre et hurla au SDF qui avait élu asile en bas de chez elle de lever la tête. Sa main s’ouvrit, laissant tomber le tout.
Et il vit le ciel.
18 avril 2005

Hold me now, don’t stop shaking -
C’est comme si ça me poursuivait partout, je vous jure.
D’abord, il y a cette fille très jolie habillée mi-pouilleuse mi-assez-cool qui regarde sa copine dans le tram en lui murmurant ‘tu crois ? tu penses que je vais le revoir ?’. Elle avait ce sourire qui dit que ça lui ferait tellement plaisir de le revoir qu’elle ne préfère pas y penser, de peur d’être déçue.
Et puis il y a cette petite conne de 16 ans, qui raconte à ses copines comment elle s’est foutu de la gueule d’un mec qui la draguait en lui disant que son ex s’était suicidé par amour pour elle. Trop drôle, moi aussi je veux écouter KoRn et m’endormir devant la Nouvelle Star en priant pour que le recueil de poèmes ne tombe pas au bac.
Et y’a cette chanson des Polyphonic Spree qui hurle à quel point c’est chouette d’être amoureux et de se promener pieds nus contre Mère Nature. Je les soupçonne d’être hippies, mais ils écrivent des chansons tellement bonnes que je peux que leur pardonner.
Alors vous voyez, que je suis obligée de parler de ça, tout le temps.
17 avril 2005
I can teach you, but I’ll have to charge -
- Va te faire foutre Léa. Tes conseils à la con j’en ai autant besoin qu’une balle dans la tête ! Et il raccrocha.
Sous le coup de la rage, James donna un brillant coup de pied dans sa pile de cds qui vint exploser contre le mur. Pourquoi fallait-il avoir quinze ans ? A quoi ça sert franchement, d’avoir une santé olympique parce qu’on vient à peine de sortir du berceau et les tripes qui hurlent de douleur parce qu’on se déteste ? Va te faire foutre, quinzième année. Si encore il était beau, peut-être qu’il pourrait surmonter ça. Peut-être qu’il y arriverait aussi s’il était plus malin que les autres. Il savait que ça finirait par cesser, les cauchemars, la trouille en allant au lycée, les mains moites de stress, la gorge nouée de colère. Mais comment et quand, il n’en était pas très sur.
Ca avait commencé le plus banalement du monde. Le mauvais hasard, la route qui dévie, la sale étoile, le manque de bol. Il était 4 à l’attendre. Ils l’ont menacé les premiers temps, insulté par-ci par-là pour bien lui faire rentrer dans la cervelle qu’il n’était qu’une pauvre merde. Des thunes, voilà ce qu’ils voulaient. Puis ils se sont mis à le frapper, sûrement parce que ça les occupait, ou les amusait plus que faire leurs devoirs, se trouver un boulot, arrêter d’être des connards. Jamais au visage, toujours dans les côtes, les mollets, le dos, le ventre et les couilles. C’est marrant de voir quelqu’un souffrir, ça donne un sentiment de puissance inexplicable. Ils ne riaient pas, ils jouissaient en le regardant. Il était obligé de passer par là. Il ne pouvait pas faire de détour. Sens unique.
Léa était ce qu’on peut appeler sa meilleure amie depuis trois ans. Elle venait de l’appeler pour le menacer à son tour : soit James disait tout à quelqu’un de compétent, soit elle le faisait pour lui. Ras-le-bol de l’entendre gémir quand elle le désinfectait, marre de le sentir greloter quand elle le prenait dans ses bras, franchement ras-le-cul d’avoir promis de ne jamais rien dire. Il fallait que ça s’arrête. Que des gens se trouvent une vie. Elle pleurait quand il serrait les dents presque tous les soirs, à 17h30.
Le 24 juin il faisait un temps parfait pour se sentir bien. James avait réussi en physique. C’était la première fois depuis des mois qu’il avait réussi à sortir la tête hors de l’eau et se payer une bonne note. Cela faisait deux semaines qu’il n’avait pas vu la bande des 4. Il respirait. Peut-être avaient-ils trop déconné et s’étaient fait arrêtés par la police. Peut-être s’étaient-ils lassés. Peut-être s’étaient-ils trouvés une autre victime. Ce sentiment de soulagement, c’est sans aucun doute le meilleur après l’amour.
Le 24 juin James avait décidé de se réconcilier avec Léa et lui avait acheté la cassette vidéo de Star Wars II. Il n’avait pas encore conscience que les filles et les garçons étaient différents, au fond.
Le 24 juin il faisait beau et la bande des 4 était là. Il a essayé de courir dans l’autre sens. Il a vraiment essayé de fuir pour une fois, de ne pas affronter ça avec dépis. On s’essoufle plus vite à courir seul. Ils avaient bien préparé leur coup. Le rattraper a été facile. Le temps qu’ils baissent son jean et qui lui tiennent les poignets, il s’était détaché de son corps. Il s’est débattu quelques minutes avant de se résigner et de laisser cette douleur atroce le transperçer. Il a fermé les yeux tout le long, son visage frottant contre le sol. Il a essayé de penser à d’autres choses tandis que ses vêtements se tâchaient un peu de son sang. Il a beaucoup pensé aux gens qu’il aimait, en fait.
Le 26 juin il faisait toujours beau. Tellement que personne n’imaginait qu’un garçon de 15 ans puisse vouloir abattre d’une balle dans la tête 4 autres garçons d’une vingtaine d’années. Deux d’entre eux survivèrent. Leur famille a poursuivi James en justice. Elles auraient bien voulu qu’on rétablisse la peine de mort. On a jamais su où il avait trouvé le revolver. Seule Léa le savait.
Et pour cause, c’est elle qui lui avait déniché.