Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

On a tous besoin d’un plus droit que soi

6 octobre 2005

Alors aujourd’hui notre prof en forme de nounours nous a donné une liste de sujets, mais comme les autres ils voulaient pas qu’on se batte on a du tirer au sort :

+ DA et Libertés Fondamentales
+ Applicat° droit de la prop. litt. et artistique et pratiq. sensoriales (o__0)
+ Prop. litt. et art. et esthétique
+ Créat° conceptuelles et DA
+ Performances et prop. litté. et art.
+ L’espace public et le DA
+ Prop. litt. et art. et spectacles vivants

Devinezzzz lequel j’ai eu.
Non pas le deuxième.

Sinon j’ai gardé les abréviations pour pas qu’on me retrouve sur google.

Snow under my Nails

6 octobre 2005

Il serait assez difficile de vous expliquer ce qui peuplait mon crâne à ce moment-là. Je suppose qu’il y a parfois des choix que l’on fait sans vraiment réfléchir. Aux conséquences à court terme, aux conséquences à long terme, aux probabilités de chance et de mordage de doigt, tout ça. Quand vous venez de passer votre bac, y’a pas à dire : vous êtes encore un peu cons.

C’était en 2001 alors que la télé-réalité avait fait ses grandes preuves de succès facile, de corps consommable, de la nouvelle ère de l’inconnu(e) parti(e) de rien pour s’élever dans le panthéon des stars plaquées sur papier glacé. C’était pendant la période où tout le monde y croyait, à cette beauté de la médiatisation. Si moins de 50 personnes avaient vu ta gueule ces trois derniers jours, t’étais rien. T’existais pas. Jamais.
Jamais j’aurais cru que le fait d’être connu n’entrainait pas ipso facto la reconnaissance. Pour moi, les deux allaient de soi. Et d’ailleurs, où est la différence putain ? Et me prend pas pour une sombre idiote, j’ai fait philo moi aussi.

J’ai écarté les cuisses et bien d’autres choses encore. J’ai oublié que j’avais un corps, ou alors j’en ai bien trop pris conscience. J’avais 19 ans, et tous les regards qui convergeaient sur mes jambes ou ma poitrine depuis mes 14 ans ne suffisaient pas à me faire comprendre que j’étais séduisante. Je voulais être un monstre de féminité. Plus sexy que n’importe qui. Et dans ma misérable existence, cela passait par le fait que des mecs se branlent en vous regardant à la télévision. C’était sûrement mon comble de l’attirance. Meilleure j’étais, plus les gens achèteraient le film dans lequel je jouais. Plus les gens me voyaient, plus ils m’admiraient. Plus ils astiquaient leur queue, plus j’étais désirable.

Je ne sais pas comment j’ai pu avoir cette logique détraquée. Mon bon sens tordu y faisait l’équation morbide désir sexuel = amour.

Je m’étais tellement de coeur à l’ouvrage que ça a fini par payer. A force de pénétrations et de salive sur le corps, je commençais à avoir les miettes de reconnaissance que le cinéma voulait bien m’accorder. J’étais actrice, voyez-vous. Il y en a bien qui sont spécialisées dans la comédie, est-ce qu’on les traite de pute pour autant ?

Quand le journaliste s’est assis face à moi avec son petit dictaphone, j’ai ressenti une espèce de fierté grandiose. Des paillettes de bonheur bordaient mon sourire. Mini-jupe et décolleté en dentelle. Sauf que lui, je suis pas sûre qu’il fantasmait à l’idée de me baiser. Il a allumé son petit micro, m’a demandé si j’étais prête, et crois-moi mon gars, quand on te demande chaque jour d’être prête à sucer, tu sais être prête pour tout.

- Sara Skye, depuis quand connaissez-vous votre addiction au sexe ?

Attends une minute. Qui t’a dit ça ?
Je suis pas particulièrement attirée par le sexe. Être excitée, c’est un boulot. Tu as appris à manier ton petit micro, j’ai appris à contrôler mon vagin. C’est une question d’habitude. J’aime ça. Mais ce n’est pas une raison de vivre, ni une passion. J’essaye de faire plaisir aux gens, et en échange j’aimerais juste qu’ils s’intéressent à moi. Est-ce que c’était ça ta question ?

Je me suis levée brusquement tandis que l’attachée de presse gueulait ‘hey où tu vas ?’. Je t’ai pas permis de me tutoyer connasse. Mon nom n’est même pas Sara Skye. Mais ce n’est que lorsque je me vis dans le miroir des chiottes de l’étage que je sus que mon nom de scène n’était pas du tout crédible pour une quelconque reconnaissance. Pourquoi j’ai les cheveux aussi décolorés ? Bordel, j’excite même les copains de mon frêre et je trouve ça mignon. Je crois au prince charmant, même au pluriel, mais j’y crois. Si mes cachets me le permettaient, j’aimerais acheter des fringues Zadig&Voltaire. Plus tard je rêve toujours d’être réalisatrice. Faire des comédies romantiques. J’aime être sexuellement agressive parce que ça veut dire que je suscite une réaction chez les autres.

Je veux pas crever sans qu’on m’ait remarqué. Mais je m’appelle Laure Martin.

La Note Cochonne du Jour

5 octobre 2005

Parfois on est en soirée entre amis, on rigole on picole, on a 16 ans et on oublie des choses essentielles comme l’amour-propre, et c’est dans ces moments-là qu’il y a toujours un débile pour dire ‘hey arrête ou je te pose mes testicules sur la tête’.

On croit toujours que ça n’arrive qu’aux autres et que les filles gardent toujours leurs culottes secrètes. Sans oublier qu’on ne peut même plus compter sur les autorités pour nous sortir de là.

Punis Moi

5 octobre 2005

Je viens de trouver un skittle à moitié mort sur une de mes étagères…
… et je l’ai MANGE.

Je crois que c’est officiel, je suis définitivement trop gourmande.

(Il était pas mauvais, ceci dit.)

Oreo Ice-Cream and Flirty Skirts

4 octobre 2005

Bon.
Nouvelle année. Nouvelle saison. Nouvelle coupe de cheveux. Nouveau site.

Merci à Trem_r et au tzatziki / pain de mie sans qui cela n’aurait jamais été possible.

Disponible également par FuckYouBilly[dot]net. Oui je sais, c’est beau.

30 septembre 2005

waouh

I say damn your mood swings
Damn your mood swings -

Au premier abord elle avait les traits tirés. Les angles du visage étroits. Quelque chose de resserré en elle. Les yeux grands ouverts parce que la volonté d’observer, de remarquer, de noter. Le mouvement de l’autre. Les pulsions des autres. Au premier abord, on ne voyait que la froideur et la violence de son passé. Tout était allé beaucoup trop vite pour elle. Tout s’était ouvert, brusquement. Toute sa naiveté s’était répandue contre le sol. Tapissé les murs. Puis tout avait fané parce que la volonté de se protéger. Du temps. De la pluie. Du soleil. Du mois d’août et du mois de décembre. Elle hydratait ses mains tous les soirs. Exfoliait sa peau une fois par semaine. Effectuait un gommage tous les trois jours sur le visage. Et fumait clope sur clope. Le sexe ? Oui, beaucoup de sexe. Elle considérait le sexe comme une interrogation. Elle devait y avoir la meilleure note de toutes les élèves. Il y avait quelque chose que je pigeais pas en elle. Elle était sortie avec deux batteurs, et ne supportait que le silence. Je veux dire : qui sort avec deux batteurs, surtout si on est groupie du silence ? Elle était insaisissable au premier abord. Tout avait fané sur son visage parce que la volonté de se protéger.

Et puis une fois seule à seule, la magie de sa jeunesse se réveillait. Sa fraicheur et sa pureté se rapprochaient. Ses joues devenaient enfantines. Ses seins remontaient. Elle était belle dans l’intimité. Fragile quand on la regardait. Paf ! Prends toi la lumière de ses yeux dans la figure. Sois fasciné. Ne comprends rien. Laisse toi porter par ta chance.

Rideau levé. Messieurs Dames le spectacle va commencer.

29 septembre 2005

non ce n'est pas ma culotte

My mom says I’m a catch
I’m popular
I’m never last picked
I got a cheerleader chick -

A lire avec la reprise de Where is my mind ? et Popular de Nada Surf.(sous peine de malediction genre hum. grattage de fesses + cheveux sur l’oreiller le matin au réveil).

Ca ne me dérange pas de prendre le train pour te voir. Ma vie est un paquet de magazines découpés. Ca veut dire que je prend le bon là où il se trouve, je le déchire un peu parce que sinon le bon serait parfait et ce n’est pas ce que je veux, et je garde le tout au chaud. Dans un endroit secret. Alors ça ne me dérange pas de tant prendre le train, tant que c’est pour toi. Tu vois où on en est arrivé ? A s’écrire des conneries d’amoureux sur des bouts de papier ou en pixels. Et pourquoi on est prétentieux au point de croire que ça n’arrive qu’à nous ?
Quand tu mets de la couleur sur toi mon angoisse s’envole. Je te jure que c’est vrai, je suis pas ivre ni défoncée tu vois bien. Mets de la couleur s’il-te-plait, fais que ça s’envole. J’ai l’impression qu’on est une seule personne, mais un peu schizophrène. On écoute de la musique parce que peut-être que sans elle on en serait pas là aujourd’hui, et c’est con de dire ça je m’en rend bien compte mais est-ce que tu réalises à quel point il y a 6 mois on ne se serait pas imaginé là ?
Ca ne me dérange pas de prendre le train. Ca ne me dérange vraiment pas, parce que t’as jamais dit que c’était normal que je le fasse. T’as jamais donné l’Amour comme prétexte pour construire un truc à ta façon. T’as jamais dit qu’on devait être fusionnel. A croire qu’on l’est parce qu’on l’a pas prévu, parce qu’on l’a pas décidé. T’as jamais fait comme si toi et moi ce serait jusqu’à la mort. Peut-être que c’est quelque chose à laquelle tu penses. C’est toujours un truc auquel on pense au début d’une histoire. Je pense parfois à comment ça va se terminer, même si je sais que c’est pas très intelligent à faire, ça se confronte à mon cerveau sans que je puisse y remédier. Je me sens mieux en étant sûre de rien qu’en étant persuadée de tout.
Tu comprends, ça ne me dérange pas de prendre le train. Je m’aime plus gràce à toi, et tu dois pas bien réaliser ce que ça veut dire, parce qu’il n’y a que les filles pour sortir ce genre de phrases toutes faites. Ca veut pas dire qu’elles ne le pensent pas mais hey, on vit au XXIè siècle, ce genre de phrase est devenu éculé. Je sais que les gens liront ça comme si je n’avais aucune pudeur. Ils lisent des histoires d’amour dès leur premier conte d’enfant à cinq ans jusqu’à ce littéraire hype de Beigbeder et tout ce culte du trentenaire blasé. Ils se sont déjà renseignés sur l’art et la manière de faire l’amour auprès d’une autre personne que leur partenaire sexuel, au moins une fois. Ils dégueulent devant leurs potes à cinq heures du mat le ventre plein d’alcool et des cachetons plein la tête, et ils pensent à ma pudeur.
Tu sais quoi ? Je les emmerde. C’est ce qu’un tas de gens font. Prendre ce putain de train.

28 septembre 2005

LACHE TA CLOPE

I lost myself
Oh I lost myself -

Je déteste les filles. Elles se mettent des paillettes sur les yeux. A chaque fois qu’elles se coupent les cheveux, c’est d’une façon différente. Elles mettent des hauts à fleurs qui laissent deviner la naissance de leurs seins. L’année d’avant, elles avaient rien, et là on ne sait pas trop ce qui s’est passé. Elles disent que c’est le soleil qui les fait pousser. Vous les voyez un midi, elles mangent comme des moineaux, et la fois suivante elles dévorent une pizza 18 fromages. Quand elles se penchent sur votre table en cours pour voler votre règle elles savent que leurs cheveux sentent bons. Elles le savent, j’en suis sûr. Elles ont leurs petites manières. Comme regarder en l’air en poussant des soupirs effrontés. Je trouve toujours leur soupir effronté. Elles savent être douces et mâcher du chewing-gum la bouche fermée. Même quand elles jurent elles sont jolies, parce que ça leur arrive rarement. Et quand elles pleurent, sans que vous sachiez pourquoi, vous aimez pas trop ça.

Je déteste les filles. Elles disent qu’elles veulent pas de vous et dès que vous parlez à leur copine elles sont okay pour que vous mettiez votre langue dans leur bouche. Elles lisent des magazines en rigolant sous les arbres de l’école. Et nous on est là comme des cons à les regarder en bavant. Parce qu’elles savent qu’elles l’ont. Ce pouvoir. Je ne sais pas trop encore en quoi il consiste, mais j’aime pas trop qu’on puisse me faire faire n’importe quoi. C’est comme quand Mme Letterman m’avait pincé l’oreille très fort pour que j’aille ramasser la crotte que Tornade avait fait dans son jardin. J’aime pas que les filles me rendent idiot, juste en étant des filles. Elles ont des jupes et quand on voit leurs jambes on pourrait oublier comment on s’appelle, parce que dans le cerveau ça fait des choses qu’on ne comprend pas très bien. Pour Francis ça fait comme s’il tombait dans un puits et qu’il ne sentait plus ses jambes. Pour moi c’est comme si je pouvais me déconnecter de la planête Terre pendant très longtemps. Je m’envole dans les nuages comme une petite bulle de savon. Et à un moment donné, il y a toujours la sonnerie des cours, ou bien ma mère qui m’attend en voiture et qui klaxonne, ou encore le souvenir de Mme Letterman pour surgir et m’exploser.

Ce n’est pas douloureux. Ce n’est pas non plus désagréable. Ce n’est pas moche, ni dégoutant. C’est comme quand vous mangez du pain d’épices pour la première fois, alors qu’on vous en a un peu parlé sans vraiment vous expliquer le goût que ça avait. Francis lui, il dit que ça fait comme la première fois où il a bu du coca. Qu’après il en voulait tout le temps. C’est surprenant, voilà tout. Mais je sais que si Lucie Janvier me touchait la nuque, ou le ventre, ou peut-être même des parties assez banales de mon corps comme le bras, je sais qu’après ça elle pourrait me demander n’importe quoi. Et je sais qu’elle le verrait à mes yeux, qu’elle pourrait me demander n’importe quoi. Alors j’évite que Lucie Janvier s’approche de moi. Même quand la prof de chimie nous a forcé à nous mettre en binôme, j’ai du refuser. Je préférais être à la porte plutôt que Lucie Janvier me paralyse la tête.

Le pire, c’est que parfois elles vous embrassent la joue l’air de rien. Vous êtes là, au fond de la cour à attendre votre copain. Ou bien à la sortie de l’école, au coin de la rue. Vous avez rien demandé et elles sortent des prétextes bidons comme ‘au revoir’ et paf ! elles collent leur bouche contre votre joue, et c’est parti pour les frissons incontrolés et les fourmis dans le lobe frontal. Je dis ça parce que c’est exactement ce que la fille du prof de gym a fait, et elle a un an de moins que moi. Alors comme dirait ma mère ‘qu’est-ce que ça va donner à 20 ans’, vous voyez.

Elle en discute avec la mère de Francis aussi.
Pendant que nous on attend de voir.
Ce que ça va donner.