Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

Super Freaks, Nerds and Romantics

24 juillet 2014

Peu de temps après, mon petit ami barbu rêve qu’il a une petite fille un peu moche, le visage ramassé vers le centre, blonde et à moitié allemande.

Mes rêves sont alors tout aussi idiots, avec des stars placées en haut de l’échelle Hollywoodienne qui se retrouvent dans des positions très humiliantes, tel que Brad Pitt qui, par un étrange concours de circonstances, se retrouve à manger son caca.

Mon corps tout entier devient un champ de mines de télé-réalité. La moindre sensation est décuplée.
Un matin, je manque de pleurer au beau milieu du marché à cause des odeurs délicieuses qui assaillent mes terminaisons nerveuses nasales. Je remets en cause le concept même de gastronomie depuis que mon frigo est rempli de yaourts Veloutés®. Chaque Velouté est meilleur que le précédent. Qu’est-ce que les gens s’enquiquinent avec un cochon chercheur de truffes quand les Veloutés traversent les saisons et sont infinis ?!
Plus rien n’a de sens. La moindre activité intellectuelle me parait vaine. Je n’ai envie de lire que des magazines – si possible avec beaucoup d’images – de regarder des émissions stupides et d’arpenter les forums de Doctissimo pour me nourrir de conversations sans intérêt. Mon cerveau devient, merci petit Jésus, trop minuscule pour que le cortex de la culpabilité ne s’agite. Disons les choses plus prosaïquement : j’en ai rien à foutre. La journée idéale se déroule comme ce qui suit : j’enfile un slip, j’ouvre la fenêtre et je la passe à écouter les oiseaux chanter. C’est comme ça que je comprends la vie désormais. Quand il rentre, mon mec me demande si j’ai passé la journée ainsi, à moitié nue à écouter les oiseaux chanter, et je réponds oui car IT’S NOT A PHASE MOM IT’S REALLY WHO I AM. De toute façon qu’importe, il est trop bête et il m’énerve.
Durant ces premières semaines où Meet The Foetus/Oh The Joy de Brody Dalle tourne en boucle, j’ai souvent envie de le provoquer en duel, dans un combat de bras de fer sans merci. L’autre problème, c’est que j’ai littéralement besoin de rester suspendue au cou de mon ennemi pour renifler sa peau durant des heures (littéralement). Ce qui est, j’imagine, une forme de malédiction.

Un jour, au réveil de ma 4ème sieste, tout ça fait partie du passé.
Je deviens Kim Kardashian.

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Mes fesses suivent leur propre destinée, anti-gravitationnelle. Petite tête et gros cul roulent alors jusqu’à la cabane de Paul Weiner, le libraire nudiste de l’Arizona, pour le saluer, lui et son petit coquillage de la fertilité. Par 43°c, le souffle des ventilateurs s’apparente à l’haleine de Satan. Tous les tissus se relâchent. Paul est très content, il me dit que les meilleures années de sa vie ont été celles de père. Il dit : « vous allez voir, c’est vraiment vraiment bien ». Ce qui a le mérite de provoquer une petite décharge de joie dans mon ventre. Tout le monde vous félicite et fait des high five à votre utérus, bravo bravo. Tout le monde vous dit ahah, bienvenue au club, profitez-en bien parce qu’après les nudistes et tout ça c’est fini, ahah vous avez fait une connerie les gars, vous allez voir. Les gens ne savent plus si se réjouir pour ou contre vous. Mais personne ne vous dit que c’est vraiment vraiment bien.

C’est toute l’histoire de la blague de la tarte au concombre appliquée à l’existence.

(2/3)