Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

The world’s getting smaller

31 octobre 2012

Il y a un an, peut-être un peu plus, je décidai d’écrire une série sur l’Americana en France. Au début, dans la chaleur moite du train qui me poussait vers Dieu-sait-où, tout était très clair : j’allais faire de la fiction pure. Des nouvelles sur des cheerleaders, des fans de mustang et des chanteurs de bluegrass de l’Ancien Monde. Des types passionnés qui vivaient l’Amérique comme s’ils se couchaient tous les soirs sous la lune bleue du Kentucky. Alors j’ai parcouru la France à la recherche de gens qui accepteraient de me parler : une coiffeuse albigeoise fan de country, des bikers en visite au Cap d’Agde, des mordus de rockabilly, un chasseur d’orage poète etc.

Quelques-uns m’ont foutu des vents (un conseil : ne dites jamais oui à un écrivain en pleines recherches si vous ne le pensez pas, cela le rendra zinzin ), certains ont été timides et d’autres subtilement menaçants. Mais au fil de mes rencontres, il devenait de plus en plus frustrant de ne pas parler de ces personnes. Ça ne servait à rien de polir un matériau brut qui était déjà un carburant de haute qualité. Et ça devenait carrément idiot de mettre leurs paroles dans la bouche de personnages de fiction. Personne n’était gagnant dans l’histoire. Ces personnes méritaient plus que ça. Elles avaient fouillé dans leur mémoire à la recherche d’anecdotes, m’avaient accueillie chez elles et même nourrie – et Satan sait si je me sens redevable envers ceux qui me donnent à manger – tout ça pour quoi ? Pour qu’un jour, des lecteurs se posent la question de la vérité (« est-ce que ça existe vraiment ? ») ? Les reportages auraient au moins le gage de l’honnêteté.

Voilà comment est né le dossier Americana sur Slate. J’ai gardé mes 5 histoires préférées – et viré celle sur les bikers parce que ça ne s’est pas passé comme je l’aurais voulu – ce qui a donné 5 chapitres :

(1/5) C’est pas le Diable qui a fait les péquenauds du Westarn.

(2/5) Venez vous faire sauter la cervelle dans les Cévennes !

(3/5) De la friture sur la ligne.

(4/5) Vie et mort du Rockabilly en Lorraine.

(5/5) Du sang couleur mandarine.

Maintenant, je pense que je vais me reposer un peu.