Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

live fast die young bad girls do it well

9 février 2012

Lundi était okay, mardi était moyen, hier était terrible.
La buée qui sortait de ma bouche avait goût d’immensités canadiennes, sous le soleil figé par les températures avoisinant les moins dix degrés. Des petites stalactites se formaient dans mes poumons. C’était vraiment bien. Puis, en une nuit, les canalisations de l’appartement ont gelé. Les robinets se sont asséchés telles les entrailles d’un dictateur sur le point de se confesser. C’est alors que le plombier zozo est arrivé avec son chalumeau, claquant des dents dans ses deux tee-shirts enfilés l’un sur l’autre. Il a tout essayé en vain, pendant une heure ou deux, m’expliquant qu’il était dessinateur et qu’il préfèrerait dessiner chez lui plutôt que de patauger dans les canalisations gelées chez les autres, avant de capituler. « Pour les toilettes, écoutez : faites dans un sac plastique, puis jetez-le », qu’il m’a fait. Et avec lui, ma dignité ! que je lui ai répondu. Il est parti avec ce regard familier du tu-y-viendras-comme-nous-tous-petite. Plus les heures passaient, plus l’angoisse se faisait sentir. Réalisant que l’eau courante ne reviendrait pas avant plusieurs heures voire plusieurs jours, j’ai décidé de conjurer le sort, d’affronter mes démons, de prendre mon destin en main.

Je suis sortie avec ma bite, mon couteau, et un magazine.
Et d’un pas décidé, je me suis rendue aux toilettes publiques. Près de la rue Bayard. Ceux qui connaissent Toulouse savent que ce fait devra donc être mentionné sur mon épitaphe.

A la sortie des toilettes publiques, une voix monocorde a pris l’habitude de lancer d’un ton vindicatif : « SORTEZ MAINTENANT ». Si vous ne le faites pas, il y a fort à parier que la douche est gratuite aussi. Je venais à peine de récupérer mon renommé pas sautillant pour m’échapper de là qu’un punk à chien m’arrêta pour me soutirer un euro quarante.

C’est pourquoi je raconte cette histoire aujourd’hui. Pour aider ceux qui ont vécu une expérience similaire – je ne doute pas une seconde que nous soyons nombreux – à, eux aussi, tourner la page.