Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

get a real job

31 janvier 2012

Semaine 3 : Me suis écroulée sous les « beaucoup » inutiles, pour ne pas dire C H I A N T S. Ai envoyé beaucoup de mails, mangé beaucoup de soupe à l’avoine, travaillé beaucoup trop tard et beaucoup trop peu. Ai beaucoup oscillé entre l’euphorie et l’hyposthénie. Ai écrit un article intitulé « Comment fait-il de nous des ringards ?« , puis réfléchi au second papier que je devais écrire. Me suis demandé pourquoi quelqu’un avait arraché mon nom sur ma sonnette, avant de réaliser que dans ce coin de la ville, l’alcool faisait faire des choses insensées aux gens (un matin, en ouvrant les volets, un DVD pirate de Resident Evil était posé sur le rebord de ma fenêtre). Ai écouté en boucle une chanson moyenne, avec cette question en suspens : sommes-nous ce que nous écoutons ? avant de m’apercevoir de la médiocrité de cette question. Ai sincèrement aimé les premiers épisodes de la série Alcatraz, qui contient pourtant quelques bonnes ficelles scénaristiques surannées. Ai failli insulter deux têtes de gland qui asticotaient un homme qui avait de toute évidence basculé dans un autre monde, crachant des phrases absurdes à la foule massée devant le cinéma. Ai raté ma séance pour Take Shelter, décidé de revoir Twister en attendant, oublié de le faire, fait des recherches sur les Amish à la place et pris les références de deux-trois bouquins pour la médiathèque. Ai tenté la coiffure d’Amy Adams dans Scott Pilgrim (déception accrue). Bilan : 2 livres, 3 siestes, 4 bières + un réveil à 5 heures du matin.

Semaine 4 : Ai traversé une partie du Gers en voiture, à l’aller sous le soleil glacé de janvier, au retour sous les étoiles-diamants du ciel noir des campagnes. Me suis arrêtée à deux reprises, la première pour visiter une église et la seconde pour boire un coca-light dans un PMU où des vieux jouaient au rami. Ai appris qu’en Gascogne, on pouvait apercevoir des aurores boréales plusieurs fois par décennie. Ai mangé des gaufres, un tartare poêlé, bu un get 27. Ai souri en lisant un auteur, dans la presse, dire que sa profession était écrivain mais qu’il n’aimait pas le terme, « trop figé et sérieux », et qu’il préférait dire « j’écris des livres ». Ai éprouvé un petit chagrin, un peu de lassitude, de stress et d’agacement (durée : deux heures). Ai observé, à la terrasse d’un café, un jeune homme très bien habillé (il portait une cravate rayée, un veston en laine bouillie, et un sweat à capuche bien repassé). Ai écrit un article intitulé « Nicolas Cage : des films d’auteurs aux nanars. Délibérément.« , et d’autres trucs (total : 11 pages sous Word). Ai écouté le disque de Lana Del Rey. Ai regardé la suite de la série d’animation Napoleon Dynamite, puis rattrapé mon retard sur Red Band Trailer (celui avec Zooey Deschanel fut insupportable). Me suis rendue compte que depuis le début – enfin peut-être pas le début, disons depuis trois, quatre ans – ce blog était une sorte d’atelier-laboratoire qui me servait de placebo anti-Alzheimer, et qu’il fallait donc que je retrace mes deux dernières semaines ici. Bilan : possible personnalité anale.

Je crois que c’est à peu près tout.