Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

J’ai un peu écrit aussi

25 mai 2011

« Vous avez vu la neige tombée cette nuit sur les cimes des montagnes ? Ca, c’est ce qu’on pourrait appeler un traditionnel été écossais ».

Au-dessus de nos têtes le ciel des Highlands est fendu en deux, les champs du nord noyés sous les vessies divines, les plaines du sud drapées sous leur manteau vert ahurissant. Dans quelques minutes nous crierons « double rainbow ! double rainbow ! » dans l’habitacle de la voiture, entre deux recherches de stations de radio de la BBC, les doigts tout collants de mûres et de chips cocktail de crevettes. Mais ce n’est pas ce que vous voulez savoir. Ce que vous voulez savoir, c’est :

PEUT-ON FAIRE CONFIANCE AUX MOUTONS ECOSSAIS ?

Il est possible, notamment à l’ouest, de se retrouver dans des coins où le nombre de moutons au kilomètre carré est supérieur à celui des êtres humains. Fort de leur domination, certains sont devenus hautains et superficiels. Dès que vous passez sur l’asphalte craquelée par exemple – et vous roulez doucement, parce qu’il ne manquerait plus que ça, de renverser un agneau maintenant – ils oublient un instant leur boulimie, lèvent la tête pour regarder la marque de votre voiture et l’œil empreint de déception (vous n’avez qu’une Opel Corsa), se retournent pour vous montrer leur postérieur trempé. D’autres, dans les régions plus reculées, souffrent clairement de pulsions psychotiques. Au détour d’un virage enfoncé dans la brume, si votre regard croise celui d’un mouton derrière les mouvements énervés de l’essuie-glace, vous devinerez ses pensées (« j’espère que vous allez tomber en rade ici, ainsi je pourrais vous agresser, vous détrousser et mettre le coffre à sac »). J’en ai vu bouffer la haie bien taillée des maisons, d’autres dormir dans le jardin des habitants, ou bêler à la vue d’un appareil photo (le mouton est un animal complexé)… sans parler de leur aérophagie chronique.

On ne peut donc pas faire confiance aux moutons, pas plus qu’on ne peut devenir ami avec une mouette (elle vous aime uniquement pour vos chips).

Voici ce que j’ai aussi appris en Écosse :

- Une partie de la Grande-Bretagne est restée fidèle aux années 90 (cheveux gaufrés, paquets de 10 cigarettes, cafés internet, weetabix au petit-déjeuner & épiceries où on peut louer des vidéos).

- Au XVè siècle, les nobles buvaient surtout de la bière, moins contaminée que l’eau ou le lait.

- On peut se faire une idée de la fin du monde dans tous les sens du terme (apocalyptique et géographique) à Neist Point, sur l’Île de Skye, par une nuit de tempête.

- Entre 1746 et 1781, après la défaite des Jacobites, la cornemuse et le tartan furent interdits. Les gens écrivaient, cachaient et se refilaient des partitions de cornemuse sous le manteau.

- Le whisky Dalwhinnie se marie très bien avec les maltesers.

- Dans certains villages, il y a des panneaux « attention, personnes âgées ».

- Près du château d’Eilean Donan, sur les hauteurs de la route menant à Kyle of Lochalsh, on trouve une terre couverte de cairns.

et enfin : le haggis, spécialité culinaire préparée à base de panse de brebis farcie, passe très bien au petit-déjeuner (c’est vraiment bon).