Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

It’s time to kick ass and chew bubblegum

13 avril 2011

Chers vieux croûtons, jeunes fripouilles et autres esprits libres qui ont un jour dansé sur La Zoubida,

Après avoir enlevé les traités philosophiques lus pour le travail, les guides touristiques bizarroïdes, les bouquins en anglais et les romans pas terribles-terribles voire franchement nuls, reste une sélection de neuf livres supers descendus entre janvier et avril. (Bon Dieu, et dire que la logique humaine aurait voulu que je m’occupe de la poussière, d’abord ! J’ai toujours dit, je veux bien être copain avec l’aspirateur, mais seulement une fois incinérée.)

1) Cercueils sur mesure – Truman Capote : Extrait de son livre Musique pour caméléons, cette nouvelle raconte l’histoire (vraie) de Jake Pepper, policier américain qui enquête sur une série de meurtres étranges perpétrés dans « une ville d’un petit État de l’Ouest » dans les années 70. Chaque victime, avant de mourir, reçoit un cercueil en modèle réduit avec sa photo à l’intérieur… et impossible de coffrer le coupable. Le livre idéal pour les transports en commun (se lit en une heure, peut-être une heure et demie).

2) Elvis est vivant ! – Gabriel Sergé : Cet essai du sociologue spécialiste du culte d’Elvis Presley m’a permis de (a) comprendre pourquoi et comment Elvis Presley est resté un mythe, près de trente-cinq ans après sa mort (b) découvrir la collection Les Cahiers du Rock des éditions Autour du Livre. Vous pouvez le commander et lire le résumé ici (12 euros).

3) La physique des catastrophes – Marisha Pessl : Ce premier roman a deux défauts : il lui faut un moment avant de décoller (150 pages), et l’héroïne n’est pas du genre attachante. De façon moins universelle, ça m’a un peu crispé la mâchoire de voir que La physique des catastrophes faisait partie des « livres à fausses références » (comme High Fidelity de Nick Hornby en partie) car je suis une adepte des références, notes de bas de pages (sans blague) et citations qui permettent parfois de lâcher la lecture pour aller se renseigner sur tel ou tel sujet. Mais à part ça, les quatre cents dernières pages m’ont coûté une nuit. Bleue Van Meer, adolescente surdouée qui ne vit plus qu’avec son père professeur – le meilleur personnage du livre – découvre un jour son enseignante préférée pendue à un arbre. Mais qu’est-ce que c’est que ce bordel ? etc.

4) Le jour où Nina Simone a cessé de chanter – Darina Al-Joundi & Mohamed Kacimi : Si vous ne devez en choisir qu’un, ce serait celui-là. Darina Al-Joundi y raconte son Liban natal entre guerres civiles, père laïc et féministe et folie ambiante. Véritable hymne à la liberté, Le jour où Nina Simone a cessé de chanter est grandiose, tragique et drôle, et se lit d’une traite.

5) Just Kids – Patti Smith : La poétesse aux allures androgynes avait promis à son âme sœur, Robert Mapplethorpe, d’écrire un jour leur histoire. Quand elle débarque à New-York à 20 ans, Patricia Smith vient d’accoucher sous X. Elle a travaillé comme une damnée pour se payer le voyage et n’a qu’une obsession : devenir une artiste. De coïncidence en coïncidence, elle tombe plusieurs fois sur Robert, fils de bonne famille qui se nourrit de LSD et de lait chocolaté. Ils deviennent inséparables, fréquentent le gratin warholien, explorent leurs limites  artistiques, et grandissent ensemble. C’est très bien écrit, touchant et un peu magique.

6) La carte et le territoire – Michel Houellebecq : J’ai hésité à le mettre dans la liste parce qu’il ne m’a pas tellement plu, mais c’est un bon bouquin. Disons qu’il m’a déprimée jusqu’à la moelle. Houellebecq a le don d’écrire la platitude de l’existence avec cynisme et humour mais le malheureux ne s’arrête jamais.

7) Vol au-dessus d’un nid de coucou – Ken Kesey : Figure de la Beat Generation moins cité que Kerouac ou Ginsberg (mais peut-être parce qu’il ne se considérait pas comme tel), Ken Kesey a grandi au nord des terres hippies, dans l’Oregon. Ce qui explique sûrement pourquoi l’histoire se déroule dans un asile du coin. Le narrateur, un indien se faisant passer pour sourd et muet, raconte l’arrivée d’un Irlandais gouailleur qui se fait interner pour ne pas avoir à aller en prison. S’engage alors une guerre psychologique acharnée entre lui et l’infirmière-en-chef, vieille despote sadique. Ce qui est bien avec la littérature, c’est que les classiques ne le sont jamais par hasard.

8) Manuel de savoir-vivre à l’usage des rustres et des malpolis – Pierre Desproges : Dieu sait si enfant j’en ai entendu, des sketches de Pierre Desproges… mais bizarrement la seule chose que j’avais retenue de lui, c’était ses propos sur le cancer. Et puis je ne sais trop pourquoi, un matin j’ai voulu lire tout Desproges. Et bien sûr, ça n’a pas pris une ride, le style est impitoyable, et Pierre Desproges m’a tout de même influencée plus que je ne l’aurais cru.

9) Ma philosophie de A à B et vice versa – Andy Warhol : La seule raison pour laquelle j’ai décidé de lire cet ouvrage, c’est parce que Lady GaGa a avoué qu’il s’agissait de son livre de chevet. Ni biographie, ni essai, ni roman, Ma philosophie… est un mélange de pensées, de visions du monde et de théories truculentes. On a envie de le dévorer, et puis finalement c’est tellement agréable qu’on finit par le picorer pour mieux en profiter. Le détail parfait : on y apprend la naissance du mot superstar.