Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

Disorder

3 novembre 2010

En faisant mes lacets, j’ai réalisé que mon orgueil était si mal placé que cette sensation abjecte de vide intersidéral ne pouvait pas me frapper sans que je l’ai préalablement décidé. L’ennui ne m’attaque jamais par surprise parce que j’ai toujours une longueur d’avance devant lui. Qu’il aille ronger les âmes des autres. Le prix à payer c’est la peur récurrente de mourir, alors pas dit que j’y gagne au change. C’est sûrement un de ces syndromes d’enfant unique.

Avoir une famille nombreuse, ça ne m’a pas terriblement manqué. Un chouia à Noël, peut-être. Mais l’absence a toujours eu une longueur d’avance sur moi. Elle débarque sournoisement dans l’embrasure de la porte, attendant que je me retourne pour cracher son plus beau rictus. Une belle salope, si vous voulez mon avis.

Alors, quand ce soir l’existence de mes cousins éloignés a ressurgi – l’un dans un pavillon cosy de la côte ouest américaine, l’autre dans un vieil appartement de la banlieue newyorkaise -, même si ça n’a pas beaucoup de sens, ce fut comme si je tirais deux coups de semonce entre les yeux de cette belle salope, vous comprenez ?