Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

Never complain never explain

1 novembre 2010

Je suis devenue celle que je suis aujourd’hui le jour où j’ai entendu Good Riddance (Time Of Your Life) de Green Day pour la première fois. J’étais dans le bus de l’école, et je regardais par la fenêtre. La neige écrasait la moindre branche, et les corbeaux gardaient un œil menaçant sur le monde du haut de leurs poteaux électriques. Personne ne semblait s’en soucier. De leur poitrine les filles exhalaient un souffle chaud contre la vitre pour faire des dessins. Des initiales peintes à la buée.

Le disque m’a coûté quelque chose comme cent-cinquante francs, une fortune quand vous n’avez que l’argent de poche pour subvenir à vos besoins culturels. La piste 17 de l’album Nimrod, une berceuse aux accents de colère qui vaut la peine d’être écoutée à chaque moment de doute. Du moins ça a toujours marché pour moi. Plutôt stupide, uh ? Je suppose que n’importe quelle chanson de The Velvet Underground, ou de Sonic Youth, aurait sonné infiniment plus cool.

Il est vain de s’embarrasser des éternelles opinions des autres. Il faut avancer quoiqu’il arrive, à sa façon, et peu importe le reste. Ils sauront mieux que vous comment faire. Ils vous feront la leçon. Ils vous connaîtront mieux que votre propre mère, édicteront des vérités factices à votre sujet, et ne se rendront jamais compte de leur erreur. Il leur suffira d’un détail. Ça vous rendra fou, dans un premier temps. Fou et triste, qu’on vous juge à partir de pas grand-chose. Moins ils en sauront sur vous, plus ils parleront. L’imagination sert à combler le vide.

C’est en entendant Good Riddance que j’ai compris ça, que la petite peur qui venait se coincer entre les omoplates sans raison s’est désagrégée. Simplement, il faut parfois que je le réécoute pour me rappeler pourquoi je laisse tomber. Pourquoi je ne prends pas part à toute cette agitation. Ce n’est pas parce que je vaux mieux que ça. C’est parce que c’est, en attendant le prochain, le meilleur moment de ma vie.