Le blog d'Elixie
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Rollerskate Skinny

8 juin 2010

Parce que ça faisait longtemps, les meilleurs bouquins que j’ai lus ces derniers temps :

1. Mainstream, de Frédéric Martel.

Journaliste & sociologue, Frédéric Martel a mené une enquête de cinq ans (R.E.S.P.E.C.T.) aux quatre coins du monde pour répondre à cette question : « comment est fabriquée la culture mainstream ? ». Son travail d’investigation sent la sueur, et son style simple et direct vulgarise le tout. Parfait si vous ne vous êtes coltinés que des romans dernièrement et que vous voulez peaufiner votre culture générale sur Walt Disney, Bollywood et l’affrontement « Cinéma Indépendant Européen & Poésie Avant-Garde VS Blockbusters & Best-sellers ».

2. Scott Pilgrim, de Brian Lee O’Malley

Ce canadien vient de passer les trois dernières semaines les fesses vissées sur son siège de bureau pour nous offrir le sixième et dernier volume de sa saga qui sortira en V.O. le 20 juillet. Merci à lui. La traduction française est plutôt pas mal, mais seul le premier tome (Scott Pilgrim : Precious Little Life) est pour le moment disponible chez nous. Si vous aimez la frustration donc (et vous tortiller d’impatience dans le bus parce que votre station d’arrivée est encore loin), vous pouvez le lire en français. Si ça vous dit d’en savoir un peu plus, j’ai écrit un papier sur Madmoizelle. (Attention :  le dessin est en noir et blanc).

3. Cocaïne et chaussons blancs, d’Eugénie Lavenant.

L’illustratrice de 34 ans – qui porte l’un des prénoms les plus cools de la Terre – reproduit à l’encre des clichés paparazziens d’Amy Winehouse, ajoutant une petite phrase naïve, violente et circonstanciée : « elle se lasse des sucreries, de son mari et de sa belle famille » ; « elle s’endort sur scène, ses petits chaussons blancs déchirés et pleins de poussière« . A lire plutôt en écoutant la B.O. de Reservoir Dogs.

4. Kentucky Straight, de Chris Offutt.

J’avais deux bonnes raisons pour lire ce bouquin : 1) il s’agit de nouvelles noires 2) il a été traduit par Philippe Garnier. En levant le nez de là, on pourrait presque encore voir les buissons de salsepareille sur les collines du Kentucky et sentir les herbes brûlées. Pour se plonger dans l’ambiance, à lire un soir où le ciel est maussade avec quelques chansons d’Hank Williams en fond.

5. H.P., de Lisa Mandel.

Si vous avez déjà lu un peu de Lisa Mandel, vous êtes au courant pour son humour caustique & ses anecdotes pleines de drôlerie. Avec H.P. l’asile d’aliénés, on découvre qu’elle sait également raconter les histoires les plus dures. Quand sa mère et son beau-père, tous deux infirmiers psychiatriques, prennent leur retraite, Lisa Mandel décide alors d’interviewer plusieurs autres personnes ayant travaillé dans les hôpitaux psychiatriques à la fin des années 60, et de mettre leurs témoignages en dessins.

6. Crise d’Asthme, d’Etgar Keret.

Quand il faisait mauvais, il n’y a pas encore si longtemps que ça, j’avais décidé, après Kentucky Straight (c.f 4.), de me nourrir exclusivement de nouvelles. Crise d’Asthme en répertorie 48 : des fantastiques, des rythmées, des poétiques, des comme des faits divers en prose. C’est vraiment un bon livre. Je me trompe peut-être (Nouvelles de Pétersbourg était au programme de Terminale il y a un sacré bout de temps), mais la plume de l’écrivain israélien m’a rappelé celle de Nicolas Gogol.

7. L’Art Difficile De Ne Presque Rien Faire, de Denis Grozdanovitch.

Denis Grozdanovitch est un ancien joueur de tennis, et a écrit cet essai super chouette – l’un de mes préférés de ces six derniers mois, haut la main. C’est en partie à cause de lui que j’attends l’été pour aller faire des pique-niques au bord de la rivière. Mélange de philosophie et de réflexions diverses et variées sur les sandwichs, Simone de Beauvoir et Pékin, L’Art Difficile De Ne Presque Rien Faire m’a mis du baume au cœur.

8. Kate Moss Machine, de Christian Salmon.

Christian Salmon a écrit le fameux Storytelling en 2007, qui analysait l’art et la manière de raconter des histoires (en politique, marketing et autres) pour fasciner le public. Dans Kate Moss Machine, il prend un cas particulier (l’icône de mode), décrypte l’image qu’elle renvoie, et explique comment elle a réussi à se rendre indispensable. Si vous aimez un peu Kate Moss et/ou la sociologie, c’est l’ouvrage idéal pour le hamac.