Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

Things are pretty hot right now they say

1 avril 2010

Eh ben dis donc !
J’aimerais dire que si je n’ai pas posté pendant tout ce temps, c’est parce que le lendemain de la diffusion du clip de Lady GaGa, un groupe de lutins facétieux (Ignace, Boris et Raoul) a frappé à ma porte et qu’ensemble nous sommes partis pourfendre l’augmentation du gaz à bord d’une fusée aux couleurs chatoyantes, mais mon cerveau était tout bonnement vidé.

Et le problème, avec un cerveau improductif, c’est que l’argent file vite. J’étais assise sur les escaliers du jardin avec un de ces quotidiens gratuits de 45 pages sur les genoux et une bière éventée à mes pieds, quand ma voisine du dessus ouvrit sa fenêtre pour faire s’envoler les notes d’un tube des années 80. Un instant, croyant que la musique s’échappait d’une chambre de l’hôtel de passe voisin, je m’attendais à voir passer un trognon de pomme par-delà les arbustes, parce que c’est un truc que les filles d’à côté ont tendance à faire à l’arrivée des beaux jours. Je levai la tête et je vis Madame Del Aguila, les cheveux collés par la teinture prune, me faire des signes amicaux. Bon, je dois dire que j’étais plutôt de mauvaise humeur. D’une part à cause de mon argent qui filait vite, et d’autre part parce que j’avais un nouveau bourrelet au-dessus de la ceinture. Quelques ronchonnements plus tard je pensais avoir la paix.

Mais voilà que Madame Del Aguila revint à la charge.

« On s’rait mieux avec un hamac, pas vrai ? »

J’arrive jamais à détester Madame Del Aguila, même quand elle passe l’aspirateur à des heures pas croyables ou qu’elle appelle ses amies espagnoles le dimanche matin.

« Dites, vous savez pourquoi la deuxième poubelle de l’immeuble est fermée avec du scotch ?
- Ah ça non, ça doit être Monsieur Dierx qui a fait ça !
- Il doit sûrement y cacher un cadavre alors. »

Elle se mit à glousser.

« Un de ces jours, quand il fera plus chaud, on pourra se boire un peu de vin blanc ensemble, me fit-elle.
- Ah ça oui.
- Et vous pourrez me lire un peu le journal ! J’adore ça. Pas la rubrique nécrologique, hein, bien sûr.
- Bien sûr. »

Alors je me suis rappelée qu’au début du XXème siècle, dans les manufactures de cigares souvent, il y avait un lecteur. Le lecteur se posait sur une estrade et lisait à voix haute le journal – ou parfois des romans – aux employés. La radio n’existait pas encore, si ce n’est sur des paquebots de la flotte britannique. Ça avait l’air d’être un sacré boulot ! Un de ces boulots qui permet à l’argent et au temps de ne pas filer trop vite.

C’est dommage qu’on n’engage plus de lecteurs qu’à Cuba.