Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

K-k-kind of busy

14 mars 2010

Je me suis dit que ce soir, au lieu de faire du mal à mon foie, j’allais faire un post en écoutant Sum41.

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Non pas pour parler de mon passage préféré du clip de Lady Gaga feat. Beyonce* mais pour ceci :

Une Analyse Comparative : Freelance VS Salarié.

Le réveil

La première fois que vous dites à votre interlocuteur que vous êtes freelance, inévitablement vous verrez sa cornée s’embraser et de sa bouche sortiront les mots suivants : « Oh ! Alors tu te lèves à l’heure que tu veux ? ». Ça, ce sera dans les bons jours. La plupart du temps, la personne en face de vous ne prendra même pas la peine d’ajouter un point d’interrogation. Car qui serait assez fou pour se lever à l’aube quand il travaille chez lui ? Si je ne l’avais jamais été, il est probable que je me serais moi-même imaginé les freelances comme des branleurs passant leur journée à se dessiner des peintures vaudou sur le torse en hurlant des insanités depuis leur balcon. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai accepté ce job. Mais la vérité est nettement moins reluisante : un boulot reste un boulot qui doit être fait en temps et en heure.

Les collègues

Admettons-le : passer ses journées seul, ne communiquer que par mail, et manger ses spaghettis face à l’Édition Spéciale de Canal + en rêvant d’un monde où Ariel Wizman serait un de vos voisins (un voisin avec de supers cravates)… ça peut vous ravager le système nerveux. Il arrive que cette solitude se transforme en une paranoïa hallucinatoire (« Qu’est-ce que c’était que ce bruit ? Nom de Dieu, je suis sûr qu’une prostituée assoiffée de sang, de débauche et de XBox 360 est en train de rentrer par effraction chez moi ! ») et que vous vous mettiez à rire de façon démente à la vue d’une coquille dans la newsletter des 3 suisses. Les collègues peuvent donc avoir du bon, même si vous êtes obligés de leur faire la bise le matin, d’écouter leurs plaisanteries diarrhéiques et de les entendre râler toute la sainte journée.

Degré de liberté (1)

Au travail, un salarié peut rarement amener son chat ou son arbalète ni même consommer de l’alcool ou des stupéfiants. Il se peut aussi qu’il ait un accès restreint à Internet grâce aux serveurs nazis de son entreprise. Plus de YouTube, ni de MSN, et encore moins de Spotify. Deux issues possibles : travailler ou se laisser crever d’ennui. Comme la capacité de l’être humain à glander sans relâche est supérieure à celle de bosser, il va tenter par tous les moyens de contourner ces interdits – ce qui lui prendra en moyenne 1h avec un taux d’échec de 92% (il ne réussira qu’à installer une version pirate MSN où aucun de ses amis ne sera connecté).

Degré de liberté (2)

Partir à 16h est plutôt mal vu dans une boîte, quand bien même on a abattu sa besogne. Hypocrisie et remix de Cindy Sanders ! Lorsqu’on travaille à son propre compte, faire semblant s’avère inutile : une fois le travail terminé, on peut faire des blagues téléphoniques sans culpabilité aucune. Mais cette absence de limites peut se retourner contre vous : bosser jusqu’à minuit, le week-end et les jours fériés, est monnaie courante chez le freelance. Gros avantage : son espace de travail est nécessairement « porn shui » (terme inventé par Diablo Cody et qui désigne une bonne orientation d’écran d’ordinateur permettant de regarder du porno en toute impunité pendant ses heures de travail). En d’autres termes, aucun collègue de l’open space n’est là à rôder tel un vautour inquisiteur.

La tenue

Le freelance a tendance à vivre en pyjama jusqu’au déjeuner, histoire de bien s’aérer l’entrejambe. Après ça, il enfilera un vêtement informe non sans une certaine tristesse (à quoi bon mettre ses habits du dimanche ? Personne n’est là pour les voir). Néanmoins, le salarié pourra être victime de l’effet inverse : dès lors qu’il sera bien habillé, tout le monde – de la secrétaire au boss – fera une remarque sur sa tenue du jour. Il s’agira souvent d’une moquerie cachée sous forme de compliment : « eh ben dis donc, Marie-Moule, t’es habillée CHIC aujourd’hui » (sous-entendu : « tu peux pas t’habiller en pantalon et chemise comme le reste de la plèbe ? t’as une touche avec l’informaticien ou quoi ? »).

Droits & avantages sociaux

Au bout de quelques années, le freelance croit se rappeler que le mot RTT désigne un navet avec Kad Merad. La liberté a un prix et les congés payés, arrêts maladie et autres allocations chômage ne font pas partie du vocabulaire du travailleur indépendant. Reste à savoir si vous préférez pouvoir manger des Frosties nu sur votre sacco ou avoir cinq semaines de vacances par an. Quelles sont vos priorités dans l’existence ?

*Même si le passage où Beyonce, les lèvres goudronnées, dit « You’ve been a very bad girl, a very very bad bad girl Gaga » est super, le meilleur passage reste bien évidemment « LET’S MAKE A SANDWICH ».

Sincerità

12 mars 2010

Et bien sûr, la question « bon sang, maintenant qu’est-ce qui va se passer ? ».
Une vie plutôt paisible.Hunter S. Thompson : Journaliste & Hors-la-loi par William McKeen, des frites molles, de la musique pop italienne, des douches brûlantes, et beaucoup de passants qui hurlent, parlent, claudiquent seuls, visiblement poussés à bout par des démons intérieurs, et qui n’en seraient pas moins enragés s’ils se trouvaient face à un escadron de flics prêts à lâcher la lacrymo. C’est alors que je comprends que mon ventre s’est vidé de ses tourments, et que mes tripes sont en train de se ramollir en une espèce de guimauve sentimentale.

Depuis cet été 91 passé à croquer des grains de raisin, pieds nus sur la coursive d’une maison à Alès où il régnait une légère odeur de colle à tapisserie et où les mélodies de R.E.M tournaient en boucle dans la chambre du fond, j’ai compris que je ne marcherais jamais qu’à l’indiscipline. Ça peut sembler aberrant d’avoir cette conviction alors qu’on n’a connu que huit étés. Mais quand la seule autre créature à avoir votre âge est un vieux clebs qui aime à lécher les bouteilles de vin rouge vides entreposées près de la porte, il vous reste beaucoup de temps pour réfléchir. La nature est bien faite : j’ai la révolte facile. Toute forme d’autorité ne mérite cependant pas qu’on s’acharne contre elle. C’est avant tout l’auto-proclamée, la pernicieuse, la péremptoire, celle qui s’apparente à du despotisme ordinaire et qui est souvent l’arme des putois arrogants cherchant à noyer leurs propres échecs qui mérite d’être combattue.

Et si je commence à passer outre, si je commence à trouver ça dérisoire alors je peux tout aussi bien me caler la tête sous l’aisselle jusqu’à l’asphyxie. Mais je le sens bien, que mes pupilles sont ternes depuis quelques temps, que mon cerveau est apathique et que je ne peux répondre à la question sans rire bêtement. Oh ça, j’ai la forme ! Je mange comme un ogre et je dors tout mon soûl, je danse aussi souvent que possible et je m’en jette quelques-uns derrière la cravate dès que l’occasion se présente, mais la bestiole velue aux dents acérées au fond de moi est lessivée.

Selon mes estimations, elle devrait réapparaître au concert de Hole – disons plutôt, de Courtney Love – au mois de mai, plus grosse, plus suintante et plus déchaînée que jamais.

Faster Britney, Kill ! Kill !

4 mars 2010

704 canettes de Coca-Light, 5 centimètres de cheveux en moins, 3 vernis à ongles différents qui s’écaillent un peu plus à chaque vaisselle, 22 700 kilomètres au compteur, 29 hamburgers, 38 cartes postales, 5411 dollars, 1 film avec Alicia Silverstone et douze mois de travail, et je ne sais toujours pas s’il existe un terme exact pour décrire ce sentiment confus mêlant fierté et angoisse.

(Pour fêter ça, ma photo préférée de Britney Spears.)

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Britney, Juin 2006 © Glamour UK / Icon International

Au début, vous pensez naïvement qu’écrire un livre c’est enfiler des mots sur deux-cent pages au lieu des deux que vous faites d’habitude. Vous vous dites que ça va être un travail de longue haleine, peut-être même que vous avez déjà quelques manuscrits mal fignolés dans le tiroir… vous avez une vague idée du truc. Sauf que là c’est sérieux putain, il s’agit pas d’écrire de la prose emo comme quand vous aviez 17 ans, ni des phrases débiles post-cuites ; si ça se trouve un jour Mr Pennequin, votre ancien prof de français, va tomber dessus, et il sera pas question de lui faire honte.

Et ça sera peut-être bien votre premier et dernier bouquin.

Quand vous avez compris ça, vous pouvez commencer à prendre des notes sur les nappes en papier des restaurants, à gribouiller vos pensées dans le carnet posé sur votre table de chevet, à ingérer des milliers de pages numérotées, et à écrire. Parce que ce sera vraiment pas du gâteau. Mais ce sera vraiment super. Le meilleur job de votre vie.

Comment je n’ai pas rencontré Britney Spears sortira le 19 mai aux Éditions Rue Fromentin.

La description :

Depuis 10 ans, Britney Spears occupe, avec une étonnante longévité à l’ère des icônes jetables, le devant de la scène pop. Qui est cette girl next door, ni exceptionnellement belle, ni exceptionnellement douée : Wonder Woman surpuissante ? Punk cachée ? Marionnette aux mains de l’industrie musicale ? Victime des tabloïds ? Elise Costa est partie à sa recherche sur les routes américaines. A mi-chemin entre la réflexion sur le star system et le journal de bord, Comment je n’ai pas rencontré Britney Spears traite avec humour et empathie des cheeseburgers, des tabloïds, et bien sûr des chanteuses pop.

Il sera disponible dans votre librairie préférée (il faudra probablement le commander ceci dit), sur le site de ma maison d’éditions et sur Amazon / Fnac.