Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

oh no i didn’t see you there / some uncategorizable creature

27 février 2010

Après deux semaines à manger de la soupe lyophilisée et à traîner dans des vêtements informes, le soleil s’est mis à cogner contre les vitres. Et d’un coup d’un seul, la rue a été silencieuse.  J’ai enfilé mes patins à roulettes et, à moitié chancelante, les basses de New Found Glory qui crevaient les hauts-parleurs,  je me suis mise à patiner dans tout l’appartement en pyjama. Dû à un manque d’entraînement évident, je me suis dit que ce n’était peut-être pas la peine d’aller semer la panique de l’autre côté des murs. J’ai encore le cul endolori et c’est une chose que je tente de garder pour moi à cause des blagues vaseuses qui seraient susceptible d’être évoquées -  je ne blâme personne, je ne suis pas quelqu’un de très subtil non plus -. Quand j’eus fait suffisamment de raffut au-dessus de la tête de mes voisins, c’était déjà foutu depuis un moment. J’ai repris un bol de céréales, ai posé ma fesse douloureuse sur le canapé, réfléchi quelques secondes à ce qu’Indiana Jones ferait à ma place.

Je crois qu’on ne peut faire face à l’existence sans avoir vu la trilogie d’Indiana Jones. Si vous êtes un garçon, vous avez plus de chances de réfuter cette idée, et de me soutenir que les meilleurs préceptes de vie se trouvent dans Star Wars. Pure spéculation. Comment pourrait-on s’identifier à un Jedi quand on sait que les sabres lasers, les robots pourvus d’une conscience et les guerres interplanétaires n’ont jamais existé ? Et que le pouvoir de la force est un concept de science-fiction dont la seule réalité potentielle serait le bouddhisme ? Indiana Jones, lui, a dit : « je vais continuer à faire les choses à ma manière », et cette pensée me parait être la plus sensée.

C’est comme ça que je me suis retrouvée à jouer à Street Fighter 4 toute la foutue matinée. Croyez-le ou non, mais il y a drôlement de gens qui jouent à Street Fighter le vendredi matin. Au moins 11 Ryu, 6 Chun Li et 2 Blanka, à vue de nez. Je me demande s’ils culpabilisaient d’être là. S’ils se disaient « encore une partie et je vais à la banque » ou « je devrais arrêter ça et me mettre à bosser ».

Moi, ça ne m’a pas effleuré une seconde. Mais heureusement que je n’ai pas les responsabilités d’Indiana Jones quand même.