Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

I know it enough to believe it

14 décembre 2009

Aujourd’hui, voyons à travers le film Jennifer’s Body un cas souvent exploité dans le cinéma fantastique : le passage où le héros / l’héroïne comprend qu’elle a affaire à une créature surnaturelle grâce à un bouquin déniché dans le rayon « paranormal » de n’importe quelle bonne bibliothèque.

Phase n°1 : « Ah voilà j’ai trouvé le livre que je cherchais ! »

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Le personnage principal a compris qu’il était face à un sérieux problème. Un problème autrement plus complexe qu’une simple mauvaise humeur due à des remontées acides ou à un arrêt brutal de la clope. Son intuition lui dit qu’il côtoie quelqu’un ou quelque chose de démoniaque et que ce n’est pas sur Wikipédia qu’il va trouver la solution.

Phase n°2 : « Ah voilà j’ai trouvé le chapitre qui m’intéresse en latin ! »

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Depuis que la petite fille dans l’Exorciste a insulté la mère du prêtre en latin, on sait que le latin est la langue de tous les dangers. C’est pour ça qu’elle persiste à être enseignée au collège et au lycée : parce que les adolescent(e)s sont souvent confrontés à des créatures maléfiques et que sans l’apprentissage de cette langue, ils seraient foutus.

Phase n°3 : Superposition d’illustrations effrayantes et textes police 74

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On superpose des dessins de Belzébuth et d’êtres humains en pleine agonie qui datent de trois ou quatre siècles avec des mots-clés formant des phrases grammaticalement incorrectes. Par exemple les mots « LIMBES HEMOGLOBINE RITUEL MORT SODOMIE » défilent lentement, entraînant alors une certaine angoisse chez le spectateur.

Phase n°4 : « Putain, mais c’est grave la merde là ! »

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Un gros plan sur les yeux écarquillés du personnage principal est indispensable. Notez également le sourcil froncé. Parfois accompagné de la voix off du personnage principal qui murmure ce qu’il est en train de lire. La situation est plus grave que ce que vous imaginiez.

Phase n°5 : Encore un peu de superposition d’images préoccupantes et de passages qui font peur

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Parce qu’on ne s’en lasse jamais. S’en suit un retour sur le personnage principal une poignée d’heures après qui est alors soit (1) en phase « La vie c’est vraiment de la merde, d’abord la taxe d’habitation et maintenant ça » (2) en phase « je ne crains pas les créatures surnaturelles. Je me confronte à elles »

Le processus fut un grand classique de Buffy contre les Vampires dans les premières saisons (les phases 3 et 5 sont même au générique), s’est retrouvé récemment dans Twilight, et peuple un grand nombre de films du genre que je ne saurais citer parce que je suis fatiguée et inculte.

Sinon Godard disait : « pour faire un film, il faut obligatoirement une fille et un pistolet ». Et dans Jennifer’s Body, il n’y a pas de pistolet. Mais quand même, j’ai bien aimé (je soupçonne Godard d’avoir déclaré ça bourré). Disons que c’est un film raté bien (et non l’inverse).