Pourquoi Glee est une série ratée ?
Parce que depuis que j’ai vu The Sound of Music, avec Julie Andrews, un après-midi pluvieux dans la banlieue londonienne, j’aime autant les comédies musicales que découper des petits bouts de kiri dans ma soupe, j’avais plutôt hâte de voir Glee (surtout que série-télévisuellement parlant, il n’y a plus grand chose à se mettre sous la dent depuis deux semaines). Sorte de High School Musical dawsonien*, Glee se veut rafraîchissant mais le résultat est plutôt mi-nul.

L’un des personnages principaux, Rachel Berry, me donne envie de m’enfoncer un tournevis dans l’œil à chaque fois qu’elle apparaît à l’écran. Comment voulez-vous vous identifier à un personnage bourré de mimiques, qui s’imagine être la prochaine Céline Dion, et qui a les chevilles aussi grosses qu’un pigeon gavé de chlorhydrate ? De manière générale, peu de personnages de Glee sont réellement attachants. Le professeur d’espagnol, censé être le héros de la série, a autant de charisme qu’un cactus. La seule à être intéressante à tous les points de vue est Emma Pillsbury :

Vous reconnaissez peut-être l’actrice, Jayma Mays, qui a joué le rôle de Charlie dans la saison 1 d’Heroes. Charlie était serveuse dans un diners, avait le pouvoir de mémoriser tout ce qu’elle lisait, et Hiro l’aimait bien, jusqu’à ce qu’elle se fasse scalper par Sylar. C’était déjà mon personnage préféré d’Heroes après 2 répliques et voilà qu’elle se fait tuer comme si elle était au générique de Dallas.
Mais le plus gros problème de Glee, après les mauvais playbacks ce sont les clichés :

Les pom-pom girls sont machiavéliques, la prof de sport masculine fait des blagues sur son absence d’utérus, ah ah ah, la fille noire est ronde, aime le r’n'b et cite Beyoncé comme référence, et le gay se prend évidemment pour une fille. On est loin du personnage de Marshall dans The United States of Tara, et on est loin du scénario subtil. J’ai grandi dans les années 80, j’ai regardé les rediffusions des classiques eighties pendant les vacances scolaires, et j’ai eu mon quota de caricatures, mais apparemment pas les créateurs de Glee, dont le rêve absolu doit être de se marier et d’avoir deux enfants (un garçon et une fille).
Du coup, la crédibilité de l’histoire en prend un coup, et ce qui pourrait très bien passer dans un spectacle de Broadway s’essouffle sur la longueur (chaque épisode dure 50 min). Les quelques bonnes idées (Kurt qui joue dans l’équipe de foot, la chorale qui prend des amphets avant un concours), même si elles ne sont pas super bien exploitées, permettent tout de même de mettre le cerveau en veille et de se laisser porter par l’intrigue.
Sur ce, c’est l’heure d’aller voir la surprise du jour du calendrier de l’Avent.
*Dawsonien = terme servant à désigner une série / film avec des faux adolescents, les acteurs jouant des teenagers de 16/17 ans ayant plutôt dépassé les 20 ans sur leur carte d’identité et devant se raser régulièrement sur le plateau pour maintenir l’illusion (ça vaut également pour Katie Holmes).
