Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

The Vagrants Day of Thanks

26 novembre 2009

Demain soir, dans notre bar-café de prédilection sera organisé un Thanksgiving pour tous les éclopés et les sans-famille comme nous, avec de la dinde, de la cranberry sauce et de la purée de pommes de terre. Il y a plusieurs choses pour lesquelles je suis reconnaissante de ce mois de novembre perdue au milieu de Pacific Northwest, des petites fiertés aux coups de sorts heureux, et si je devais en faire la liste non exhaustive je dirais :

strip

Las Vegas, pour sa folie nocturne et ses néons écarlates à en griller la rétine, son strip jalonné de mafieux en tous genres et ses larges avenues hystériques où la musique poussée quelques décibels au-dessus de la moyenne filtrent à travers les portes battantes des casinos, ersatz de saloons. Les mormons semblent avoir définitivement décampé dans l’Utah quand on traverse de part en part les couloirs sans fin de Sin City.

pennies

Sur la terre promise de la pluie et du temps maussade à vous foutre le moral bien bas, nous avons avant tout vu du soleil récalcitrant et des bourrasques de vent timides, du ciel bleu clair et bleu foncé, et des animaux agressifs comme dans un bon épisode des Simpsons.

sf

L’aller-retour dans la journée que Pénélope m’a offert pour mes 26 ans et 11 mois, où nous avons marché sur les trottoirs de Mission et de Castro sous un astre de plomb et les palmiers californiens. Le cheesecake au citron et au coulis de framboise sur les toits chauffés d’Union. C’était la première fois que j’allais au Cheesecake Factory, et la première fois où j’étais servie par un sosie moche de Sheldon Cooper.

hawthorne

Mais ce dont je serai le plus reconnaissante, ce sont les routes. Les routes des campagnes de l’Oregon et de l’État de Washington, délimitées par cette ligne jaune qui remonte jusqu’à l’Alaska, les routes à moitié boueuses, les routes jonchées de feuilles mortes et de marrons éclatés, et les ruelles balisées par les poteaux en bois sur lesquels s’entassent les affiches trempées, émiettées et déchirées des concerts du coin.

Je ne suis pas sûre qu’on quitte vraiment Portland.