Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

Jour 19 – Seattle, guaranteed to blow your mind

16 novembre 2009

Vendredi 13 et autres joyeusetés. Il ne pleuvait presque pas lorsque nous avons pris le bus jusqu’à la ligne jaune, jusqu’à l’Union Station située au Nord Ouest de la ville. A la gare, le guichetier nous abreuva d’informations sur les bourgades où nous allions nous arrêter, les cascades glacées et l’origine géographique du train dans lequel nous grimpions dix minutes plus tard – le temps d’attraper un muffin industriel et des crackers pour la route.

Le chemin qui longe la côte jusqu’à Vancouver est l’un des plus beaux que j’ai pu emprunter pendant mes années de carte 12-25. Quand les rails rejoignent les lacs, c’est un peu comme si on glissait sur les ondulations argentées de l’eau et qu’on sentait le froid de l’extérieur rentrer dans nos narines.

Bien sûr Olympia, WA est un patelin gris et triste à crever, sinon pourquoi Courtney Love en aurait parlé ?

La première surprise qui a éclaté devant nos yeux comme une bulle de savon a été l’apparition des buildings, masses de briques, de verre et de fer se hissant des trottoirs de béton jusqu’au ciel. Deux semaines et demie que nous évoluions au milieu des maisons colorées et des palissades recouvertes de lierre, deux semaines et demie que nos yeux n’avaient pas vu d’autres hauteurs que les pins et les poteaux électriques.

La chambre de l’auberge de jeunesse était, à peu de chose près, recouverte de ce vert moisissure qui est en train de ravager notre citrouille mutante. Il nous fallut un cheeseburger et quelques cocktails trop sucrés pour surmonter ça.

C’est comme ça que nous nous sommes retrouvées dans un bar goth à écouter de la new wave tandis qu’un travesti du nom de Sonia nous racontait comment son manteau était en chinchilla. Et croyez-moi, vous êtes contents que je n’ai pas de photo de ce moment-là.

Sur les collines de Seattle, dans le quartier de Capitol Hill, peu importe le nombre de photos qu’on peut y faire, aucune n’arrive à rendre l’atmosphère qui y règne. C’est comme si Twin Peaks avait été écrit par Lucy Maud Montgomery. Vivre ici doit être plutôt pas mal, quand on est à la retraite ou qu’on a la gueule de bois.

Derrière se trouve le Lake View Cemetery, où certains se sont amusés à faire un concours morbide de  « qui aura la plus grosse ? » (Clive & Lewis ? Vous devriez avoir honte de faire ça à côté de la tombe de Bruce Lee – qui de toute façon vous tabasse tous).

Après une longue balade dans les rues de la capitale du grunge où se tenait l’exposition Bodies (interdite d’ailleurs en France), le Pike Place Market et le Space Needle, ovni architectural qui surplombe la ville au 400 Broad St., nous avons avalé un bon clam showder sur le port, sorte de soupe épaisse servie dans un bol de pain :

Pendant tout le temps on nous mangions, des petits vieux amoureux étaient attablés à côté de nous et se seraient les mains. Ça m’a rappelé que Barbu me manquait. Un peu.