Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

Fucking squirrels

10 novembre 2009

Cette fascination française pour les écureuils doit cesser. En 2002, sur la route reliant Monterey à Carmel – l’ancienne ville de Clint Eastwood -, j’éprouvais un amour sans borne pour tous ces petits animaux au pelage soyeux qui réclamaient des cookies. Ils s’approchaient, l’oeil humide, pour choper les miettes dans la paume des mains des conducteurs qui s’étaient arrêtés au bord de la falaise de la côte ouest.

catORsquirrelIllustration @ Gemma Correll, découverte grâce à ma dealeuse de Crystal Meth

En 2006, lorsque j’étais à Montréal, les écureuils peuplaient l’arrière-cour de la radio locale pour laquelle je bossais. Ils étaient si mignons, avec leur queue touffue et leur petit popotin rebondi, j’avais envie de leur faire des bisous et d’adopter la famille entière. Maurice, le programmateur musical, avait alors pris mes illusions, les avaient regardées, puis les avaient piétinées comme ses mégots de clopes : « les écureuils, ce sont des rats ».

Soudain, tout s’était éclairé : les écureuils faisaient les poubelles, l’écume aux lèvres ; les écureuils vous regardaient fixement dans le noir, leurs longues griffes fourchues plantées dans les poteaux électriques ; les écureuils ressemblaient souvent à des chauve-souris obèses prêt à se prostituer dans les bas-fonds de la ville pour se payer à manger ; les écureuils n’avaient rien à voir avec Tic et Tac. Ces fils de putes étaient des prédateurs qui avaient le regard de ceux qui ont déjà goûté le sang.

Ah et ce matin, en voyant la carte d’identité que je lui tendais pour acheter ma bière, mon caissier de Safeway a dit « obviously fake ». Ça m’a fait beaucoup rire, mais je suppose qu’il fallait être là pour trouver ça drôle aussi.