Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

Life has just begun

7 novembre 2009

« Qu’est-ce que vous venez faire à Portland ? » est la question que nous avons le plus entendue jusqu’à maintenant. A huit heures du matin au Cricket Café, sur Belmont St., à midi à l’arrêt du bus 72 qui traverse le Nord Est de part en part au-delà de la Pacific Highway, sur le trottoir d’en face où Chris, le proprio, a garé son truck à la peinture écaillée sur lequel est collé un sticker « I ? Wood ».

J’aimerais donner de bonnes raisons, des prétextes intello-chics et des phrases toutes faites, mais il n’existe absolument aucun argument tangible qui permettrait à notre interlocuteur d’hocher la tête avec compréhension. Je suppose que c’est le genre de voyage où on ne comprend qu’une fois sur place ce qu’on est venu y faire.

Raison n°1 : Le train qui passe au moment de s’endormir.

La pluie doit subir le décalage horaire : elle ne se réveille qu’à partir de 23h. La nuit, on entend d’abord, la couette remontée jusqu’aux oreilles, le crachin frôler les fenêtres, puis l’averse fouetter les vitres, et dans cette ambiance de fin d’automne on perçoit au loin le sifflement du train – qui glisse de l’autre côté de la rivière. Au réveil, le seul souvenir qui nous reste, ce sont les feuilles couleur lie-de-vin collées à l’asphalte.

Raison n°2 : C’est une terre de beatniks (dans le bon sens du terme)

« It’s a small city », dit Zia McCabe dans le documentaire Dig!.
Dans notre café qui porte le nom d’un chanteur de blues né en 1915 dans le Mississippi, les canapés sont à carreaux marron verdâtre, le café à 1$ si on ramène son mug et les no-bake cookies à 1.15$. On y croise jour après les mêmes têtes, jusqu’à devenir ces mêmes têtes. Il y a ce gars du Nouveau Mexique, qui se trimballe un peu partout avec son sac-à-dos auquel il a attaché une gourde de cranberry juice. Shirley, la serveuse de 9 à 13h, a une petite hirondelle de la largeur d’un ongle de pouce tatouée à la racine des cheveux qu’elle a rasées. Mickael et Angela, qui viennent de St Louis, viennent jouer du banjo et l’accordéon le jeudi soir pendant l’Open Mic. Mickael a « NEVER AGAIN » encré dans l’avant-bras. Angela a des fleurs pastels sur l’épaule.
Je ne sais pas qui n’a pas de tatouage dans cette foutue ville. Peut-être ce mec de Caroline du Nord qui chante faux, ou le « Cowboy Macauley Culkin », grande tige d’1m90 qui porte des santiags et des pulls en grosse laine et qui est, selon la légende, grimpeur d’arbre (il serait venu en Oregon parce que c’est ici que les pins sont les plus grands).

Raison n°3 : La musique super chouette

Même si on n’y a toujours pas entendu de Britney Spears, la plupart des boutiques et bars du quartier d’Hawthorne regorgent de playlists rock’n'metal’n'indie. A ce propos, est-ce que je vous ai parlé de notre groupe ? On a un groupe. Mais pour le moment, personne ne veut nous signer, allez savoir pourquoi.

Ce qui m’amène à ceci :

snuggie

Je cite ma partenaire ninja : « la piste n°4, c’est du Fergie ». Bon Dieu, mais si Rivers Cuomo prend du crystal meth, que va-t-on devenir ?

Ce qui m’amène à ceci :


photo trouvée grâce au web 2.0