Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

Thank you guys for making San Francisco this great

14 avril 2009

Alors qu’on sortait d’un café à pancakes new-yorkais en 2008, une fille perchée sur des talons Jimmy Choo était justement en train de dire – en français – au mec à côté d’elle :  « arrête de râler, tu es dans la plus belle ville du monde ».  Oh que non, jeune femme aux échasses hors de prix, déjà parce que le concept de « plus belle ville du monde » est largement cliché (voire stupide), ensuite parce que même en admettant qu’il y ait un classement, devinez quelle métropole serait bien avant New-York ?

Le traditionnel « eggs and bacon » au petit-déjeuner est tiré, comme le Père-Noël, d’un concept de pub américaine. Dans le film Chomsky et Cie, on apprend en effet qu’en réalité, au début du XXème siècle, l’industrie du porc a réuni plusieurs médecins pour qu’ils affirment que manger du bacon, c’était bien. Avec Barbu on s’en est donc tenu aux pancakes aux fraises, aux chicken-apple sausages et aux hashed browns. Les hashed browns sont une spécialité culinaire d’ici : ce sont des pommes de terre rapées et poêlées, qu’on mange souvent le matin avec un café bien noir.

Les murs de la ville sont couverts de peintures et de fresques, ce n’est probablement pas pour rien que Robert Crumb a élu domicile à San Francisco dans les années 60. Partout dans les librairies, on trouve une réédition de Ghost World, le roman graphique culte de Daniel Clowes qui lui aussi a décidé de venir habiter dans la baie de Frisco (même si techniquement, il vit à Oakland).

D’ailleurs, en parlant de bouquins etc. puisque de toute façon j’ai plus dépensé de dollars là-dedans que dans autre chose pour l’instant, il y a une boutique où traîner absolument ses savates, c’est Dog Eared Books, dans Mission St. : on y trouve des livres d’occasion ou neufs, ou neufs mais à un prix d’occasion, avec pour spécialité des auteurs du coin, ou des fictions / essais sur des phénomènes du coin, comme toutes les éditions de Hell’s Angels d’Hunter S. Thompson.

Après avoir parcouru le Cherry Blossom Festival dans Japantown où j’ai acheté dans une maison de la presse japonaise le fameux Tatoo Girls Overseas, un magazine nippon avec de jolies photos de tatoués, on est allé faire un micro-sieste à Alamo Square. Dis comme ça, ça ne dit rien, et pourtant, vous l’avez forcément vu dans le générique de la série La Fête à la Maison (et dans la présentation d’une maison de production, mais je ne sais plus laquelle) :

L’après-midi du dimanche de Pâques s’est divisée en deux parties : d’abord, le Hunky Jesus Contest, concours de plus beau costume de Jésus gay organisé par les Sisters (of Perpetual Indulgence), groupe queer qui prône la joie et la paix universelle, mais plus de façon marrante que moralisatrice. Sister Vicious par exemple, est arrivée en chantant la fellation (« I’m Sister Vicious and I’m here to recruit you« ) avant de s’exlamer : « ooooh il fait beau aujourd’hui, on dirait que Jésus nous AIME ». Pour l’occasion donc, le Mission Dolores Park était rempli de bikers en tutu sans slip, de nonnes aux seins nus, et de femmes lambda dansant au milieu des micro-chiens, un spake cookie dans chaque main.

C’était comme lire Têtu après avoir pris un LSD.

La deuxième partie fut le Bring Your Own Wheel, évènement qui a lieu tous les dimanche de Pâques – au départ sur Lombard St. la fameuse rue serpentée mais qui est devenue vite ingérable – sur les hauteurs de San Francisco (en même temps, y-a-t’il vraiment des trottoirs au niveau de la mer ici ? j’ai les cuisses de Serena Williams).

En gros, le principe est le suivant : chacun amène un vélo d’enfant, ou n’importe quoi qui roule (skate, poubelle, même chaise de bureau) et descend la rue (au croisement de Vermont St. et de la 20th) sans freins (voire sans protection). On a pu donc voir une tortue ninja, un spiderman et une sosie de Diablo Cody dévaler la pente. Si j’y pense en rentrant, je vous mettrais la vidéo.

Maintenant il est tard, et je dois absolument lire ça :

Mais désormais, vous savez pourquoi le Pr. Bobby Freckles a choisi de vivre dans cette ville : parce qu’elle est meilleure que lui, et c’est pas peu dire.