Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

Turkey Bagel, Liberty Ale and The Office episodes

11 avril 2009

Hello San Francisco !

DAY ONE

A Castro, je crois à Carmel St., il y avait un allume-feu en forme de gode près de la cheminée et une photo de Keanu Reeves dédicacée dans les toilettes. C’était en 2002 quand j’y ai vécu pendant un mois. Ce qui est bien c’est qu’avec le décalage horaire je peux vous raconter tout ça, mais le point important ce n’est pas seulement de placer le mot « gode » ici, c’est aussi de vous dire que depuis j’ai toujours voulu retourner à San Francisco.

On est parti le jour du 15è anniversaire de la mort de Kurt Cobain pour arriver les yeux bouffis de fatigue dans le petit appartement où Dashiell Hammett a écrit son roman policier Le Faucon Maltais. Derrière chez nous ont vécu Jack Kerouac et Neal Cassady, et notre lit est un matelas d’eau jonché d’oreillers moelleux comme dans ces épisodes de MTV Cribs.

En montant sur le toit de l’immeuble, un appartement au 3ème émane des vapeurs d’herbe aussi odorantes que nos aisselles, mais ici la marijuana c’est un peu comme boire un café importé illégalement : personne n’y fait vraiment attention.

Sur la terrasse, on s’est dit qu’il y avait pire comme vue :

J’avais oublié que les californiens étaient si gentils. Ils vous parlent dans la rue parce que vous avez un sweat Dunder Mifflin et vous racontent quels goodies de la série The Office ils ont. Ils sourient, beaucoup, alors que pourtant il y a pas mal de vent. Moi le vent j’aime pas trop ça, ça me donne envie de m’enfoncer dans un café aux posters jaunis. Je ne dois pas être la seule, parce qu’il y a un tas de café aux posters jaunis ici.

DAY TWO

D’abord la ligne F puis la 22 je crois, pour monter sur les collines. Les rues du Castro de 2009 sont envahies de panneaux « votez non à la proposition 8″ collés contre les vitrines, les fenêtres, affichés sur les poteaux électriques du quartier. La proposition 8 a pour but d’interdire les mariages gay en Californie, mais son vote par référendum est devenu un véritable enjeu politique pendant les présidentielles l’an dernier.

Il pleut un peu, mais on continue à marcher, de Nob Hill à Market St., remonter vers Chinatown puis tenter de trouver un endroit sympa où manger dans North Beach, le quartier italien, à côté du City Light Bookstores, la librairie qui fut condamnée en 1956 pour obscénité après avoir vendu Howl, de Ginsberg. En fait on pourrait croire qu’on passe notre temps à nous balader dans les endroits qui ont hébergé les microphénomènes de société du XXème siècle, mais tout dans San Francisco à une histoire.

On décide de pousser à fond la journée, on n’a pas d’ampoules et on tient le coup grâce aux smoothies de Jamba Juice. Le Cartoon Art Museum expose en ce moment une rétrospective Watchmen, avec les costumes du film, et des accessoires. A côté on peut suivre l’histoire des comics, de leurs débuts populaires à leur avenir sur Internet. Le Museum of Modern Art est un peu décevant, plutôt morbide et dépressif mais surtout je loupe le 1000 journal project de 3 jours, il va me falloir d’autres Jamba Juices pour surmonter ça.

Le soir, deux épisodes de The Office passent justement sur NBC, du coup pour l’occasion on s’achète de la bière locale dans la supérette du coin (yes i’m over 21, but thanks for asking) et je m’endors bourrée.

DAY THREE

Quand on se réveille à 6h du mat’ tout ce qu’on a à regarder ce sont les flashs météo d’une précision scientifique déconcertante et fortement utiles et Dr. Phil qui conseille les pré-pubères (pour l’anecdote, Dr. Phil avait beaucoup fait parler de lui en 2008 quand il avait déclaré à la presse qu’il souhaitait rencontrer Britney Spears pour évaluer son état de santé psychologique – et qu’elle l’a envoyé bouler). La maison de la presse est le premier truc qui ouvre, et derrière la tonne de magazines people consacrés à OctoMom, la femme qui a accouché de 8 bébés (« Mom from Hell« , « Save the babies » titrent les journaux), un rayon entier de poésie de Bukowski :

J’en ai qu’un parmi tous ceux-là, le moment est venu d’agrandir la collection.

Haight-Ashbury est un de mes quartiers préférés, gavé de sex-shops funkys et de boutiques vintages, et de petits cafés où on met facilement 20 minutes à choisir ce qu’on veut manger, alors que sérieusement, il est 14h, vous êtes debout depuis 8h et vous avez la dalle.

Deux magasins incontournables : Giant Robot, où s’entassent dans quelques m² plusieurs fanzines, bédés indés et tee-shirts colorés. J’y ai trouvé 365 days, le journal intime en dessins de Julie Doucet. Et Amoeba Records, à l’entrée du Golden Gate Park, qui, alors que tous les Virgins des Etats-Unis vident leurs stocks à – 60% pour cause de fermeture définitive, persiste à vendre des anciennes affiches de concerts rééditées, des disques live de Phantom Planet, des imports japonais de Weezer, et autres cds singles de Tori Amos.

A côté le cinéma repasse La Vie de Brian, des Monty Pythons. Ce qui a du faire plaisir aux manifestants qui préparaient Pâques dans la joie et la bonne humeur sur le trottoir d’en face.

Avant que la nuit ne tombe et après avoir longé le Golden Gate Park pour aller voir les bisons, puis Fillmore en bus, je me suis dit que j’avais bien mérité mes jolis ongles.

Et en rentrant, j’ai vu que Roomie m’avait préparé une surprise ! Woohoo Roomie ! You know I’ll be your cheerleader forever.

Maintenant, c’est un peu étrange de savoir que vous êtes en train de vous lever en France alors qu’on va enfiler notre pyjama.

Par contre on est un peu dégouté, parce qu’on a une petite télé.