Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

Es-tu un lecteur tordu ?

29 avril 2009

Il n’y a pas de bonne façon de vous annoncer ça : certains d’entre vous sont tordus. Ou juste un peu bizarroïdes. Ou carrément angoissants. Tout va bien : si dès qu’on sortait dans la rue on ne voyait que des êtres proportionnellements parfaits et lisses comme des aisselles fraîchement épilées, il y aurait de quoi déprimer (et finalement, est-ce que ça ne nous ficherait pas plus la chair de poule ?). Quoiqu’il en soit, en épluchant mes souvenirs et les mails de ces derniers mois , j’ai mis au point un test (infaillible à 56 % ) sur votre déséquilibre potentiel sur internet (plus efficace qu’une simple typologie) :

1. Tu écris tes mails …

(a) de façon spontanée et directe, en ne te relisant pas

(b) sans jamais faire de retour à la ligne

(c) je n’écris de mail que si j’ai quelque chose d’important à dire

(d) avec une adresse différente à chaque fois

2. Tu viens de te prendre un râteau (ça arrive)

(a) tu ris de façon hystérique

(b) tu continues à lui envoyer quelques sms (6 par jour) et à faire caca sur son wall facebook (quelle application rigolote)

(c) tu te visualises en train d’arracher  ses plantes vertes avec les dents

(d) tu fais celui / celle qui n’a pas compris et tu lui roules une pelle. Sur un malentendu, ça peut passer.

3. Ton boss dit quelque chose qui te révolte en réunion

(a) tu essayes de répondre malgré ton bégaiement

(b) tu ne dis rien sur le coup, mais tu en parles ensuite tous les jours à tous tes collègues

(c) tu claques une porte avant de te retourner pour leur faire un doigt (en priant qu’ils n’aient pas installé des caméras de surveillance)

(d) tu fouilles dans son passé à la recherche du dossier honteux pour mieux le menacer ensuite.

4. En soirée, tu rencontres quelqu’un qui est aussi sagittaire ascendant vierge

(a) « putain mais c’est DINGUE !! Et est-ce que toi aussi tu aimes manger la soupe avec les doigts ? Ah. Non, moi non plus »

(b) « on pourrait être meilleurs amis !  »

(c) « Marrant, souvent les gens ne connaissent pas leur ascendant »

(d) « c’est un signe, partons en vacances ensemble  »

5. Tu es invité(e) à une fête déguisée

(a) tu te déguises en Amy Winehouse avec un paillasson que tu as teint en noir

(b) tu te déguises en gros poussin

(c) tu te déguises en Super Emo

(d) tu te déguises en clown

***

Résultats :

Majorité de A :

Tu es un lecteur tordu maladroit. Tu sembles étrange car tu t’exprimes de façon étrange, alors qu’en réalité tu as juste un problème de communication, accentué à l’écrit. Tu es de nature sensible et rêveuse et un peu timide aussi et tu n’aimes pas les pulls qui gratent. En commentaire ou par mail donc, tu écris de façon décousue (absence de ponctuation) voire surexcitée (abondance de points d’exclamation) et en cas de non-réponse, tu as tendance à le prendre personnellement et à pleurer fort sous ta couette en écoutant de Michelle Torr (alors que c’est juste que personne ne t’a compris). Quelque part, tu es un peu mon tordu préféré, celui qui lutte pour être normal mais qui est trop gentil pour la jungle du web 2.0.

Majorité de B :

Tu es un lecteur tordu lourd. Tu en fais trop, tu commentes partout et tu as des mycoses aux pieds. Tu n’es pas méchant au fond, c’est juste que tu fais des blagues qui tombent à plat et que tu choisis toujours des avatars clichés (le bébé aux oreilles décollées, c’est toi). Tu as un petit côté désespéré qui te rend à la fois touchant et creepy, ce qui a pour conséquence que les gens ne te rejettent jamais vraiment, mais ne veulent vraiment jamais être ton ami (alors que toi si). Tendance à l’obsession (floodage de mails / commentaires) et au harcèlement light (floodage de mails / commentaires) agrémentés de lol sans que ça nous fasse rire.

Majorité de C :

Tu es un lecteur qui se croit tordu (tu as toujours peur de faire trop / pas assez / mal) mais en fait non, tu es aussi normal(e) que Michelle Obama en 1987. Tu apprécies certaines chansons d’AC/DC et les papillons en été, te glisser dans des draps propres et ne pas avoir mauvaise haleine, tu vas lire les blogs que tu aimes bien pour te distraire et les blogs que tu détestes pour t’énerver, bref, tu es le lecteur équilibré par excellence.

Majorité de D :

Tu es un lecteur tordu psychopathe. Tu es persuadé de connaître Michelle Alliot-Marie personnellement, tu menaces de mort quiconque n’aime pas Une Nounou d’Enfer et tu ne manges les pâtes que crues. Parfois la police t’appelle pour te dire qu’une personne a déposé une main courante contre toi, alors tu te calmes pendant trois-quatre mois parce que l’uniforme te donne des spasmes – puis tu renais sur internet grâce à un changement de pseudo (car tu es fourbe tel le serpent d’eau douce). IRL, personne ne te soupçonne malgré ta coupe de cheveux 80’s et ton regard de biais.

Si vous me demandez, je dirai qu’Ashton Kutcher aurait probablement eu une majorité de B (et Lindsay Lohan de D).

I didn’t mean to call you that

28 avril 2009

Le décalage horaire, ça donne la sensation d’avoir migré à l’intérieur de sa tête. Les paupières sont enflées, du moins c’est l’impression que la fatigue vous donne. C’est comme si de la condensation était déposée sur votre rétine. C’est comme si les gens vous parlaient étranger dans les magasins – pas français, ni anglais, ni même une langue dont les sonorités vous disent quelque chose – alors que vous voulez juste acheter des pommes, nom de Dieu. Et à sept heures du matin, vous êtes devant la télé à regarder une diffusion de Pékin Express en mangeant un bagel, et vous commencez à vous demander si vous n’auriez pas chopé la grippe porcine.

C’est ce que ça m’a fait, en tous cas.

Oh, vous entendez ? C’est l’heure du …

Test Pop Culture du Printemps – La Soupe à la Tomate Campbell

Andy Warhol ne va pas tarder à dépasser Barack Obama sur l’échelle du culte de la personnalité : et vas-y qu’on crie au génie toutes les trente secondes, qu’on floque sa trogne sur des tee-shirts et qu’on retrouve le dyptique Marilyn Monroe dans les toilettes des participants de D&CO. Alors est-ce qu’à part ses fameux tableaux Campbell’s Soup Cans de 1962, la petite boîte de conserve de soupe à la tomate a une raison d’être mythique ?

0.99 $ dans un supermarché de Santa Monica, puis enroulée dans un paquet de tee-shirts sales le temps du voyage, j’ai pris une canette avec 25% de sodium en moins car saviez-vous que le sel tuerait jusqu’à près de 30.000 personnes par an ?! Même la série Derrick ne compte pas autant de morts !

La soupe Campbell à la tomate est en fait du concentré de tomate : il faut ajouter son équivalent en eau. Ce que je fais, avec amour et délectation (en grignotant des chipsters à côté, car quand vous savez que vous allez manger, vous avez encore plus faim, comme quand au moment de rentrer chez vous vous avez super envie de faire pipi alors que tout allait bien 5 min avant). Un des principaux arguments de vente de Campbell, dès les années 20-30, c’est que la soupe est l’amie nutritionnelle des régimes, mais tout le monde sait que seuls les moineaux et les bébés se contentent d’une soupe en repas. Enfin moi quand j’étais bébé je mangeais déjà soupe + chocolat crunch mais j’étais peut-être un cas médical. Ça ne sent plutôt rien, ce qui est à la fois bon et mauvais signe.

JE GOUTE ! J’AI PEUR ! JE SUIS CRISPEE ! Et j’ai un petit morceau de pain pour faire passer la goût du vomi ! (je suis prudente).

Bon en fait ça va. C’est un peu trop sucré, mais ça ressemble à du Liebig en moins cher et avec un packaging plus pop. Rapport qualité / prix, on comprend qu’elle soit devenu populaire au début du XXème siècle. Mais bon pas de quoi se frotter le cul contre un acacia HEIN, s’il fallait choisir une marque américaine de super nourriture, Häagen-Dazs gagnerait haut la main.

Aussi j’ai oublié de vous raconter que quand on a été visiter le Melrose Trading Post (un vide-grenier organisé tous les samedi par le lycée de Fairfax Ave), un gars vendait des cartons entiers de photos dénichées on-ne-sait-où :

Il y en avait de 1928, d’autres avec des Cadillac, et puis bien sûr :

Des photos déconcertantes de bal de promo. Mais aussi des photos géniales, comme celle-ci, que je vais ENCADRER :

Sur ce, reprenons les bonnes habitudes, telles LA NOUVELLE STAR.

Even the sky is happy

23 avril 2009

Barbu, il vient de me demander si les cookies que je viens d’acheter sur Venice Beach c’était des space cookies.

C’est vous dire à quel point la marijuana est présente sur la plage.

Mais du coup il préfère manger son donut, il a peur que s’il mange le cookie il se mette à rigoler bêtement devant la 35ème rediffusion de The Hills.

Fortune cookies, margarita et chaussures à paillettes

22 avril 2009

Et donc dimanche soir, on est arrivé au concert de Britney. Entre deux sosies de Perez Hilton et d’Amanda Byrnes, on se faufile jusqu’à l’entrée du stade. Des filles arrivent en limousine, d’autres sont habillées en Britney lors des VMA 2001 (le reptile albinos en moins), un groupe de filles de 14 ans portent toutes le même tee-shirt confectionné avec un stylo à paillettes – « It’s Britney Bitch » peut-on lire sur leurs nichons à peine formés.

Après la horde de vigiles et le popcorn dans le sachet « Britney Spears Circus Tour », le sponsor Virgin Mobile envahit les écrans géants au milieu de la salle et propose aux gens d’envoyer un texto pour faire passer un message. Une quinzaine de demandes en mariage et un millier de « I love U Brit <33333″ plus tard, la salle baisse les lumières à 8.00 p.m tapantes, et c’est là que les hurlements déchirent mes tympans.

En première partie, les Pussycat Dolls chantent live, et bougent leur bootie sur leurs tubes, et c’est près de 6000 cordes vocales qui entonnent en coeur « when i grow up i wanna have boobies ». Elles annoncent mille fois la venue de Britney, et à chaque fois ça ne loupe pas, les décibels grimpent un peu plus. Puis vient une pause de 30 minutes durant lesquelles tout le monde se précipite sur les stands de bières et aux toilettes. Des filles plutôt punk rock discutent avec d’autres filles devant la porte des wc, « i’m so excited, i’m super excited », qu’elles répètent avant d’aller faire pipi.

Puis au bout de toute cette attente interminable, l’introduction par Perez Hilton himself est projetée sur le centre de la scène. Une foule d’artistes du cirque viennent faire des pirouettes, et soudain, devinez qui apparaît, descendant du ciel tel un ange aux extensions peroxydées fan de macdo ?

IT’S BRITNEY BITCH ! (le bitch étant répété en canon 4 ou 5 fois)
Je n’ai jamais entendu une telle poussée hystérique collective. Ce n’est pas quelques cris poussés dans l’assemblée. C’est une foule entière qui scande son nom en sautillant sur place. Mes voisins de derrière et d’à côté ont des jumelles pour ne rien rater du spectacle. Le Honda Center est une mini-jupe géante. Un gay en quasi-larme est déjà debout quelques rangs devant moi. Ça dépasse clairement tout ce que j’avais pu imaginer.

Britney fait son show, dit à son public qu’elle l’aime et que c’est super cool qu’ils soient là, puis une fois son set terminé, elle grimpe dans son bus pour rentrer chez elle à Malibu.

Le vendredi, ma copine Hélène qui vit à Atlanta me dit que le samedi, aux Etats-Unis, c’est le Record Store Day, un jour spécial dans les boutiques indé de musique où les prix sont cassés et où on peut assister à des concerts gratuits. On finit par élire domicile à Amoeba Records, qui est deux fois plus grand que celui de San Francisco, et où on y trouve même :

Au fond du magasin un dj passe de la daube house tandis qu’un mec floque des tee-shirts du logo Amoeba. A l’étage le rayon séries télé est assez dément. On y trouve même les saisons de Flavor of Love ! L’intégrale de Beverly Hills ! Toutes les saisons du Cosby Show !

Et ça ne va pas sonner très original, mais Los Angeles est fidèle à sa réputation de ville-studio : ils ne se passent pas un jour sans qu’on ne voie des caméras tourner un film, un court-métrage ou je ne sais quoi dans les rues.

On a notamment vu un homme des cavernes à un distributeur (probablement pour les Visiteurs 4), une vieille traînant une valise sur le bord de mer à Venice et une maison occupée par une équipe technique dans une rue adjacente. Et tandis qu’on bat des records de chaleur ici, on boit des cocktails au Bar du Château Marmont :

Parce que c’est pas tous les jours qu’on arpente Sunset Boulevard après avoir vu des lémuriens qui se balancent sur les branches des arbres du zoo.

It’s Venice Beach, Bitch !

20 avril 2009

Est-ce que quelqu’un peut me dire ce qui est arrivé au Lay’s® Ketchup ? On les trouvait un peu partout, et puis un matin je me suis levée, et ils avaient complètement disparu des rayons.

A S.F les filles s’habillaient comme les Donnas, à L.A. comme les 4 Non Blondes. Excepté au concert de Britney Spears, où c’était plutôt un concours de l’accoutrement le plus pouffiant, certaines n’hésitant pas à braver une mauvaise pointure d’escarpins pour remporter le prix – je précise que cette jeune femme avait même le soutien-gorge dans les tons roses / fushia :

Le matin je fais des fleurs de cherrios dans ma cuillère de lait froid avant de prendre la freeway 10 à 6 voies – parfois bouchée – et on longe les plages de Malibu et d’Hutington Beach à la recherche d’un nouveau quartier.

Au Toi Restaurant, les murs sont recouverts d’affiches de Pulp Fiction et ils passent sur une vieille télé le film Labyrinth avec David Bowie pendant qu’on mange thaï.

Sur le Hollywood Walk of Fame, entre deux étoiles dorées sur le trottoir (j’ai pris uniquement Johnny Depp, Winona Ryder et Chuck Norris, sinon on s’en sort plus), on déniche une carte des maisons de stars et on se dit qu’on en profitera pour regarder qui habite où lors de notre descente de Mulholland Drive pendant le coucher du soleil.

Mulholland Drive est impressionnante pour 3 choses : (1) il faut au minimum 1h pour la traverser en voiture (2) les maisons de stars y sont vraiment démesurées, quand elles ne sont pas gardées comme la banque des Gringott, elles ne rentrent pas dans mon objectif. Jack Nicholson si tu me lis, bisous. (3) la vue.

Tonight des Smashing Pumpkins résonne dans la voiture tandis qu’on essaye de voir le bout de Los Angeles. Mais l’horizon de Los Angeles, c’est encore Los Angeles. Et après ça, c’est sûrement le désert.

Un jour Quentin Tarantino a dit qu’il aimait vachement le restaurant Barney’s Beanery, alors on s’est dit pourquoi pas y manger un burrito.

Je suis Dave de Flight of the Conchords.

Dave de Flight of the Conchords avec des ongles californiens :

Oh my Gaaawwwddd j’ai vu là où Lindsay Lohan a posé ses fesses au Château Marmont ! La preuve en images :

Downtown L.A. est vraiment le quartier crappy de la ville, avec pour seule artère vivante cette portion de Broadway St. peuplée de magasins mexicains, le reste étant un amas de buildings gris et de restaurants placés là uniquement pour les business men.

Alors que devant le Grauman’s Chinese Theatre, on y trouve Batman :

(en réalité souvent des apprentis acteurs qui essayent de survivre en se faisant prendre en photo par les touristes).

Et que sur Venice Beach, on y trouve des guérisseurs de chakras :

A suivre pour vous : les tournages aux quatre coins de la ville, le Record Store Day le samedi aux Etats-Unis et Britney Spears en concert !

A suivre pour moi : lavage de dents + dodo.

Berkeley, Vegan Cookie and Mango Shampoo

16 avril 2009

Pendant que Barbu regarde l’épisode de Lost en léchant le glaçage de son donut, j’ai du sable dans les cheveux et des morceaux de cookie vegan coincé dans les dents, et à vrai dire, je suis plutôt perplexe.

Le dernier jour dans le nord de la Californie, on a goûté aux vents violents tout en visitant Berkeley, ville étudiante ultra propre dont le campus universitaire doit faire la taille d’un centre ville historique français. Là-bas, tous les élèves portent soit (1) un sweat UC Berkeley (2) un tee-shirt Go Bears ! (les California Golden Bears désignent les équipes sportives de la fac, et ont pour mascotte Oski l’Ours)(l’Ours laid, selon moi) (3) un jogging Cal (diminutif de l’Université californienne). A Berkeley, ils ont la meilleure pizza au chèvre du monde. Peut-être même avant celle de la Pasta Ciutta à Toulouse.

Hello Los Angeles

C’est comme quand on était gosse, et que les garçons retournaient leurs paupières. C’était un peu effrayant, et en même temps hypnotique. C’est leur premier terme auquel j’ai pensé : hypnotique. Des rues quadrillées par les palmiers comme du papier millimétré au milieu de couleuvres de béton.

Aucun paparrazzi n’attendait Zouzouito à la sortie de l’aéroport, du coup tout le long du trajet il n’a fait que geindre qu’il avait trop mangé de pancakes, et que maintenant qu’il était gros il ne plaisait plus, et que c’était notre faute etc. Zouzouito a surtout trop regardé TMZ le soir avant de se coucher, où on y voit les cameramen traquer les stars dès leur descente de l’avion.

La radio de la voiture dégage des vapeurs de Bad Religion et de Blink 182, entrecoupées par la voix du présentateur qui proposent des billets à gagner pour Coachella, le grand festival qui a lieu dans le désert pendant les 3 jours du week-end. On poursuit jusqu’à Sunset Bvd, en traversant Pacific Palissades tandis que le soleil se couche. Je connaissais S.F, et je devrais connaître L.A., ou du moins en avoir une idée : ça fait plus de 20 ans que j’en vois les images à la télé, dans les séries, j’ai lu Moins que Zero de Bret Easton Ellis, et Malibu de Hole est une de mes chansons préférées du groupe, et pourtant ça n’a rien à voir.

A trois blocks de la maison de Hank Moody (de Californication), et dans la ville où a été tourné l’épisode 151 de la saison 7 de X-Files (l’un des meilleurs : X-Cops, parodie de la fameuse émission de télé-réalité « Cops »), The Big Lebowski et Romeo+Juliet (rébaptisée Verona Beach), le toit de notre appartement donne sur ça : la plage de Venice Beach.

Un jour j’attraperai la syphilis et je deviendrai allergique aux frites, et alors justice sera faite.

Ou alors juste une mouette me fera caca sur la tête ? Qui sait. Mais pour le moment je me dis que ça valait le coup de bosser dur et de ne pas céder aux avances d’H&M pendant de longues semaines.

Je ne sais pas si vous avez vu, mais il y a d’autres photos sur le flickr si ça vous dit.

Oh, Lost est fini, time to cuddle !

Thank you guys for making San Francisco this great

14 avril 2009

Alors qu’on sortait d’un café à pancakes new-yorkais en 2008, une fille perchée sur des talons Jimmy Choo était justement en train de dire – en français – au mec à côté d’elle :  « arrête de râler, tu es dans la plus belle ville du monde ».  Oh que non, jeune femme aux échasses hors de prix, déjà parce que le concept de « plus belle ville du monde » est largement cliché (voire stupide), ensuite parce que même en admettant qu’il y ait un classement, devinez quelle métropole serait bien avant New-York ?

Le traditionnel « eggs and bacon » au petit-déjeuner est tiré, comme le Père-Noël, d’un concept de pub américaine. Dans le film Chomsky et Cie, on apprend en effet qu’en réalité, au début du XXème siècle, l’industrie du porc a réuni plusieurs médecins pour qu’ils affirment que manger du bacon, c’était bien. Avec Barbu on s’en est donc tenu aux pancakes aux fraises, aux chicken-apple sausages et aux hashed browns. Les hashed browns sont une spécialité culinaire d’ici : ce sont des pommes de terre rapées et poêlées, qu’on mange souvent le matin avec un café bien noir.

Les murs de la ville sont couverts de peintures et de fresques, ce n’est probablement pas pour rien que Robert Crumb a élu domicile à San Francisco dans les années 60. Partout dans les librairies, on trouve une réédition de Ghost World, le roman graphique culte de Daniel Clowes qui lui aussi a décidé de venir habiter dans la baie de Frisco (même si techniquement, il vit à Oakland).

D’ailleurs, en parlant de bouquins etc. puisque de toute façon j’ai plus dépensé de dollars là-dedans que dans autre chose pour l’instant, il y a une boutique où traîner absolument ses savates, c’est Dog Eared Books, dans Mission St. : on y trouve des livres d’occasion ou neufs, ou neufs mais à un prix d’occasion, avec pour spécialité des auteurs du coin, ou des fictions / essais sur des phénomènes du coin, comme toutes les éditions de Hell’s Angels d’Hunter S. Thompson.

Après avoir parcouru le Cherry Blossom Festival dans Japantown où j’ai acheté dans une maison de la presse japonaise le fameux Tatoo Girls Overseas, un magazine nippon avec de jolies photos de tatoués, on est allé faire un micro-sieste à Alamo Square. Dis comme ça, ça ne dit rien, et pourtant, vous l’avez forcément vu dans le générique de la série La Fête à la Maison (et dans la présentation d’une maison de production, mais je ne sais plus laquelle) :

L’après-midi du dimanche de Pâques s’est divisée en deux parties : d’abord, le Hunky Jesus Contest, concours de plus beau costume de Jésus gay organisé par les Sisters (of Perpetual Indulgence), groupe queer qui prône la joie et la paix universelle, mais plus de façon marrante que moralisatrice. Sister Vicious par exemple, est arrivée en chantant la fellation (« I’m Sister Vicious and I’m here to recruit you« ) avant de s’exlamer : « ooooh il fait beau aujourd’hui, on dirait que Jésus nous AIME ». Pour l’occasion donc, le Mission Dolores Park était rempli de bikers en tutu sans slip, de nonnes aux seins nus, et de femmes lambda dansant au milieu des micro-chiens, un spake cookie dans chaque main.

C’était comme lire Têtu après avoir pris un LSD.

La deuxième partie fut le Bring Your Own Wheel, évènement qui a lieu tous les dimanche de Pâques – au départ sur Lombard St. la fameuse rue serpentée mais qui est devenue vite ingérable – sur les hauteurs de San Francisco (en même temps, y-a-t’il vraiment des trottoirs au niveau de la mer ici ? j’ai les cuisses de Serena Williams).

En gros, le principe est le suivant : chacun amène un vélo d’enfant, ou n’importe quoi qui roule (skate, poubelle, même chaise de bureau) et descend la rue (au croisement de Vermont St. et de la 20th) sans freins (voire sans protection). On a pu donc voir une tortue ninja, un spiderman et une sosie de Diablo Cody dévaler la pente. Si j’y pense en rentrant, je vous mettrais la vidéo.

Maintenant il est tard, et je dois absolument lire ça :

Mais désormais, vous savez pourquoi le Pr. Bobby Freckles a choisi de vivre dans cette ville : parce qu’elle est meilleure que lui, et c’est pas peu dire.

Turkey Bagel, Liberty Ale and The Office episodes

11 avril 2009

Hello San Francisco !

DAY ONE

A Castro, je crois à Carmel St., il y avait un allume-feu en forme de gode près de la cheminée et une photo de Keanu Reeves dédicacée dans les toilettes. C’était en 2002 quand j’y ai vécu pendant un mois. Ce qui est bien c’est qu’avec le décalage horaire je peux vous raconter tout ça, mais le point important ce n’est pas seulement de placer le mot « gode » ici, c’est aussi de vous dire que depuis j’ai toujours voulu retourner à San Francisco.

On est parti le jour du 15è anniversaire de la mort de Kurt Cobain pour arriver les yeux bouffis de fatigue dans le petit appartement où Dashiell Hammett a écrit son roman policier Le Faucon Maltais. Derrière chez nous ont vécu Jack Kerouac et Neal Cassady, et notre lit est un matelas d’eau jonché d’oreillers moelleux comme dans ces épisodes de MTV Cribs.

En montant sur le toit de l’immeuble, un appartement au 3ème émane des vapeurs d’herbe aussi odorantes que nos aisselles, mais ici la marijuana c’est un peu comme boire un café importé illégalement : personne n’y fait vraiment attention.

Sur la terrasse, on s’est dit qu’il y avait pire comme vue :

J’avais oublié que les californiens étaient si gentils. Ils vous parlent dans la rue parce que vous avez un sweat Dunder Mifflin et vous racontent quels goodies de la série The Office ils ont. Ils sourient, beaucoup, alors que pourtant il y a pas mal de vent. Moi le vent j’aime pas trop ça, ça me donne envie de m’enfoncer dans un café aux posters jaunis. Je ne dois pas être la seule, parce qu’il y a un tas de café aux posters jaunis ici.

DAY TWO

D’abord la ligne F puis la 22 je crois, pour monter sur les collines. Les rues du Castro de 2009 sont envahies de panneaux « votez non à la proposition 8″ collés contre les vitrines, les fenêtres, affichés sur les poteaux électriques du quartier. La proposition 8 a pour but d’interdire les mariages gay en Californie, mais son vote par référendum est devenu un véritable enjeu politique pendant les présidentielles l’an dernier.

Il pleut un peu, mais on continue à marcher, de Nob Hill à Market St., remonter vers Chinatown puis tenter de trouver un endroit sympa où manger dans North Beach, le quartier italien, à côté du City Light Bookstores, la librairie qui fut condamnée en 1956 pour obscénité après avoir vendu Howl, de Ginsberg. En fait on pourrait croire qu’on passe notre temps à nous balader dans les endroits qui ont hébergé les microphénomènes de société du XXème siècle, mais tout dans San Francisco à une histoire.

On décide de pousser à fond la journée, on n’a pas d’ampoules et on tient le coup grâce aux smoothies de Jamba Juice. Le Cartoon Art Museum expose en ce moment une rétrospective Watchmen, avec les costumes du film, et des accessoires. A côté on peut suivre l’histoire des comics, de leurs débuts populaires à leur avenir sur Internet. Le Museum of Modern Art est un peu décevant, plutôt morbide et dépressif mais surtout je loupe le 1000 journal project de 3 jours, il va me falloir d’autres Jamba Juices pour surmonter ça.

Le soir, deux épisodes de The Office passent justement sur NBC, du coup pour l’occasion on s’achète de la bière locale dans la supérette du coin (yes i’m over 21, but thanks for asking) et je m’endors bourrée.

DAY THREE

Quand on se réveille à 6h du mat’ tout ce qu’on a à regarder ce sont les flashs météo d’une précision scientifique déconcertante et fortement utiles et Dr. Phil qui conseille les pré-pubères (pour l’anecdote, Dr. Phil avait beaucoup fait parler de lui en 2008 quand il avait déclaré à la presse qu’il souhaitait rencontrer Britney Spears pour évaluer son état de santé psychologique – et qu’elle l’a envoyé bouler). La maison de la presse est le premier truc qui ouvre, et derrière la tonne de magazines people consacrés à OctoMom, la femme qui a accouché de 8 bébés (« Mom from Hell« , « Save the babies » titrent les journaux), un rayon entier de poésie de Bukowski :

J’en ai qu’un parmi tous ceux-là, le moment est venu d’agrandir la collection.

Haight-Ashbury est un de mes quartiers préférés, gavé de sex-shops funkys et de boutiques vintages, et de petits cafés où on met facilement 20 minutes à choisir ce qu’on veut manger, alors que sérieusement, il est 14h, vous êtes debout depuis 8h et vous avez la dalle.

Deux magasins incontournables : Giant Robot, où s’entassent dans quelques m² plusieurs fanzines, bédés indés et tee-shirts colorés. J’y ai trouvé 365 days, le journal intime en dessins de Julie Doucet. Et Amoeba Records, à l’entrée du Golden Gate Park, qui, alors que tous les Virgins des Etats-Unis vident leurs stocks à – 60% pour cause de fermeture définitive, persiste à vendre des anciennes affiches de concerts rééditées, des disques live de Phantom Planet, des imports japonais de Weezer, et autres cds singles de Tori Amos.

A côté le cinéma repasse La Vie de Brian, des Monty Pythons. Ce qui a du faire plaisir aux manifestants qui préparaient Pâques dans la joie et la bonne humeur sur le trottoir d’en face.

Avant que la nuit ne tombe et après avoir longé le Golden Gate Park pour aller voir les bisons, puis Fillmore en bus, je me suis dit que j’avais bien mérité mes jolis ongles.

Et en rentrant, j’ai vu que Roomie m’avait préparé une surprise ! Woohoo Roomie ! You know I’ll be your cheerleader forever.

Maintenant, c’est un peu étrange de savoir que vous êtes en train de vous lever en France alors qu’on va enfiler notre pyjama.

Par contre on est un peu dégouté, parce qu’on a une petite télé.