You’ve got the boyfriend you deserve
Dans le cadre de mon nouveau job, je prends des photos de filles dans la rue pour faire un streetstyle à la Do’s et Don’ts de Vice ou à la OUI / NON de feu 20 ans, rien d’original donc, je pensais que mes ancêtres langues de pute post-absolutistes en matière de mode avaient pavé le chemin avant moi, c’était sans compter la fille de 18 ans, remarquablement bien habillée, l’air sûre d’elle, souriante, mais pour qui visiblement le féminisme doit être une idée poussiéreuse, un concept de vieille aigrie dont le vagin est peuplé de chauve-souris depuis le temps.
Jeudi matin, 11h. Je croise cette fille, lui explique le projet (« une photo en pied, et une analyse pas sérieuse, on peut flouter ton visage ou te mettre une bande noire sur les yeux si tu ne préfères pas qu’on te reconnaisse« ), sa copine rigole, la fille aimerait bien, mais elle hésite. Elle hésite parce que son copain « ça va l’énerver » et « il va trop gueuler ».
Ah. Visiblement elle a entendu « je voudrais faire une photo où on voit ta chatte, et des commentaires tendancieux, et dans le mag on mettra ton nom et ton adresse ainsi que ton 06 » (dans son imaginaire tordu je dis aussi « ton ZERO SIX »). Donc je lui ré-explique, mon cerveau n’arrive pas immédiatement à se connecter au sien, je ne vois pas où est LE PROBLEME (mis à part celui de dire 06 pour numéro de téléphone). Elle se retourne vers sa copine, lui demande ce qu’elle en pense « ça va l’énerver tu crois ? il va m’en vouloir non ?« , et heureusement que j’ai mon bonnet pour cacher ma veine violette qui bat lourdement contre ma tempe. Je lui dis « écoute j’insiste pas, le but c’est pas que tu ais des problèmes ou que tu flippes, t’es bien habillée c’est tout, keep the good vibe, girl » (c’est un peu chiant parce que j’arrive plus à parler comme quelqu’un de cool depuis le CM2).
Et en même temps je pense à quand Camille Paglia dit que le féminisme perçoit trop souvent la femme fatale comme un carcan misogyne, à quand Peggoche explique comment les féministes se crispent sur la dignité des femmes pour leur imposer un modèle défini, pour leur dire comment elles doivent ou ne doivent pas se comporter, je me dis qu’on va droit dans le mur, et que le pire, c’est que peut-être bien que la fille de 18 ans se considère comme féministe. Peut-être qu’elle dit à ses copines « moi, je me respecte ».
Les femmes sont légitimes pour condamner le comportement des autres femmes, mais que diraient-elles si les garçons faisaient exactement la même chose ? Est-ce qu’elles hurleraient au scandale sous prétexte que ce sont des hommes ? Dans les deux cas, il y a un problème : au nom de quoi peut-on dire à une fille comment elle doit se comporter ? A partir du moment où on accepte de se laisser dicter notre conduite, que ce soit par un mec au nom de sa propriété personnelle ou par des femmes agissant au nom du bien de tous, on en arrive à des extrêmes stupides. Bientôt certaines refuseront de mettre des tampax sous prétexte que leur vagin n’appartient qu’à un seul aussi, nan ?
Et parce que ce post ne peut pas être entièrement sérieux :










Vilaine, de J.P Benes et A. Mauduit, avec Marilou Berry. Un petit film sympatoche, avec pour parti pris « l’anti-Amélie Poulain ». Il y a de très bonnes scènes, d’autres un peu téléphonées, mais globalement j’ai vachement aimé la prestation de Marilou Berry. Sûrement que je m’identifiais à son mono-sourcil, allez savoir. Barbu a surtout aimé PEF, mais s’il pouvait il me quitterait pour PEF, donc je ne considère pas cet argument comme objectif. Bref, c’est un bon film de dimanche après-midi pour rire bêtement.
J’irai dormir à Hollywood, d’Antoine de Maximy. Si vous regardiez France 5 et l’émission « j’irai dormir chez vous », vous savez à quoi vous attendre : Antoine de Maximy se tape l’incruste à l’étranger, chez l’habitant si possible, discute, se met la race avec eux, dort dans leur canapé. Parti de New-York, il traverse pendant trois mois le continent nord-américain d’est en ouest avec pour objectif de dormir chez une star à Hollywood. On l’a vu en avant-première, du coup c’était amusant de le voir dans sa chemise rouge nous raconter certaines scènes coupées au montage, même si le plaisir a été un peu gâché par le distributeur du film qui est venu nous servir sa soupe marketeuse au caca à base de « c’est un film indépendant, on a pris des risques en le faisant etc.« . Ouais c’est ça. Quand on connait le succès que ça a eu à la télé, y’a peu de chance pour que ça fasse un bide. Et tant mieux à la rigueur, parce que ça vaut effectivement le coup, on y voit une image de l’Amérique qu’on a pas l’habitude de voir et on ne s’ennuie pas. Après, j’ai déjà vu certains épisodes sur France 5 qui était tout aussi bon si ce n’est meilleur.

