30 juin 2008
Eté 2000.
Je débarque à Bordeaux et les quais y sont si dégueulasses de crasse noire et poisseuse qu’on y tourne Vidocq. Je viens d’avoir le bac et je ne connais même pas Dinosaur Jr., mais est-ce que je connais vraiment grand chose ?

Pendant 6 ans la ville a été bouffée par les travaux les rénovations les ravalements de façade le développement de la gare, pendant que j’étudiais le droit civil le droit administratif le droit social le droit international le droit pénal et finalement on s’est retrouvé avec de jolis murs polis et blancs, une ligne de tram qui n’en finit plus et l’immobilier qui a explosé. Après ça, je suis partie.

D’une façon assez étrange et inexpliquée, si j’aime Bordeaux, pour ses petites rues pavées, ses cafés, sa librairie Mollat et le quartier de la Bastide, ce n’est pas ma ville. Il y aura toujours quelque chose qui m’éloignera d’ici, tout comme j’aurais toujours une bonne raison pour y aller plusieurs fois par an.
Hier, il y avait les Erasmus allemands :

Et nous :

Je crois qu’à ce moment là, on se demandait si l’Espagne allait marquer. Ou alors on avait faim.
Depuis jeudi, et comme à chaque fin de mois de juin, est organisée le long de la Garonne la fête du vin. Cette année – probablement parce que la ville vient d’être rangée au patrimoine mondial de l’Unesco et qu’il fallait en mettre plein les yeux – la fête du vin a vu tous les soirs un feu d’artifice dont le coût doit représenter le PNB du Luxembourg éclater entre les deux rives.


Hier soir, Juppé a du y mettre un peu de sa poche pour le final :

Quand je sors sur le balcon annexé à ma chambre le matin, je peux manger mes granola devant ça :

Dans le jardin l’autre jour j’ai vu un chat qui ressemblait à une loutre.
J’aimerais bien faire de la balançoire.
26 juin 2008
Vous l’attendiez tous, vous êtes hystériques, on est jeudi et le Professeur Bobby Freckles putasse cette semaine sur les mecs lourds.
Les beaux jours du Professeur sont peut-être derrière lui, ça ne l’empêche pas de se faire encore draguer à la truelle, ça doit être la pipe qui excite tous ces jeunes. Ou alors c’est vrai : les professeurs sont pourvus d’une aura naturelle les rendant indéniablement charismatiques.

25 juin 2008
Non je ne suis pas allée faire les soldes, Britney Spears a récupéré ses gamins, ai-je vraiment besoin d’autre chose pour aller bien ?
Bon sinon à part ça j’ai élaboré mon plan de conquête du monde, il est super simple :
- écrire
Ce qui comprend lire un livre par semaine (un vrai livre j’entends, pas un tom-tom et nana), faire des croche-pieds à des vieilles et des overdoses de smoothie (pour l’inspiration). Non sans rire, je crois que je deviens comme ces vieux écrivains fous qui gribouillent du matin au soir en lâchant de grosses larmes de gin dans leur thé. Qu’est-ce qui va se passer quand je n’aurais plus rien sur quoi écrire ?
Le processus est comme le système sanguin : flux et reflux, débit continu et augmentation du volume, se nourrir, composer etc. Pour faire une belle métaphore, disons que j’ai peur de finir par avoir la maladie de Raynaud.
Je crois que j’ai trop regardé Dr House ces derniers jours. Ca me rend hypocondriaque de l’inspiration.
23 juin 2008
Rapport à la journée d’hier, j’ai décidé d’écrire « Pourquoi je suis définitivement une fille de province« .
Comme je le dis en commentaire, l’article a juste pour but de dire ce qui me plait en province, et pourquoi j’ai particulièrement aimé y être élevée.
C’est moins une question de gens que d’atmosphère, moins une question de mentalité que d’environnement.
En plus Zouzouito est épileptique, et voir la Tour Eiffel scintiller toutes les 30 minutes, ça le tuerait.
22 juin 2008
J’adore partir. Aller voir ailleurs si j’y suis, dormir dans d’autres lits, me promener dans des rues différentes, me perdre un peu. Ce que je préfère dans le fait de partir, c’est rentrer à la maison. Retrouver l’odeur de sa ville, ses affaires (vêtements, reste de pépitos chocolat au lait, tampax), son chez-soi.

Se faire des smoothies framboise :
- Achetez un blender au lieu de partir en vacances (le smoothie vous donnera l’impression d’être en vacances où que vous soyez, c’est un investissement sûr)
- Mettez-y des framboises émiettées – chez picard ils vendent des gros paquets congelés de framboises, c’est sacrément moins cher que la barquette de 250grs qui coûte quoi ? 7€50 maintenant ? Ils doivent les faire venir en scooter d’andalousie à ce prix là.
- 3 gros glaçons
- une tasse de lait
- de l’extrait de vanille
- du sucre vanillé
Evidemment cette recette n’est que pour une personne, on ne partage pas son smoothie.

Trouver un gros paquet de sa corres’ américaine en rentrant, paquet bourré de macaroni & cheese de chez Kraft, c’est comme avoir une surprise réellement cool dans un oeuf Kinder (oui, y’a des macaroni & cheese en forme de personnages de Bob l’éponge, preuve que le petit Jésus existe).

Cette photo n’est pas truquée : il fait enfin beau. Qu’il l’aurait cru ? Qu’est-ce qu’on fait dans ces cas-là ?

On va dans le parc à 100m de la maison. Le livre c’est « Autant en emporte la femme » d’Erlend Loe, je vous en parlerai quand j’aurai lu plus de 50 pages. Pour le moment j’en pense juste que le titre est pourri.

Ouais, on peut le dire, c’était un super dimanche après-midi. Encore mieux que si j’avais 14 ans et que j’étais à la fête foraine de Sète en train de manger de la barbapapa.
19 juin 2008
Aujourd’hui, l’élastique de ma culotte préférée s’est décousu. Je suis très déprimée. Si vous êtes une fille, vous comprendrez mon désarroi (nous avons toutes une culotte préférée, c’est génétique et probablement superstition).
Maintenant je me demande : laquelle de mes culottes va être érigée au rang de « culotte porte-bonheur » ?
Y’a de la concurrence.
18 juin 2008
Aujourd’hui j’ai pris le train. Qui avait 1h30 de retard, OH QUELLE SURPRISE. Heureusement j’avais un bon bouquin, déniché au rayon littérature américaine à Ombres Blanches (si vous passez sur Toulouse, je vous conseille d’y faire un tour). L’histoire de Bone, par Dorothy Allison, raconte l’enfance de Ruth Anne, surnommée Bone, à Greenville, en Caroline du Sud dans les années 50. A travers les yeux de Bone – le livre est largement autobiographique – on découvre la vie d’une famille du sud, pauvre, chaleureuse, fatiguée, simple, mais où certaines relations ne sont pas comme elles devraient être. J’ai lu les 250 premières pages d’une traite, mais ce n’est pas la faute de la SNCF. C’est parce que Dorothy Allison est si douée pour les descriptions (temps poisseux, atmosphère moite et conversations fraîches) qu’elle arrive à vous accrocher aux personnages, presque comme si on vivait l’histoire à sa place. Donc si vous avez envie d’un roman social, go ahead.
Et nous avons la preuve que le réchauffement climatique nous attaque : il fait plus beau à Paris qu’à Toulouse.