Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

enough rope

26 octobre 2007

Il y a des gens qui veulent tout. Ils veulent que leurs relations amoureuses soient comme un 1er baiser qui s’étire. Avoir des papillons dans le ventre en permanence, et le coeur un peu fêlé, pour être sûr de se sentir vivant, pour que quelqu’un puisse s’engouffrer dans la brèche et la réparer.
Ce n’est pas de la naiveté c’est de l’arrogance que de vouloir vivre en boucle ce qui ne se vit qu’une fois, et je ne dis pas ça pour faire chier, je le pense vraiment. Disons que je le pense vraiment si la personne a plus de 25 ans. Il y a d’autres choses biens avec le temps : la complicité, les petites attentions, les moments à bricoler chacun de son côté dans la même pièce sans se parler. Pas forcément plus de sobriété ou de modération, c’est juste que c’est différent.

Peut-être que je dis ça parce que je suis une fille old-fashioned.
C’est fort possible, quand on sait que mon idéal de vie serait :

je suis dans une maison pleine de bois, du parquet jusque dans la cheminée, assise à mon bureau en pin sur lequel on peut encore voir les traces de cire qui a débordé de la bougie, et je peux voir les feuilles tomber des arbres par ma fenêtre, et entendre le chat ronronner sur mes genoux, et j’écris un article sur la condition féminine du XXIème siècle en buvant une tasse de thé russe tandis que mon amoureux me raconte une anecdote de son enfance un peu édulcorée et touchante. Et j’ai des rides d’expression que je déteste mais que me vont pas si mal, et l’amoureux a des cheveux blancs et un pantalon un peu usé. On écoute de la vieille musique qu’on a pas connu et sur notre lit il y a une grosse couette et des coussins fleuris qui donnent envie d’aller se coucher.

Voilà la métaphysique de mon existence.

Bien sur il faudrait que je sois sure que les hommes que je fréquente épousent cette idée, mais c’est difficile d’exiger un tel critère et en même temps vouloir plaire à quiconque ayant joué à la game boy avant 1990.

Bref, généralement on veut plaire à un maximum d’humains du sexe opposé, pour vérifier notre importance auprès de l’autre et s’assurer que nos hormones font bien passer le message (= je suis fertile, aime moi), c’est le jeu des relations sociales.

Je veux partager un tas de trucs avec un tas de gens : des idées, des sensations, des joies des peines des verres de vin des opinions et pensées politiques culturelles sociales, du non-sens et de l’absurdité. Mais finalement, je ne veux partager mon être mon corps et ma vie qu’avec une personne, voir ce que ça fait de grandir vieillir à deux, je veux avoir une belle histoire splendide et intense et entière, et être la fille que d’un seul. Tant qu’il se coupe les cheveux.