29 mars 2005
I hate the way I love – Le problème quand on est fan de Fafi, la célèbre taggeuse qui a surtout oeuvré à Toulouse mais aussi aux 4 coins du monde (Thailande, San Francisco, Mexique et Tunisie…), c’est qu’on a tout de suite envie d’être comme elle, et on se dit qu’il y a vraiment des boulots géniaux sur terre. Si vous voulez voir ce que ça donne : www.fafi.net
On était en train d’écouter The Weakerthans, à parler de tout et de rien, mais plutôt de rien d’ailleurs (au passage, je crois bien que The Weakerthans est un de ces groupes à écouter presque exclusivement dans sa voiture ou au réveil). Bref.
On parlait de rien, et quelqu’un a eu la brillante idée de rappeler que Le Tigre passait à Bordeaux. 17 euros. Olivia Ruiz passe dans 2 semaines et la petite a pris du gallon, 25 euros maintenant. Deux crêpes et un joint à la main plus tard, on arrive devant la salle, et ce qu’il y a de bien dans le fait d’aller voir un concert c’est d’observer la population qui écoute la même chose que vous.
Avant de vous faire un résumé de la performance du groupe hype-underground du moment, parlons de la 1ère partie Gravy Train. Musique électro forcément. Californien. Déjanté. Filles rondes mais sexy. Garçons gays qui se mettent à poil, en dansant avec des pompoms roses fluos et orangés. Chanteur qui transpire le sexe à outrance qui attrape la tête d’un mec devant et mime l’acte sexuel. Funny band. Non en fait j’ai plutôt adoré, plutôt plus que Le Tigre.
Parce que Le Tigre a beau être féministe, branchouille and co., au final en concert ça rend bien. Je crois que j’aurais fait une critique plus jouasse si pendant qu’ils se changeait ils avait pas mis en intégralité un play-back d’une de leur chanson, s’ils étaient pas revenus pour ne jouer qu’une chanson en rappel, s’ils n’avaient pas oublié de jouer I’m so excited et Tell you now.
A part ça ?
Bah j’ai beaucoup écrit ce week-end, pas foutu grand chose, récupéré un réflex gratos, m’en vais me balader dans la ville et prendre la moindre mouche qui vole en photo.
Have a nice chocolate day.
23 mars 2005

Lords and the New Creatures -
Il frotte ses pieds contre les draps frais,
Gavés de papillons qui explosent dans ses entrailles.
Complètement bouffé par cette maladie qui ronge ses veines, il voudrait que ça s’arrête.
Le seul remède c’est le temps, le seul remède c’est le temps.
Les cris dans sa tête, les spectres du passé, l’absence de contrôle
Qu’est-ce qui s’est passé ?
Il frotte ses yeux contre son oreillé glacé,
Mort de trouille à l’idée que ça ne cesse jamais.
Il commence à délirer sur ce qu’il pourrait arriver, il commence à délirer.
Plus rien ne le ramène à la vie, tout le ramène à elle.
Les rues illuminées, les bus fous, le ciel indécemment coloré.
Qu’est-ce qui va se passer ?
Il frotte ses mains contre son coeur effrité,
En priant n’importe qui, n’importe quoi pour oublier.
Il se dit qu’il prendrait bien un truc pour faire passer la pilule de la douleur.
Le seul remède c’est le temps, le seul remède c’est le temps.
Ether, cocaine, crack, herbe, somnifères ou camomille il hésite.
Combien de temps cela va-t-il durer ?
22 mars 2005

You had a bad day -
- Rendez-vous bien compte, votre dernier projet est lamentable. Vous prétendez connaitre ce boulot mais si cela continue ainsi, je ne crains que nous devions nous séparer de vous.
L’image tourne en boucle, encore et encore, le son est passé sur repeat. Emilie en a les mains qui tremblent et les conséquences pécuniaires qui défilent en tête, assise au fond de son siège dans le bus. Si Jimmy Eat World ne résonnait pas dans ses oreilles, peut-être qu’elle aurait déjà renoncé à se battre. Le contrôleur monte, suivi d’un de ses collègues, le pas sûr, la tête haute, les doigts collés à son carnet d’amendes tel un shérif sur son revolver. Il arrive vers le fond, demande à Emilie d’enlever ses écouteurs.
- Je ne crains que votre carte soit périmée Madame.
Alors elle vérifie, louche sur la date d’expiration, compte dans sa tête, réalise que sa carte n’est plus valide depuis une semaine. Sept petits jours durant lesquels elle a bûché sur son projet lamentable. Et elle voit le contrôleur dégainer ses feuilles roses, elle tente de lui expliquer qu’elle avait oublié, que vraiment une semaine ce n’est pas si grave, qu’elle ira dès demain la mettre à jour. Mais le contrôleur n’opine pas du chef, il écrit juste son nom et son prénom. Il lui explique que son boulot est de constater, qu’il constate en l’occurrence qu’aujourd’hui nous sommes le 20, que la date expirait le 13. Et il répète 13 fois qu’il constate la non-validité de sa carte. Le 13 porte malheur, finalement. Si Jimmy Eat World ne passait pas dans ses écouteurs, elle n’aurait pas hurlé avant de prendre l’amende et de descendre au prochain arrêt.
Et Emilie se met à marcher vers son appartement qui est encore à deux kilomètres, puis à courir, puis à sangloter, puis à pleurer à chaudes larmes. Ca aurait été bien si son propriétaire ne lui avait pas réclamé à coups de recommandés son loyer du mois dernier. Ca aurait été bien si elle avait quelqu’un sur qui enfouir les cheveux, quelqu’un à qui dire à quel point c’est moche la vie parfois, quelqu’un qui lui préparerait un chocolat chaud et un câlin tout prêt.
Alors écoeurée par Jimmy Mange Monde, de l’agressivité puante, de la mauvaise humeur poisseuse, elle se dit qu’on ne peut pas être responsable de tout dans la vie. Et tandis que son chocolat chaud bout, elle attrape son poème préféré, et se met à écouter mùm. C’est pas toujours notre faute si tout va de travers, c’est pas toujours notre faute.
(Demain, le poème)
21 mars 2005

I don’t wanna be like you -
Faire cette coupe de cheveux ou ne pas la faire, telle est la question. C’est ce qui est bien dans le fait d’être une fille, de pouvoir hésiter sur des futilités sans culpabiliser. Michel Houellebecq achète des mars sur les aires d’autoroutes du sud-ouest, roule dans une voiture grise irisée, un peu dans le genre qu’on aime posséder pour en mettre plein les yeux aux autres, a une copine/soeur/mère refaite au botox blonde un peu décolorée mais assez classe et porte des chaussures en daim. J’aurais préféré tomber nez à nez avec Hillary Clinton ou Natalie Portman pour des conseils capillaires mais que voulez-vous. C’est sûrement ce qu’on appelle l’ironie de la vie.
J’aimerais bien qu’on m’envoie la constitution européenne comme prévue, ou bien que le site marche, ça commence à faire sérieusement louche. De toute façon je doute que ça vienne changer complètement le paysage économique de l’Europe, tout a déjà été plus ou moins fait. La libre circulation des marchandises, des services et des salariés, dans 50 ans c’est bon, on sera un Etat fédéral. J’aurais jamais imaginé tenir ce genre de discours il y a 3 ans, qui sait ce qui m’attend pour 2008. Soit dans une secte soit fervente admiratrice d’Arlette Laguiller. Putain non, je déconne.
Mis à part ça, le meilleur groupe de rock serait composé d’autant de filles que de garçons, avides de soleil et sans grosse tête, qui aimeraient juste ce qu’ils font sans pour autant se prendre pour des Dieux et baiser des groupies assoiffées de chair musicale. Ils admireraient tout un tas d’autres groupes lumineux, porteraient des bands t-shirts, des ceintures à clous argentés, des etnies et un look très californien en général. Ils chanteraient en acoustique dans des petites salles, rouleraient dans un bus old school, ne fumeraient pas des clopes mais pas mal de joints et auraient un photographe attitré, un(e) petit(e) jeune super doué(e) mais inconnu(e). Ils joueraient pas mal de *catchy songs*, dans un style totalement mélangé et hybride, entre punk us et stereophonics, une voix douce et une voix éraillée, des guitares électriques, des guitares électriques, et aussi une basse qui résonne comme des coups de poing dans le mur.
Sinon à part ça, on attend patiemment le nouvel album de Melissa Auf Der Maur.
18 mars 2005

Everything’s gonna be alright -
Et cette épaisse chaleur qui n’en finissait pas… est-ce pire de mourir de froid ou de chaud ? se demandait Alice tandis qu’elle coloriait ses ongles d’un feutre rose bonbon volé à l’atelier d’expression personnelle. Est-ce plus douloureux de mourir roués de coups ou bien la gorge tranchée ? Dans quel cas agonise-t-on plus ?
Tim la regardait sans discontinuer. Elle pouvait faire la roue, manger l’herbe, se rouler sous le soleil, faire du vent avec ses mains, pleurer brusquement ou bien compter le nombre de cigarettes qui lui restaient, Tim ne la quittait pas des yeux, comme si la journée d’Alice était un film méritant 17 oscars dont celui bien sur, de la meilleur actrice. Le problème, c’est que ce n’est pas parce qu’il faisait beau et qu’ils étaient tous les deux assis à la table en fer forgé du jardin des Iris. Ce n’est pas parce que ses cheveux flottaient dans l’air et que des gouttes de sueur perlaient sur son décolleté. Ce n’est pas non plus parce qu’Alice et Tim étaient amis. C’est juste qu’il avait réellement envie de la regarder pendant des heures sans s’arrêter, parce que ça lui semblait être une belle façon de mener son existence, de la fixer et observer le moindre de ses mouvements. Il souriait souvent, de façon chronique et naive, se plaisait à collectionner les feuilles mortes et détestait la soupe de la cantine. Alice dévorait son assiette de soupe à sa place, lui jettait du pain sur la tête et hurlait, de façon hystérique et inconsciente, lorsqu’il essayait de changer la chaine de la tv dans la salle commune. Elle était assez maline pour faire celle qui ignore qu’on la regarde, mais parce que ça lui faisait du bien. Ailleurs, personne n’aurait fait attention à elle, alors qu’elle faisait trop attention aux autres.
Alice stoppa net de gribouiller l’ongle de son index gauche, plongea ses yeux dans ceux de Tim, pencha la tête avant de froncer les sourcils.
- Dis Tim, deux patients ne peuvent pas être ensemble dans un hôpital psychiatrique, hein ?
- Non.
- Parce qu’ils sont trop fous ?
- Parce qu’ils s’aimeraient trop. On ne peut pas guérir quand on aime trop.
16 mars 2005

And the sun, it was gold, though the sky, it was gray
And she wanted more than she ever could say -
Ca faisait un moment que j’avais cette photo, et en ce joli mercredi ensoleillé il me semble que c’est une bonne idée de vous communiquer cette image. Il suffit de regarder la tête de Rose McGowan qui ne simule pas son mécontentement. Bientôt je vous expliquerai quel est le meilleur groupe de rock selon moi, mais en attendant allez donc voir du côté de chez Ryan Pfluger dans #003, il a rajouté des photos, et pas les moindres.
N’oubliez pas que vendredi il fait 23°c sur terre et qu’écouter Lynyrd Skynyrd en regardant le ciel c’est le meilleur moyen de passer une bonne journée.
15 mars 2005

I’m sitting in Jane Mansfield’s car -
Evitez de regarder Simple Life 2 avec les doublages, c’est pas que c’est moins bien, c’est que c’est carrément nul. Kelly Osbourne doit bien avoir un secret pour passer du noir au blond platine aussi simplement en deux mois, mais faut vraiment qu’elle calme sa folie ‘tatouage’. N’est pas Angelina Jolie qui veut. Ceci dit, ce doit être l’une des seules rock stars qu’on a pu photographier alors qu’elle achetait de la dope à son dealer. En attendant elle sort un nouveau cd qui ne verra sûrement jamais le jour en France.
Franchement j’adore Cosmopolitan, mais pas leur politique irrespectueuse du genre piquer des critiques de musique sur Internet en les signant de leur nom ou retoucher tellement Jessica Simpson qu’on dirait Claudia Schiffer après un match de boxe. Probablement que l’un des meilleurs magazines féminins en ce moment est Glamour. Et je vous parle même pas du Glamour anglais, dont le portrait du mois est Gwen Stefani sous le titre ‘the music issue’. Ca me botterait vachement les fesses de travailler pour ce genre de magazine coloré, truffé d’infos, bourré d’énergie et qui détend autant qu’il apprend.
J’ai longtemps cru que la chanson The Queen and The Soldier de Suzanne Vega était ma chanson porte-malheur mais tout compte fait, c’est pas possible qu’une chanson aussi puissante puisse causer du mal. (20°c demain, douce vie.)
11 mars 2005

And the friends that you have are the best
impressing most of us as permanent -
J’ai pas mal de choses à raconter, le week-end est même pas passé, et ça tombe bien d’être de la génération internet, ça permet de déposer les armes sur la toile et de les relire quand je serai vieille (soit vers 35 ans selon Maia Mazaurette ahah).
Cette semaine m’a valu un sprint en zig-zag, comme pour échapper à un crocodile. J’ai appris que l’amitié c’est comme l’amour en plus n’importe quoi, ça va, ça vient, on s’aime, on se déchire, on se réconcilie, on se veut, on pense à l’autre et on se remet ensemble et ça repart encore mieux.
J’ai appris que j’ai beau dire que je retomberai pas dans le piège de mes émotions, à chaque fois je replonge dedans tête première, et je veux pas pleurer, je veux vraiment garder mes larmes au fond du ventre, derrière les paupières, n’importe où mais pas sur les joues. Mais contenir c’est juste un verbe pour faire joli, genre ‘cette robe contient 60 % de coton’. J’ai appris qu’un fou a quand même inventé LE truc pour dissuader les filles de manger trop : un kilo de graisse corporelle à emporter avec soi pour s’auto-dégouter et devenir lipophobe (www.mypetfat.com).
J’ai appris que si vous voulez vous en sortir dans la vie, apparemment le must était d’avoir un projet professionnel super abouti, et ce dès la licence hein, on est pas là pour rigoler bordel. Sans oublier bande de jeunes naifs en rut, qu’il faut faire une étude de marché (toujours avant de choisir sa maitrise nesspa) pour savoir ce que les entreprises recherchent, ce que les employeurs veulent et ne pas croire que c’est avec un DESS qu’on va avoir un job, non mais oh.
J’ai appris une phrase sublimement belle, tellement que je la retourne dans ma tête en me disant qu’il y a vraiment des idées de génie qui se trimballent ici-bas : De Battre Mon Coeur S’est Arrêté. Debattremoncoeursestarreté. DE BATTRE MON COEUR S’EST ARRETE.
J’ai appris qu’il y avait des garçons qui disaient comme ça, qu’ils voulaient que leur amoureuse réussisse sa vie de femme. J’ai appris pas mal d’autres choses touchantes rangées au fond de ma poche cette fois.
Et il y a des gens que je déteste savoir habiter loin de chez moi, mais ça je ne l’ai pas appris.