Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

28 février 2005

eternal

Il a pointé son doigt sur l’écran et le clip s’est mis à défiler. Il y avait deux choses qui nous faisaient rire tandis que la chanson I’m not okay (i promise) défilait : le maquillage idiot / grotesque du chanteur des Chemical Romance, ce look à la The Cure qui semble persister malgré le ridicule super établi des goths et l’humour décalé de la petite histoire contée. Melvin cala son doigt sur la touche ‘pause’. Ca faisait 5 fois qu’on se le repassait en boucle. Je me tenais encore le ventre, secouée d’un spasme orgasmique post-fou rire. Melvin se tourna vers moi.
- J’ai quelque chose à te confesser.
Je suis devenue timide d’un coup. On fait toujours semblant de ne pas comprendre lorsque quelqu’un envoit les signaux d’une révélation imminente. On prend toujours l’air détaché pour éviter que l’autre ne se rétracte. Ce doit être une des raisons pour laquelle je n’ai pas écarquillé les yeux, je ne me suis pas assombrie, je n’ai pas effacé mon petit sourire idiot. Je l’ai juste fixé du regard.
- J’aimerais bien que tu dormes avec moi ce soir.
Et c’est vraiment débile, la façon dont les mots comptent. Ca m’aurait peut-être moins dit, s’il m’avait dit ‘j’aimerais dormir avec toi ce soir’ ou ‘c’est l’heure de se coucher, tu viens ?’. Là, il avait choisi les bons mots et ça faisait toute la différence. Ca allait devenir dangereux. Putain, il était sérieux.
J’ai du prendre une trop longue pause, à éviter ses yeux. Une fois qu’ils ont passé une étape, les garçons ont du cran. Une fille aurait probablement essayé de s’enfuir de quelque manière que ce soit (oh-et-si-je-m’en-grillais-une), mais non, les garçons faut toujours qu’ils insistent avec leurs yeux. On veut nous faire croire qu’ils ont beaucoup de faiblesses mais c’est faux. T’as pas le droit de m’embrasser, t’as pas le droit. On se connait trop ou en fait pas assez, y’aura toujours une bonne raison pour ne pas le faire, pour se dire non et rester copains.
- T’es en train d’énumérer toutes tes certitudes, hein ?

La suite, vous la connaissez.
C’est pourquoi la seule vérité, dans l’histoire, c’est qu’ils sont très capables de nous protéger.

26 février 2005

drew

‘Bastards, bastards, BASTARDS’ I screamed -
Y’a toujours moyen d’être surpris. Je crois que c’est ça qui est bien dans le fait d’être ici. Je comprends pas trop cette démarche de détruire ce qui est beau, parce que c’est insupportable quand ça touche trop ses tripes, parce que c’est la seule façon qu’on a de se sentir mieux après. Même le beau n’est pas parfait, alors je vois pas en quoi le foutre en l’air résoudrait ces propres problèmes. Par contre je comprends assez le fait d’envoyer chier une relation trop propre, un truc où tout va tellement bien qu’on se dit qu’avec ou sans, ça changerait rien. Faut que ce soit vertigineux, pas paisible, à travailler, doux, acide, plein et à compléter, sinon il y a pas trop d’interêt.

Sinon plus tard je ferais bien scénariste de Nip/tuck :
« Je suis enceinte
- On a mis une capote
- Alors soit elle a craqué soit je porte le nouveau messie ».

25 février 2005

road

And all I ever do is say I’m sorry
The bitter pill is as sweet as candy now -
Le road-trip 2 days/1 night était aussi bien que prévu. J’ai pas oublié Toulouse, même après deux ans. J’ai pas oublié la PastaCiutta et leur pizza chèvre/miel, j’ai pas oublié le goût du joint face au canal et à quel point c’est chiant une ville où les piétons et les voitures sont toujours accrochés l’un à l’autre. Ils ont juste rafistolé la grande vitre de la Fnac qui avait explosé en mille morceaux pour mieux me réveiller quand l’usine AZF a déconné. La seule différence cette fois-ci, c’est qu’il y avait Sugarcult dans mes oreilles. D’ailleurs en rentrant j’ai vu que quelqu’un avait qualifié Sugarcult de semi-Good Charlotte non mais oh, où va le monde, on t’a jamais appris le respect ?

Je croyais pas qu’un jour je dirais ça, je vous assure, mais mince quand est-ce qu’il va faire assez chaud et beau pour qu’on puisse aller à la fac sans manteau ? Parce que sinon à quoi ça sert de sortir les nouvelles collections printemps/été dans toutes les boutiques de fringues ? Okay le soleil est un con, mais il rend service quand il évite la dépression et la mauvaise humeur à plein de gens. Allez reviens Monsieur Ciel Bleu, on dira plus que tu fais chier !

Et bientôt, la preuve que je suis une hopeless romantic.

22 février 2005

poissons

I have a theory that the truth is never told during the nine-to-five hours -
Alors oui, Hunter S. Thompson s’est suicidé, ce vieux con. Je comptais vraiment sur lui pour continuer à être le symbole torturé d’une génération d’écrivains drogués. Ce n’était pas qu’une illusion : la vie était totalement dangereuse avec lui. Il faut écouter Jeff Buckley en boucle pour lui rendre un hommage personnel, maintenant.
Je suis obsédée depuis 3 jours par Bully, le film de Larry Clark. Probablement parce que c’est tiré d’un fait réel, parce qu’ils étaient tous copains, parce que j’arrive pas à piger comment on peut tomber aussi bas, parce que y’a ce côté malsain et dégueulasse que j’aimerais comprendre. Celle qui me perturbe le plus, c’est Ali Willis. Et Heather Swaller. Si tu comprends la déchéance, tu pourras l’éviter. J’ai cherché toutes les décisions, les arrêts rendus par la Cour de Justice de Floride, les photos et le documentaire A&E, mais qu’on ne trouve qu’en envoyant un billet de $ 20. Après je suppose que le lavage de cerveau opéré en prison américaine doit être efficace puisqu’on peut écrire des mails à Marty Puccio qui croit maintenant en Dieu, qui cherche à s’offrir une rédemption gràce à des gens qui auraient pitié de lui. Ils avaient peur de rien, ils étaient libres, une nuit et plus rien.
Je sais pas pourquoi, plus j’entend ‘my soul is on fire’ de Lucky Jim, plus ça m’y fait penser.

Plus tard une note tralala. Mais un 22 février, je ne pouvais pas faire autrement.

21 février 2005

Nuts Parties, Throw toilet paper on the roof -
Le temps de se garer sur le parking vide de la superette, d’éteindre ses phares et de passer la porte vitrée, Lune avait déjà deux appels en absence. Un pour lui signifier qu’il avait appelé, un second pour lui dire qu’il avait laissé un message. Elle remis le téléphone au fond de son sac, elle était pressée et venait de s’apercevoir qu’elle n’aurait pas assez de liquide pour acheter des piles en plus. Pendant qu’elle attrapait la bouteille de rosé et les chipsters, elle hésitait entre se sentir bien ou mal. Ca bouillonait en elle, d’écouter sa voix, de savoir ce qu’il avait à dire, de s’attacher encore un peu plus. Puis ça lui griffait les entrailles, de comprendre qu’elle se sentait mieux avec lui que sans.

Et cette musique entrainante de Phoenix qui résonnait dans la boutique, et son reflet partout sur les vitres des compartiments à produits frais et surgelés qui lui rappelait qu’elle était amoureuse. L’équation elle est toute bête, en fait. Amour = Bonheur. C’est aussi con que ça, le reste ça coule sur la peau après. Et ça faisait chier d’être heureuse, ça faisait chier parce que il existe une autre équation dans la tête de Lune : jouissance = souffrance. Encore plus con, encore plus irremédiable. Tu devras payer le prix de ta béatitude ma jolie, et les instants sublimes que tu as avec lui quand il te touche le ventre, quand il passe la main dans tes cheveux et glisse sa bouche chaude sur la tienne, les instants que tu vas te remémorer pendant des heures, qui font que tu crois que tu en vaux la peine, ces instants-là, ils vont se récupérer.

L’un ne va pas sans l’autre, ça serait dégueulasse d’être en paix avec soi alors que d’autres en chient tellement plus. Tu trouves ça juste toi, que tu te sentes bien pendant que tout va de travers pour les autres ? Tu trouves ça correct de croire que ça sera éternel et de vivre dans ta bulle, persuadée que rien ne pourra jamais t’atteindre, quand certains se roulent de douleur, assomés de crampes bestiales, au fond de leur lit ?

Lune sait qu’elle n’y arrivera pas. Et alors qu’elle se décide finalement à voler ces piles dont elle a tant besoin, pour supporter le voyage en bus jusqu’à lui gràce à son walkman, elle se dit que peut-être oui, peut-être qu’elle devrait le quitter. Sans jouissance, plus de souffrance. C’est joliment utile, les équations.

20 février 2005

yellow

Let Her Go, Learn a Lesson -
Avant le dimanche c’était chiant. Vraiment le pire jour de la semaine, celui qui servait à racler quelques vieilles heures de sommeil et zapper comme une loque devant la série bidon de M6 en buvant du nectar de pêche. C’était quand se plaindre d’avoir la chance d’être jeune avait un sens. Maintenant quand on est grands, on aime le dimanche. Pour se retrouver et se montrer qu’on compte l’un pour l’autre. Quand j’étais enfant, jamais j’aurais cru pouvoir un jour regarder le JT de 20h sans m’ennuyer, ou couper une pomme toute seule.
C’est bien d’avoir des certitudes qui s’écroulent.

Okay pour la pluie ou le grand soleil, mais cette grisaille inutile ça me saoule. Ca sert à rien, on dirait juste une journée qui passe comme ça. Donnez moi du ciel bleu, de la lumière, de la peinture, un mur blanc et du Nada Surf.

17 février 2005

saves the day

Hey Kids, Rock’n'roll -
Le problème avec System of a down, the Distillers, Brand New, the Used, Hole et le reste de la musique violente, c’est qu’en fait je peux jamais les écouter. Je peux pas les écouter dans les transports en commun parce que ça me donne envie d’hurler aux oreilles des gens, je peux pas les écouter dans la voiture parce que ça me pousse à accèlerer et à créer des accidents, je peux pas les écouter le soir avant de me coucher parce que ça m’excite et après j’ai plus envie de dormir. Comme la nuit dernière, en fait.
Du coup j’ai rangé, réécouté la plupart de mes cds, me suis souvenue des périodes où j’écoutais tel ou tel morceau. D’ailleurs si Good Riddance de Green Day reste une de mes tenbestsongsinthef*ckingworld faudrait surtout jamais oublier You’re The Sunshine Of My life de Chokebore.
Ouais je sais, vous préférez quand j’écris des textes, mais comme c’était la semaine de la saint-valentin et que je suis plutôt contre, autant tout faire à l’envers. Je pense que les vacances vont être faites de joints, de balades au soleil, de tartines de nutella et de REM en boucle. Un peu comme ce matin, en fait.

Hey, si y’a un truc que je maudis plus que l’opercule mal foutue du pot de nutella, c’est vraiment le ski.

17 février 2005

sun

Bring us revolution -
Waouh. Mein Blog ist 1 Monat alt. Outre le fait que j’aimerais qu’on vive tous dans un monde de paix universelle bisousbisous and co, je me demande quelle va être la prochaine révolution. Parce qu’il en faut une, et la dernière remonte à presque 15 ans. Faudrait qu’on trouve un idéal à poursuivre, qu’on s’y accroche tous et qu’on se laisse porter par la vague. Sinon mis à part ça, je vois pas qui va remplacer Courtney un jour. Même si Brody Dalle est bien partie.