Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

get out of my house

22 février 2012

Mon mois de Février ressemble à la période embrumée de David Bowie (« je n’ai honnêtement aucune idée de ce qui m’est passé par la tête entre 1975 et 1977″ – Q Magazine, Mai 1993). Acculée par les mauvais bouquins, les légumes qui pourrissent dans le bac du frigidaire, les piges impayées et les rêves chiants où je remplis de la paperasse, je me suis dit « oh, et si j’allais voir un(e) voyant(e) pour me changer les idées un peu ? ». Pourquoi pas ? J’avais envie de faire quelque chose de fun, et de moins dangereux que, mettons, faire du tir-à-l’arc ou du saut à l’élastique.

Un jour, il y a quatre ou cinq ans, je suis allée voir Pépé Jean, un ancien avocat qui jouait du pendule dans un salon de thé le mardi après-midi. Il vous lisait les lignes de la main pour 5 euros pendant que vous mangiez votre tarte au citron, et draguait la moindre pépé de plus de cinquante ans qui passait la porte. Voilà qui était fun.

Dès mon arrivée, la voyante – que nous appellerons Mado pour des raisons évidentes d’anonymat – s’est concentrée, la tête baissée sur la poitrine, balayant de temps à autres une miette de pain sur la nappe en plastique vert pomme de sa cuisine. Mado communique avec les esprits qui lui transmettent leurs messages. Et n’ayant pas communiqué avec eux depuis 1995, autant vous dire qu’ils en avaient gros sur la patate.

« Vous êtes très sucrée vous, non ?
- Eh bien… non.
- Vous ne mangez pas de sucre ?
- Du… du chocolat, parfois ?
- Ah vous voyez, vous me dites non, mais moi je leur fais confiance. Vous mangez sucré. »

Il valait mieux coopérer si je ne voulais pas que mes plus d4rk secrets soient révélés.

« Vous aimez beaucoup le chant. Vous chantez ?
- Absolument pas.
- POURQUOI J’ENTENDS CA ALORS ?
- Hihihihihi
- CHUT ! Laissez-moi me concentrer ! »

J’ai ensuite appris que je bossais dans des bureaux, que ma famille était très soudée, que mon couple ne pourrait marcher que si nous faisons chacun des efforts (ah ?), qu’il y avait parfois des choses qui m’agaçaient dans mon travail (oh !) mais qu’un jour, je serai CHEF.

Quel mois humiliant.

not to write about boys

15 février 2012

3 réflexions en écoutant ça :

1) Wow, et Cher ? Si Cher venait à mourir – bien que cela me semble peu probable compte tenu de son immortalité – ça me ficherait un sacré coup.

2) Le 5ème choix de la boutique en ligne de la petite maison d’édition Muumuu House (flashback janvier: ai chroniqué le livre de Megan Boyle ici) est vraiment une super idée.

3) Napoleon Dynamite mérite sans aucun doute d’être visionné une seconde fois.

4) Un jour, j’aimerais bien tenir un atelier d’écriture pour enfants. Ou un club de lecture à distance. Et manger à nouveau des chips au ketchup.

5) RAH ! Ça fait plus de trois réflexions.

katie cruel

10 février 2012

Ah ! Et hier j’ai écrit ça. C’est peut-être un truc de nerd ? Je ne sais pas trop, alors autant le mettre ici au cas où.

live fast die young bad girls do it well

9 février 2012

Lundi était okay, mardi était moyen, hier était terrible.
La buée qui sortait de ma bouche avait goût d’immensités canadiennes, sous le soleil figé par les températures avoisinant les moins dix degrés. Des petites stalactites se formaient dans mes poumons. C’était vraiment bien. Puis, en une nuit, les canalisations de l’appartement ont gelé. Les robinets se sont asséchés telles les entrailles d’un dictateur sur le point de se confesser. C’est alors que le plombier zozo est arrivé avec son chalumeau, claquant des dents dans ses deux tee-shirts enfilés l’un sur l’autre. Il a tout essayé en vain, pendant une heure ou deux, m’expliquant qu’il était dessinateur et qu’il préfèrerait dessiner chez lui plutôt que de patauger dans les canalisations gelées chez les autres, avant de capituler. « Pour les toilettes, écoutez : faites dans un sac plastique, puis jetez-le », qu’il m’a fait. Et avec lui, ma dignité ! que je lui ai répondu. Il est parti avec ce regard familier du tu-y-viendras-comme-nous-tous-petite. Plus les heures passaient, plus l’angoisse se faisait sentir. Réalisant que l’eau courante ne reviendrait pas avant plusieurs heures voire plusieurs jours, j’ai décidé de conjurer le sort, d’affronter mes démons, de prendre mon destin en main.

Je suis sortie avec ma bite, mon couteau, et un magazine.
Et d’un pas décidé, je me suis rendue aux toilettes publiques. Près de la rue Bayard. Ceux qui connaissent Toulouse savent que ce fait devra donc être mentionné sur mon épitaphe.

A la sortie des toilettes publiques, une voix monocorde a pris l’habitude de lancer d’un ton vindicatif : « SORTEZ MAINTENANT ». Si vous ne le faites pas, il y a fort à parier que la douche est gratuite aussi. Je venais à peine de récupérer mon renommé pas sautillant pour m’échapper de là qu’un punk à chien m’arrêta pour me soutirer un euro quarante.

C’est pourquoi je raconte cette histoire aujourd’hui. Pour aider ceux qui ont vécu une expérience similaire – je ne doute pas une seconde que nous soyons nombreux – à, eux aussi, tourner la page.

pistolas at twenty paces

6 février 2012

Trois chèques à envoyer, une chaudière qui fuit, et pas de culotte en grosse laine sous la main. Si vous non plus, vous ne sentez pas ce lundi de merde, quelques trucs à vous mettre sous la dent :

- Nicoz Balboa a lancé son second One Year Moleskine.

- Cette université pour cow-boys, dans la vallée de Deep Springs en Californie, à la frontière du Nevada. A lire peut-être en écoutant un petit Have Gun, Will Travel.

- Une chaîne YouTube : 7 minutes in Heaven, tiré du jeu pour adolescents en rut qui porte le même nom (j’aime bien l’épisode avec Kristen Wiig). Un flickr avec des angles chouettes : lord the air smells good today.

- Après des années d’investigation, j’ai retrouvé un de mes films fantastiques chéris quand j’étais môme : Les Yeux de la forêt, avec Bette Davis. Note : sauf pulsion masochiste, ne plus revoir les films préférés d’avant 1999.

The Summer ’05 Story

2 février 2012

En rentrant chez ma mère, j’ai retrouvé mes deux bouquins préférés de l’été 2005 au fin fond de ma bibliothèque.
Tout partait plutôt mal cet été 2005. Mes amis partaient aux quatre coins de la France pour leur master 2, et j’étais coincée à Bordeaux sans partenaire de belote. Malgré des dizaines de lettres de motivation envoyées un peu partout, je n’avais pas réussi à décrocher un stage, et je m’efforçais de ne pas déféquer sur le bureau de la conseillère d’orientation de la fac qui voulait que je bosse chez McDo (« Ça vous sera plus bénéfique. Aujourd’hui le premier truc qu’un employeur fait, c’est de regarder sur votre C.V. si vous avez travaillé chez McDo »). Je n’étais pas vraiment triste, parce que j’avais de la musique à écouter, mais j’étais dans cette fameuse phase oh-ciel-mon-avenir-incertain. Et puis un matin, j’ai reçu un mail d’une copine qui me disait que la stagiaire à moitié zinzin de la maison d’édition où travaillait une amie à elle avait foutu le camp du jour au lendemain, et qu’ils cherchaient quelqu’un pour la remplacer pendant un mois et demi.
Et c’est comme ça que je me suis retrouvée, trois jours plus tard, dans une chambre sous-louée métro Barbès-Rochechouart, à Paris. En m’emmenant à la gare, ma mère, qui n’est pourtant pas d’un optimisme faramineux, m’avait tapée sur l’épaule en disant : « Je suis sûre que ça va être formidable ». Je m’en souviens parce que ce fut vrai.

C’était plutôt fendard de travailler dans cette petite maison d’édition. On appelait Maître Cappello pour qu’il nous donne ses directives concernant ses mots-croisés (à chaque fois, sa secrétaire murmurait dans le combiné : « Ne bougez pas, je vais le réveiller, il fait sa sieste » et nous étions plein de compassion pour ce pauvre Maître Capello à qui l’on demandait en permanence de s’agiter les neurones), on lisait des manuscrits amers comme du jus de chique (en haut de la pile, il y avait ce manuscrit où une bite était la narratrice principale), et on se moquait des écrivaillons qui crachaient dans leur téléphone : « Vous ne voyez pas qui je suis ? Je suis passé à la télé ! ». Puis un jour, j’ai du descendre à la cave pour déposer un carton d’exemplaires invendus du livre du Dalaï Lama. C’était une grande cave, avec des vieux machins partout et des tuyaux qui sortaient de tous les murs. En fouillant un peu, je suis tombée sur une caisse en bois remplie de livres en anglais. C’est comme ça que j’ai pris Riding In Cars With Boys de Beverly Donofrio. Je l’ai dévorée à la pause, puis le soir chez moi, et j’ai insisté auprès d’un des chefs de la maison d’édition pour qu’ils le publient, mais je crois qu’ils ne l’ont jamais fait.

La façon dont Le Bizarre Incident du Chien Pendant La Nuit de Mark Haddon est tombé entre mes mains est bien moins intéressante : je crois que quelqu’un l’avait évoqué à une soirée alcoolisée métro Guy Moquet, et le lendemain je suis allée le chercher dans une librairie. C’est un roman pour adolescents, mais j’avais vingt-et-un an à l’époque et je me rappelle avoir pensé, en le lisant dans le métro qui me menait au travail, que tout le monde devrait le lire. Je ne dis pas ça de beaucoup de livres. Mais je suis de ceux qui pensent que quiconque n’aime pas lire n’a simplement pas encore rencontré le livre qui lui fallait – et Le Bizarre Incident… peut être ce livre-là, dans 83% des cas.

Il n’y a pas de morale à cette histoire.

get a real job

31 janvier 2012

Semaine 3 : Me suis écroulée sous les « beaucoup » inutiles, pour ne pas dire C H I A N T S. Ai envoyé beaucoup de mails, mangé beaucoup de soupe à l’avoine, travaillé beaucoup trop tard et beaucoup trop peu. Ai beaucoup oscillé entre l’euphorie et l’hyposthénie. Ai écrit un article intitulé « Comment fait-il de nous des ringards ?« , puis réfléchi au second papier que je devais écrire. Me suis demandé pourquoi quelqu’un avait arraché mon nom sur ma sonnette, avant de réaliser que dans ce coin de la ville, l’alcool faisait faire des choses insensées aux gens (un matin, en ouvrant les volets, un DVD pirate de Resident Evil était posé sur le rebord de ma fenêtre). Ai écouté en boucle une chanson moyenne, avec cette question en suspens : sommes-nous ce que nous écoutons ? avant de m’apercevoir de la médiocrité de cette question. Ai sincèrement aimé les premiers épisodes de la série Alcatraz, qui contient pourtant quelques bonnes ficelles scénaristiques surannées. Ai failli insulter deux têtes de gland qui asticotaient un homme qui avait de toute évidence basculé dans un autre monde, crachant des phrases absurdes à la foule massée devant le cinéma. Ai raté ma séance pour Take Shelter, décidé de revoir Twister en attendant, oublié de le faire, fait des recherches sur les Amish à la place et pris les références de deux-trois bouquins pour la médiathèque. Ai tenté la coiffure d’Amy Adams dans Scott Pilgrim (déception accrue). Bilan : 2 livres, 3 siestes, 4 bières + un réveil à 5 heures du matin.

Semaine 4 : Ai traversé une partie du Gers en voiture, à l’aller sous le soleil glacé de janvier, au retour sous les étoiles-diamants du ciel noir des campagnes. Me suis arrêtée à deux reprises, la première pour visiter une église et la seconde pour boire un coca-light dans un PMU où des vieux jouaient au rami. Ai appris qu’en Gascogne, on pouvait apercevoir des aurores boréales plusieurs fois par décennie. Ai mangé des gaufres, un tartare poêlé, bu un get 27. Ai souri en lisant un auteur, dans la presse, dire que sa profession était écrivain mais qu’il n’aimait pas le terme, « trop figé et sérieux », et qu’il préférait dire « j’écris des livres ». Ai éprouvé un petit chagrin, un peu de lassitude, de stress et d’agacement (durée : deux heures). Ai observé, à la terrasse d’un café, un jeune homme très bien habillé (il portait une cravate rayée, un veston en laine bouillie, et un sweat à capuche bien repassé). Ai écrit un article intitulé « Nicolas Cage : des films d’auteurs aux nanars. Délibérément.« , et d’autres trucs (total : 11 pages sous Word). Ai écouté le disque de Lana Del Rey. Ai regardé la suite de la série d’animation Napoleon Dynamite, puis rattrapé mon retard sur Red Band Trailer (celui avec Zooey Deschanel fut insupportable). Me suis rendue compte que depuis le début – enfin peut-être pas le début, disons depuis trois, quatre ans – ce blog était une sorte d’atelier-laboratoire qui me servait de placebo anti-Alzheimer, et qu’il fallait donc que je retrace mes deux dernières semaines ici. Bilan : possible personnalité anale.

Je crois que c’est à peu près tout.

untitled

14 janvier 2012

Parce que si vous ne pouvez pas faire la fête tout seul dans votre chambre le samedi soir, vous ne pouvez pas faire la fête tout court.

(ça, c’est Django Django – Default)

(ça, c’est Austra – Beat and The Pulse)

(ça, c’est Iggy Azalea – My World)

(et ça, c’est parce que je ne changerai JAMAIS)

(c’est How You Love Me Now de Hey Monday)