Le blog d'Elixie
Elixie Elixie

Radiosurgery

12 mai 2012

Je me suis réveillée avec une poisse subite. 84% des choses ne se passent pas comme elles le devraient : les appels manqués, la chaudière qui fuit, les incompréhensions, les mauvaises négociations, la clarinette à sept heures du matin, la poignée de la porte qui reste dans la main.
12% de ces choses oscillent cependant entre le supercool et le pacte avec Satan : le voyage inattendu à New-York, le vieil algérien du métro qui discute et entame la chanson des zouaves avant de disparaître, les pancakes, le bus 67, l’idée de papier inespérée.
Compte tenu de ces données, quelle est notre propension à détecter les micro-merdes du quotidien ?

animal arithmetic

27 avril 2012

Ce ciel œuf pourri,
c’est
comme
un malaise qui n’aurait pas de fond et dans
lequel
il serait
difficile d’ouvrir les paupières
après
déconnexion du cerveau.

Alors je me sens
comme
un petit chat sous anesthésie
qui court
aux quatre coins de la pièce
pour
se
casser la gueule dès que l’occasion se présente

et au loin les rires gênés et l’absence d’odeurs familières et le sol qui se dérobe sous ses pieds et les pulsations cardiaques débiles
et l’angoisse et l’attente et le sentiment que l’on perd les pédales pour rien du tout (ce n’est que du gris, après tout) et que dans quelques semaines
ce ne sera plus
qu’une période un peu pénible et déjà loin.

Que devient Lolita Pille ? et autres questions métaphysiques

15 avril 2012

Après m’être verni les ongles d’un rose pailleté très ‘Romy & Michelle, 10 ans après’, j’ai repensé à ma propre médiocrité de ses dernières semaines. Comment sait-on que l’on n’est pas en train de foirer ? Ça m’a tracassé un bon moment. Une vraie question piège avec des relents de lucidité.

J’y ai bien réfléchi puis je me suis dit que, peut-être, relire Crépuscule Ville serait une bonne idée. Crépuscule Ville est le troisième et dernier livre de Lolita Pille sorti en 2008, un roman d’anticipation ambitieux, touffu et raté dont les malfaçons finissent par rendre une ambiance particulière. Les métaphores sont un peu lourdes, les tocards ont des airs d’acteurs 80′s, le héros a cette nonchalance surfaite de vieux briscard mais le style est pas dégueulasse, du genre roman de gare mal traduit. Un livre impossible à conseiller puisqu’il fait partie de ces trucs que l’on est le seul à aimer pour leurs défauts.

J’y ai réfléchi encore un peu. Et j’en ai déduit que ce n’était pas céder à la médiocrité que de faire confiance à quelques-unes de ses imperfections.

Voilà ce que je me suis dit en vidant ma boîte d’Orangina light face à mon jeu vidéo favori du moment.

six degrees from misty

10 avril 2012

Maintenant qu’Instagram est arrivé sur Android, ça ne me fait qu’une marotte de plus (BobbyFreckles). Et tant que j’y suis, pour mes NOMBREUX amoureux transis  : @bobbyfreckles.

(j’ai pas de tumblr)

ballad of a deadman

2 avril 2012

Parier sur la route
(de 371 à 1002 kilomètres)
et rouler malencontreusement
sur
1 crapaud
(ses yeux dépressifs nous ont
libérés de la culpabilité – peut-être avons-nous
abrégé ses souffrances).

2 petites flaques d’huile
et des plaines
couleur ocre
un peu de fumée noire
sous le capot
& l’odeur
de la perruque de Jayne Mansfield.

Dans le silence nocturne
entendre
le chuintement d’une météorite
qui s’embrase
et toutes les musiques
deviennent pénibles à écouter.

hin hin hin

29 mars 2012

Hin hin hin hin hin.

it’s hard to get around the wind

22 mars 2012

Ma fatigue est telle que, cette nuit, j’ai rêvé que je dormais.

Ces dernières trois-cent trente-six heures (je ne sais jamais où doivent se placer les tirets quand on écrit les chiffres en toutes lettres) ont été inédites. Au début, j’ai écrit ce papier, « Pour qui voteraient les super-héros ?« , puis une semi-connasse m’a fait pleurer tandis que j’étais dans le métro parisien. Ai ensuite été virée du stand des Inrocks au Salon du Livre. Ai regardé les mégots de cigarette trouer leur moquette. C’est ici que se perd l’ordre chronologique. Ai fait un tour de Paris dans le bus 67. Ai croisé Alain Chabat tandis que je mangeais des pancakes, des œufs brouillés et des saucisses. Ai vu un chien géant, qui devait atteindre les 1m40 au garrot. Me suis baladée sous la pluie, marché sur l’herbe. Ai parlé du pubis géant d’Angelina Jolie à des quasi-inconnus. Pourquoi les gens achètent-ils des sacs Guess ? Les bouquinistes sur les quais de la Seine rient-ils des pigeons sans patte ? A une soirée, la baignoire de l’appartement était remplie de glace pilée et de bouteilles de champagne et un type frottait les briquets des autres sous son aisselle en riant bêtement. Il n’arrêtait pas de m’appeler « Da Costa » et j’en ai arbitrairement déduit qu’il avait une atrophie testiculaire. 3 kilos de plus au compteur.

Lundi, je me suis rendue à l’école Ozar-Hatorah et j’ai écrit ce papier, « Fusillade à Toulouse : paranoïa, gros calibre et vieux rapaces » (mauvais titre original) en rentrant chez moi, quand la pluie et le bruit des hélicoptères avaient cessé de balayer le ciel de la ville. Je me suis couchée au milieu de la nuit. Ai rattrapé mon retard le lendemain. Le surlendemain, hier, je me suis réveillée en sursaut, direction chemin du coin de la moure. Ambiance surréaliste où les photographes sortaient des escabeaux à cinq ou sept marches de leur bagnole, montaient sur les poubelles, et engueulaient ceux qui piquaient leur spot, tandis que des nationalistes venus « soutenir » le suspect pour qu’il soit capturé vivant et « avoue son appartenance à Al-Quaïda » trainaient dans le coin. A côté d’eux passaient des voisins d’origine maghrébine avec la boule au ventre, « sciés », et conscients que « ça [allait] pas [leur] faire du bien cette affaire ». Ai attendu plusieurs heures dans le vent, prise entre la tristesse et l’adrénaline. Ai discuté avec des journalistes des magazines gratuits, le syndicat de la police, des étudiants. Ai imaginé ce que je ferai, en rentrant à la maison. Me suis excusée pour le sale temps auprès des gens venus de loin pour couvrir l’évènement (et qui ne s’étaient pas douchés depuis quarante-huit ou soixante-douze heures). Suis partie quand nous avons compris, sur place, que le type baladait tout le monde et qu’il n’avait jamais eu l’intention de se rendre (il essayait probablement de gagner du temps pour creuser un tunnel avec un cure-dents façon Tim Robbins dans les Evadés). Une (1) douche + une (1) demi-bouteille de rouge + des (2) amis. Ai continué à recevoir des textos de ceux qui passaient la nuit là-bas et qui piquaient des petits sommes dans une de leurs voitures, jusqu’à l’assaut. Ai eu l’impression, au bout de trois/quatre heures d’infos, d’écouter une blague téléphonique d’Orson Welles. Un mal de crâne me coupe le lobe frontal en deux depuis, sorte de manifestation physique d’une gueule de bois de haine. J’ai envie de lire un bon bouquin, fermer les yeux, et que l’on me caresse les cheveux.

The concept

8 mars 2012

“It was pretty much the blonde girl in the alley in the horror movie who keeps getting killed… . I felt bad for her, but she was always more interesting to me than the other women. She was fun, she had sex, she was vivacious. But then she would get punished for it. Literally, I just had that image, that scene, in my mind, like the trailer for a movie—what if the girl goes into the dark alley. And the monster follows her. And she destroys him.” – Joss Whedon, créateur de Buffy contre les vampires.